Détendez-vous, ça va bien se passer ». Gérald Darmanin n’était pas présent, ce lundi soir, en conseil municipal d’Avignon. C’est bien le maire Olivier Galzi (DVD) qui glisse ce propos à son opposition au sortir de plus d’une heure d’échanges musclés et décousus sur la situation financière de la Ville. Et on ne peut pas vraiment dire que cela se soit fait en détente et que tout se soit bien passé.
La séance s’est pourtant ouverte par un moment œcuménique et solennel pour rendre hommage à Michel Adam, adjoint à la propreté, subitement décédé la semaine dernière au sortir du conseil communautaire et dont les obsèques auront lieu ce jeudi. Symboliquement, son siège est resté vide, sous les yeux de sa famille. C’est Cécile Bénistant qui lui succède au sein de l’assemblée municipale.
La politique a rapidement repris le pas. Dans le droit fil du dernier conseil municipal d’il y a trois mois, la situation financière de la Ville a animé les débats. Pour rappel, fin juin, le maire avait présenté un audit apocalyptique sur les finances municipales avant que la majorité ne refuse d’approuver le compte administratif. Conséquence, le budget supplémentaire n’avait pu être voté.
Ce point était de nouveau soumis aux votes des élus. Déjà que les finances publiques sont un sujet aride, le quidam n’aura pas trouvé de quoi étancher sa soif de pédagogie en écoutant la séquence financière. Beaucoup d’invectives dans un climat ambiant de cacophonie et bataille de chiffres, chaque camp essayant d’en faire une analyse à dessein. Rare point de concordance, le fait que la Ville s’endette de 6 millions d’euros supplémentaires « pour financer les coups partis », regrette Emmanuelle Roux-Panis, adjointe aux finances.
Les deux groupes de gauche mettent, eux, en avant un avis de la chambre régionale des comptes paru fin juillet, faisant état d’un excédent de 12 millions d’euros sur le compte administratif 2025. Preuve pour David Fournier (PS) que l’audit présenté en juin « n’était qu’une campagne de dénigrement, un coup politique qui fait pschitt au détriment de l’intérêt général ». « Votre argumentaire ne tient plus, comment justifier aux associations ou aux familles [pour la végétalisation des cours d’écoles] que vous sabrez les budgets ? », ajoute Oukacha Rtili (LFI). « Où est la situation alarmiste qui justifie vos choix, assumez-les ! », embraye Rémy Blanc (PCF). Côté RN, Anne-Sophie Rigault tente de faire entendre son amendement afin que soit votée la baisse des indemnités des adjoints. Fin juin, Olivier Galzi avait annoncé revenir sur cette hausse votée dès le premier jour de son mandat mais qui ne s’est toujours pas concrétisée.
des Bois à l’envers »
Un point soulevé aussi par David Fournier qui dénonce « des mensonges ». « Vous êtes un Robin des Bois à l’envers, vous prenez aux pauvres pour donner aux riches », attaque l’ex-tête de liste aux municipales. « Vous ne dites que des choses fausses, après 12 ans d’errements vous ne pouviez pas être réconciliés avec les chiffres en 5 mois », réplique Olivier Galzi, qui ne peut s’empêcher de ne jamais laisser son opposition aller au bout de ses interventions sans la couper par des remarques. