Category: culture

  • Une édition hommage du salon des livres et des arts de Montpellier

    Une édition hommage du salon des livres et des arts de Montpellier

    Donner la chance aux artistes émergents

    Dès 9h, ce dimanche 1, 4la place Salengro accueillera artistes et publics pour cette journée un peu particulière. « Un hommage sera rendu à Thierry Arcaix à 11h, avec des témoignages et des prises de parole », indique Francis Viguié. L’événement est important pour la vie de ce quartier populaire de Montpellier. « Depuis qu’il n’y a plus le marché, cette place est un peu délaissée. Or, c’est un lieu central de Figuerolles avec des commerces, des bars. L’enjeu de cette journée de passage sera de le rendre vivant », reprend Francis Viguié. Pour ce faire, le trio de jazz Sunny Side donnera un concert à midi et Driss, habitant du quartier, servira la paella.

    Si dynamiser la vie de quartier est un objectif du salon, donner de la visibilité aux artistes émergents est l’autre pierre angulaire de la manifestation, dans un contexte budgétaire défavorable à la culture. « Quand je regarde la Comédie du livre, par exemple – je n’ai rien contre -, on met en avant des auteurs déjà confirmés. L’idée de Thierry était de donner la possibilité à chacun de se montrer, la culture est un monde ouvert », soutient Francis Viguié.

  • Top départ du festival Festin de rue à Saint Jean de Védas

    Top départ du festival Festin de rue à Saint Jean de Védas

    C’est donc dans le même registre que s’ouvre cette nouvelle édition de Festin de rue, les 13 au 14 septembre.

    Un festival qui mise sur la pluridisciplinarité afin que chacun puisse trouver chaussure à son pied. Pas moins de 60 représentations réalisées par 35 compagnies -pour un total de 128 artistes- rythmeront le week-end. Le tout gratuitement, afin de démocratiser la culture. « On se rend compte que l’accès à la culture devient compliqué pour tout le monde, au vu de la conjoncture actuelle, pour se payer des places de spectacle, de cinéma. Notre volonté est que, le temps d’un week-end, tout le monde puisse descendre dans la rue et ne pas pousser les portes d’un théâtre pour profiter de tous les spectacles », insiste Benoît Sabatier, responsable du pôle culture de la Ville et programmateur du festival.

    Ainsi, les spectateurs pourront pleinement profiter des spectacles avec notamment The Whale street, de la Compagnie CPPP (13.09, à 21h30 au gymnase Mirallès). « Cette compagnie de Quissac va revisiter le conte de Moby Dick avec une baleine gigantesque [voir la photo, Ndlr] ainsi qu’un bateau. Le conte est revisité à travers les arts circassiens et la danse et se termine par un spectacle de pyrotechnie. C’est le gros coup de cœur du week-end », détaille Benoît Sabatier. Ou encore, la compagnie SopaLoca, venue présenter Clap (13.09 à 19h30 avenue Clemenceau ou le 14.09 à 18h30, place du puits de Gaud). « C’est une fanfare d’arts de rue où les musiciens ont en marre de leurs conditions de travail et veulent devenir acteurs de cinéma. C’est un spectacle un peu participatif vraiment burlesque », reprend Benoît Sabatier.

    Si le public n’est en rien oublié, Festin
    de rue fait également la part belle aux jeunes compagnies, venues présenter leurs premières réalisations. « Vu que nous sommes inscrits sur le territoire depuis 20 ans, nous avons un public mais aussi des professionnels qui viennent pour repérer des compagnies et éventuellement les programmer, ensuite, chez eux », observe Benoît Sabatier.
    En somme, tous les ingrédients sont regroupés afin de profiter d’une belle manière de la fin de l’été.

    *Programme complet à retrouver sur festinderue.com.

  • Les arts de la rue s’assoient à Port-de-Bouc

    Les arts de la rue s’assoient à Port-de-Bouc

    Tourbillon » artistique en ligne de mire, samedi 13 septembre, pour les badauds du centre-ville de Port-de-Bouc. Une tempête portée par le souffle vibrant des arts de la rue, dès 15h, dans le parc de la Presqu’île, à l’angle de la rue Marceau et de l’avenue du Golfe, où le collectif BIM déploiera sa création Place assise, autour d’un banc. « Un théâtre gestuel » lors duquel ses cinq interprètes burlesques et poétiques « racontent la ville à travers ce qu’il peut se passer sur un banc. Cela peut être des amoureux, une personne âgée qui s’y assoit, quelqu’un qui se fait chourer son sac… », illustre Laurence Cabrol, à propos de ce spectacle de 40 minutes, premier jalon de la 6e édition de Sem’art rue !, petit festival aux grandes idées. Selon la directrice du théâtre du Sémaphore qui porte la manifestation, « avec son bord de mer, ses espaces dégagées et ses belles places, Port-de-Bouc se prête bien à ce type de format. C’est aussi un moyen de voir la ville sous un autre jour ».

    En suspension

    Pour les promeneurs, direction ensuite l’avenue du général de Gaulle et place au cirque avec la compagnie La Fauve. Le fildefériste Arthur Sidoroff et le guitariste Thomas Caillou mettront leurs talents respectifs en commun pour « donner à voir ce qu’est la prise de risques pour un circassien », résume Laurence Cabrol. Tissée autour de sa relation avec le musicien, une mise à nu « tout en mouvement, fragile et en suspension ».

    À 17h, la place Lazzarino sera quant à elle le théâtre d’Immobiles. Mené par la compagnie aixoise Les hommes de main, un duo de danse et de cirque à l’œuvre sur un tapis roulant. « Une histoire d’amour, physiquement engagée, métaphore du temps qui passe », souligne élégamment celle qui est à la tête du Sémaphore. Une heure plus tard, c’est au Port Renaissance que Les filles du renard pâle égaieront les rétines des spectateurs avec Roue giratoire. Avec, au centre, une « double roue cyr » – ce cerceau dans lequel on se love pour l’animer – « lancée à toute vitesse » par les performeurs.

    Clap de fin de la 6e édition en musique sur le parvis du Sémaphore, assuré par le groupe Les rustines de l’ange qui, au rythme de leurs six accordéons, revisitent les styles et les genres, « de Led Zeppelin à Marc Perrone, en passant par Madness et Bourvil ».

    www.theatre-semaphore-portdebouc.com

  • Un festival d’initiatives salées

    Un festival d’initiatives salées

    Une zone humide littorale d’environ 550 ha constituée de mosaïque de plans d’eau de profondeur, de surface et de salinité variables, qui abritent une biodiversité exceptionnelle : le salin des Pesquiers. Ce week-end, le site prodigieux accueille une nouvelle édition de la Fête des Salins organisée par la Métropole Toulon Provence Méditerranée. Une manifestation poétique et festive qui met à l’honneur la nature, le sel et la culture. De 10h à 18h, expositions, spectacles, ateliers, marché de producteurs, visites guidées, animations et concerts sont proposés en entrée libre. Ainsi, « Les ailes du désir » au Hangar de la Mouture, une exposition où une quinzaine d’artistes interrogent le rêve insistant de l’humanité de s’arracher à la pesanteur, d’imiter l’oiseau dans son envol. Des installations, peintures, sculptures ou dispositifs in situ convoquent Icare et ses ailes brûlées, le souffle poétique du film de Wim Wenders… Dans la même veine, est également présentée la série photographique de River Dillon intitulée Birdmen, les hommes oiseaux.

    La parade du sel emballera tous les volontaires dans son sillage, samedi 13 à 17h30 avec les ânes d’Hippothera, la Cie de Danse Lyken (Camille Vergnaud, Mae. Forte, Benoit Le Bars et Chloé Henneman), la musique de la Guinguette à roulettes et le Saint-Antoine (bateau traditionnel) de Sylvain Renard, port de la Capte où la fête se prolongera dans la soirée.

    Entre temps, chacun aura pu goûter aux nombreuses animations proposées comme une distribution de fleur de sel à la Cabane du saunier, un escape game, du cirque, des manèges… Sans oublier des stands artistiques, scientifiques et ludiques proposés par la LPO Paca, le Parc national de Port-Cros, Conservatoire du littoral, CPIE Côte provençale…

    Car l’événement est aussi l’occasion de célébrer les 10 ans de la marque Esprit Parc avec le parc national de Port-Cros. Pour l’occasion, l’équipe a concocté animations et visites particulières pour découvrir les salins, être sensibilisé sur la tortue Caouanne avec les écoguides du Parc national, ou rencontrer les bénéficiaires Esprit Parc national autour de produits locaux.

