Category: culture

  • Occitanie : deux docus pour célébrer l’amitié franco-allemande

    Occitanie : deux docus pour célébrer l’amitié franco-allemande

    Pour la troisième année consécutive, Doc Cévennes, réseau de diffusion de cinéma documentaire sur 4 départements (Gard, Hérault, Aveyron et Lozère) participe à la journée de l’amitié franco-allemande, en référence à la signature, le 22 janvier 1963 par le président Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, du traité de l’Élysée scellant la réconciliation franco-allemande après des décennies de conflits. Le projet vise à « créer un dialogue culturel entre la France et l’Allemagne » à travers une circulation de films documentaires.

    2 films, 2 invitées, 6 projections

    Durant 5 jours, du 19 au 24 janvier, Doc Cévennes va donc diffuser, dans 4 départements occitans (le Gard, l’Hérault, l’Aveyron et la Haute-Garonne) deux films documentaires contemporains et indépendants sélectionnés en partenariat avec le Festival DOK Leipzig, « un des plus anciens et des plus prestigieux festivals allemands de documentaires », souligne Marion Blanchaud, co-présidente de l’association Champ Contrechamp et responsable du réseau DOC-Cévennes.

    Dans le premier film, Lichter der strasse (littéralement Les lumières de la rue), la réalisatrice Anna Friedrich suit quatre femmes nomades et s’interroge sur la façon dont la société perçoit leur mode de vie. Dans le second, Sedimente, la Laura Coppens nous plonge, à travers les conversations qu’elle entretient avec son grand-père, dans différentes époques de l’Histoire allemande. Un film sur la mémoire et la responsabilité individuelle en temps de dictature.

    Chaque documentaire fera l’objet de trois projections*, à l’issue desquelles interviendront, pour l’un, la réalisatrice Anna Friedrich et pour l’autre, la programmatrice du festival DOK Leipzig Jana Kraft.

    * Lichter der Strasse sera diffusé lundi 19 à 18h15 au Sémaphore de Nîmes (30) ; mardi 20 à 19h au Goethe Institut de Toulouse (31) ; et mercredi 21 janvier à 19h à Trèves (30), petit village sur le Causse.

    Sedimente quant à lui sera projeté jeudi 22 janvier à 19h à la salle Pelloutier à Montpellier (34), précédé d’un cocktail ; vendredi 23 janvier à 19h à Valleraugue (30) ; et samedi 24 janvier à 18h à Nant (12).

  • Le Fest’Hiver célèbre les scènes permanentes d’Avignon

    Le Fest’Hiver célèbre les scènes permanentes d’Avignon

    On entend dire parfois que le Fest’Hiver, c’est un Festival d’Avignon pour les Avignonnais. En tout cas, il est bien fait par des Avignonnais. Car depuis désormais 20 ans, celui-ci célèbre les théâtres permanents. Avec cette année 16 représentations au total, du vendredi 23 janvier au dimanche 1er février.

    Une célébration des planches ouvertes en dehors du seul mois de juillet, à savoir le Théâtre transversal, le Chien qui Fume, les Halles, le Balcon, le Chêne Noir, des Carmes ou encore l’Entrepôt, regroupés dans l’association des Scènes d’Avignon. « On grandit d’année en année et un jour le Fest’Hiver sera plus important que le Festival d’Avignon », lance avec ironie Serge Barbuscia, président de l’événement cette année et directeur du théâtre du Balcon. « Un premier temps fort qui lance l’année culturelle. Il faut rappeler que la culture à Avignon, c’est toute l’année et cela au travers des scènes permanentes », clame la première édile d’Avignon, Cécile Helle (PS). Une édition anniversaire qui sera lancée sur les chapeaux de roues ce vendredi 23 janvier en soirée avec le « Bain surprise » dans les Bains Pommer, musée qui se trouve dans les anciens bains publics de la Cité des Papes. Une déambulation participative « aux airs de cabaret » avec 11 artistes amateurs, coordonnés par la compagnie Sortie 23, qui vont donner trois spectacles successifs dans la soirée.

    Sujets forts

    Et le programme de cette célébration « du bel âge » comme l’évoque Cécile Helle, est pour le moins diversifié. Mais aussi avec des thèmes plus ou moins lourds. Le vendredi 24 janvier, Maëlstrom, de la compagnie MAB, conte l’histoire de Véra, une jeune fille née sourde rejetée pour son handicap.

    Tandis que la pièce suivante est une réadaptation modernisée du Horla de Guy de Maupassant. Avec l’intelligence artificielle pour fantôme qui hante le personnage principal et qui interroge sur la place qu’elle occupe actuellement dans la société. De la danse aussi, avec Colette au Soleil Levant de Judith Desse. La chorégraphe, ex-infirmière en maison de retraite, qui y met en scène le quotidien de son ancien métier, des « corps que j’ai côtoyés, lavé et trop peu visible dans le milieu artistique », confie-t-elle.

    Le Festival d’Avignon est à nouveau partenaire également, avec La lettre, ou la rencontre entre une mouette et Jeanne d’Arc, jouée à La FabricA. Un ton plus léger du côté des Petites et moyennes entourloupes le dimanche 25 janvier. Une « satire de l’entreprise et de l’ultra capitalisme » qui met du baume au cœur. Mais aussi des pièces plus « traditionnelles » avec Marcel Pagnol, variations d’amour, le jeudi 29 janvier, qui explore la vie intime de l’écrivain provençal. Ou encore le Cabaret des oiseaux le samedi 31 janvier. Une pièce mêlant obscurité et humour où l’on évoque la perte de l’être cher avec légèreté.

    Billetterie sur les sites internet
    de chaque théâtre. Programme complet sur scenesdavignon

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au palais Longchamp, les beauprés, « comme des rangées de baïonnettes »

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au palais Longchamp, les beauprés, « comme des rangées de baïonnettes »

    Le regard est happé par les quatre étages de l’immeuble qui forme l’angle de la rue et du quai. Un drapeau rouge et blanc claque plus haut que la forêt des mats. Coiffés de bonnets rouges qui pourraient évoquer Delacroix, des lavandières et des promeneurs passent par Saint-Laurent et l’ancienne rue Fontaine-Rouvière avant de rejoindre les marches d’un escalier et un bord d’esplanade où sèchent de grands draps.

    Au fond, dans les lointains des maisons, on devine le clocher de l’église des Augustins. En médiane voici la façade de l’Hôtel de Ville. On aime la mélancolie des ellipses et les couleurs d‘automne parmi les poussières et l’air vif d’une matinée blanche et bleue. Ce sont des activités fourmillantes, des bruits, des odeurs et des charrois. Chevaux et portefaix triment, négociants et matelots s’affairent. Plutôt que de peindre à partir du Pharo un panorama, Ziem a choisi ce plan resserré. Années 30, avant la destruction en 1943 du quartier Saint-Jean par les Nazis, Germaine Krull photographiera autrement, depuis le Transbordeur, dans un proche angle de vue, la singulière apparition des quatre étages de l’immeuble.

    Pierre Miquel et Gérard Fabre situent la réalisation de cette toile dans les alentours du 8 octobre 1853. Né à Beaune en Bourgogne Félix Ziem a 32 ans. Son destin d’inlassable voyageur est scellé. Marseille, Nice, Paris et la rue Lepic, Saint-Pétersbourg, Florence, Venise et Amsterdam, quelques années plus tard, l’Égypte et Constantinople sont déjà des étapes de ses périples. Pendant cet automne de 1853, au terme d’un été passé en Hollande, Ziem fait un rapide crochet, 15 jours au Sud avant de remonter à Barbizon où l’attendent ses confrères, Daubigny, Daumier, Millet et Théodore Rousseau. L’implantation à Martigues de sa maison-atelier d’orientaliste s’effectuera en 1860.

    En 1853 sa carrière d’artiste attentif aux goûts d’une riche clientèle n’est pas complètement prévisible. Sa vision du port est à la fois féerique et rigoureuse. Pleine de bruits, de lumières et de senteurs, elle ressemble pour partie aux descriptions composées par deux écrivains d’ordinaire difficiles à réunir. De passage à Marseille, Stendhal remarquait que « les bâtiments arrivés d’Amérique viennent crever les vitres du premier étage des maisons » pendant que Daudet verra « les beauprés arrivant sur la berge comme des rangées de baïonnettes ».

  • [Le coin de la bande dessinée] La guerre meurtrière et destructrice, toujours ennemie des hommes, en Tchétchénie comme ailleurs

    [Le coin de la bande dessinée] La guerre meurtrière et destructrice, toujours ennemie des hommes, en Tchétchénie comme ailleurs

    Alors que les combats font rage en Ukraine, Au loin, les montagnes dorées évoque de façon magistrale les stigmates de la guerre russe en Tchétchénie qui a précédé le conflit actuel. Thomas Azuélos et Aurélien Ducoudray livrent un récit poignant et âpre qui peut s’appliquer à toutes les guerres, montrant que toutes les blessures ne sont pas physiques et que les conflits armés détruisent toute humanité. Un chef-d’œuvre intemporel autant par le scénario que par le graphisme noir et blanc sibérien tacheté de quelques couleurs.

    Quelque part en Sibérie dans les années 1990, Dima, un enfant du pays déclaré officiellement mort par l’armée russe sur le front de Tchétchénie, est pourtant de retour parmi les siens, son petit frère et sa grand-mère. Il va falloir réapprendre à vivre dans ce village loin de tout et dont l’approvisionnement dépend d’un pauvre train régulier envoyé de Moscou. Mais aussi reprendre des relations humaines tout en combattant les visions surgissant d’un passé traumatique alors qu’un policier suspicieux s’intéresse d’un peu trop près à son cas, estimant qu’il s’agit sans doute d’un déserteur. Car si Dima a été déclaré mort, c’est qu’il y a une raison. Pourtant sur fond blanc, cet album extrêmement sombre évoque de façon magnifique les traumatismes et les horreurs de la guerre, quelle qu’elle soit. Salutaire au moment où le conflit armé est de retour en Europe et où les discours guerriers appelant au sacrifice se multiplient. Déjà remarqués pour l’adaptation de « Il ne devra plus y avoir d’orphelin sur cette terre » d’après Curzio Malaparte, Thomas Azuélos et Aurélien Ducoudray signent une œuvre aussi universelle qu’indispensable sur ce que produit la guerre sur la jeunesse, les corps et les âmes. En Russie comme ailleurs !

  • [Le coin du roman] Le dernier roi de Marettimo, ou l’interrogation sur le statut des héros

    [Le coin du roman] Le dernier roi de Marettimo, ou l’interrogation sur le statut des héros

    Marettimo… petite île sur la côte occidentale de Sicile. À en croire certains, c’est sur elle que la flotte romaine aurait vaincu l’armée navale des Carthaginois. Si nous nous fions à l’écrivain Samuel Butler, elle serait l’Ithaque, où Pénélope tissait sa tapisserie, en attendant le retour d’Ulysse. Qu’importe. L’essentiel est de savoir qu’elle a été choisie par Grégoire Domenach afin que naisse l’amitié entre deux hommes issus d’un milieu différent : le Génois Lorenzino, dit Zino, et l’insulaire Cesare.

    Un pion sur les cases

    Tour à tour, ils prendront la parole. Pourquoi se sont-ils rencontrés à Marettimo ? Parce que la famille du premier y vient passer ses vacances d’été. Comment est née leur fraternité ? Le jour où un dignitaire local les a initiés aux règles du jeu d’échecs.

