Category: culture

  • La Grèce invitée d’honneur du salon du livre métropolitain

    La Grèce invitée d’honneur du salon du livre métropolitain

    « Cet événement s’inscrit dans le cadre de Capital bleu qui entrevoit l’eau comme un récit métropolitain célébrant le lien entre l’homme et la mer », présente Daniel Gagnon délégué à la culture à la Métropole.

    Un salon dédié à l’économie du livre au sens large. « L’idée ici est de faire une fête du livre et pas un salon standard avec simplement de la vente de livres. Mais plutôt, un événement d’ampleur où de nombreuses rencontres ponctuent ces 3 jours, sans oublier des événements festifs », relaie Véronique Vassiliou chef de projet livre et lecture à la Métropole.

    Vingt-cinq conférences et rencontres sont prévues avec des traducteurs et auteurs venus d’Athènes, Thessalonique, Palerme… Un banquet littéraire offrira des causeries assorties de dégustations, animées par des spécialistes. À noter qu’il est gratuit et sur inscription physique sur site dès 14h, le samedi 18 septembre.

    La Grèce dans toute son ampleur sera mise à l’honneur : mer, archéologie, films, musiques, chants, danse, avec notamment la venue du grand cinéaste Costa Gavras.

    Trois expositions photographiques sont aussi à découvrir dont l’une dédiée à la BD autour des voyages d’Astérix célèbre explorateur du bassin méditerranéen.

    Synergie locale

    « On a aussi beaucoup travaillé avec les acteurs locaux, la communauté hellénique de Provence, de l’étang de Berre jusqu’à l’embouchure des Salin-de-Giraud », insiste Véronique Vassiliou. Sans oublier la mise en lumière de la traduction de la littérature grecque en France. « qui est assez peu traduite » regrette-t-elle. L’occasion de parler d’un dispositif tout à fait unique. « Depuis une 15e d’année, le CIPM a imaginé un atelier collectif et mutuel de traduction entre des poètes français et des poètes d’une autre langue » expose François Lespiau responsable de l’action culturelle au sein du Centre international de poésie Marseille (CIPM). « Cette année, 3 auteurs grecs sont invités en amont du salon et accueillis pour travailler avec 3 poètes français qui vont les traduire collectivement en temps réel jusqu’à parvenir à une forme qui correspond à un poème français qui est un décalque du Grec » détaille-t-il. Une belle aventure humaine publiée grâce à un acteur local Zoème, à la fois galerie, librairie et une maison d’édition indépendante. « Au moment du salon, des lectures bilingues ont aussi lieu. » Quelques mois plus tard ce sont les auteurs français, qui partiront à Athènes pour être traduits par les poètes grecs.

    ampmetropole.fr

  • Ardant, Dutronc ou Chedid seront sur la scène vauclusienne du Thor

    Ardant, Dutronc ou Chedid seront sur la scène vauclusienne du Thor

    Depuis plus de quatre décennies, le Conseil départemental de Vaucluse possède sa propre scène : l’auditorium Jean-Moulin au Thor, fort de près de 600 places.

    « L’épicentre culturel de Vaucluse », ose Élisabeth Amoros, vice-présidente LR déléguée à la culture. Une salle, il est vrai, centrale géographiquement, disposant de parkings, et de tarifs abordables entre 8 et 42 euros *. La saison 2025-2026, qui démarre le 11 octobre et présentée il y a 10 jours, se tient « dans un contexte budgétaire contraint », rappelle l’élue en soulignant que sa majorité « a fait le choix de préserver intégralement le budget de la culture ».

    L’auditorium, géré depuis trois ans par Sophie Duffaut, dispose d’un budget de 460 000 euros. Dont une partie est destinée à des spectacles pour les scolaires. Plus de 8 000 élèves issus de 105 établissements y ont été accueillis l’an dernier. La salle de spectacles a aussi pour ambition de renforcer les résidences d’artistes, à l’instar d’Agnès Jaoui, venue préparer et lancer en janvier dernier la tournée de son dernier album.

    Timsit et Demaison se donnent la réplique

    « Notre établissement continue d’ouvrir grand ses portes à la diversité des expressions artistiques et au plaisir du partage », se targue, dans l’édito de présentation, la présidente du Département, Dominique Santoni (LR). Humour, concert, magie, danse ou théâtre seront proposés aux spectateurs.

    Pour les trois coups, le 11 octobre, place à l’humour avec Yann Marguet, vu et entendu sur Quotidien et France Inter. Dans le même registre, Marine Leonardi le samedi 14 mars ou Blandine Lehout le jeudi 2 avril, seront sur scène pour faire rire. Alex Lutz, avec une touche sensible, revient pour la seconde année consécutive au Thor (7 mai) avec Sexe, grog et rocking-chair, qui parle d’un père absent. Patrick Timsit et François-Xavier Demaison misent sur l’humour noir dans la pièce La Famille (15 janvier).

    Fanny Ardant foulera pour la première fois les planches de l’auditorium, le 23 novembre, dans un seul en scène, intitulé La Blessure et la soif. La chanson française n’est pas oubliée avec des noms qui évoquent les filiations artistiques : Louis Chedid (16 octobre) ou Thomas Dutronc (5 décembre). Côté danse hip-hop, le chorégraphe Mourad Merzouki (2 décembre) présentera Cartes blanches.

  • Au Théâtre Joliette, une saison traversée par le politique et l’intime

    Au Théâtre Joliette, une saison traversée par le politique et l’intime

    Pour sa saison 2025-26, le Théâtre Joliette veut « accueillir le sublime », proclame son affiche qui esquisse une foule chatoyante. « On s’interroge sur la question de l’hospitalité et du refuge, qu’il soit physique ou intime », justifie d’abord Nathalie Huerta, directrice des lieux. Symbole d’un tel credo, l’un des premiers spectacles de cette rentrée : Taire de Tamara Al Saadi, auteur et metteur en scène qui réécrit Antigone en tissant l’interprétation de ce mythe avec l’histoire d’une jeune fille placée à l’Aide sociale à l’enfance. « Quant au sublime », précise celle qui est à la tête de cette scène spécialisée dans les expressions contemporaines, « l’idée vient du spectacle Cérémonies, du Raoul collectif, compagnon du théâtre, où il y a la notion de foule sublime. Car la question du collectif est sublime. Le théâtre est un endroit de rencontres et de débat. Il faut continuer à y croire malgré la violence, toutes ces guerres et génocides ».

    Au son funeste de ces termes, comment ne pas penser à Bashar Murkus, artiste faisant partie de « ces Palestiniens d’Israël » et dont le théâtre, établi dans la ville d’Haïfa, « a été fermé depuis le 7 octobre », situe Nathalie Huerta, au sujet de cet artiste aux spectacles métaphoriques qui viendra présenter Yes Daddy les 18 et 19 novembre. « L’histoire d’un homme âgé qui perd la mémoire, et d’un plus jeune, qui est un travailleur du sexe. » Ce dernier « pense arriver pour commercialiser son corps » mais va finalement se révéler être « un fils, un frère » et lui permettre « de se remémorer ses souvenirs ». L’un des marqueurs d’une saison « plus que jamais internationale, poétique et politique », comme pourra l’illustrer l’invitation faite au collectif libanais de marionnettistes, Kahraba, pendant une semaine en décembre, mais qui s’exerceront aussi à l’art du clown aux côtés du metteur en scène marseillais François Cervantes.

    Cultiver « Nos jardins »

    Dans cette veine, que dire encore des auteurs, poétesses et slameuses rwandaises Lisette Ma Neza et Carine Poet, à la Joliette le 22 novembre. « On connaît tous le génocide qui a eu lieu au Rwanda. Quand j’y suis allée il y a quelques années, j’ai été marquée par la force des femmes qui portent aujourd’hui la réparation, la réconciliation, mais qui font aussi office de la mémoire et du futur », rappelle Nathalie Huerta. De politique, « au sens noble du terme », il sera encore question les 28 et 29 novembre avec Non-lieu, « théâtre documentaire » autour de la mort du militant Rémi Fraisse, atteint par une grenade tirée par un gendarme, mais dont le procès n’a jamais eu lieu malgré des preuves accablantes, indique la directrice de la scène de la Joliette. Et de pointer encore Nos jardins, (les 5 et 6 février), qui évoque le sens de la lutte, à travers l’histoire de jardins ouvriers détruits pour y implanter un centre commercial, face auquel deux groupes de jeunes vont respectivement résister, ou se plier.

