Tag: savoir faire

  • [Travailleuse de demain] Emmy Mercier, Argentiéroise aux doigts d’or

    [Travailleuse de demain] Emmy Mercier, Argentiéroise aux doigts d’or

    À la fin du collège, Emmy s’intéressait pourtant davantage au dessin et aux filières artistiques. « Déjà, j’étais très manuelle, mais pour rejoindre une filière artistique, ça aurait été dans un Bac général, où je n’ai pas été acceptée, explique-t-elle. Mais, grâce aux différents tests probatoires proposés par les lycées, j’ai trouvé celui où je suis actuellement, à César-Baldaccini, à Marseille. J’ai fait des tests probatoires, ça m’a beaucoup plu et j’y suis maintenant. »

    Un grand saut pour Emmy Mercier qui, dès la fin du collège, passe de L’Argentière-la-Bessée, commune de 2 278 habitants dans les Hautes-Alpes, à Marseille, pour y suivre un CAP bijouterie-joaillerie en deux ans, puis un Brevet des métiers d’art (BMA). Pour suivre les cours, elle se rend chaque jour à Marseille depuis Rognac, où elle habite avec sa grand-mère. « Je sortais du collège, je n’avais que 14 ans. Au début, mes parents étaient un peu mitigés avec tous les trajets à faire au quotidien : train, bus et je prends aussi le métro, se remémore-t-elle. Ce n’était pas facile, j’ai pris la main au fur et à mesure. Ma mère est un peu stressée, mais je l’appelle souvent. Ça m’a permis aussi de gagner en autonomie, maintenant, je me débrouille sans problème. »

    Finalement, elle ne regrette pas ce choix d’orientation. « Ce qui me plaît, c’est toute la précision, je suis très manuelle de base, savoure Emmy. Dès le début, ça m’a plu de créer quelque chose, à travers des pièces à réaliser en atelier ou des choses à créer de nous-mêmes. » Ses proches ne sont pas mécontents non plus : « J’aime bien réaliser des petits cadeaux pour ma famille, et ils m’en demandent tout le temps. »

    Son avenir idéal ? « Faire des pièces uniques pour de grandes personnalités ou des événements, dans de la haute joaillerie », imagine-t-elle.

    Son idéal : l’artisanat pour le contact humain

    Pour autant, après trois stages en atelier à Marseille et à Lyon, Emmy préfère pour l’instant les structures artisanales à la haute joaillerie. « J’aime bien le côté artisan, on crée nous-mêmes de toutes pièces, on part du dessin de ce que veut le client et on va l’imaginer. On apprend et on fait beaucoup de choses. C’est hyper intéressant parce que c’est très humain, on échange beaucoup avec les gens. En haute joaillerie, on n’est pas directement en rapport avec le client », explique-t-elle.

    La première création dont elle a été particulièrement fière, elle l’a réalisée il y a deux ans, lors du concours du Meilleur apprenti de France. « J’ai eu un bracelet à faire, assez volumineux, en argent. Il faisait 5 cm de large, il prenait l’entièreté du poignet. Quand on l’ouvrait, on voyait un motif à l’intérieur et il y avait des mises en pierre sur le dessus », se replonge-t-elle.

    Quant au bijou qu’elle rêverait de réaliser, difficile de n’en choisir qu’un : « Mon bijou préféré serait un gros collier, articulé, où toutes les parties bougeraient entre elles, dans un style assez rétro, avec une grosse pierre. Mais quand on est dedans, on trouve beaucoup de choses très jolies, on touche à tout et on a envie de tout faire ! »

    LE CONCOURS

    Si elle n’a pas décroché de médaille au concours national des WorldSkills, à Marseille en octobre dernier, Emmy Mercier en garde un excellent souvenir : « Le côté social avec les membres de l’équipe était génial, tout le monde était soudé, on se réconfortait après certaines journées, ça m’a vraiment marqué. J’ai beaucoup progressé sur le côté technique en me préparant. Au concours, j’ai pu faire des choses que je ne fais pas au quotidien. Je n’avais jamais réalisé une aussi grosse pièce en or, en travaillant directement à la plaque. C’était un pendentif en trois parties. J’ai aussi beaucoup appris sur la gestion du stress. »

