Tag: artisanat

  • Le minutieux façonnage du calisson d’Aix-en-Provence

    Le minutieux façonnage du calisson d’Aix-en-Provence

    En ce début de matinée, ils sont une soixantaine à avoir enfilé leur blouse blanche avant de prendre leur poste en fabrique de la confiserie du Roy René. En fond sonore, le vrombissement des machines et le cliquetis des lignes de production sur lesquelles prennent forme les célèbres petits losanges d’amandes et de fruits confits, plus connus sous le nom de calissons.

    Le temps de fabrication de cette douceur provençale ? « À peu près cinq jours de travail », estime Alexis Bertucat, directeur du tourisme et de la communication de Territoires de Provence, groupe propriétaire de la confiserie. Un travail « minutieux », à chaque étape de la fabrication, de la réception des matières premières à l’empaquetage, qui se situe entre savoir-faire artisanal et production à plus grande échelle. Dans ces ateliers, « chaque poste est très spécifique », afin de fabriquer aussi bien des calissons destinés à la grande distribution que ceux qui rejoindront la gamme « traditionnelle » de la Confiserie du Roy René, entreprise locale qui produit cette spécialité depuis 1920. Cette même gamme propose des produits désormais certifiés « 100% amandes de Provence ».

    Renforcer le local

    Pour rappel, avant le vaste plan de relance de l’amande lancé en 2014 à l’initiative du groupe Territoires de Provence, qui visait à redynamiser la culture de l’amandier en Provence et à développer une production locale capable de répondre aux besoins des confiseurs tout en réduisant leur dépendance aux importations, seul un « pourcentage infime » d’amandes provençales entrait dans la composition des calissons.

    La recette traditionnelle de la confiserie est composée à parts égales d’un tiers d’amandes, d’un tiers de melon confit et d’un tiers de sucre. « Petit à petit, on est passés de 0% à 30%, puis à 50% d’amandes de Provence pour notre gamme traditionnelle, jusqu’à 100% », déroule Alexis Bertucat. « Cela nous permet de faire une différence entre ce que l’on peut trouver en grandes et moyennes surfaces et dans nos magasins », précise Cyril Derycke, directeur industriel. Pour les produits dits de marque distributeur (MDD), les amandes sont, pour la plupart, originaires de l’Espagne. Les recettes diffèrent aussi en fonction des commandes.

    Quoi qu’il en soit, les calissons passent entre les mains de dizaines de salariés répartis sur des postes de travail très spécialisés. « Il n’y a pas de formation de calissonier, tout s’apprend en atelier », estime Alexis Bertucat. « C’est un boulot appris sur le tas, poursuit Romain, l’un des plus anciens de la fabrique, en ce moment en charge de la glace royale. En vingt-deux ans ici, je pense que c’est l’un des postes que je préfère ! »

    Avant d’arborer sa forme définitive de losange, le calisson n’est encore qu’un mélange brut de ses ingrédients. Première étape : la pesée des amandes, associées à du melon confit auxquels peuvent s’ajouter des écorces d’oranges confites. La mixture est ensuite envoyée au broyage d’où sort le « broyat », première version d’une pâte de calisson qui restera trois jours au repos. Un peu plus loin dans la chaîne de fabrication, deux sœurs exécutent un ballet bien rodé autour d’une « calissoneuse » à trois moules. L’une positionne la feuille azyme, tandis que l’autre presse la pâte pour en retirer le surplus, avant de passer au glaçage. Un four à 160 degrés permet de « durcir » le glaçage du calisson, à base de jaune d’œuf. Puis direction l’empaquetage, où plusieurs boîtes arborent déjà les couleurs des fêtes de fin d’année.

  • Dorian Ciret, l’excellence au bout des doigts

    Dorian Ciret, l’excellence au bout des doigts

    De la table à la fontaine en passant par les cheminées, les cuisines ou l’architecture pour la décoration des maisons de particuliers, c’est un art qui se transmet et se perpétue sur ce site de 3 000 m² en plein air à la fois espace d’exposition et atelier de confection pour les ouvriers de la pierre.