  • Béatrice Helg trace ses « géométries du silence »

    Béatrice Helg trace ses « géométries du silence »

    Dans les travées du musée Réattu, un cliché affiche un drap blanc qui semble léviter face à un mur de béton grisonnant. Le fantôme de l’Opéra ? Que nenni. Plutôt un Esprit froissé capturé par Béatrice Helg, figure de la photographie mise en scène, courant qui a fait florès dans les années 1980 et qui atteste d’un contrôle total de l’auteur sur le sujet qu’il a préalablement imaginé. Avec Géométries du silence, exposition accrochée dans le cadre de la séquence « Arles associé » des Rencontres de la photographie d’Arles, le musée Réattu affiche ainsi « la plus vaste monographie jamais consacrée au travail » de cette artiste suisse « influencée par l’avant-garde russe et le constructivisme », situe le Musée.

    « Écriture de lumière »

    Certaines de ses œuvres symboliques, et parfois inédites, sont issues de séries aux titres évocateurs : Théâtres de la lumière, Crépuscule, Éclat ou encore Cosmos, qu’elle a réalisées lors des trois dernières décennies. Une amulette qui s’appesantit sur une main, des jeux de contrastes qui émergent vers le ciel… en déambulant, les rétines se familiarisent à ses formes étranges. « La photographie est une écriture de lumière. Elle me permet d’explorer l’invisible, l’insoupçonné, l’espace du dedans », écrit-elle. « Cette écriture me donne la possibilité d’exprimer des sentiments, de transmettre des sensations, des pensées que je ne saurais évoquer par une photo de la réalité ou par des mots. »

    www.museereattu.arles.fr

  • La création contemporaine au service de la solidarité

    La création contemporaine au service de la solidarité

    Soutenir à la fois la création contemporaine et la solidarité. C’est le but du salon Solid’Art, au cours duquel une centaine d’artistes se mobilisent en faveur du Secours populaire dans l’objectif de récolter des fonds destinés à permettre aux enfants accompagnés par l’association de partir en vacances et d’accéder à la culture et aux loisirs.

    Née à Lille en 2015, la manifestation -également déclinée à Paris- existe depuis 2018 à Montpellier, où elle s’est fait une place dans le paysage culturel local. « Il y a 8 ans, le premier salon faisait 200m². Aujourd’hui on est installés sur 2 000m², avec une centaine d’artistes invités et 5 000 visiteurs attendus », indique le fondateur et directeur de ce salon d’art contemporain solidaire, Florian Neveu. Preuve du succès de la manifestation, « on reçoit plus de 300 candidatures chaque année », parmi lesquelles un jury présidé par Numa Hambursin, directeur du MoCo (Musée d’art contemporain de Montpellier), opère une sélection.

    « Les artistes sont présents »

    Ils sont 90 (peinture, photographie, street art, sculpture…), la plupart issus de la région (Sunra, Oups, Prooz, Noon, Sodade, Bella Bah…), à avoir été retenus pour cette nouvelle édition qui se déroulera du 19 au 21 septembre au Zénith Sud de Montpellier. Après Hervé Di Rosa, Nasty, Franck Noto, M. Chat, JonOne, c’est au tour de Maye, « jeune prodige montpelliérain du graffiti », de parrainer cette 8e édition. « Il fait un travail de projection assez poétique. Ses toiles sont un peu une alerte : il peint le monde dans 50 ans si on ne fait rien face aux enjeux sociaux et climatiques. C’est un artiste côté, qui a explosé à l’international », détaille Florian Neveu. Présent tout au long du salon, Maye proposera une performance en ouverture.

    Le principe de la manifestation est le suivant : « L’entrée est gratuite dans l’idée de favoriser l’accès à la culture. Ensuite, chaque vente d’œuvre d’art s’accompagne d’un don au Secours populaire. Ainsi l’artiste est rétribué et on collecte des dons pour l’association par la même occasion. » L’an dernier, 120 000 euros ont ainsi été récoltés au profit du Secours populaire de l’Hérault, un record depuis la naissance de Solid’art dans le département.

