Category: culture

  • Au musée Cantini, voir et revoir Giacometti

    Au musée Cantini, voir et revoir Giacometti

    On a joie à le répéter, des médias nationaux comme Télérama, L’Humanité et Connaissance des Arts, un intense bouche à l’oreille en furent l’écho : coproduite par la Fondation Giacometti et les musées de Marseille, l’élégante exposition de l’immense Giacometti est dense et passionnante. Avec tout de même un revers honteux, depuis trop longtemps inadmissible : pas de rampe pour un fauteuil roulant, l’escalier d’entrée de Cantini est en accès impossible !

    On croyait bien connaître le charisme et la mythologie du sculpteur-peintre-dessinateur. Nombreux sont ceux qui ont découvert ses tâtonnements du côté du Surréalisme, ses emprunts aux Égyptiens ainsi qu’aux arts Africains et Océaniens : à propos de l’ultime salle du rez-de-chaussée du musée qui établit les ressources des arts premiers, on salue le dialogue de la conservatrice de Cantini Louise Madinier avec Benoît Martin du Maaoa.

    Après les arts premiers, Baudelaire et Genet

    La fin de partie sera fervente. Pour amplifier les succès de fréquentation déjà enregistrés, le maire Benoît Payan et son adjoint à la Culture Jean-Marc Coppola ont décidé d’offrir, jusqu’au 29, entre jeudi et dimanche, un accès gratuit aux expositions et aux activités annexes du musée Cantini.

    On a souvent étroitement pensé les sculptures de Giacometti comme des figures tragiques de l’homme d’après la Shoah. La programmation de Géraldine Bousquet élargit cette vision. Pendant la soirée de jeudi jusqu’à 20h, avec une jauge de 52 personnes qui réserveront leur place, on assistera à un émouvant montage de textes, silence et musique ; deux acteurs de la Compagnie La Clac, un comédien et un pianiste liront dans le jardin du musée le texte aigu et fraternel de Jean Genet, L’Atelier de Giacometti mis en scène par Mateo Mavromatis. Samedi 11h 30, ce sera « ThéArts », un échange autour du « Spleen » de Baudelaire avec le transfuge Redwane Rajel : cet acteur formé par Olivier Py, Joël Pommerat et Marc Rosmini est l’auteur d’une pièce bientôt jouée aux Bernardines À l’ombre des réverbères. Dimanche 16h, dans la cour qui précède le musée, le performeur Gaëtan Marron transposera sur une toile de cinq mètres de haut le portrait peint par Alberto pour son frère Diego.

  • Joseph Arthur en live et en couleurs à l’Atelier Rafale

    Joseph Arthur en live et en couleurs à l’Atelier Rafale

    Du 26 septembre au 4 octobre, l’Atelier Rafale (5, rue Pastoret, 13006) se mue en laboratoire artistique avec l’exposition « Taille Unique », imaginée par Jacques de Chabannes, alias J2C, et le collectif Kollectiv Mode. Sous-titrée « C’est pas la taille qui compte », la proposition s’annonce libre et explosive : visages, figures, couleurs débridées, projections brutes… « Ce sont des œuvres assez mixtes, tout ce qui est acrylique, brume, encre, sur des papiers arches, sur divers supports aussi, de toutes les tailles », précise J2C. Une plongée dans un univers où l’excès devient langage et l’interprétation, affaire personnelle.

    Point d’orgue : le vernissage, samedi, avec Joseph Arthur dont les œuvres seront également exposées. Musicien, plasticien, poète, performeur, révélé par Peter Gabriel qui signa son 1er album sur son label Real World, salué par Lou Reed, il a collaboré avec Ben Harper, Jeff Ament (Pearl Jam), ou Michael Stipe (REM). Figure culte de l’underground américain, Joseph Arthur entretient une relation singulière avec la France, où longtemps distribué par Fargo Records, il a fédéré un public fidèle. « C’est un des pays qui l’a le mieux accueilli, musicalement et en termes de ventes », souligne Jacques de Chabannes.

    Trente ans d’amitié

    Et si Marseille fait partie de ces villes où il aime revenir, l’amitié nouée avec J2C depuis 30 ans n’y est pas étrangère. « On s’est rencontrés en 1997, lors de son premier concert au Poste à Galène pour la sortie de son premier album Big City Secrets », raconte le Marseillais qui œuvrait alors sur Radio Grenouille. « Depuis, on n’a jamais cessé d’échanger autour de la musique et de l’art ».