    Le showroom de l’Atelier Bidal à L’Isle-sur-la-Sorgue a été pensé comme un jardin bucolique et poétique dans lequel se cachent de véritables joyaux architecturaux. Il laisse ensuite place à un grand espace où bruits de chantiers et nuages de poussière blanche font naître la beauté et la délicatesse. Les ouvriers sont à l’œuvre, masques sur le nez et casque sur les oreilles. Au plafond, quelques patrons trônent fièrement et chacun s’affaire à la tâche. Dorian arrive à bord d’un chariot élévateur. « Ici nous travaillons sur des blocs complets sur différentes hauteurs d’assises, on peut ensuite les couper en tranches grâce à une machine qui s’appelle la débiteuse. Les blocs sont ensuite coupés aux bonnes mesures pour partir sur les postes de taille de pierre et là, c’est à nous de jouer », explique le jeune homme. « Les possibilités sont infinies, on peut faire absolument tout ce qu’on veut et c’est ce que j’aime. ». Au sein de l’Atelier Bidal trois types de pierres sont travaillés. La pierre d’Avy qui vient de Bordeaux, la pierre d’Estaillade qui vient d’Oppède et la pierre de Sireuil qui vient de la Charente. « Selon les désirs et envies on peut laisser la pierre un peu blanche, ce qui donne un côté moderne mais aussi la vieillir, la patiner ou encore la brosser pour obtenir un aspect ancien style vieille pierre », continue-t-il. « Tout me plaît dans mon métier parce que ça change tout le temps. On peut faire de la série avec par exemple des fontaines que l’on peut reproduire à plusieurs reprises mais on fait également du sur-mesure et je trouve que c’est ce qu’il y a de plus intéressant et de plus enrichissant parce qu’on peut faire des choses superbes. »

    Un savoir-faire ancestral
    et une labellisation unique

    À 24 ans, Dorian Ciret est un maître artisan tailleur de pierre qui œuvre avec passion et minutie. Cet enfant de la région a d’abord commencé comme apprenti en alternance dans l’entreprise après avoir fait un CAP tailleur de pierre et un BP métier de la pierre à Montalieu-Vercieu en Isère. Mais c’est en classe de troisième, lors d’un stage d’observation que la magie opère pour lui. « J’ai fait mon stage obligatoire dans l’entreprise de marbrerie du père d’un de mes copains, c’est une activité qui m’a beaucoup plu et j’ai voulu continuer là-dedans pour en faire mon métier », confie-t-il. Et depuis il ne l’a plus quitté. Basé sur les techniques des bâtisseurs de cathédrales, c’est avant tout un savoir-faire

    ancestral qui est mis à l’honneur et sublimé par ce jeune passionné.

    « Ce que je voulais c’était faire quelque chose de mes mains, j’ai toujours aimé ça. Sans compter que je suis dehors toute la journée et ça n’a pas de prix », sourit-il. « Bien que merveilleux, il ne faut pas oublier que c’est un métier très physique et compliqué notamment à cause de la poussière. Je pense qu’il faut être uniquement passionné pour pouvoir faire ce métier. C’est vraiment un kiff avant tout le reste sinon ça ne peut pas le faire, je ne pense pas qu’on tienne sans être fait pour ça. »

    Ayant à cœur de faire rayonner l’artisanat, l’Atelier Bidal a été labellisé Entreprise du patrimoine vivant (EPV) par le ministère de l’Économie, des Finances et de l’Emploi en 2008. Il s’agit de l’unique entreprise dans les métiers de la pierre à avoir reçu cette distinction dans le Vaucluse.

  • Les entreprises de Forcalquier formées à l’autoconsommation

    Les entreprises de Forcalquier formées à l’autoconsommation

    Des entreprises de la zone d’activité des Chalus ont été formées lors d’un atelier, vendredi, à l’autoconsommation, une gestion de l’énergie « citoyenne et collective » : des producteurs et des consommateurs d’énergie s’unissent au sein d’un collectif pour gérer et partager entre eux l’énergie produite. Les membres définissent ensemble les règles de répartition de l’énergie.

    Frank Van de Velde, des Centrales villageoises, une coopérative qui promeut l’énergie renouvelable, a présenté ce dispositif aux adhérents de l’association d’entreprises. Sa coopérative promet de n’utiliser que des zones anthropisées, déjà artificialisées, comme des friches, des toitures ou des parkings. Elle a déjà un projet sur une ancienne décharge polluée à Banon, qui pourrait alimenter 100 foyers. « On va dispatcher et vendre cette énergie aux plus proches, c’est-à-dire aux habitants, aux entreprises de la commune de Banon et ses alentours », explique Frank Van de Velde. Cette consommation locale évite d’avoir des pertes dues au transport, avance-t-il. La coopérative promet « un prix compétitif » et une baisse de la facture des utilisateurs de cette énergie renouvelable.

    « On a à peu près 70 opérations d’autoconsommation collective qui fonctionnent sur la région », a précisé Joël Viard d’Enedis. « Quand est-ce qu’on lance un projet ici ? » se sont réjouis les participants, tous adhérents de l’association des entreprises de la zone d’activité des Chalus, à la fin de la présentation.

    Pour de meilleures conditions de travail

    Justine Cannelle, de la Chambre des métiers et de l’artisanat, a ensuite présenté le nouveau dispositif « mon parcours économie d’énergie », qui vise à « sensibiliser à la rénovation énergétique des locaux professionnels ».

    Justine Cannelle aide les entreprises à trouver des subventions ou des aides auxquelles elles sont éligibles pour de la rénovation énergétique. Elle se déplace également dans des locaux pour des prédiagnostics, identifier les sources de déperdition de chaleur et préconiser des actions à mettre en place. « L’objectif, c’est que vous fassiez des économies d’énergie, mais aussi, de travailler sur le confort au travail, notamment si vous avez des salariés. Quand on travaille dans une boulangerie, que d’année en année, on a de plus en plus chaud, et qu’on a un local orienté sud, c’est intéressant de se projeter sur les années futures et de se dire que les conditions de travail vont être de plus en plus difficiles si on n’agit pas maintenant sur le bâtiment », a-t-elle avancé.

    Joël Viard d’Enedis a finalement sensibilisé les entreprises à la consommation responsable : « Il y a des moments de la journée où l’on produit plus que ce qu’on consomme. La surproduction peut détériorer des équipements sensibles. Cela amène de la surtension et du survoltage », a-t-il expliqué. Il a par exemple conseillé de recharger son véhicule électrique, d’utiliser son ballon d’eau chaude ou de faire ses lessives « pendant la cloche solaire », le pic de production, plutôt que la nuit, où il n’y a pas de production.

  • Le savoir-faire artisanal local mis à l’honneur à la Foire de Marseille

    Le savoir-faire artisanal local mis à l’honneur à la Foire de Marseille

    Pour la première fois, le label « Fabriqué à Marseille » bénéficie de son propre « village » à la Foire. Une initiative destinée à offrir une large visibilité à l’artisanat local.

    Rebecca Bernardi (DVG), adjointe au maire en charge des Commerces et de l’Artisanat, insiste sur l’importance de mettre en valeur le savoir-faire marseillais et en définit le label comme son emblème. « Dans une époque où tout ce qui vient de l’autre bout du monde est moins cher, plus accessible, plus visible, ça a évidemment du sens de rappeler aux gens qu’on peut produire de la qualité à l’échelle locale. Les labellisés en sont la preuve et nous permettent de nous reconnecter avec notre identité de Marseillais », commente-t-elle. « Le label est une marque économique qui va rayonner à l’international, au-delà de Marseille. C’est important pour la ville de porter des ambassadeurs, de leur permettre de se développer et de stabiliser une structure », poursuit Julien Harounyan (MadMars), adjoint au maire en charge du tourisme durable et de l’attractivité économique.