    Le rideau des pages s’ouvre sur Cesare, convaincu qu’il est le seul à pouvoir raconter l’histoire de Zino, retourné à Marettimo après cinquante ans d’absence. Parti en France, dans des circonstances étranges, alors qu’il était adolescent, son ami avait rejoint la Résistance, avant de devenir homme d’affaires après la guerre. Cesare, lui, continuait de pêcher, de gravir les montagnes et de se livrer à sa passion : la sculpture. C’est lui qui réapparaîtra à la chute du rideau. Entre-temps, vous aurez écouté Zino vous raconter comment des circonstances, indépendantes de notre volonté, peuvent transformer un homme, le déplacer tel un pion sur les cases d’un échiquier, jusqu’à ce que la mort s’abatte et lui inflige le mat. Une œuvre audacieuse, composée avec un art sûr, écrite en une langue vigoureuse, d’un accent très personnel.

    Bourgois, 20 euros

  • Les Trad’Hivernales font danser l’hiver à Sommières

    Les Trad’Hivernales font danser l’hiver à Sommières

    À Sommières, janvier rime depuis longtemps avec Trad’Hivernales. Du 15 au 18 janvier, le festival porté par l’association Coriandre revient pour une 27e édition fidèle à son esprit : faire vivre une culture occitane ouverte, joyeuse et accessible.

    Concerts, bals trad, spectacles, contes, actions culturelles… pendant quatre jours, la ville devient un véritable carrefour de rencontres artistiques et humaines.

    « La tradition doit évoluer »

    Près d’une vingtaine de groupes sont annoncés, parmi lesquels Naragonia, Dragon Flowers, Cam & Léo, La Soubirane, Unès ou encore Morenica pour la soirée d’ouverture. Une programmation qui assume la diversité, puisque, comme le rappelle Denis Galvier, fondateur de Coriandre, « la diversité est un gage de possibilité de partage ».

    Une philosophie revendiquée par les organisateurs, pour qui la transmission passe par le mouvement. « La tradition doit évoluer, sinon elle se meurt », insiste le fondateur de Coriandre. Le festival multiplie ainsi les formats : concerts nomades dans la ville, ateliers participatifs, plateau radio, bals pour enfants et une journée du dimanche entièrement gratuite avec repas partagé et bal familial. Un rendez-vous où l’on vient écouter, danser, apprendre… et surtout partager, fidèle à l’esprit de « paratge e convivéncia » cher à la culture occitane.

    Infos et billetterie : tradhivernales.com

  • L’œuvre de Gustave Courbet mise à l’honneur à Hyères

    L’œuvre de Gustave Courbet mise à l’honneur à Hyères

    Le Musée des Cultures et du Paysage accueille l’exposition intitulée « Gustave Courbet, du chant de la Nature aux voix de la Révolte » du 18 janvier au 24 mai inclus. Mais le vernissage est organisé dès ce samedi17 janvier.

    Le peintre, décédé en 1877, traduisait son travail ainsi, en 1855 : « Peindre son temps, peindre le vrai, refuser l’artifice ». Cette exposition retrace près de quarante années de création. Ce sont « 120 œuvres, objets, lettres, archives et photographies » qui sont présentées et « qui proviennent de l’Institut Gustave Courbet d’Ornans, de musées français et de collections privées internationales », détaille le musée, dans un communiqué.

    Le parcours de visite est composé de 12 thématiques pour comprendre l’univers de l’artiste : Le chant de la Nature, l’ode à la Femme, le chant des bourgeois, le monde de Courbet, visages visages, face à face, l’affaire de la colonne Vendôme, le chemin de l’exil, les Travaux et les jours, le monde animal, marines-côte à côté et, enfin, le chant des sources.

