Category: culture

  • Nîmes, la capitale des vies racontées

    Nîmes, la capitale des vies racontées

    Pendant trois jours, Nîmes va à nouveau battre au rythme des vies racontées. Du 23 au 25 janvier, la 24e édition du Festival de la biographie transforme Carré d’Art et plusieurs lieux culturels de la ville en vaste agora littéraire. Un rendez-vous devenu incontournable, qui attire chaque année près de 30 000 visiteurs et réunit une centaine d’auteurs venus de toute la France.

    Organisé par la Ville de Nîmes en partenariat avec l’association des libraires nîmois, l’événement revendique une identité forte : celle d’un festival populaire, exigeant et profondément ancré dans la cité. « En 25 ans, ce sont 2 500 auteurs qui sont intervenus », rappelle l’adjoint à la culture Daniel-Jean Valade, soulignant la fidélité d’un public qui dépasse largement les frontières du Gard.

    Cette année, le fil rouge s’intitule Le biographe, de l’importance des archives. Une thématique qui éclaire les coulisses du travail d’écriture. Car derrière chaque biographie se cache une enquête patiente, faite de documents parfois contradictoires, de silences à interpréter et de fragments à assembler. Comme l’exprime Anca Visdei, co-présidente du festival, « se pencher sur des archives, c’est triompher de notre condition mortelle ». L’autre co-président, l’historien Thierry Lentz, insiste sur cette dimension intellectuelle : la biographie a pleinement retrouvé sa place dans la recherche historique contemporaine, portée par la rigueur et l’intuition de celles et ceux qui fouillent les archives publiques et privées. Un travail que le festival entend rendre visible au public à travers rencontres, débats et lectures.

    Des auteurs pour tous
    les publics

    La programmation, dense, fait se côtoyer grandes figures médiatiques et auteurs plus discrets, historiens, journalistes, romanciers, spécialistes de littérature ou d’histoire politique. Parmi les invités attendus : Pierre Assouline, Sylvain Tesson, Irène Frain, Dominique Bona, Franz-Olivier Giesbert, Gilles Kepel, Jean-Luc Barré, Kerwin Spire, Catherine Van Offelen, Christian Morin ou encore Susie Morgenstern pour le jeune public.

    Certains temps forts s’annoncent déjà très suivis : les rencontres d’ouverture au Théâtre de Nîmes, avec Anca Visdei autour d’Orson Welles et Thierry Lentz autour de Napoléon ; la venue de Sylvain Tesson à l’Atria ; ou encore les débats consacrés à Samuel Paty, à l’antiterrorisme, à Trump ou aux grandes figures de l’histoire de France. Sans oublier la remise du Prix de la biographie du Point à Amos Reichman, pour Les morts de Raoul Villain, lors de l’inauguration officielle.

    Le festival déborde aussi largement des murs de Carré d’Art. Projections au Sémaphore avec cartes blanches à Pierre Assouline et Colombe Schneck, rencontres à l’université, exposition à la galerie Courbet, promenade théâtralisée dans le quartier Richelieu, lectures dans les bibliothèques, ateliers jeunesse… Toute la ville se met au diapason. Gratuit, accessible, foisonnant, le Festival de la biographie est devenu un temps fort de l’hiver nîmois, à la fois événement culturel majeur et moment de respiration collective. Trois jours pour écouter, questionner, découvrir – et mesurer combien les vies racontées éclairent aussi la nôtre.

  • Eric Pesty, imprimeur-éditeur

    Eric Pesty, imprimeur-éditeur

    Son destin s’est lentement tracé. Avant de devenir vers 30 ans un imprimeur « à l’ancienne », personnage auparavant incarné par des figures tutélaires comme l’instituteur Célestin Freinet ou bien l’éditeur Guy Lévis Mano, Eric Pesty est passé par une longue série d’apprentissages. Il esquive son Baccalauréat, choisit le métier de luthier, répare et fabrique à Mirecourt en Lorraine des violons et des archets. Son diplôme obtenu, il œuvre trois ans chez un aîné marseillais, Charles Leduc Hommel, avant de bifurquer vers des études littéraires, à la faveur d’un stage de magasinier-objecteur de conscience dans la bibliothèque de la Faculté des Lettres d’Aix-en-Provence. La linguiste Claire BlancheBenveniste, les commentaires de Montaigne par Jean Raymond Fanlo et André Tournon le passionnent. Il prend le risque de rédiger sa maîtrise et sa thèse à propos de l’œuvre de Claude Royet-Journoud ; ses livres lui sont révélés pendant les séminaires de Jean-Marie Gleize.