    Programmé au Théâtre de l’Œuvre, à l’automne dernier, Joseph Arthur avait fait un saut à l’Atelier pour une performance intimiste. « Il avait joué et exposé ses œuvres. Melanie, la fille de Peter Gabriel, avait chanté avec lui. »

    Dimanche, il prolongera l’expérience avec une seconde soirée immersive. En ouverture, J2C assurera la première partie dans un clin d’œil plein d’autodérision. Les deux soirées affichent complet : « Ce n’est pas une salle de spectacle, c’est une galerie. L’idée, c’est que les gens soient à l’aise, avec une jauge volontairement réduite ». Mais les œuvres de Joseph Arthur resteront visibles jusqu’au finissage du 4 octobre. Une manière de prolonger cette rencontre entre deux univers qui cohabitent depuis longtemps.

  • What a trip festival : l’invitation au voyage

    What a trip festival : l’invitation au voyage

    « L’objectif est de favoriser l’ouverture au monde et aux autres cultures. Le voyage, sous toutes ses formes, offre l’opportunité de rencontrer l’autre, de comprendre la richesse de ses différences et de cultiver plus de tolérance et de respect. On veut que les gens n’aient pas peur les uns des autres », livre Romain Tarrusson, fondateur du What a trip festival.

    Porté par l’énergie de 350 à 400 bénévoles, ce festival associatif dédié au film de voyage et d’aventure reprend ses quartiers à Montpellier du 22 au 28 septembre, pour une neuvième édition.

    31 projections seront proposées au public à la salle Rabelais* :12 films en compétition officielle, que sera chargé de départager un jury de professionnels présidé par la célèbre alpiniste Catherine Destivelle, seule femme à avoir obtenu le piolet d’or, Graal de l’alpinisme, et 19 autres hors compétition. Des glaciers de l’Arctique aux routes africaines, de la forêt tropicale au désert, ils offrent, au travers d’images à couper le souffle, un véritable panorama du monde.

    31 films, 9 expos, 5 concerts

    Le What a trip festival, c’est également 9 expositions photos réparties dans 5 lieux (maison des relations internationales, salle Pétrarque, place royale du Peyrou et base Alpha à Montpellier, ainsi que galerie des halles de Castries).

    Comme chaque année, le cœur battant du festival se situera sur la place du Peyrou, qui accueillera le village du voyage. Aventuriers et réalisateurs invités y rencontreront le public à travers de nombreuses animations : conférences, ateliers, salon du voyage, librairie du voyage… Les enfants ne seront pas oubliés avec la création, cette année, du « bivouac des juniors », zone où leur seront proposés ateliers et animations.

    Enfin, à partir de 19h jeudi 25, vendredi 26 et samedi 27, des concerts en plein air enflammeront la scène installée devant le temple des eaux de la place royale du Peyrou (5 euros l’entrée, gratuit le jeudi). L’accessibilité est une autre composante de l’ADN de ce festival, dont 80% des activités proposées sont gratuites.

    À noter également cette année, pour favoriser l’inclusion, la gratuité totale pour les personnes accompagnant des personnes en situation de handicap et l’instauration, au sein du village, d’une zone de tranquillité spécialement conçue pour les personnes autistes.

    A.G.

    * Les films peuvent également être regardésen replay du 29 septembre au 8 octobre.

    ** Toute la programmation sur www.watmontpellier.fr

  • La culture gitane à l’honneur à la Halle Tropisme

    La culture gitane à l’honneur à la Halle Tropisme

    Quatre jours pour découvrir la culture gitane et l’histoire de ce peuple à l’origine nomade, qui a traversé des siècles d’histoire et de discriminations. C’est ce que propose le festival international Mosaïque Gipsy Bohème. Portée par l’association du quartier gitan de Montpellier Cap Gély Figuerolles, la manifestation, a été lancée en 2021 pour « fêter la fin du Covid, qui avait fait des ravages dans la communauté gitane ». Forte du succès immédiat de cette première édition, elle s’est ensuite ancrée à la Halle Tropisme, lieu culturel voisin qui « fait le lien entre les bobos et les quartiers populaires », résume Stéphane Hernandez, de l’association Cap Gély Figuerolles.