    L’exposition s’articule autour de ces deux axes majeurs : le chant de la Nature et les voix de la Révoltes. L’artiste confronte son regard sur le monde. « Il incarne une nouvelle manière de voir et de penser », précise le musée. Gustave Courbet fait surgir « le réel même, une vérité humaine capable de bouleverser les codes établis ».

    Le vernissage de l’exposition se tient ce samedi à 11h. Une visite du parcours est proposée gratuitement à 10h20 en présence de Jean-Pierre Giran (LR), maire de la ville.

    Entrée payante (hors vernissage), à partir de 4€

  • Des « histoires à lire debout » à Berre-l’Étang

    Des « histoires à lire debout » à Berre-l’Étang

    Histoires à lire debout, pièce de théâtre écrite par Jean-Paul Alègre et mise en scène par Dominique Berardi, arrive à la salle polyvalente de Berre-l’Étang pour deux représentations, samedi 17 janvier à 20h30 et dimanche 18 janvier à 15h. À cette occasion, une rencontre est organisée avec l’auteur de la pièce, à la médiathèque de Berre, ce samedi à 16h (en entrée libre).

    À travers Histoires à lire debout, Jean-Paul Alègre a pour ambition de faire prendre conscience aux spectateurs « de la valeur du livre, garant de la liberté et de la tolérance ». Alors que des débats autour de la liberté d’expression et de la censure de livres émergent à l’international, par exemple aux États-Unis, cette pièce prend une dimension toute particulière.

    Défendre la liberté de lire

    Dans cette pièce de théâtre, la nuit, les livres prennent vie dans une bibliothèque intemporelle. On y retrouve Magnus l’encyclopédie, Flore le recueil de poésie, Sans-Nom, le livre raté qui mélange ses pages… Mais un ennemi plane au-dessus d’eux : le grand autocrate et ses acolytes, qui décident de partir en guerre contre le livre et la lecture. 37 personnages s’unissent alors pour défendre la liberté d’écrire, de lire et de penser. Parmi eux, d’Artagnan, Buffalo Bill, Molière, Naruto et le Petit Poucet ! Avec bien d’autres héros encore tout droit sortis des pages des chefs-d’œuvre les plus célèbres.

    Ce projet culturel est porté par la compagnie de théâtre berroise Astromela et son atelier théâtre de l’Emmad, en partenariat avec la médiathèque.

  • [Théâtre musical] « Une vie parisienne » au Liberté de Toulon

    [Théâtre musical] « Une vie parisienne » au Liberté de Toulon

    D’un côté, Heinrich Heine, écrivain engagé parmi les derniers poètes romantiques allemands du XVIIIe siècle, engagé et lointain cousin de Karl Marx dont les œuvres furent brûlés dans les autodafés de 1933 et interdites par le IIIe Reich. De l’autre, le grand compositeur Jacques Offenbach (1819-1880), entre autres à l’origine d’opéras célèbres comme Orphée aux enfers ou un certain La vie parisienne.

    Un titre repris par Irène Bonnaud qui réunit leurs univers respectifs dans un « spectacle à la croisée du théâtre et de l’opéra » au Liberté de Toulon, depuis vendredi et encore samedi 17 janvier. « Juifs allemands originaires de Rhénanie, immigrés à Paris après 1830, le poète-journaliste et le virtuose du violoncelle avaient aussi en commun le sens de la légèreté et de l’humour. L’œil malicieux et lucide, ils ont su observer la société française », présente le Liberté.

    « Subtilement subversif »

    Dans cette pièce hybride, le fantôme d’Heinrich Heine est incarné par François Chattot. À ses côtés, la soprano Mylène Bourbeau, le pianiste Benjamin Laurent, la mezzo-soprano Aurore Ugolin et la violoncelliste Cécile Vérolles portent la musique d’Offenbach.