    « La force du salon, c’est que les artistes sont présents. On peut les rencontrer, leur poser des questions, les voir travailler en direct, comprendre leur démarche », souligne Florian Neveu. Sans oublier toute une partie animation, « avec des ateliers participatifs, des initiations à la sérigraphie, des ateliers collage, pochoirs… » Enfin, un « petit banquet sétois » sera proposé aux visiteurs avec le soutien de conchyliculteurs du Bassin de Thau.

    * Vendredi 19 septembre : 14h–22h ; samedi 20 : 11h–20h ; dimanche 21 : 10h–19h. Entrée gratuite.

  • « Pour l’honneur de Gaza » sur l’écran du Gyptis

    « Pour l’honneur de Gaza » sur l’écran du Gyptis

    « Je me suis dit : chez moi plutôt qu’ailleurs. Au moins, ils trouveront mon corps dans ma maison. Mourir sur sa terre, c’est mieux que l’exode », témoigne l’un des nombreux protagonistes de Pour l’honneur de Gaza. Dans ce documentaire projeté vendredi 19 septembre au Gyptis, Iyad Alasttal raconte la survie mais aussi les espoirs des habitants de cette ville bombardée sans relâche par l’armée israélienne, à travers une galerie de personnages allant d’un pêcheur à un marionnettiste en passant par des musiciens.

    « Depuis le début de la guerre, on entend souvent qu’un seul narratif qui les décrit comme des animaux sauvages. On ne considère aussi les morts et les déplacés que comme des chiffres », a déploré sur France 24 le journaliste palestinien, qui sera présent au cinéma de la Belle de Mai pour échanger avec le public. Avec Pour l’honneur de Gaza, Iyad Alasttal remet leur humanité au centre, tandis que l’épuration, la colonisation et la famine organisée par Israël se poursuivent en toute impunité. « La plupart des médias ne montrent jamais la vie quotidienne : comment un enfant fait pour aller à l’école, comment un salarié fait pour se rendre au travail », précise-t-il. Comme le regrette une jeune fille dans le documentaire, « nous vivons dans un monde hypocrite qui prétend défendre les droits de l’homme et qui ignore les nôtres à Gaza ».

    Séance au Gyptis à 19h

  • Ardant, Dutronc ou Chedid seront sur la scène vauclusienne

    Ardant, Dutronc ou Chedid seront sur la scène vauclusienne

    Depuis plus de quatre décennies, le Conseil départemental de Vaucluse possède sa propre scène : l’auditorium Jean-Moulin au Thor, fort de près de 600 places.

    « L’épicentre culturel de Vaucluse », ose Élisabeth Amoros, vice-présidente LR déléguée à la culture. Une salle, il est vrai, centrale géographiquement, disposant de parkings, et de tarifs abordables entre 8 et 42 euros *. La saison 2025-2026, qui démarre le 11 octobre et présentée il y a 10 jours, se tient « dans un contexte budgétaire contraint », rappelle l’élue en soulignant que sa majorité « a fait le choix de préserver intégralement le budget de la culture ».

    L’auditorium, géré depuis trois ans par Sophie Duffaut, dispose d’un budget de 460 000 euros. Dont une partie est destinée à des spectacles pour les scolaires. Plus de 8 000 élèves issus de 105 établissements y ont été accueillis l’an dernier. La salle de spectacles a aussi pour ambition de renforcer les résidences d’artistes, à l’instar d’Agnès Jaoui, venue préparer et lancer en janvier dernier la tournée de son dernier album.

    Timsit et Demaison se donnent la réplique

    « Notre établissement continue d’ouvrir grand ses portes à la diversité des expressions artistiques et au plaisir du partage », se targue, dans l’édito de présentation, la présidente du Département, Dominique Santoni (LR). Humour, concert, magie, danse ou théâtre seront proposés aux spectateurs.