    Infos au 04.94.01.36.33

  • La 25e édition d’Actoral sous le signe de la métamorphose

    La 25e édition d’Actoral sous le signe de la métamorphose

    Incarnation du credo d’Actoral – télescoper les disciplines artistiques – le musicien pop Julien Perez donnera le ton de la 25e édition du festival lors de son prélude, samedi 13 septembre, avec un live, mais aussi une lecture de son premier roman Hommages. Irriguée par d’autres concerts et DJ sets, une ouverture à voir à La Cômerie, ancien couvent perché en haut de la rue Breteuil dans lequel l’association et centre culturel Montevideo a déménagé, après s’être fait expulser en 2024, par son propriétaire, de l’impasse éponyme où elle était implantée. Cette mouture entrera dans le vif du sujet les 24 et 25 septembre au Théâtre des Calanques avec Puff. Conçu par Alice Ripoll et interprété par Hiltinho Fantastico, un solo qui montre comment une danse de la diaspora africaine au Brésil « peut avancer masquée pour exprimer des revendications », plante Hubert Colas, directeur de la manifestation. « À travers des formes intimes et ancestrales », résume-t-il, « beaucoup d’artistes interrogent le futur, la nécessité d’une liberté d’expression des minorités qui peut craindre des représailles d’un monde où capitalisme et masculinisme pourraient éteindre ces lumières ».

    Le masque et la plume

    Parmi d’innombrables propositions (théâtre, danse, performance, cinéma, lecture, arts visuels), le « diablotin angélique » Alberto Cortès évoquera au Ballet national de Marseille dans Analphabet « la violence intra-genre que le patriarcat lègue aux relations queer ». Avec Good Luck, Amit Noy détourne, lui, dans un solo, « les danses et musiques traditionnelles israéliennes pour mettre en scène une critique de la violence d’État ». Réfugiée en France, la peintre et performeuse afghane Kubra Khademi racontera pour sa part son chemin émancipateur dans La fille et le dragon à La Criée. À l’image de son nouveau départ à La Cômerie, Actoral et sa mouture 2025 seront traversés par la métamorphose. Dans cette veine, le cabaret à la fois tendre et acerbe de Latifa Laâbissi et Antonia Baehr, Cavaliers impurs, à la Friche Belle de Mai, « la figure mutante » de Mercedes Dassy dans Spongebabe in L.A au BNM, ou encore Cherish Menzo qui, dans Frank, « s’attache à l’archétype du monstre, non pas pour l’éloigner ou l’exorciser, mais pour s’en approcher, l’habiter et l’incarner », et « sonder les représentations du corps noir, du féminin et de l’altérité ».

  • Yoa, énergie pop et voix forte au Super Moustache festival

    Yoa, énergie pop et voix forte au Super Moustache festival

    Révélation scène des Victoires de la musique 2025, Yoa s’affirme comme une artiste complète, traçant sa voie entre une pop électro mainstream et une musique aux sonorités indie. Elle sera l’une des voix fortes du Super Moustache Festival, ces 12 et 13 septembre à Aix.

    « Yoa sur scène ? C’est moi mais c’est aussi mes danseuses », pose d’emblée la jeune femme née à Paris en 1998, « J’ai voulu un spectacle total avec tout ce que j’aime, de la danse, des moments drôles, un beau décor ». Formée au théâtre, nourrie par la danse et les grandes figures féminines de la pop, elle revendique une approche scénique exigeante. « Je veux que les gens en aient pour leur argent, ce n’est pas rien de se déplacer pour voir un artiste. On essaie de leur en mettre plein les yeux. »

    Son inspiration ? Les femmes. « Je ne suis pas un homme, donc je m’identifie plus aux femmes. Et je trouve qu’en pop, elles sont souvent meilleures sur scène. Beyoncé, Doja Cat, Rihanna… leurs shows m’émeuvent plus. » Une sensibilité qu’elle transpose dans ses textes où l’amitié tient une place centrale. « Mes danseuses, c’est la personnification de mes copines dans ma chanson, ça me fait du bien qu’elles soient là », justifie celle qui revendique une pop féminine à la française.