    L’amour de la musique ne le quitte pas, il abandonne la lutherie. L’exposition Poésure-Peintrie, les auteurs qui lisent et performent au CIPM de la Charité, l’établissement à Paris pour les éditions Ivrea d’un volume de Tacite ainsi qu’un voyage en Californie du côté de la « small-press » en compagnie d’Eric Giraud, l’emmènent ailleurs. Entre autres raisons parce qu’au Centre de Poésie de la Vieille Charité, Emmanuel Ponsart le recrute souvent à mi-temps, à la fois en tant que bibliothécaire et secrétaire de rédaction de la revue du CIPM, le Panier est son quartier. Sa machine, les plombs de ses lettres de casse et son stock d’ouvrages ont pour premier domicile la rue des Mauvestis. Une fois qu’on a gravi les rudes escaliers de la place Sadi Carnot, on croise à présent Eric sur la pente de la rue des Belles Ecuelles.

    Songer à la lime
    de Montesquieu

    Il se veut à la fois « lisible et invisible ». Ses amis de l’édition indépendante estiment qu’il est un ultime survivant, « presque une aberration ». Les tirages en offset ne lui sont pas inconnus : il les a pratiqués en 2005, lorsqu’il a débuté. Trois ans plus tard, au terme d’une mue effectuée à Corbières près de Manosque en compagnie du typographe Pierre Mréjen-Harpo, il est devenu un imprimeur comme il n’en n’existe presque plus: à la fois joyeux, silencieux, antique et moderne.

    Sa saisie, lettre après lettre, de l’espace d’une page est un hommage à Mallarmé ainsi qu’à la modernité franco-américaine des poètes des années 1970-1990 comme Daive et Hocquard. Avec une assiduité et une intensité peu communes, six jours par semaine, le matin dès 9 heures et le soir jusqu’à 19 heures, Eric Pesty réalise la plupart de ses livres de manière frontale, avec des pratiques et des encres qui induisent un tact singulier. Pour éditer, il faut savoir lire: une page de poème peut approcher la densité d’un arbre ou bien d’un caillou dans un paysage.

    Ce moine sans religion n’est pas un solitaire, les parfaites habitudes de son corps et de son esprit font de lui un athlète de l’artisanat. Parmi les amis qui l’accompagnent figurent en premier plan la philosophe Michèle Cohen-Halimi et Jean Daive qui lui a confié pendant 12 ans, un lieu de montage et d’affinement, les 27 cahiers d’une revue inframince qui porte un titre difficilement prononçable : « KOSHKONONG » est un lac du Wisconsin où vivait la poète Loraine Niedecker.

    Chacun de ses livres mériterait une précise description. À côté de la rigueur des anciens de la « poésie blanche », prennent relief et s’ancrent les avancées de plus jeunes écrivains, Luc Benazet, Nicolas Bouissy et Kaïl Vezza, des femmes comme Dorothée Volut et Pauline Von Aesch. Des relations très fortes avec la Scandinavie ont engendré des traductions ainsi qu’en 2025 un festival franco-suédois. Le plus beau et le plus conséquent des livres d’Eric Pesty serait sa très fidèle réédition de L’Arbre le temps de Roger Giroux. En face de la centaine de livres de ses éditions, on pourrait éprouver à quoi fait référence Jean Daive à propos de l’outil que préférait Montesquieu : « une lime sourde qui parvient lentement à sa fin ».

    Qui le suivra ? Sur son chemin de crête, la cohérence de ce résistant est rarement flexible. Les aides publiques sont devenues aléatoires, Rachida Dati ampute de 25% le budget

    Livre de son Ministère. À juste titre un groupe d’amis s’inquiète grandement, développe pour son entreprise un financement participatif mensuel plus que nécessaire. On aime l’humour et la ferveur de ses vœux de 2026 : « Fabriquer dans l’ombre, en silence, imperceptiblement d’autres règles, traquer les poncifs, les pompiers ou l’art à la mode, improviser ! »

  • [Entretien] « On cherche à attiser la curiosité »

    [Entretien] « On cherche à attiser la curiosité »

    Parmi les temps forts : Le Professeur d’Émilie Frèche, interprété par Carole Bouquet, une traversée musicale entre Orient et Occident avec le Trio Zéphyr, un hommage vibrant au sud de l’Italie avec Pino De Vittorio et Patrizia Bovi ou encore une création mêlant classique, jazz et musiques du monde avec BlauBird. Éclairage avec Philippe Leclant, adjoint au maire délégué à la culture et à la communication.

    La Marseillaise : Vous parlez d’une saison audacieuse engagée. Audacieuse par rapport à quoi ? Engagée comment ?

    P.L. : Audacieuse, parce qu’on assume des sujets qui ne sont pas neutres. Ouvrir la saison avec Le Professeur, (le 13 février) un spectacle autour de Samuel Paty, on savait très bien que ce ne serait pas confortable. Ce spectacle conçu par Muriel Mayette et mis en musique par la grande Carole Bouquet revient sur les dix derniers jours de Samuel Paty. Il parle surtout de ce qu’il y a autour : les renoncements, les silences, le manque de moyens, les peurs. Et ça, c’est profondément politique, au sens noble. L’idée n’est pas de donner des leçons mais de mettre en lumière ce qui s’est passé et aurait pu se passer.

    On a le sentiment qu’il y a une vraie déclaration artistique. Vous cherchez
    à dire quelque chose, clairement ?

    P.L. : Oui. On cherche à attiser la curiosité. Moi, je pense souvent à Jacques Chancel. Dans les années 80, avec Le Grand Échiquier ou Radioscopie. Il a installé la culture au centre des médias. Pas en fin de soirée, pas pour un public déjà conquis. Il disait :« Je ne propose pas aux gens ce qu’ils aiment, mais ce qu’ils pourraient aimer. » C’est exactement ça. Apporter du contenu. Faire confiance au public. Ne pas tout lisser sous prétexte d’accessibilité.

    Justement, vous revendiquez une saison éclectique, exigeante mais accessible. Comment tient-on cette ligne sans tomber dans le compromis ?

    P.L. : Déjà, l’accessibilité, c’est concret : les prix. La démocratisation culturelle, c’est une réalité économique, raison pour laquelle le spectacle Nos jours de fête par la compagnie Méli Mélodie (le 22 mai) sera en entrée libre sur réservation. Ensuite, c’est la diversité des formes. On passe du théâtre à la danse, de la musique classique à des projets plus hybrides. Le Trio Zéphyr (le 17 mars), par exemple, ce sont de jeunes artistes montpelliérains avec une vraie exigence musicale, une filiation, un parcours solide. On invite aussi des artistes italiens (le 17 avril), Pino de Vittorio et Patrizia Bovi véritables références dans leur domaine, très investis dans le patrimoine du Sud de l’Italie. Blaubird (le 11 juin) : une artiste avec un parcours impressionnant, formée à la musique baroque, avec un professionnalisme irréprochable. Ce qu’on cherche, ce sont des artistes qui savent ce qu’ils font.

    Vous alternez spectacles engagés et moments de respiration. Pourquoi ?

    P.L. : Parce qu’on en a besoin. On vit dans un monde de plus en plus complexe. Nos spectacles proposent des éclairages, des points de vue. Mais le public vient aussi pour souffler. Le théâtre questionne beaucoup, la musique permet souvent de se détendre. Et parfois, les deux se croisent. Rien n’exclut la réflexion, rien n’empêche l’émotion.