    « Notre objectif est de faire connaître notre culture et de montrer que les gitans font partie du patrimoine de la ville comme de celui de la France », explique l’organisateur. « On estime que Montpellier accueille la deuxième communauté gitane de France, après Perpignan. » Manitas de Plata, « l’artiste français qui a vendu le plus de disques dans le monde » ou les Gipsy Kings, notamment, ont porté les couleurs de la capitale héraultaise à l’international.

    « On se sert aussi de ce festival pour parler des discriminations que ce peuple a subi durant l’histoire à travers des expositions. C’est un axe important pour nous. On accueille d’ailleurs à chaque édition des scolaires autour de ces expos », poursuit Stéphane Hernandez.

    La rumba catalane célébrée

    Comme chaque année, Cap Gély Figuerolles invite donc, durant 4 jours, à un grand voyage culturel entièrement gratuit, à travers des expositions, des concerts, de la danse, un spectacle équestre, des conférences…

    La rumba catalane sera une fois de plus mise à l’honneur, car l’association porte le projet de faire inscrire cette musique au patrimoine culturel et immatériel de la France. Une exposition lui est dédiée et une table ronde sur le sujet sera organisée vendredi 26 septembre à 18h.

    À ne pas manquer également, l’exposition de tableaux de Gabi Gimenez, peintre et plasticien français d’origine gitane, qui œuvre pour la mémoire des Tsiganes persécutés pendant et après la Seconde Guerre mondiale. De son côté, Ana Gimenez, première femme gitane docteure en anthropologie en Espagne, présentera son travail pour la défense des droits culturels Roms et la promotion de la langue romani. Nouka Maximoff présentera quant à elle en avant-première un livre totalement inédit de son père Matéo Maximoff.

    Côté musique, des concerts seront proposés tous les soirs. Miguel Kimbeo and friends, artistes montpelliérains de la gipsy pop, ouvriront le bal jeudi 26 (20h30). Le lendemain, Los Kémados groupe de Gipsy Rumba, se produira à 19h avant un concert exceptionnel de Titi Robin et son quartet « Retour aux sources gitanes » (20h30). Samedi, place à « une troupe spécialement formée pour notre festival », avec « les meilleurs artistes de rumba catalane d’Espagne, sous la houlette de “El Nen” et “Pépé” » (20h30). Enfin le dimanche 28 septembre, on termine en douceur et en gastronomie avec un brunch gitan animé par le groupe « Soy », spécialisé dans la rumba camarguaise.

    À noter, samedi 27 à partir de 15h, une scène ouverte avec les écoles de danse venues de toute la région suivie, à 18h, d’un apéro DJ Set animé par « Cathy Claret », de Barcelone. Et à 19h30, avant le concert du soir, Olivier Estrugo proposera un spectacle équestre.

  • « La Gare Franche est un outil de création et de fabrication »

    « La Gare Franche est un outil de création et de fabrication »

    La Marseillaise : Après deux ans et demi de travaux, la Gare Franche rouvre enfin. Qu’est-ce que cela va changer pour les artistes et le public à l’année ?

    Francesca Poloniato : Nous sommes ravis de cette réouverture. On l’attendait. Il y a eu des travaux sur la maison, les jardins et aussi l’usine pour laquelle on a voulu garder l’âme qu’a pu lui donner Wladyslaw Znorko (auteur et metteur en scène qui avait créé la Gare Franche en 2001 avec sa compagnie Cosmos Kolej, Ndlr). Il y a eu un travail incroyable des cabinets d’architecture, que ça soit au niveau de Matthieu Poitevin ou de l’atelier Kristell Filotico. On a agrandi la cuisine et la salle à manger. On a rénové les chambres avec des douches, les artistes seront bien logés. Il y a surtout eu aussi une extension avec les bureaux de l’équipe et une magnifique terrasse pour accueillir les personnes qui traversent les jardins. Et en ce qui concerne l’usine, il a fallu sécuriser le talus car la maison penchait, y réaliser une nouvelle dalle. On a un équipement performant pour que les artistes puissent créer et que les techniciens travaillent avec eux. Ce n’est pas un nouveau lieu de programmation. Il va y avoir de temps en temps des spectacles, mais que ceux qui y trouvent un sens. Sinon, il y a le Merlan. La Gare Franche est vraiment un outil de création et de fabrication.

    Et de « convivialité », avez-vous dit…

    F.P. : Oui, notamment avec les projets de territoire que nous avons, la co-construction avec les habitants. C’est un lieu fait pour l’hospitalité.

