Malgré la colère, un joyeux défilé à Gap

Je viens à chaque manif à Gap, c’est toujours familial. Là, avoir tous ces policiers et même un drone pour nous surveiller… C’est clairement exagéré », lance Léa, venue manifester à Gap. À 9h, début du rassemblement qui a mobilisé jusqu’à 400 personnes, le tribunal n’avait toujours pas statué sur l’interdiction de manifester au centre-ville. Cette tentative d’étouffer la contestation a suscité d’autant plus d’incompréhension et de colère : « C’est inutile, il n’y a eu aucun débordement samedi dernier », rappelle Flo, qui fait partie des Gilets jaunes. « S’exprimer est un droit, poursuit Léa. Et quand il est interdit, ça devient un devoir. »

Alors que les prises de parole sur les « atteintes liberticides » du gouvernement se succèdent, la décision tombe sous les applaudissements : suite au recours des syndicats (CGT, FO, FSU et Solidaires), l’arrêté du préfet est suspendu. « C’est une belle victoire, réagit Julien Bouillé, secrétaire départemental de la CGT. Vouloir interdire les manifs, c’est une volonté du gouvernement de diviser le monde social, opposer les gilets jaunes et les syndicats. Car si elle était interdite, les syndicats ne se seraient peut-être pas mouillés. »

Le cortège, toutefois non déclaré, a donc pu se rendre au centre-ville et défiler dans une ambiance joyeuse entre les étals du marché. Alain et Florence, ardéchois, rendent visite à leur fils. Ils en ont profité pour se mobiliser tous ensemble, avec des pancartes résumant une grande partie de la colère sociale : la casse des services publics, la question des retraites, les atteintes à l’environnement, ou encore le danger de l’extrême droite. Comme beaucoup, ils dénoncent aussi le récit médiatique dominant, « qui ne reflète en rien la réalité ».

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