    Dans le village du label, on retrouve des stands divers et variés : brasserie, marque de textiles, pâtisserie… Tous les artisans se réjouissent du soutien de la Ville au travers du label. « Les gens ne nous connaissent pas, donc c’est très bien qu’on soit là, la Foire nous sert beaucoup en termes de notoriété. Les gens ont besoin de repères, le label permet donc aux gens d’acheter de la qualité en toute certitude », explique Clément Courcy, de la boutique des Navettes des Accoules.

    Pour d’autres artisans qui ne possèdent pas de commerce physique, la Foire représente l’occasion de rencontrer leurs clients. C’est le cas de Stéphane Chevé de la Maison Matthieu, un atelier de fumaison de poissons qui vend ses produits dans différents restaurants ou épiceries de la région. « Je discute énormément avec des gens qui connaissent mes produits, mais les achètent ailleurs dans l’année et qui sont contents de me rencontrer en vrai », précise le maître saurisseur.

    Développer un réseau local au travers du label

    Le label représente aussi l’opportunité pour ces artisans de développer des liens professionnels forts, mais pas seulement. « On se lie d’amitié entre labellisés, cela permet de discuter, d’échanger et d’envisager des projets ensemble », déclare Clément Courcy. Les exposants témoignent d’ailleurs de la bonne ambiance sur le stand. « Une belle famille pour représenter notre belle ville », résume Serge Bruna, maître savonnier à la Licorne.

    Le stand du label « Fabriqué à Marseille » à la Foire internationale s’inscrit dans une démarche de développement du soutien de la Ville à l’artisanat local, avec notamment une nouvelle vague de labellisation annoncée pour les prochaines semaines.

    Etienne Devillard Lacordaire

    De 10 à 19h ce mercredi, au parc Chanot. Informations surfoiredemarseille.com

    AU PROGRAMME CE MERCREDI

    Spectacle « Voyage au-delà des mers »

    De 14h30 à 15h30 sur la Grande Scène, ce spectacle musical et immersif est pensé pour éveiller la curiosité des jeunes pour le monde marin et sa biodiversité.

    Réalité virtuelle

    Avec un casque VR, il sera possible d’explorer les fonds marins et d’en découvrir ses trésors cachés dans l’Allée de la Méditerranée. À découvrir toute la journée.

    Atelier peinture sur céramique

    Une initiation à cette pratique ancestrale et emblématique de la Méditerranée est proposée. À découvrir toute la journée.

  • Les nuages s’amoncellent dans le ciel des artisans provençaux

    Les nuages s’amoncellent dans le ciel des artisans provençaux

    La rentrée 2026 s’annonce difficile pour l’artisanat régional. C’est le principal enseignement de la 5e enquête de conjoncture menée par l’Observatoire économique de la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) Provence-Alpes-Côte d’Azur auprès de 2 007 chefs d’entreprise, du 15 juin et le 6 juillet. Dans un territoire qui compte 265 000 entreprises artisanales, représentant près de 400 000 actifs et 20 % du PIB régional, les indicateurs passent petit à petit au rouge.

    « La situation est très préoccupante. Chaque rentrée est compliquée, mais celle-ci l’est particulièrement », résume le président de la CMA Paca, Yannick Mazette, qui pointe à la fois le contexte économique, les tensions internationales et les incertitudes politiques comme freins à l’investissement et à la projection des entreprises.

    Premier enseignement : l’activité se dégrade. Au premier semestre 2026, 43% des artisans déclarent une baisse d’activité, soit treize points de plus qu’en 2023, et près de six sur dix jugent leur niveau d’activité insuffisant. La principale difficulté (46%) reste l’absence de clientèle ou de débouchés. Les difficultés financières arrivent ensuite, évoquées par 26% des chefs d’entreprise. Seuls 20% affirment ne rencontrer aucun problème particulier.