    * Programme complet : www.ladevoiselle.com

  • Dîner de gala et vente aux enchères au cœur de l’Opéra Comédie

    Dîner de gala et vente aux enchères au cœur de l’Opéra Comédie

    Un repas gastronomique en plein cœur de l’Opéra Comédie, sur une partition écrite, en trois temps, par les célèbres frères Pourcel et mise en musique par le fameux traiteur Cabiron, dont les équipes assureront le service. Le tout ponctué par des interludes musicaux et une vente aux enchères d’œuvres d’art. C’est le programme de la quatrième édition du dîner de gala des mécènes organisé le 6 février prochain par l’Opéra Orchestre National de Montpellier (OONM). Une soirée mêlant donc art et gastronomie dont les bénéfices permettront de soutenir des projets menés par l’OONM qui, en proie comme toutes les institutions culturelles à des restrictions budgétaires, s’emploie depuis plusieurs années à diversifier et augmenter ses ressources propres, notamment via le mécénat. « Les actions de mécénat sont fléchées, pour certaines en direction
    de la création contemporaine et pour beaucoup d’autres, en direction de tout ce qui est accessibilité des personnes
    en situation de handicap, initiation
    à la petite enfance (concerts dès le berceau), concerts à destination des personnes âgées, qu’on fait venir à l’Opéra ou pour lesquelles on va jouer dans les Ehpad…
     », énumère Valérie Chevalier, directrice générale de l’OONM. « Le mécénat permet de sortir de la simple représentation, d’élargir notre art à d‘autres publics,
    de travailler dans le sens de l‘accessibilité
      », poursuit-elle.

    Animée par l’Hôtel des ventes de Montpellier, la vente aux enchères est organisée, pour la première fois, en partenariat avec le musée Parcelle 473, créé il y a 3 ans dans la capitale héraultaise, premier musée de street art doté d’une collection permanente. C’est Laurent Rigail, son président fondateur, qui s’est chargé de sélectionner les œuvres d’artistes de renommée internationale (JoneOne, JR, Invader, M. Chat, Miss Tic, Obey, Jérôme Mesnager, David Klo…) qui seront mises à la vente le 6 février. Les œuvres sont d’ores et déjà consultables dans le cadre d’une exposition accessible gratuitement du 14 janvier au 5 février dans les nouveaux locaux de l‘Hôtel des ventes de Montpellier, 6 rue du Palais des Guilhem (du mardi au vendredi de 14h à 18h).

    A.G.

    * Réservation individuelle : 250 euros, dont 160 éligibles à la réduction d‘impôt. Billetterie en ligne sur le site de l‘Opéra ou au 04.67.60.19.99.

  • Les cartouches de Saint-John Perse, aventurier-poète, à Aix

    Les cartouches de Saint-John Perse, aventurier-poète, à Aix

    Si les Rencontres du 9e art investissent différents lieux et places d’Aix à chaque printemps approchant, ce festival qui met à l’honneur la bande dessinée, jalonne la ville de certaines de ses actions à l’année. Prochain rendez-vous prévu dans la Galerie de l’Office du tourisme d’Aix-en-Provence, où se déploiera du samedi 24 janvier au 21 mars, l’exposition « Saint-John-Perse d’Atlantique ». Rien d’anodin à cela tant le poète, écrivain et diplomate Alexis Leger, de son vrai nom, a entretenu un réel attachement pour la Provence en général, mais aussi « la ville aux mille fontaines » dans la dernière partie de sa vie (1887-1975). En guise de reconnaissance, le Nobel de littérature 1960 avait même légué, quelque temps avant sa mort, les livres de sa bibliothèque, manuscrits et autres effets personnels à la municipalité, abrités de nos jours à la Fondation Saint-John-Perse. Gardienne des archives de l’auteur, c’est cette même institution qui a donné de l’impulsion à sept illustrateurs de BD pour « une plongée inédite dans la vie et l’œuvre de l’aventurier-poète ».