  • Le terroir du Vaucluse se déguste avec Mercotte

    Le terroir du Vaucluse se déguste avec Mercotte

    Samedi et dimanche, le parc de l’Arbousière, à Châteauneuf-de-Gadagne, prend des airs de fête à l’occasion de la 9e édition de « Terroirs en fête ». Un événement organisé par le Département de Vaucluse. « C’est l’un des plus grands rendez-vous pour les agriculteurs et artisans de bouche dans le Vaucluse », explique Pierre Charline, créateur de l’événement et responsable événementiel pour le Département de Vaucluse. « Plus de 150 exposants seront présents cette année et nous avons à cœur de leur demander un stand qui soit unique pour Terroirs en fête, un stand que l’on ne retrouve pas ailleurs parce que ce n’est pas juste un grand marché. »

    Au programme, tout au long du week-end, des démonstrations culinaires, des concerts et musiques lives, mais aussi un salon des vins et spiritueux ou un espace élevage pour découvrir ce que le Vaucluse à de meilleur à offrir.

    Un événement convivial et familial

    « Avec Terroirs en fête nous voulons montrer et faire découvrir au public la beauté et le savoir-faire dont regorge notre département. Nous accordons aussi une place importante aux activités familiales puisque cette année nous proposons par exemple des balades à poneys, des jeux en bois divers ou un jeu de piste géant », poursuit-il. « Les maîtres-mots pendant ces deux jours sont convivialité, partage et rencontre, c’est pourquoi nous voulons que chacun passe un bon moment dans un lieu exceptionnel. » Depuis 4 ans maintenant l’événement est associé à une personnalité et cette année c’est Mercotte qui en sera la marraine. « Nous en sommes ravis car elle est connue du grand public et elle a un capital sympathie qui est assez incroyable ! Elle sera donc présente samedi et dimanche et évoluera au sein de l’événement en participant à diverses animations », sourit le responsable. Parmi les temps forts, un concours de tartes aux fraises samedi mais aussi l’épreuve nationale du concours international de hamburgers dimanche où 6 chefs venus de toute la France vont s’affronter pour réaliser le meilleur burger avec des produits du terroir vauclusien.

  • Les Rusticales mettent à l’honneur le savoir-faire paysan avec 80 exposants

    Les Rusticales mettent à l’honneur le savoir-faire paysan avec 80 exposants

    « C’est un événement reconnu et très attendu dans la région », affirme Georges Rey, président de l’Association Foire aux Bestiaux à l’origine de l’événement. Gratuit, ce rendez-vous propose diverses activités : foire, stands d’artisans locaux, démonstrations de taillage d’oliviers, spectacles de danse country et représentation théâtrale de l’emblématique partie de cartes de Pagnol.

    L’an passé, l’événement a dépassé les 5 000 visiteurs. Cette année, Georges Rey s’attend à la même affluence au hameau de Beaudinard : « C’est une foire qui plaît parce qu’elle met à l’honneur des traditions d’antan qu’on voit de moins en moins. »

    À l’origine, il s’agit d’une foire aux chevaux. Les animaux sont encore très présents et attirent le public.

    Les enfants peuvent profiter des ateliers de la ferme éducative Hippothera, basée à Roquevaire, et les visiteurs peuvent admirer un défilé d’oies.

    « C’est une des foires incontournables de la région à ne surtout pas manquer ! », s’exclame Christelle, la charretière provençale. Elle a participé à chaque édition et témoigne de l’aspect familial, mais surtout festif qui distingue cette foire des autres du territoire : « On y retrouve le Beaudinard d’il y a 30 ans, c’est toujours une bonne ambiance avec toutes les animations. »

    Au fur et à mesure des éditions, « l’événement est devenu un point de rencontre pour les habitués », ajoute-t-elle. Les visiteurs comme les artisans se rassembleront ce vendredi de 9h à 18h pour célébrer la culture provençale et paysanne.

  • À Nîmes, le cordonnier qui fait marcher la profession

    À Nîmes, le cordonnier qui fait marcher la profession

    Tablier noué, regard attentif et gestes précis, Olivier Sébastien incarne une certaine idée de l’artisanat. Dans sa boutique L’Émile Pompe, nichée rue Émile-Jamais à Nîmes, le cuir reprend vie sous ses mains. Mais derrière l’établi, le cordonnier est aussi devenu un porte-voix. Celui d’une profession longtemps discrète, aujourd’hui en quête de reconnaissance.

    À 47 ans, l’artisan nîmois ne s’est jamais contenté de réparer des semelles. Depuis plus de quinze ans, il défend un métier qu’il juge « essentiel au quotidien », à la croisée du savoir-faire traditionnel et des enjeux contemporains. « Quand je fais quelque chose, je ne le fais pas pour ma boutique, mais pour le métier », insiste-t-il. Son engagement lui a valu d’être distingué compagnon du mérite fédéral par la Fédération française de la cordonnerie multiservice en 2025. Une reconnaissance qui récompense moins une carrière qu’une énergie constante à fédérer.