    « Aujourd’hui, partout dans le monde, tout ce que Heinrich Heine a combattu toute sa vie durant fait retour : le fanatisme, la guerre, l’antisémitisme, le racisme. Son œuvre est un matériau incandescent qui se dresse contre ce retour. Et je crois qu’elle peut aider à faire ressortir tout ce qu’il y a de moderne et de grinçant, de subtilement subversif dans les œuvres d’Offenbach », estime par écrit la dramaturge et metteur en scène Irène Bonnaud.

    Chez les deux figures et parcours dont elle s’inspire, « la joie partagée devient un programme politique, un moyen de lutter contre les préjugés et les fanatismes ».

    Une vie parisienne ou un théâtre musical aussi bien adressé aux passionnés qu’aux néophytes qui est aussi, fait-on part au Liberté, « une très belle occasion de (re)découvrir nu grand écrivain et de nombreux airs d’Offenbach, célèbres ou méconnus ».

    Samedi 17 janvier à 18h. Entre 5 et 30 euros. www.chateauvallon-liberte.fr

  • L’esprit de Claude McKay éclaire » le présent à Aix

    L’esprit de Claude McKay éclaire » le présent à Aix

    « Ce n’est pas une création sur Claude McKay. Elle montre plutôt comment sa pensée peut nous éclairer aujourd’hui », prévient le réalisateur Mathieu Verdeil, créateur, aux côtés du saxophoniste et flûtiste Lamine Diagne, de Kay ! Lettres à un poète disparu, qui prend ses quartiers vendredi 16 janvier sur la scène du Théâtre du Bois de l’Aune. Un spectacle gratuit offert par la Région Sud dans le cadre de la « tournée mosaïque ».

    Irriguée par des images d’archives, cette création musicale et vidéo noue un dialogue avec l’esprit de Claude McKay, poète vagabond et fils de fermier jamaïcain débarqué en 1912 aux États-Unis, avant de fuir les persécutions raciales du Sud pour New York et agiter le mouvement de renouveau artistique et littéraire afro-américain, Harlem Renaissance, qui inspira plus tard la Négritude chère à Aimé Césaire et Léopold Senghor. Comme le rappelle Mathieu Verdeil, Kay ! Lettres à un poète disparu « met en lumière sa pensée qui questionne alors déjà la mondialisation, la colonisation. On retisse l’histoire depuis les lynchages aux États-Unis qui font écho au mouvement Black lives matter »

    Des « eaux lointaines » mais pourtant si proches

    « Si nous devons mourir, que ça ne soit pas comme des porcs. Traqués et parqués dans un enclos infâme, tandis qu’autour de nous, des chiens aboient fous de rage et de faim, se moquant de notre sort maudit », écrit en 1919, Claude McKay, dans la première strophe d’If we must die. Un poème révolté contre le Red summer, émeutes qui avaient fait des centaines de morts dans l’Amérique ségrégationniste d’alors. Le spectacle dresse ainsi en écho « le tableau des luttes pour l’émancipation des noirs aux États-Unis », résume Lamine Diagne.

    Autour de ce musicien, l’incandescence lucide du poète résonne au rythme du jazz et du hip-hop, au sein d’un quintette composé aussi du guitariste Wim Welker, du pianiste Ben Rando, du contrebassiste Christophe Lincontang et du batteur Jérémi Martinez. Le jazz, comme cette musique que Claude McKay a pu entre autres entendre sur les quais de Marseille et dans le quartier réservé, derrière le Vieux-Port, au milieu des années 1920. Dans cette « fosse », un quotidien au bouillonnement culturel et interlope où navigue « le prolétariat pittoresque venu des eaux lointaines, mer des Caraïbes, golfe de Guinée, golfe persique, golfe du Bengale, mer de Chine, archipel indien », tel qu’il l’écrit dans son roman culte Banjo (1929). Une longue escale de McKay qui apparaît évidemment dans Kay ! Lettres à un poète disparu.

    Vendredi 16 janvier à 20h30. www.boisdelaune.fr