    « Activisme performatif »

    Mais Yoa, c’est aussi une voix politique sans détour. « J’affiche mes opinions dans mes textes et dans la vie, tant mieux si on me considère comme une artiste engagée », glisse la jeune femme née d’un père suisse jurassien et d’une mère camerounaise. Antifasciste, engagée pour la Palestine, elle parle rapport au corps, féminité, violences sexuelles, ne cache rien de ses convictions et dénonce les silences confortables : « Ne pas parler de politique est un privilège de personnes blanches et bourgeoises… L’existence des personnes trans, racisées, discriminées est politique. »

    En juillet, elle a annulé sa participation aux Francofolies de Spa, refusant de partager l’affiche avec Amir qu’elle accuse de soutenir l’armée israélienne et de ne pas reconnaître le génocide en Palestine. Au-delà du simple « activisme performatif », sa sincérité tranche dans un milieu artistique frileux.

  • La 34e édition de la Fiesta des Suds, un hymne à l’amour

    La 34e édition de la Fiesta des Suds, un hymne à l’amour

    « On a vécu beaucoup de péripéties cette année avec notre déménagement du Dock des Suds », rappelle d’emblée Nathalie Solia, directrice de la Fiesta des Suds, au dernier étage de la tour La Marseillaise.

    Le point culminant idéal pour observer l’agitation immobilière qui cerne Arenc et les quartiers limitrophes, à deux rues du Dock des Suds. La terre d’adoption pendant plus d’un quart de siècle de Latinissimo, l’association organisatrice de la Fiesta des Suds, qui en a été chassée au printemps dernier par l’établissement public Euroméditerranée pour des projets toujours incertains. Autant de bâtons dans les roues essuyés par l’association Latinissimo et la Fiesta des Suds, dont la 34e édition investit, comme depuis 2018, l’esplanade du J4.

    « Même si le monde de la culture connaît un avenir incertain, nous sommes plus déterminés que jamais à proposer des musiques qui rassemblent », résume celle qui est à la tête de cet événement dont les trois coups sonneront jeudi 9 octobre, lors d’une soirée où Morcheeba occupera la tête d’affiche. Depuis la deuxième partie des années 1990, dans la foulée de Massive Attack, un groupe symbolique du trip-hop, genre électro né en Angleterre et habité par des samples de la musique afro-américaine. « Le premier morceau qu’on m’a envoyé était “Call for love”, issu de l’album Escape the Chaos », situe Frédéric André. Sorti cette année pour célébrer les 30 ans du groupe, un opus qui a donné le la de cette édition. Le programmateur de la Fiesta des Suds justifie : « On veut partager des émotions avec le maximum de gens. Depuis que je suis petit, on entend parler que de crises, mais très peu de discours d’un avenir commun ».

    « Procurer de l’émotion »

    Pour reprendre le titre de Morcheeba, un « appel à l’amour » qui infuse le programme avec des artistes telles que la soulwoman Enchantée Julia, ou la mitrailleuse de tendresse rap et punk, Uzi Freyja, toutes deux programmées le premier soir.

    également à l’affiche du soir inaugural, Dabeull et ses onze musiciens raviveront la flamme funk des années 1970-1980, inspiré notamment par des groupes style Bar Kays ou Imagination, comme il a pu le confier à RFI. Une ribambelle d’artistes ayant pour dénominateur commun de « procurer de l’émotion au public », dixit Frédéric André, qui énumère encore des messagers du « love » du 10 octobre : le rappeur Youssoupha avec son dernier album Amour suprême, le projet électro-rock maroco-tunisien Aïta mon amour. Sans oublier le guitariste Keziah Jones. Que dire encore de la date du 11 octobre, avec « l’amour en barres » prodigué par Kassav’, groupe antillais qui a préfiguré le zouk en 1980. Une nuit décidément placée sous les auspices du déhanchement de bassin, avec les « ambassadeurs » du Shatta – genre aux lignes de basse puissantes dérivé du dancehall – Blaiz Fayah et Bamby.

    Oh oui minot !