    C’est dans cet esprit qu’est né le Printemps de la cordonnerie. Une campagne désormais nationale, organisée du 20 mars au 21 juin, qui invite les Français à « réparer plutôt que jeter ». Une idée simple, mais qui répond à plusieurs urgences : économique, écologique et sociale. Car la réalité du métier est rude : des périodes creuses au printemps, puis des pics intenses à l’automne.

    L’initiative repose donc sur un changement d’habitudes : déposer ses bottes en avril, ses sandales en juillet. Une anticipation bénéfique pour tous. « Plus tu mets la pression à un artisan, plus le travail sera médiocre », tranche-t-il. Derrière cette logique, une volonté : redonner du temps au geste, donc de la qualité au produit.

    Dans le Gard, ils sont plusieurs à suivre le mouvement. Mais il insiste : « Le but, c’est de mettre le métier en avant, pas les individus. » L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais en 2026, le Printemps de la cordonnerie franchit un cap. Grâce à des échanges noués sur les réseaux, l’initiative traverse l’Atlantique. À Montréal, un cordonnier québécois, Patrick Marleau, s’empare du concept. Là-bas aussi, la réparation retrouve du sens, à la fois économique et écologique.

    Réparer, résister

    Au-delà de l’organisation collective, le cordonnier porte un discours plus large sur la consommation. Face à la montée du jetable et à la baisse de qualité des produits, il défend la réparation comme un acte militant. « Aujourd’hui, on fabrique des chaussures qu’on ne peut plus réparer », déplore-t-il. À ses yeux, le cordonnier devient alors un acteur de la transition écologique, mais aussi un rempart contre une économie du gaspillage. Dans son atelier, les objets passent, mais les histoires restent. « Ma plus belle récompense, c’est quand un client m’envoie une photo de ses vacances. Là, je me dis qu’on a gagné », confie-t-il, ému.

    À Nîmes comme ailleurs, la cordonnerie n’est plus seulement un métier d’hier. Elle se réinvente, s’adapte, s’ouvre à la seconde main, au multiservice, à la transmission. Olivier Sébastien en est l’un des visages. « Ce n’est pas un vieux métier. Il repart à la hausse », affirme-t-il. Et si, du Gard au Québec, la campagne continue de s’étendre, c’est peut-être parce qu’elle repose sur une conviction simple : réparer, c’est déjà résister.

  • La foire des santons de retour sur le Vieux-Port

    La foire des santons de retour sur le Vieux-Port

    Depuis 1803, la foire des santons provençaux investit le Vieux-Port. Samedi, la mythique foire aux santons ouvre ses portes pour l’édition 2025, avec 21 santonniers provençaux. « Les visiteurs peuvent avoir l’absolue certitude qu’ils sont fabriqués en Provence », assure Philippe Risch, secrétaire de l’association IGSP. Une association qui organise la création et la gestion pour une indication géographique de cet artisanat traditionnel. « Le but est de protéger les santons provençaux », explique Daniel Coulomb, président de l’association. Les deux hommes espèrent que l’indication géographique sera effective en décembre 2026.

    Un patrimoine culturel que la foire tient, cette année encore, à mettre en avant. Comme l’année passée, les enfants pourront découvrir ce savoir faire tous les mercredis, en faisant leur propre santon d’argile. Les week-end seront animés par des chants et danses provençales.

    Une année difficile tout de même pour la foire, qui a perdu la subvention de la Métropole. « La filière d’argile de la Métropole a été transférée à la ville d’Aubagne, explique Michel Bouvier, président de l’Union des fabricants de santons de Provence. Comme ils organisent une foire concurrente, on a perdu nos subventions », se désole-t-il. Un manque à gagner de 20 000 euros.

  • L’artisanat italien célébré sous toutes ses formes à la foire

    L’artisanat italien célébré sous toutes ses formes à la foire

    Parmesan, coppa, huile d’olive ou limoncello : aucun doute, les produits italiens ont une place particulière dans le cœur des habitants de Marseille. À l’occasion de la Journée de l’Italie, organisée par la Chambre de commerce italienne et le Département des Bouches-du-Rhône, les visiteurs de la foire étaient invités à (re)découvrir le savoir-faire de la péninsule.