    Le défi de la transmission

    Dans ce contexte, l’inflation (seulement 1,7% en moyenne sur les huit premiers mois de l’année) demeure un sujet de préoccupation majeure : six artisans sur dix se disent fortement impactés par la hausse du coût des matières premières et 55% par celle du carburant. Pour absorber ces surcoûts, 49% ont réduit leurs marges. Conséquence directe, les projets ralentissent. Seuls 24% des artisans envisagent d’investir au second semestre (moins sept points en un an). Les investissements prévus concernent avant tout le renouvellement des équipements.

    Malgré tout, l’emploi résiste : 84% des entreprises ont maintenu ou augmenté leurs effectifs et 66% des artisans anticipent une activité stable ou en hausse dans les prochains mois.

    L’étude met également en lumière le défi de la transmission. Aujourd’hui, 27% des dirigeants ont plus de 55 ans, soit près de 62 000 personnes, un chiffre qui a quasiment doublé depuis 2016. 8%des artisans envisagent de céder leur entreprise à court terme, soit environ 19 000 sociétés concernées. Pourtant, seul un artisan sur dix dirige une entreprise qu’il a lui-même reprise. La principale difficulté reste la recherche d’un repreneur adapté.

    Pour renforcer son accompagnement, la CMA Paca lancera, cet automne, deux nouveaux dispositifs : l’Artisanat Tour, un bus itinérant qui parcourra les six départements de la région jusqu’au printemps 2027, et le Pass CMA Liberté, une offre d’accompagnement donnant accès à des conseils d’experts, des formations et un suivi personnalisé.

  • Mama Stock : 9 ans de fête et de militantisme culturel

    Mama Stock : 9 ans de fête et de militantisme culturel

    « Né dans les jardins et autour d’une équipe de copains » comme le rappelle Patrick Simonetti, bénévole historique et aujourd’hui responsable bénévole, en 9 ans Mama Stock a grandi sans perdre son ADN.

    Pour Julien Fortier, codirecteur de projet, cette neuvième édition reflète toujours cette volonté de culture pour tous. La programmation mêlera ainsi rap, rock, musiques berbères, Balkans, dub et sound system. Sophie les Bas Bleus, Dizzy Sounds, Anzul Project, ShazaLaKazoo, La Cercleuse, Melan et Soom T se succéderont sur la scène principale. La scène dub, elle, réunira les collectifs Assoya, South Attack et Salvatge Sound.

    Mama Stock ne se limite pas aux concerts : marché artisanal, espace Kidz, live painting, expositions, friperie solidaire à prix libre investiront le site. C’est aussi un grand village associatif. Avec cette édition qui soutient particulièrement l’antenne Hérault de SOS Méditerranée France pour sensibiliser le public au sauvetage en mer. « C’est une manière de rappeler que la fête peut être consciente. » Autre nouveauté cette année : le 28 août à 14h15, une projection de Tous au Larzac sera proposée en partenariat avec le What a Trip! Festival.

    Une aventure portée par les bénévoles

    Cette diversité repose sur une forte mobilisation bénévole. Environ 138 personnes sont engagées cette année, dont 85 à 90% de nouveaux venus. « Nous avons une équipe de copains qui arrive à faire un truc géant », souligne Patrick Simonetti. Or le festival étant autofinancé à plus de 90 %, ce modèle devient toutefois plus difficile à maintenir. « L’ensemble des charges a augmenté avec le coût de la vie et c’est inenvisageable de tout répercuter sur les festivaliers », explique Julien Fortier. La gratuité impose donc de « bricoler » et de s’accrocher au sens du projet. « Maintenir le projet selon ses modalités actuelles s’avère être, année après année, un acte toujours plus militant ».