    « Nous sommes un festival populaire et exigeant. On n’est pas là pour servir de la soupe aux gens sous prétexte qu’un artiste fait beaucoup d’entrées », souligne Frédéric André. Un credo encore plus perceptible le 12 octobre avec « la Fiesta du dimanche », diurne et « plus familiale ». Un événement gratuit irrigué de concerts comme celui de La Cité des minots, avec la chanteuse slovaque et tzigane Marcela, « accompagnée par 80 enfants des écoles Peyssonnel 1 et Malpassé – Les Oliviers », précise Andy Burle, responsable des actions culturelles au Nomad’ Café. « La Fiesta du dimanche est un après-midi de découvertes, musicales mais pas que, avec une ludothèque, des ateliers en tous genres et une grande battle de hip-hop », complète sa chargée de production, Marion Bergé-Lefranc.

  • Les musiques improvisées en toute liberté à Marseille

    Les musiques improvisées en toute liberté à Marseille

    Le festival Les Émouvantes continue de diffuser les musiques improvisées et attaque sa 13e édition à partir du jeudi 11 septembre, au Conservatoire Pierre Barbizet. Toujours avec le directeur artistique Claude Tchamitchian aux manettes, mais qui s’enrichit d’un alter ego en la personne de Fabrice Martinez.

    Les musiques improvisées, ces musiques de création au croisement du jazz et des traditions populaires, et très codifiées malgré leur appellation, résonneront au Conservatoire Pierre Barbizet trois soirs durant.

    Croisements

    Ses deux chevilles ouvrières invitent à « explorer des créations profondément ancrées dans notre temps, nourries par l’histoire et les multiples cultures qui la traversent », indique le programme, lancé sur les chapeaux de roues par le solo du contrebassiste Claude Tchamitchian, « In Spirit », « suite impressionniste hommage à Jean-François Jenny-Clark », maestro fugace (1944-1998) du plus grave des instruments. La deuxième partie de la soirée permettra d’écouter ICI, création du guitariste Marc Ducret « née du confinement, ancrée dans un paysage de bord de mer et de rivière soumis aux marées », accompagné par le gars sûr des cuivres, Fabrice Martinez, Samuel Blaser au trombone et Christophe Monniot au saxophone.

    Les jours suivants, le public verra un quartet mené par Juliette Meyer et ses « miniatures jazz », La naissance du soleil et de la lune, projet de Jean-Pierre Jullian qui « s’inspire d’un conte tiré de la mythologie aztèque », la création de Robinson Khoury, MŸA, qui « puise dans les chants grégoriens, les rythmes sur peaux et les maqâmat de la musique arabe », ainsi que celle du bassiste Sylvain Daniel, Slydee, « plongée dans la great black music ».

  • « Avant de partir, je distribuais des tracts pour l’Algérie »

    « Avant de partir, je distribuais des tracts pour l’Algérie »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous décidé d’écrire ce livre ?

    Michel Ogulinac : Je me disais qu’il fallait que j’écrive sur l’Algérie, sur cette époque-là, qui a été un moment extrêmement important de ma jeune vie. Sur la base de toute une documentation que j’ai gardée, j’ai construit quelque chose de très personnel. Je voulais sortir des sentiers battus en racontant ce que j’ai réellement ressenti lors de la traversée de ces événements quotidiens alors que je portais en moi l’idée de l’indépendance.

    Comment s’est déroulé votre départ
    de France ?

    M.O. : Mon père était un responsable communiste de la Dordogne et il m’a demandé si j’allais partir. Je lui ai dit que j’y allais, comme tous mes amis. Je n’avais pas suffisamment de courage, je n’avais pas suffisamment de maturité pour refuser de partir.

    Quel est votre ressenti en arrivant en Algérie ?

    M.O. : Avant de partir à l’âge de 16 ans, je distribuais des tracts partout pour la paix en Algérie. L’Indochine se terminait et j’avais été très marqué par les écrits que j’avais lus sur la guerre de Corée. Quand je suis parti, j’étais acquis à l’idée d’indépendance du pays. Mon ressenti, c’est à la fois la guerre mais aussi des réflexions sur les personnes qui m’entouraient, des descriptions de paysages. Mais mon ressenti, c’est surtout l’examen de cette misère abominable qui régnait dans les villages que nous étions chargés de surveiller, c’est-à-dire les gamins avec des maladies, le typhus, le choléra, la tuberculose, le tétanos… Moi, je faisais l’école et avec des copains infirmiers, on essayait de les soigner. Ma mission personnelle concernait mon comportement de chaque jour en Algérie.

