Montpellier rugby en bleu pâle

Tout le monde guettait la liste. Tout le monde guettait mercredi 21 octobre le choix du sélectionneur de l’équipe de France Fabien Galthié à l’orée de la seconde moitié du Championnat des nations et à l’aube d’une saison international qui mène à la Coupe du monde en Australie (1er octobre – 13 novembre). L’objectif d’une génération, pour conquérir le titre suprême qui manque au rugby français.

Le patron des Bleus, qui vit aux abords du Pic Saint-Loup depuis son passage à Montpellier (2010-14), amorce ce premier chapitre de la saison sans de multiples éléments majeurs comme l’arrière Thomas Ramos, le talonneur Julien Marchand, les secondes lignes Emmanuel Meafou ou Thibaud Flament, ou encore l’ouvreur Matthieu Jalibert, blessés.

Montpellier, vice-champion de France, attendait également avec une relative impatience de découvrir la liste de joueurs appelés à affronter les Fidji (7 novembre), l’Afrique du Sud (13 novembre) et l’Argentine (21 novembre) avant un quatrième match de classement.

Le pilier gauche : Reda Wardi (31 ans, 20 sélections) et le seconde ligne massif Tyler Duguid (26 ans, 1 sélection), deux éléments d’un pack dominateur, figurent parmi les sélectionnés qui rejoindront Marcoussis, le centre national du rugby dimanche 25 octobre, à l’issue de la 7e journée de Top 14. Le premier, présent cet été pour les trois matchs face à la Nouvelle-Zélande, à l’Australie et au Japon, était attendu au côté du Toulonnais Jean-Philippe Gros ou du revenant bordelais Jefferson Poirot. Le second n’était plus apparu chez les Bleus depuis l’été 2025 et une tournée à marée basse en Nouvelle-Zélande.

Les ennuis physiques

s’enchaînent

La surprise, ou plutôt la double surprise, provient des absents. Des deux absences de deux autres gros bras du pack du MHR : le 3e ligne aile Lenni Nouchi (22 ans, 8 sélections) et le seconde ligne Florian Verhaeghe (29 ans, 5 sélections). Pour l’un et l’autre, blessés, c’est un coup dur et surtout une opportunité gâchée de se faire une place au sein d’une équipe de France très convoitée.

Les autres absents ne sont autres que le centre Auguste Cadot (25 ans), sur le chemin du retour à la compétition après une blessure à un genou, ou Baptiste Erdocio (26 ans, 3 sélections), indisponible trois mois après une opération au biceps.

Nouchi enchaîne les ennuis physiques. Samedi, le troisième ligne et capitaine de Montpellier s’est blessé à une cuisse lors de la première rencontre en Champions Cup remportée face à Bath (14-32), où il a occupé le poste de numéro 8 avant d’être remplacé par Billy Vunipola.

Le jeune international était titulaire pour la première fois de la saison quinze jours après avoir effectué son bref retour à la compétition face à Toulon (28-0). Quatre minutes après son entrée en jeu, il avait écopé d’un carton orange et subi une commotion cérébrale à la suite d’un plaquage dangereux sur Swan Rebbadj.

Le nouvel emblème du MHR avait manqué le début de saison en raison d’une grave entorse à la cheville gauche contractée avec l’équipe de France face au Japon le 18 juillet, pour le troisième et ultime match estival du championnat des nations.

Verhaeghe, pour sa part, souffre d’une douleur au psoas. Une blessure qui freine son excellent début de saison et son rendement depuis plus d’un à Montpellier. L’ancien Toulousain, homme et joueur de l’ombre, est même transfiguré. Cet échalas (2,04), maître de la touche, apprivoise la lumière qui escorte son omniprésence au sein du pack de Montpellier et son retour remarqué en équipe de France au cours de l’été, avec deux titularisations convaincantes face à l’Australie et le Japon.

« j’ai retrouvé du plaisir à jouer. Sur le terrain, ce n’est pas juste de la douleur. Ça faisait un moment que ça ne m’était pas arrivé. Mais je sens bien qu’il y a encore plein de leviers de progression. Et le style de jeu a évolué à Montpellier, où l’ambiance est bonne » avouait-il récemment. Ni Nouchi, ni Verhaeghe n’ont tiré un trait sur cette séquence automnale. Wardi, qui a repris depuis quinze jours après une blessure au mollet, aura son mot à dire malgré la concurrence de Poirot et Gros.

«On a vu que c’était un joueur international. Je suis très content de l’avoir dans mon équipe parce qu’il ressemble à ce qu’on veut mettre en place » relevait le manager Joan Caudullo après le succès à Bath. Solide en mêlée, présent dans le jeu, l’ancien Rochelais a rassuré. Et s’est rassuré. Au bon moment.

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