    Pour les trois coups, le 11 octobre, place à l’humour avec Yann Marguet, vu et entendu sur Quotidien et France Inter. Dans le même registre, Marine Leonardi le samedi 14 mars ou Blandine Lehout le jeudi 2 avril, seront sur scène pour faire rire. Alex Lutz, avec une touche sensible, revient pour la seconde année consécutive au Thor (7 mai) avec Sexe, grog et rocking-chair, qui parle d’un père absent. Patrick Timsit et François-Xavier Demaison misent sur l’humour noir dans la pièce La Famille (15 janvier).

    Fanny Ardant foulera pour la première fois les planches de l’auditorium, le 23 novembre, dans un seul en scène, intitulé La Blessure et la soif. La chanson française n’est pas oubliée avec des noms qui évoquent les filiations artistiques : Louis Chedid (16 octobre) ou Thomas Dutronc (5 décembre). Côté danse hip-hop, le chorégraphe Mourad Merzouki (2 décembre) présentera Cartes blanches.

  • [Grand entretien] Ismaël Khelifa : « Tout est parti d’une rencontre à Marseille »

    [Grand entretien] Ismaël Khelifa : « Tout est parti d’une rencontre à Marseille »

    La Marseillaise : Le 18 septembre, votre opération « Montagnes solidaires » va entrer dans le vif du sujet, en quoi cela va-t-il consister ?

    Ismaël Khelifa : Elle est née d’une volonté. À savoir répondre à l’urgence par l’action et le non-renoncement. Me dépasser pour transmettre de l’espoir tout en me confrontant au réel. Partager la grandeur des Alpes avec le grand public et embarquer chacun dans une action solidaire pour montrer aux enfants et aux adolescents démunis que nous nous tenons à leurs côtés. Voilà ce qui m’anime pour cette nouvelle expédition sportive et solidaire.

    Qu’allez-vous faire concrètement ?

    I.K. : Mon idée est de relier mes deux villes de cœur, à savoir Marseille et Annecy, en plusieurs étapes. Et varier les efforts, à savoir 44 kilomètres de nage en mer et dans trois lacs alpins, monter les cols mythiques des Alpes sur 846 kilomètres en vélo, et effectuer une randonnée de 110 kilomètres dans des paysages exceptionnels.

    Pourquoi un tel challenge ?

    I.K. : Tout est arrivé lors d’une rencontre, à Marseille. Celle avec une gamine que je vois partager son sandwich avec son frère. Je suis allé parler avec elle et elle m’a avoué que c’était en fait leur repas de midi. J’ai pris une énorme claque en constatant que dans mon pays, la France, des gosses vivaient dans une immense misère. Je n’en ai pas dormi de la nuit. J’ai ensuite appris qu’en France, aujourd’hui, un enfant sur cinq vit dans une extrême pauvreté. Ce que je ne peux pas admettre.

    Vous avez donc décidé d’agir ?

    I.K. : J’ai créé mon association, en 2018, et je me suis demandé comment mettre en place une initiative qui puisse toucher un maximum de personnes. J’ai songé au Secours populaire, car cette association est présente sur tout le territoire et j’y ai rencontré des gens qui ont la solidarité dans leur ADN. C’est d’ailleurs pour récolter des fonds pour leurs actions que je vais me lancer dans mes « Montagnes solidaires ».

    C’est aussi une victoire sur vous-même qui va se concrétiser ?

    I.K. : Disons que, lorsque j’ai eu cette idée, j’avais omis une chose. Je ne savais pas nager ! Ma priorité a donc été d’apprendre. Et c’est Théo Curin, alors que je venais de franchir le cap de la cinquantaine, qui m’a appris. Il a été un coach exceptionnel. Et maintenant, je suis prêt à défier les eaux de Marseille, entre le Frioul et les Catalans, et les lacs de Serre-Ponçon, Sainte-Croix et Annecy.

    Vous vous sentez comment à quelques jours du départ ?

    I.K. : Je me sens bien ! J’ai fait ce qu’il fallait pour être prêt le jour J. Je sais que le plus dur est à venir. Qu’il y aura des aléas, dans l’eau, mais aussi sur les routes. Néanmoins, l’idée de traverser des paysages époustouflants et des rencontres qui m’attendent sur le parcours seront mon carburant. Ce que je vis ces derniers jours est grisant.

    Comment va se passer cette traversée ?