    De l’homme du monde jusqu’à l’auteur

    Les planches, bulles et cartouches de Thomas Gosselin, Lisa Lugrin, Frédéric Coché, Nina Six, Orianne Lassus, Octavia Eichler et François Henninger tapissent cette exposition en partenariat avec les éditions Cambourakis, où est paru en octobre 2025 Saint-John Perse d’Atlantique. Un ouvrage inscrivant les lecteurs dans le sillage de cet homme natif de la Guadeloupe, à la fin du XIXe siècle, qui « débarque enfant en métropole, croise la route des plus grands écrivains de son temps, voyage à travers tous les continents et côtoie les plus hautes sphères de l’État jusqu’à devenir l’un des personnages clés de la politique étrangère de l’entre-deux-guerres », resituent les organisateurs de l’exposition. Après les accords de Munich, en 1938, il désapprouve la décision de la France et de Daladier de s’incliner devant Hitler, ce qui lui vaudra le quolibet, par ce dernier dictateur, de « petit Martiniquais sautillant ».

    « Démis de ses fonctions alors que les troupes allemandes approchent de Paris, il s’exile aux États-Unis. Paria, il est déchu de sa nationalité par le gouvernement de Vichy. Libre penseur, il refuse de rejoindre De Gaulle à Londres. Ruiné, il accepte son sort : repartir de zéro pour devenir enfin ce qu’il a toujours été. » Saint-John Perse ou un auteur baroudeur dont le trajet éclate sous la palette d’illustrateurs aux différents styles dans une exposition « qui présente également, à l’occasion du cinquantenaire de sa création, le 19 juin 1976 à Aix, de nombreux documents et objets originaux issus des réserves de la Fondation Saint-John Perse ».

  • « Midi-minuit » fait danser l’école française

    « Midi-minuit » fait danser l’école française

    Réservé à trois musiciens français, Francis Poulenc, Camille Saint-Saëns et Maurice Ravel », situe Thierry Malandain, « ce programme comprend des œuvres de mon répertoire et une création pour célébrer le jour et la nuit, midi et minuit, et le temps qu’il fuit dans l’ombre ensevelie ».

    Dans Midi-minuit, dont les gestes graciles aux notes classiques se déploient vendredi 23 et samedi 24 janvier sur la scène du Grand Théâtre de Provence (GTP), le chorégraphe fait « la synthèse de trois décennies de création : une nouvelle intitulée Minuit et demi ou le cœur mystérieux sur des mélodies de Camille Saint-Saëns, Midi pile ou le concerto du soleil, recréation d’un ballet réglé en 1995 sur le Concerto pour deux pianos en ré mineur de Francis Poulenc, et enfin l’intemporel Boléro de Maurice Ravel », présente la production de cette recréation pour 22 danseurs destinée à « rendre hommage à cette fameuse école française ».

    « Éblouissements »

    « Élégante et raffinée, aux orchestrations subtiles donnant priorité à l’expressivité de la mélodie et qui continue d’être influente jusqu’à nos jours. » Voilà des caractéristiques de cette école auxquels 22 danseurs du Malandain Ballet Biarritz rendent grâce et magnifient. Du « retour aux éblouissements de l’enfance » contenus dans Le concerto du soleil, indique le programme, jusqu’à la soumission des « danseurs à la répétition du thème orchestral de Ravel ».

    P.A.

    Entre 10 et 47 euros

  • L’art à portée de main au musée Granet avec le Tactile Tour

    L’art à portée de main au musée Granet avec le Tactile Tour

    Cette exposition, en partenariat avec l’association Valentin-Haüy, présente quinze reproductions en relief d’œuvres majeures. Grâce à ces modèles spécialement adaptés, visiteurs non-voyants, malvoyants, mais aussi voyants peuvent poser leurs mains sur des extraits de la célèbre tapisserie de Bayeux, explorer des compositions de Léonard de Vinci et de Raphaël, ou encore parcourir du bout des doigts une stèle de l’Égypte ancienne.

    Innovations

    Véritable « permis de toucher », le Tactile Tour s’appuie sur les dernières innovations technologiques. « Après avoir été modélisées numériquement, les œuvres originales sont mises en relief par impression 3D et d’autre part fraisage d’une plaque de polyuréthane. Ces dispositifs permettent aux personnes déficientes visuelles de ressentir une œuvre et d’en appréhender d’une certaine manière le contenu », détaille le communiqué de l’exposition. Le musée Granet est engagé, depuis plusieurs années, « dans une politique d’accueil de tous les publics, y compris les publics en situation de handicap, grâce à l’obtention du label Tourisme et Handicap ».