    Amélia Siapo

  • [En famille] Des initiations pour travailler la matière

    [En famille] Des initiations pour travailler la matière

    Que vous soyez déjà habile de vos mains ou que vous soyez curieux de découvrir ces pratiques, l’Atelier du Four de la Terre vous accueille au cours de demi-journées, journées ou même pendant deux jours, ce week-end. Accessible aux adultes ou adolescents à partir de 9 ans, il est possible de découvrir la multitude de techniques de modelages existantes en fonction de ce que les participants souhaitent réaliser. Sophie Barré, animatrice des cours et sculptrice initiée par son grand-père, lui-même sculpteur de marbre, se propose de guider les artistes en devenir. Vous seront fournis les outils, la matière première, et les précieux conseils de Sophie. Il ne reste qu’à apporter vos deux mains et votre créativité. Les pièces confectionnées seront cuites par les soins de l’animatrice, vous pourrez par la suite revenir les chercher afin de rapporter le souvenir chez vous.

    Les stages sont limités à 12 places. Les tarifs sont de 30 euros la demi-journée, 60 euros la journée et 120 euros les deux jours. Les informations relatives à l’inscription sont disponibles sur la page Facebook « Atelier du Four de la Terre ».

  • [C’est l’été] Visite d’un atelier de santons à Aubagne

    [C’est l’été] Visite d’un atelier de santons à Aubagne

    « Ce sont ma tante et mes parents qui ont créé l’entreprise, d’abord nous étions à Marseille, puis, maintenant, à Aubagne, depuis 1976 nous fabriquons des santons », déclare Didier Coulomb, fier du savoir-faire familial. Véritable patrimoine provençal, les petites figurines de terre cuite sont aujourd’hui produites par Didier et 5 autres artisans dans cet atelier.

    Création du santon, fabrication du moule jusqu’à la peinture et l’habillage, tout est fait de leurs mains. Pour découvrir ce savoir-faire, l’atelier vous est ouvert tous les mardis et jeudis à 14h pour une visite guidée d’une heure. L’entrée à 6 euros pour les plus de douze ans et 5 euros pour les plus jeunes comprend également l’accès à un musée composé de plus de 400 pièces uniques de santons bibliques, provençaux et historiques dont certains remontent jusqu’au XIXe siècle. Le musée à lui seul est gratuit le lundi et peut être visité du lundi au vendredi de 9h à 17h. L’établissement dans son intégralité est accessible aux personnes en situation de handicap. plus d’informations sont disponibles sur le site de l’office de tourisme d’Aubagne.

  • [C’est l’été] La rue aux enfants à Monteux

    [C’est l’été] La rue aux enfants à Monteux

    Découvrez à l’occasion de ce marché nocturne, une cinquantaine d’exposants qui seront présents pour mettre à l’honneur l’artisanat d’art, les créateurs locaux et les saveurs du terroir, dans une ambiance conviviale et chaleureuse. Un lieu unique est également prévu et aménagé pour les enfants !

    De 18h à 22h30.

    Entrée libre et gratuite.

  • [Portrait] Marina Lafon-Borelli : comment naviguer entre XVIIIe et XXIe siècles ?

    [Portrait] Marina Lafon-Borelli : comment naviguer entre XVIIIe et XXIe siècles ?

    Dans sa vie quotidienne, depuis les baies vitrées d’un appartement situé dans un immeuble de Fernand Pouillon qui prend vue sur le Vieux-Port et le flanc droit de l’hôtel de ville, Marina Lafon se sait chanceuse et privilégiée. Une mère infirmière qui l’orienta vers la médecine, un père italien avec un ancêtre qui vécut longtemps en Égypte, les deux branches de son arbre généalogique ont fait d’elle une héritière : la collection de faïences qu’elle rassemble depuis quatre décennies est surdéterminée par son entourage. Dans le discours de son introduction en 2020 à l’Académie de Marseille, Daniele Giraudy a raconté comment sa famille l’avait félicitée pour l’une de ses incartades. En 1977, après la soutenance de sa thèse de Médecine qui explore les Conditions de travail des égoutiers de Marseille, sa grand-mère lui offrait trois somptueuses assiettes, des jetées de fleurs et des insectes de la Veuve Perrin.