    I.K. : Je vais partir des îles du Frioul jeudi, et une fois sur la plage des Catalans, ce sera le grand départ. Sur la terre ferme, les gens qui le souhaitent pourront faire un bout de chemin à mes côtés. À l’étape, des rencontres sont programmées avec les antennes locales du Secours populaire, qui récolteront les dons de ceux qui souhaitent contribuer à ces « Montagnes solidaires » en effectuant des dons qui seront au bénéfice des écoles, collèges et lycées de la région où nous serons. Au-delà de cette collecte, l’idée est que chaque rencontre soit une fête, placée sous le signe des échanges et du partage. Je vais traverser des sites magnifiques. Mais je souhaite aller au-delà de la carte postale. Faire prendre conscience du manque de solidarité et de fraternité dans notre société actuelle. Avec un rêve, que ceux qui vont me suivre lancent à leur tour une dynamique pour que ce défi transpire bien au-delà des mille kilomètres du parcours. Que des gens qui vont me croiser se disent : « Tiens si j’appelais mon centre du Secours populaire pour voir s’il est possible de faire quelque chose dans ce domaine ? » Cela afin que mon défi personnel dépasse son cadre.

    Pourquoi avoir choisi Marseille et Annecy comme point de départ et d’arrivée ?

    I.K. : Annecy, c’est ma ville de naissance. J’ai eu la chance d’y vivre une vie chouchoutée, d’avoir une famille aimante. Marseille, c’est ma ville de cœur. J’y ai découvert des gens qui ont appris à se débrouiller par eux-mêmes. Qui ont su mettre en place une solidarité formidable dans les quartiers, alors qu’ils ont des vies qui ne sont pas toujours simples. Je trouve à ce sujet que les Marseillais sont de vrais citoyens, qui savent ce que l’engagement personnel signifie. Ce sont eux qui m’inspirent au quotidien.

    À quelle date comptez-vous terminer votre défi ?

    I.K. : L’arrivée est prévue le 16 octobre, sur la plage de l’Albigny. Ce qui signifie que je terminerai le périple comme je l’ai débuté, par une épreuve de nage. Mais dans le lac d’Annecy, ce sera sans doute plus compliqué, car l’eau y sera beaucoup plus froide que lors de mon départ à Marseille. Je m’attends à des conditions terribles, en plein automne. Mais je le ferai. Le mental est là.

  • L’Ombrière : une saison entre grands noms et découvertes

    L’Ombrière : une saison entre grands noms et découvertes

    À l’Ombrière, la programmation est pensée pour refléter la diversité des arts de la scène. Cette saison encore, la salle d’Uzès propose aussi bien des spectacles à taille humaine que des rendez-vous plus ambitieux capables de rassembler un large public. « L’idée est de répondre toujours aux attentes d’un public varié, avec une programmation pluridisciplinaire qui permet d’atteindre différentes esthétiques », explique Virginie Jarrin, directrice de l’Ombrière.

    Cette diversité se traduit autant par l’accueil de grandes figures du théâtre et de la chanson que par la mise en avant de créations plus confidentielles. Car, rappelle la directrice, « la programmation de l’Ombrière, c’est aussi l’alternance entre des têtes d’affiche et des spectacles plus émergents ».

    Louis Bertignac, événement phare

    Parmi les temps forts de la saison, le concert de Louis Bertignac programmé vendredi 17 octobre à 20h30 est sans doute l’événement le plus attendu. Guitariste, chanteur et cofondateur du groupe mythique Téléphone, il a marqué l’histoire du rock français. Toujours aussi passionné, il enflamme les scènes avec ses classiques et ses créations personnelles. Pour l’occasion, l’Ombrière adaptera sa jauge : de 500 spectateurs en moyenne, elle pourra accueillir jusqu’à 1 200 personnes. « Louis Bertignac fait partie de ces artistes qui nous permettent de toucher un public très large », partage Virginie Jarrin.