    Pour cette fête de réouverture, vous invitez certains artistes compagnons du Zef…

    F.P. : Elle va démarrer à 16h30 à la Parcelle 80, que la Ville nous a mis à disposition. On y a créé une « parcelle aux 4 vents » où se trouve un compost, un four à pain et un poulailler. Tout cela est mis à disposition une fois par mois pour les activités avec les habitants et partagé avec les associations du Plan d’Aou. On pilote la parcelle mais elle est vraiment à leur service. À 18h, il y aura un DJ set Pastasciutta antifascista de Floriane Facchini. Un clin d’œil à sa création, prévue au Zef Gare Franche en mai prochain, pour laquelle elle travaille avec habitantes du Plan d’Aou. Pour la fête réouverture, elle va fabriquer des raviolis et passer des chansons engagées, tout en discutant de son projet.

    Une « épopée culinaire » qui plonge dans l’histoire, indique le programme…

    F.P. : . Floriane Facchini travaille avec la cuisine car c’est un acte d’engagement politique. Avec une position antifasciste. Sa création se situe autour d’une histoire qui s’est passée en Italie en 1943. Mussolini avait fait une loi interdisant aux habitants d’un petit village de semer du blé pour éviter que les résistants aient de quoi manger. Mais une famille de sept frères, les Cervi, l’a transgressée. Par la cuisine, elle défend la démocratie. Au cours de ses ateliers avec les habitantes, les femmes parlent de leurs parcours, de la façon dont on vit aujourd’hui dans ces quartiers en tant que femme. Sur le plateau de la création en mai, il y aura aussi des habitantes, au nombre de 7, comme les frères Cervi.

    Et quel sera le reste du programme pour la fête de réouverture ?

    F.P. : À 19h, après les discours des représentants de l’État et des collectivités, le public pourra voir le travail de l’Ensemble C Barré qui travaille avec les enfants de l’école de la Busserine. Il y aura aussi la découverte de jeunes de 15 ans du Plan d’Aou qui vont enflammer l’usine en musique. Le public retrouvera ensuite le chorégraphe Pierre Rigal qui nous fera danser et faire la fête.

  • L’ultime acte de Terre de culture veut attirer les derniers curieux

    L’ultime acte de Terre de culture veut attirer les derniers curieux

    Dans six mois, Cécile Helle ne sera plus maire d’Avignon. Mais elle souhaite fortement que le concept de Terre de culture 2025 s’inscrive dans la durée. « Il faudrait pouvoir continuer à fêter régulièrement l’anniversaire d’Avignon capitale européenne de la culture », propose Cécile Helle au moment, vendredi soir, de présenter la programmation du 3e et ultime acte de cette année dite de « Curiosités »*, lancée pour célébrer les 25 ans du label. « En dehors du mois de juillet, il est important de faire vivre la culture et la remettre dans les pratiques des habitants partout et dans tous les quartiers », martèle la maire.

    Pour ces quatre derniers mois déjà entamés, l’accent est mis d’abord sur l’exposition à l’église des Célestins, lancée ce vendredi. Un hors les murs du muséum Requien, temple d’histoire naturelle, où quelque 6 000 spécimens, habituellement dans les réserves du musée, sont exposés jusqu’au 11 novembre. Toujours côté expositions, l’artiste de street art Mifamosa montrera son travail, du 8 novembre au 30 décembre, au cloître Saint-Louis. Volontairement discret, l’artiste s’est déjà distingué à Avignon en illustrant le nom de rues par des mosaïques pixélisées. Enfin, les archives municipales proposent, jusqu’en avril, une sélection d’archives privées dont certaines visibles H24 sur les murs des archives en centre-ville.

    Rapidement s’avance un événement d’envergure, dans le sillage du curieux banquet, le 14 septembre. Place à la curieuse parade, le samedi 11 octobre. Depuis la maison commune Nord (14h30) jusqu’à la place Pie (17h), une dizaine de chars défileront sur 75m. Un événement piloté par des acteurs locaux – compagnie Deraïdenz, le collectif la Sauceau Clown (LSC), l’atelier Métissé et le musicien Maescyn – « pour imaginer ensemble un projet artistique hors du commun, dont la réflexion et les premiers échanges ont débuté il y a 18 mois ». Plusieurs associations, structures sociales ou établissements scolaires se sont joints au projet.