    Comment se sont déroulées vos relations avec la hiérarchie ?

    M.O. : Les tiraillements, je les ai eus avec ma hiérarchie. Les rapports étaient différents selon les gradés. Un jour, des excès avaient été commis dans un village où un type s’était fait tabasser. J’ai dit que j’étais opposé à ces méthodes, le ton est monté avec l’adjudant qui m’a dit : « C’est à cause de petits cons comme toi qui manifestent en France que l’on va perdre l’Algérie. » Il m’a mis en quarantaine. Au bout de 4 ou 5 jours, mes copains sont venus me voir en cachette et ils ont réussi à faire céder le chef. Je raconte aussi une scène où un chef de poste un dimanche matin, alors que le calme régnait, s’est mis à tirer sur le village en contrebas, heureusement sans blesser personne. Il était complètement bourré.

    Comment êtes-vous rentré ?

    M.O. : Je suis rentré le 20 mars 1962, deux mois plus tôt que ce qui était prévu parce que je suis tombé malade. Je réserve une dizaine de pages pour décrire la situation qui existait à ce moment-là parce qu’avec ma future épouse, nous avions envisagé, après l’indépendance, d’aller y enseigner. Nous avions même les billets en poche. Mais la fin de la guerre était extrêmement violente de la part de l’OAS, qui détruisait tout. Ma femme était enceinte et cela nous a poussés à ne pas y aller.

    * « Mon Algérie », de Tralimet à Mechta Guergour (1960-1962), Michel Ogulinac, Société d’Histoire d’Aigues-Vives, 170 pages, 18 euros.

  • Nîmes : le Jazz Festival fait danser l’automne

    Nîmes : le Jazz Festival fait danser l’automne

    Chaque automne, l’Agglomération nîmoise se met au diapason. Du 12 septembre au 18 octobre, le Nîmes Métropole Jazz Festival reprend son itinérance, de Nîmes à Sernhac, de Bouillargues à Caissargues, avec une programmation toujours plus audacieuse.

    Cette 19e édition a choisi pour fil rouge les zazous, dandys frondeurs des années 40, amoureux fous du jazz, qui défiaient l’ordre établi en dansant swing « sous le nez des oppresseurs ». « Les zazous, c’est sérieux », rappelle Stéphane Kochoyan, directeur artistique du festival. Leur esprit joyeux et libre irrigue toute la programmation : un jazz sans frontières, festif et insolent. Le festival s’ouvrira par un grand concert gratuit aux Jardins de la Fontaine, le 12 septembre, avec Cimafunk, groupe cubain en pleine ascension internationale mêlant funk et héritage latino. Une mise en bouche explosive avant un mois de découvertes.

    « Conquérir un nouveau public »

    « Le but est de conquérir un nouveau public », souligne Gaël Dupret, élu en charge de la culture à Nîmes Métropole. L’édition 2025 ne manque pas de nouveautés : le Vallon d’Escaunes à Sernhac se transformera le 14 septembre en scène musicale et familiale, avec fanfares locales, installation sonore dans le tunnel romain et un concert du duo 20Syl & Christophe Panzani.

    Les amateurs de grands noms retrouveront Dee Dee Bridgewater (2 octobre à La Calmette), le contrebassiste Henri Texier (4 octobre à Sainte-Anastasie), le chanteur malien Salif Keita (11 octobre à Milhaud) ou encore les moustachus de Deluxe (14 octobre à Paloma). L’esprit swing ne sera pas oublié avec les Pink Turtle et leur bal participatif (27 septembre à Cabrières), ou la trompettiste Bria Skonberg, l’une des révélations internationales de cette édition (9 octobre à Saint-Chaptes).

    Comme chaque année, la scène locale aura voix au chapitre, via les premières parties et les concerts du festival OFF coordonné par l’association Jazz 70. Conférences, projections, bals swings et rencontres viendront compléter l’événement, pensé comme une fête intergénérationnelle. En un mois, ce sont plus de 30 rendez-vous qui feront voyager le public, entre traditions jazz et métissages modernes. Swing contagieux garanti, car comme le chantait Andrex, « méfiez-vous, c’est contagieux ! »

    * Programme et billetterie sur nmjf.fr