« L’objectif premier de cette rencontre, c’est le rapprochement police-population à travers un événement sportif », explique Hugo, pour la Ligue varoise de prévention (LVP). Il s’agit ni plus ni moins que de permettre à des jeunes, issus des quartiers, et des agents des forces de l’ordre d’échanger, apprendre à se connaître, afin de restaurer le lien de confiance nécessaire à une cohésion sociale plus ou moins abîmée par la fracture sociale.
Et ce sont des jeunes également, mobilisés par la LVP dans le cadre du dispositif Action Jeunes Citoyens, qui sont à la manœuvre. Aussi bien pour la logistique le jour J que pour la préparation et l’organisation en amont. Sans compter le travail de réflexion mené de bout en bout, lors de la manifestation, sur la sécurité et l’autorité, comme le souligne le responsable de la structure de prévention spécialisée : « C’est intéressant de voir le cheminement de part et d’autre. Autant de la part des jeunes que des professionnels, qui sont eux aussi comme nous-mêmes, remplis de constructions, de préjugés, de stéréotypes sur ce genre de thématiques. »
« On est là justement pour faire tomber les a priori », confirme le brigadier-chef Fabrice Gombault. Sur le stand de la police nationale, les questions fusent. Beaucoup portent sur les conditions dans lesquelles les forces de l’ordre sont autorisées à faire usage de leur arme à feu. « Non, si on est à 50 mètres, l’individu portant un couteau n’est pas un danger. Par contre, s’il s’apprête à tuer quelqu’un avec ce couteau, on peut intervenir », répond un professionnel.
« Mais monsieur, si quelqu’un a une arme et qu’il ne l’utilise pas, c’est compliqué de juger s’il est dangereux ou pas, non ? », interroge un jeune. Réponse : « Logiquement, tant qu’il ne menace personne, qu’il n’y a pas de réel danger imminent, on n’a pas le droit de tirer. » Le sujet est éclairci.
Dans la salle réservée aux groupes de parole, si l’ambiance est plus feutrée, les propos n’en sont pas moins riches d’enseignements.
« Monsieur, pourquoi il n’y a pas de policiers qui font de la prévention dans les quartiers, qui sont un peu plus présents, qui communiquent ? » demande non sans malice un jeune. Avec le sourire, le jeune officier lui répond que cela a existé et que cela s’appelait la police de proximité, dans les années 2000. « Avant, on s’appelait aussi les gardiens de la paix... », lui explique-t-on. La réplique du jeune est bien sentie : « Je crois que la personne qui a arrêté ça, bizarrement, elle est en prison. Non ? » Bravo, minot ! Ce dernier fait référence à Nicolas Sarkozy, ancien ministre de l’Intérieur (2002-2004 puis 2005-2007) et président de la République (2007-2012), aujourd’hui incarcéré.
Retour à présent dans le gymnase, où des ateliers sportifs sont menés. La maire de Toulon, Josée Massi (SE), assiste à une initiation à la boxe : « Notre objectif est d’arriver à faire tomber les barrières entre les jeunes et les polices nationale et municipale. Regardez là, ça marche, ça crée du lien. »
Et, en effet, ce type d’expérience redonne espoir à tous ceux qui croient en la prévention comme levier de sécurité publique.

Leave a Reply