    Outre la traditionnelle semaine italienne (4 au 19 octobre), une première semaine ultramarine (3 au 8 novembre) sera consacrée aux territoires d’outre Mer par le biais d’animations, ateliers cuisine ou spectacles à la chapelle du Verbe incarné. Une 4e Maison folie verra le jour, le 27 septembre, à Champfleury pour un nouvel espace de vie et création culturelle.

    Le dernier mois sera consacré aux festivités de fin d’année qui s’annoncent encore plus scintillantes et historiques. Ainsi, pour fêter les 30 ans du classement par l’Unesco au patrimoine mondial, le palais des Papes revêtira un nouvel habit de lumière. Quant aux remparts, un parcours-découverte sera dévoilé. Quatre soirées sons et lumières sont actées du 19 au 22 décembre. Symboles de la fête des Lumières à Lyon, des Anooki (statues géantes d’esquimaux) paraderont le 29 novembre puis s’accrocheront à la façade de l’église des Célestins jusqu’au 27 décembre. Le traditionnel feu d’artifice du 23 décembre prendra des allures de grande clôture de l’année Terre de culture.

  • KinoVisions étire la langue de Goethe à l’écran à Marseille

    KinoVisions étire la langue de Goethe à l’écran à Marseille

    Depuis le fin des années 1990, Fatih Akin n’en finit plus de bouleverser nos rétines et nos cœurs trop tendres pour ses drames intimes qui chavirent dans les flots de l’histoire. Entre autres à l’origine de bijoux comme Head-On (Ours d’or à Berlin en 2004), Soul kitchen (Grand prix à la Mostra de Venise en 2009) ou encore The Cut (2014), le réalisateur illustre sa constance esthétique et politique avec son 15e film qui sortira sur les écrans à la fin 2025, Une enfance allemande : île d’Amrum, 1945. Projeté en avant-première pour l’ouverture de KinoVisions, le festival du cinéma en langue allemande, mercredi 24 septembre au cinéma Les Variétés, un film qui évoque le crépuscule du régime nazi et les jours d’après, à travers le regard d’un jeune allemand de 12 ans habitant sur cette île septentrionale.

    Découvertes et hommage

    Au menu de la 10e édition de cette manifestation « riche en avant-premières », « sept films inédits et rares venus d’Allemagne et de Suisse ». Parmi ceux-ci, Sound of falling de Mascha Schilinski, à l’Artplexe. Prix du Jury au dernier festival de Cannes, une chronique féministe et osée de « quatre générations de jeunes femmes qui font l’expérience de la violence, mais aussi de la sonorité et de la sensualité ». À noter aussi, un « hommage » à l’écrivain Thomas Mann pour les 150 ans de sa naissance, avec la projection à La Baleine du chef d’œuvre de Visconti, Mort à Venise (1971), inspiré par la nouvelle éponyme.

  • La saison du Triptyk théâtre est lancée

    La saison du Triptyk théâtre est lancée

    Comme beaucoup de structures dans la culture, le Triptyk théâtre à Nîmes n’a pas été épargné par les difficultés financières. Sans assurance de toucher certaines aides de l’État, son directeur, Denis Lanoy a préféré pérenniser l’avenir en s’appuyant quasiment exclusivement sur des lectures. « Nous n’avons pas de difficultés financières », rassure le metteur en scène. Finalement, les aides seront bien reçues et Denis Lanoy espère reprendre une programmation normale avec la venue d’écrivains et d’artistes début 2026.

    En attendant, il a conçu un programme avec de nombreuses lectures d’auteurs connus pour faire découvrir des écrits oubliés ou faire redécouvrir des classiques. Ce sera le cas jeudi 25 septembre (19h) avec une soirée consacrée à Marguerite Duras, lue par Denis Lanoy et Bruno Paternot. « Bruno lira des textes et moi je lirai des interviews. Cela donne un éclairage très intéressant sur son œuvre et son travail », explique Denis Lanoy.

    Hommage à Rouquette

    Le programme se poursuit le jeudi 2 octobre avec « Raconte-moi ton histoire », un recueil de portraits écrits par Denis Lanoy lors de ses passages chez l’association Table Ouverte. Un autre monument de la littérature sera lu le 9 octobre avec Fédor Dostoïevski. Ce soir-là, pas question de s’attaquer à Crimes et châtiments ou Les frères Karamazov, Denis Lanoy ayant prévu de faire découvrir des nouvelles moins connues : « C’est très drôle. Il existe plusieurs récits de Dostoïevski très vaudevillesques. »

    Après trois soirées consacrées à Suzanne Césaire le 16 octobre, à Murasaki Shikibu le 6 novembre et à Emmanuel Levinas le 13 novembre, le Triptyk théâtre innove avec un « marathon littéraire » où sera lu L’Odyssée d’Homère les 20 et 21 novembre (19h-21h) ainsi que le samedi 22 (de 15h à 19h).