    Un port d’attache pour

    les Italiens

    « Chaque année, ce pavillon est un passage obligatoire », affirment Anna-Lisa et Ilaria en se dirigeant vers le Hall 1. Les deux expatriées, originaires de Bari (Pouilles), profitent de ce rendez-vous annuel pour se reconnecter à leur pays : « C’est comme si on était à la maison le temps d’une journée. »

    Côté exposants, la foire est aussi un rendez-vous incontournable. « Nous avons d’excellents rapports avec les consommateurs marseillais, qui apprécient beaucoup les fromages de brebis ou de bufflonne », explique Matilda, productrice de fromages à Crémone (Lombardie). Si la gastronomie attire, les artisans italiens proposent divers produits (décoration, mode…).

    Cent ans après sa première participation à la foire, l’Italie tient à mettre en avant son lien avec le territoire. « Notre présence témoigne de la profondeur des relations qui unissent nos deux nations », applaudit Fabio Monaco, consul général d’Italie à Marseille.

  • La Foire est prête à célébrer son centenaire

    La Foire est prête à célébrer son centenaire

    « Un centenaire à célébrer, un nouvel élan à donner », c’est l’ambition de la Foire internationale de Marseille, organisée au parc Chanot (8e) du 26 septembre au 6 octobre, avec une exceptionnelle avant-première hors les murs, le 20 septembre. De 10h à 18h, trois « combi vintages » seront installées sur le Vieux-Port (1er) et proposeront, le temps d’une journée, un voyage « temporel immersif et participatif » à travers trois époques marquantes de l’histoire marseillaise et de la Foire, dans un « esprit de fierté et de convivialité ». Des places pour la Foire seront également à gagner, pour découvrir les 200 exposants invités cette année.

    L’offre commerciale de la Foire sera organisée en cinq unités. Répartis sur le hall 1,2, 3 et 8 et sur l’esplanade 8 du parc Chanot, les commerçants de l’habitat, de l’ameublement d’intérieur et d’extérieur et de l’électroménager proposeront un large panel de produits pour repenser sa maison du sol au plafond. Le hall 8 sera aussi celui des « petits plaisirs pour prendre soin de soi », où les visiteurs pourront retrouver marques beauté et bien être et création d’artisans locaux. Mais le vrai repère du savoir-faire marseillais se situera dans l’esplanade 1.

    Du local à l’international

    À l’occasion de cette édition anniversaire, la Ville de Marseille mettra à l’honneur les artisans, créateurs et entreprises labellisés « Fabriqués à Marseille », avec une exposition inédite de plus de 100 objets labellisés, des ateliers participatifs et une quinzaine de stands de producteurs prêts à partager « leur passion et produits ». « Marseille est une ville où l’on fabrique. Et il était bon de renouer avec cette tradition industrielle et artisanale, et faire en sorte que ce qui se fabrique à Marseille soit vu, connu et identifié comme tel », rappelle Jean-Pierre Cochet, adjoint au maire en charge du dynamisme économique (PS).

    4 000 m2 seront également consacrés aux productions issues de l’étranger avec au total 50 pays représentés. Parmi eux : l’Arménie, le Vietnam ou encore l’Italie, qui jouiront chacun d’un pavillon spécifique pour faire découvrir artisanat et gastronomie.

    Célébrer Marseille

    « Notre programmation va célébrer la fierté d’être marseillais. C’est le leitmotiv, c’est ce qu’on va retrouver et on espère que c’est ce que le public va ressentir », s’enthousiasme Hélène Caïco, responsable communication de la Foire de Marseille. Le public sera donc invité à célébrer « un siècle de rencontres, de découvertes et de fiertés marseillaises », grâce à la mise en avant de sportifs, humoristes, musiciens, danseurs et créateurs locaux. La grande scène, qui accueillera les performances artistiques de la Foire, mettra à l’honneur le parler marseillais avec la venue du linguiste Médéric Gasquet-Cyrus, le dimanche 28 septembre. La pièce de théâtre Mon accent marseillais sera également jouée le mercredi 1er octobre.

    Toujours pour valoriser le savoir-faire marseillais, une exposition inédite imaginée en partenariat avec Provence Studios plongera les visiteurs dans les secrets de fabrication du 7e art, qui s’est souvent appliqué, « parfois de façon caricaturale », à raconter Marseille.

    Quatre soirées seront organisées sur les onze jours de Foire, dont trois baptisées « soirées gourmandes » et prévues les 27 septembre, 2 et 4 octobre. Le vendredi 3 octobre promet d’être le point d’orgue de cette édition anniversaire avec une soirée célébration « hors-norme » qui se clôturera avec un feu d’artifice.

    Tarif sur place : 8 euros. Site web : foiredemarseille.com