Dorian Ciret, l’excellence au bout des doigts

De la table à la fontaine en passant par les cheminées, les cuisines ou l’architecture pour la décoration des maisons de particuliers, c’est un art qui se transmet et se perpétue sur ce site de 3 000 m² en plein air à la fois espace d’exposition et atelier de confection pour les ouvriers de la pierre.

Le showroom de l’Atelier Bidal à L’Isle-sur-la-Sorgue a été pensé comme un jardin bucolique et poétique dans lequel se cachent de véritables joyaux architecturaux. Il laisse ensuite place à un grand espace où bruits de chantiers et nuages de poussière blanche font naître la beauté et la délicatesse. Les ouvriers sont à l’œuvre, masques sur le nez et casque sur les oreilles. Au plafond, quelques patrons trônent fièrement et chacun s’affaire à la tâche. Dorian arrive à bord d’un chariot élévateur. « Ici nous travaillons sur des blocs complets sur différentes hauteurs d’assises, on peut ensuite les couper en tranches grâce à une machine qui s’appelle la débiteuse. Les blocs sont ensuite coupés aux bonnes mesures pour partir sur les postes de taille de pierre et là, c’est à nous de jouer », explique le jeune homme. « Les possibilités sont infinies, on peut faire absolument tout ce qu’on veut et c’est ce que j’aime. ». Au sein de l’Atelier Bidal trois types de pierres sont travaillés. La pierre d’Avy qui vient de Bordeaux, la pierre d’Estaillade qui vient d’Oppède et la pierre de Sireuil qui vient de la Charente. « Selon les désirs et envies on peut laisser la pierre un peu blanche, ce qui donne un côté moderne mais aussi la vieillir, la patiner ou encore la brosser pour obtenir un aspect ancien style vieille pierre », continue-t-il. « Tout me plaît dans mon métier parce que ça change tout le temps. On peut faire de la série avec par exemple des fontaines que l’on peut reproduire à plusieurs reprises mais on fait également du sur-mesure et je trouve que c’est ce qu’il y a de plus intéressant et de plus enrichissant parce qu’on peut faire des choses superbes. »

Un savoir-faire ancestral
et une labellisation unique

À 24 ans, Dorian Ciret est un maître artisan tailleur de pierre qui œuvre avec passion et minutie. Cet enfant de la région a d’abord commencé comme apprenti en alternance dans l’entreprise après avoir fait un CAP tailleur de pierre et un BP métier de la pierre à Montalieu-Vercieu en Isère. Mais c’est en classe de troisième, lors d’un stage d’observation que la magie opère pour lui. « J’ai fait mon stage obligatoire dans l’entreprise de marbrerie du père d’un de mes copains, c’est une activité qui m’a beaucoup plu et j’ai voulu continuer là-dedans pour en faire mon métier », confie-t-il. Et depuis il ne l’a plus quitté. Basé sur les techniques des bâtisseurs de cathédrales, c’est avant tout un savoir-faire

ancestral qui est mis à l’honneur et sublimé par ce jeune passionné.

« Ce que je voulais c’était faire quelque chose de mes mains, j’ai toujours aimé ça. Sans compter que je suis dehors toute la journée et ça n’a pas de prix », sourit-il. « Bien que merveilleux, il ne faut pas oublier que c’est un métier très physique et compliqué notamment à cause de la poussière. Je pense qu’il faut être uniquement passionné pour pouvoir faire ce métier. C’est vraiment un kiff avant tout le reste sinon ça ne peut pas le faire, je ne pense pas qu’on tienne sans être fait pour ça. »

Ayant à cœur de faire rayonner l’artisanat, l’Atelier Bidal a été labellisé Entreprise du patrimoine vivant (EPV) par le ministère de l’Économie, des Finances et de l’Emploi en 2008. Il s’agit de l’unique entreprise dans les métiers de la pierre à avoir reçu cette distinction dans le Vaucluse.

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