    La directrice recommande deux autres rendez-vous majeurs. Le premier se tiendra le 13 mars, avec François Cluzet, l’un des comédiens les plus populaires du cinéma et du théâtre français. Dans une configuration intimiste, l’acteur se livrera à un grand moment de théâtre, intense et profond, qui s’éloigne volontairement de la légèreté comique. Sur scène, il incarne Robert, thérapeute et essayiste en pleine rupture avec ses méthodes traditionnelles. Fatigué de voir ses patients s’enliser dans l’introspection, il décide de tout bouleverser et d’agir autrement. Interné dans un hôpital psychiatrique, il raconte son ambition de changer le monde, entre conviction radicale et possible folie. Adapté du roman de Denis Michelis et mis en scène par Emmanuel Noblet, déjà récompensé d’un Molière pour Réparer les vivants, ce spectacle permet à François Cluzet de déployersa puissance d’interprétation et d’emmener le spectateur dans un récit chargé d’émotion.

    Autre temps fort : la pièce Les Marchands d’étoiles, couronnée aux Molières 2025, notamment du prix du meilleur comédien. Cette œuvre bouleversante plonge dans l’histoire de l’étoile jaune tout en explorant les rapports de filiation au sein d’une famille. Un spectacle qui conjugue mémoire collective et émotion intime, et qui s’annonce comme l’un des sommets de la saison. « C’est un très beau théâtre, profondément émouvant, parce qu’il traite d’un sujet que l’on connaît et qui reste d’une force incroyable », souligne Virginie Jarrin.

    Avec cette programmation, l’Ombrière réaffirme son ambition : être une maison ouverte à tous, où se croisent le théâtre de haut niveau, la musique populaire, les écritures contemporaines et les talents émergents. Une saison qui, à n’en pas douter, fera vibrer Uzès et son territoire bien au-delà de ses murs.

    * Toute la programmation sur www.lonbriere.fr

  • [Lecture] Cinquante ans de solitude

    [Lecture] Cinquante ans de solitude

    Henri Girard, devenu ensuite Georges Arnaud, dont Le Salaire de la peur n’a rien perdu, 75 ans après sa parution, de sa force ni de son originalité, était bien coupable. Coup de tonnerre dans l’univers des lettres et du fait divers, Catherine Girard, sa fille, livre, dans un récit bouleversant et à l’authenticité incontestable, n’en déplaise à une mise en cause médiatique aussi infâme que dérisoire, une triple histoire : celle de son père, d’une dynastie familiale, la sienne enfin. Si, depuis la tragédie d’Escoire, l’assassinat en 1941 du père d’Henri Girard, de sa tante et de la domestique de la famille, Louise, articles, documents et livres n’ont pas manqué, pour soutenir la thèse de l’innocence ou au contraire faire le procès de l’acquitté, c’est, enfin, une certitude que nous apporte Catherine Girard. Une certitude qu’elle a enfouie en elle pendant plus de cinquante ans, depuis que ce père adoré, adulé même, qui était aussi un ami, a répondu à ses interrogations. « On m’appelle la fille de l’assassin. Est-ce la vérité ? » Suivra un demi-siècle de déni.

    Famille, je vous hais !

    C’est le cri du Gide des Nourritures terrestres que Catherine Girard pourrait placer dans la bouche de son père. « Foyers clos, portes refermées, possessions jalouses du bonheur ! » Grande fortune, égoïsme de classe ébranlés un moment par l’arrivée d’une belle-fille émancipée, anarchisante, socialement inférieure. Valentine. On déshérite Georges Girard pour cette mésalliance. Henri naît. Valentine meurt alors qu’il n’a que neuf ans. Il ne s’en remettra jamais. Ce sont les Autres qui sont responsables, qui n’ont pas fait ce qu’il fallait pour la sauver. Et, avant tout, la grand-mère et la tante. Et Georges et Henri ont beau partager un amour réciproque sincère, leurs relations seront tendues, chaotiques parfois, violentes souvent. Nul ne guérit de son enfance, le ferment de la vengeance ne disparaîtra jamais. L’autrice analyse avec une précision presque clinique les processus qui vont peu à peu entraîner Henri à l’irrémédiable, nous faisant pénétrer les arcanes d’une famille calfeutrée dans sa richesse et ses habitudes, mais aussi dans les cœurs de Georges et d’Henri, ne cherchant jamais à excuser son père, simplement à le comprendre.

    « In violentia veritas »,

    Catherine Girard
    Grasset 352
    pages 22€