    La présentation du Tactile Tour, en regard des dispositifs tactiles déjà proposés par le musée (fiches en relief et reproductions d’œuvres à toucher), est une « occasion de créer du lien autour de ses collections permanentes, mais plus largement autour de chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art », ajoute le communiqué.

    Du 27 janvier au 8 février, au 1er étage du musée Granet à Aix.. L’accès est inclus dans le billet d’entrée du musée à 7 euros (gratuit pour les personnes handicapées et leur accompagnant).

  • Les premières têtes d’affiche du Festival des cinq continents

    Les premières têtes d’affiche du Festival des cinq continents

    L’annonce des dix premiers artistes du festival s’est tenue ce mercredi 21 janvier. Pour cette 26e édition, l’objectif reste le même, « la musique instrumentale doit se défendre en continuant de travailler sur un modèle de communauté », campe Hugues Kieffer, directeur du festival. C’est donc « poursuivre l’évolution » de cette manifestation culturelle, qui se tiendra du 1er au 12 juillet prochain, avec une programmation qui rassemble et qui mélange.

    Une fois de plus, le festival projettera sur le devant de la scène son identité singulière : « l’expression de la diversité que l’on défend », souligne le directeur du festival. Au programme : Abdullah Miniawi, Obradovic-Tixier duo, Gilles Peterson, Awa Ly, GoGo Penguin, le Marseillais Cyril Benhamou, le groupe Kyoto Jazz Massive ainsi que le retour attendu du groupe Ezra Collective, récompensé comme meilleur groupe de l’année en 2025.

    Défenseur d’un jazz « ouvert », le festival poursuivra ses initiatives en matière d’accueil du public et d’aménagement des espaces investis. Le festival, qui historiquement prenait place au Parc Longchamp, investit cette année quatre lieux emblématiques : la Vieille Charité, le conservatoire Pierre-Barbizet, la Friche Belle de Mai ainsi que, pour la première fois, le nouveau site du parc Henri-Fabre. Pour cette nouvelle année, l’objectif est à nouveau double : « Nous nous voulons utiles pour favoriser un accès à la culture au plus grand nombre et nous souhaitons créer un lien fort avec l’environnement social dans lequel on s’inscrit », souhaite Hugues Kieffer.

    Hommage à Miles Davis

    Pour cette nouvelle édition, le festival célébrera l’un des plus grands jazzman de tous les temps, le célèbre Miles Davis. Au programme, une rétrospective musicale allant des années 1960 aux années 1980, fil conducteur de cette célébration jazz. Cette année, le festival s’ouvrira par la rencontre entre le trompettiste Michael Leonhart et l’icône du flamenco contemporain, Israel Galván. La clôture, quant à elle, rendra « un hommage flamboyant » à Miles Davis avec sur scène, la figure de l’époque dorée du jazz, Marcus Miller.

    La billetterie est ouverte : marseillejazz.com

  • Explorations des paysages dans les bibliothèques

    Explorations des paysages dans les bibliothèques

    Quatre-vingt-dix auteurs et artistes donnent rendez-vous jusqu’au 14 février dans 70 bibliothèques de la Métropole. Une démesure au diapason d’un thème aux évocations infinies, intitulé « Sur les chemins ». « La possibilité d’admirer différents paysages culturels : performance vocale, projection, exposition, spectacle pour susciter la curiosité des petits et grands », écrit dans un édito la présidente de la Métropole. Top départ mardi, avec « Sur la route de l’exil » à la médiathèque Jean-Claude Izzo de Châteauneuf-les-Martigues. Visible jusqu’à la fin du mois, une exposition du plasticien Peshawa Mahmood, qui raconte avec cette mosaïque son trajet d’Irak jusqu’à Marseille.