    Le 27 novembre, une soirée hommage sera rendue à Max Rouquette, au cours de laquelle seront lus les extraits des meilleurs récits de l’auteur occitan. Une autre nouveauté sera proposée le 11 décembre, avec un karaoké littéraire où chacun pourra venir lire (chanter, crier, jouer) l’un des textes sélectionnés. Puis, l’année se terminera le 13 décembre par le marché de Noël dans la cour du Prolé, où seront réunis plusieurs auteurs et des maisons d’éditions gardoises.

  • Un film indépendant, fruit d’un élan citoyen et porté par la jeunesse

    Un film indépendant, fruit d’un élan citoyen et porté par la jeunesse

    « Nous avons tourné ce film de manière totalement indépendante, sans financement public. Parmi celles et ceux qui connaissent l’industrie audiovisuelle, certains diront que cela relève peut-être du courage, d’autres diraient de la folie », introduit Ichraf Aboudi, cofondatrice de Sina Films. La jeune équipe de Sina Films s’est lancé le défi de réaliser son court-métrage sans l’appui des mastodontes de l’industrie. Des partenaires locaux, tels que Sunsetcam, Arts Sud, Méta Pictures et Provence Studio ont contribué à la réalisation du film.

    Au-delà du soutien du Camp des Milles, dont le site mémoriel a servi de studios pendant les sept jours de tournage, des associations ont soutenu la production. Parmi elles, le centre Edmond-Fleg de Marseille, le Crif Marseille-Provence, le Fonds social juif unifié (FSJU), mais aussi la Licra. La projection du court-métrage dans les écoles se fera notamment grâce au tissu associatif partenaire. Le projet, primé par la Chair Unesco Mémoire et Citoyenneté, a aussi bénéficié d’un financement participatif à hauteur de 48 contributeurs. « On a coché toutes les cases de nos objectifs, Sina Films a porté le projet de l’intérieur, rapporte Sébastien Nourian. Nous avons fait ce film avec à peu près 15% du budget prévu, lorsque nous envisagions de candidater aux financements publics usuels. » Pour le prochain projet de SinaFilms, Noor, qui traite du génocide arménien toujours par le regard d’enfant, « de nombreux partenaires sont venus demander de quelle façon ils pouvaient nous soutenir », confie Sébastien Nourian.

  • Le Ballet Preljocaj fête ses 40 ans à Aix-en-Provence

    Le Ballet Preljocaj fête ses 40 ans à Aix-en-Provence

    Depuis le 16 septembre, le Pavillon noir abrite une exposition qui retrace « 40 ans de création en images ». De Marché noir et Peurs bleues créées en 1985 jusqu’au plus récents mais non moins majestueux Requiem(s), l’entrée en matière idéale pour pénétrer l’univers de cette compagnie de danse fondée en 1985 par Angelin Preljocaj. Accueillie à la Cité du livre d’Aix en 1996, pour devenir le Ballet Preljocaj, elle investit 10 ans plus tard le Pavillon noir, cette salle de spectacle à « l’armature de fer et de béton habillant une peau de verre », comme la qualifiait alors le chorégraphe.

    En « Gravité »

    À l’occasion de ses 40 ans, le Ballet Preljocaj invite également le public, mardi 23 septembre, à assister à une répétition de Gravité. Et ce, avant les représentations de cette création emblématique d’Angelin Preljocaj (2018) dans laquelle « 12 danseurs défient les lois physiques, portés par des musiques allant de Bach à Daft Punk », programmées du mercredi 1er au samedi 4 octobre.

    Vendredi 26 octobre, place à des projections de La force de l’âge, puis Danser sa peine, documentaires qui traitent respectivement des travaux de la compagnie avec les seniors et les détenues des Baumettes, à Marseille. Sans oublier celle, lundi 29 septembre et « en partenariat avec les Cinémas aixois », du film réalisé par Valérie Müller et Angelin Preljocaj, Polina, danser sa vie, autour d’une « jeune ballerine russe qui voit son destin basculer à la découverte de la danse contemporaine en France ».