    Du côté de sa mère, ses ascendants, des Grecs de Constantinople établis à Marseille au début du XIXe siècle, étaient des banquiers polyglottes ou bien des entrepreneurs. Son arrière-grand-père, Polype Zafiropoulo fut le commissaire de la section peinture de l’Exposition coloniale de 1906. Il habitait jusqu’en 1943, près du cours Puget, au 13 rue Edouard-Delanglade, un hôtel particulier lourdement aménagé. On l’aperçoit derrière les grilles d’une cour pavée, Marina Lafon a décrit son intérieur dans le numéro 255 de la revue Marseille. Des photos de 1908 en sont témoins, on trouvait dans cet espace un curieux concentré de signes d’opulence et de distinction : des tapisseries de Flandres et d’Aubusson, des meubles de haute époque, des toiles de Monticelli et Gustave Ricard, des assiettes de Saint-Jean du Désert, un cache-pôt de Théodore Deck.

    Zafiropoulo avait pour ami l’Abbé Arnaud Daniel qui écrivit un livre de première importance à propos de Moustiers. De même, les meilleurs chercheurs de notre époque, Daniele Maternati-Baldouy et Régis Bertrand se sont associés à l’exposition de cet été, Faïence et Dévotion dont elle est la commissaire. En dépit de son confort, des flots de la lumière du Vieux-Port et de la simplicité de sa cuisine, son appartement n’est pas résolument moderne, « les choses changent pour que rien ne change ».

    En amont du Tricentenaire de l’Académie

    Sa profuse et remarquable collection ressemble à ce qu’on peut savoir, via des donations et le marché de l’art, à propos des prestigieuses collections provençales de la famille des banquiers Jourdan-Barry ou bien d’une spécialiste de la faïence comme Marguerite Desquelles. On y trouve plus de 200 pièces, des polychromies, des camaïeux verts et des liserés de manganèse, quatre vases bleus et blancs qui appartenaient à Jules Charles-Roux, des objets un brin insolites, des surtouts de table, des plats à barbe ou des chaufferettes. Souci de discrétion implique de ne pas détailler un article paru à propos de ces objets dans Connaissance des Arts en janvier 2024, par exemple le surgissement d’une cheminée d’usine sur une toile qui ponctue finement le bonheur qui se vivait à l’Estaque en 1918.

    Chacun sera libre de trouver luxueuse et désuète, ou bien savoureusement orientée cette collection. Par-delà ces clivages faiblement productifs, les propositions de Marina Lafon sont autrement intéressantes. L’un de ses plus vifs souhaits est de mieux faire percevoir du côté des faïences, un centre artistique majeur, l’écosystème d’un âge d’or qui forgea avant la Révolution un segment conséquent de la réputation multiculturelle du Vieux-Port : d’un côté, des artisans créatifs et des dirigeants de manufactures inventifs comme les Clerissy, Pierrette Candeloup et Joseph Fauchier, de l’autre des bourgeois et des aristocrates convaincus dans toute l’Europe de l’excellence des productions de Marseille et de Moustiers.

    Depuis qu’elle a quitté la Médecine du Travail, Marina Lafon mène une seconde vie pleine d’énergie, d’érudition, d’enthousiasme et de fantaisie. Au musée Borély elle dirige un Fonds de dotation qui coordonne les précieux achats d’une centaine de mécènes privés. En tant que présidente pendant deux ans de l’Académie de Marseille, ses capacités de dialogue et de diplomatie auront permis de déployer pour le Tricentenaire de cette institution les prémices d’une partition dont l’un des points forts est précisément la problématique de son exposition du musée Notre-Dame de la Garde.

    « Faïence et Dévotion », musée de la Basilique Notre-Dame de la Garde, jusqu’au 22 novembre, tous les jours de 9h à 17h.