    « Flânerie »

    Autre parcours à l’œuvre, du côté de Pertuis, à la médiathèque les Carmes, « Vérité en deçà… et au-delà », du photographe Sébastien Normand. « Guidé par des cartographies et s’inspirant du pyrénéisme, mouvement du XIXe alliant arpentage sportif et création artistique », indique le programme, il « interroge les émotions suscitées par les reliefs des Pyrénées ».

    Parmi d’autres propositions imminentes, la création de Rossinante, magazine d’expéditions et autres cartes postales auxquels contribueront le 21 janvier à 15h, les minots de la médiathèque Salim-Hatubou, à Marseille, ou encore une rencontre littéraire avec Jean-Christophe Bailly, auteur prônant « la flânerie comme manière de faire l’expérience vivante et concrète de la ville », le 23 janvier à la bibliothèque les Méjanes, à Aix.

  • Des « voix étouffées » soufflent à nouveau au Camp des Milles

    Des « voix étouffées » soufflent à nouveau au Camp des Milles

    Ils ont été persécutés, parfois ont péri. Mais l’œuvre de certains d’entre eux survit à leur propre sort ainsi qu’aux tourbillons de l’histoire. Entre 1939 et 1942, 10 000 réfugiés ont été internés au Camp des Milles et 2 000 juifs, déportés vers
    le camp d’extermination d’Auschwitz. Parmi eux, le pianiste Erich Ito Kahn ou encore l’homme de théâtre et musicien Max Schlesinger, dont les œuvres résonneront à nouveau en ces lieux, jeudi 22 janvier, plus de 85 ans après leur terrible expérience aixoise, là où ils les avaient composées.

    Joués par l’orchestre Métamorphoses et le Chœur de l’armée française, des airs ressurgis dans le cadre du « Forum des voix étouffées », qui a « pour mission de faire découvrir la musique de compositeurs bannis, interdits, opprimés et assassinés, pour certains d’entre eux, par les totalitarismes européens du XXe siècle. Et en particulier par le nazisme et ses complices vichystes », situe Odile Boyer. « Un hommage in situ à la totalité des artistes internés au Camp des Milles ayant résisté, par leurs créations, à la déshumanisation dont ils furent l’objet », précise la directrice adjointe du site-mémorial qui en porte le nom.

    « Pour tenir le coup »

    Autant d’œuvres « d’art, mais aussi de témoignages à travers lesquels on touche du doigt ce qu’ils ont pu ressentir du fait de l’internement », développe-t-elle : « Leurs peurs, angoisses et horreurs des persécutions. » Non sans une certaine ironie, cette « politesse du désespoir ».

    « Aux Milles, près d’Aix-en-Provence, nous vivons dans un camp. À l’appel de la France, nous disons présent », entonne L’hymne des Milles, composé par Max Schlesinger et le chef d’orchestre Adolphe Sibert, sur l’air du Blanche Neige de Walt Disney (1937). « Il a été joué pour la première fois en octobre 1939 et évoque leurs conditions de vie dans le camp », précise Odile Boyer à propos de ce chant qui chronique leurs conditions de vie inhumaines dans « le mistral » et « la saleté », conclu ainsi : « Tout cela ne fait rien. Les apatrides, les Autrichiens, vivent bien comme des chats et des chiens. Ça vous donne une idée, si quelqu’un tombe dans la latrine, on voit partout de joyeuses mines. Vive la fraternité ! » Des paroles aux rires jaunes « pour tenir le coup et rester debout. Un humour qui n’est pas propre aux Milles, mais qu’on retrouve dans beaucoup d’autres camps. Une manière de tenir le coup », rappelle la dirigeante du site-mémorial. Tout un répertoire qui « nous fait revivre ce qu’ils y ont vécu. Cela rend l’histoire utile », illustre-t-elle encore avec le Nenia judaeis qui hac aetate perierunt (« Thrène pour les juifs qui en ces temps périrent », 1941), « chef-d’œuvre pour violoncelle et piano et véritable prémonition de la solution finale qui sera mise en place quelques mois plus tard ».

    Jeudi 22 janvier à 20h30. www.campdesmilles.org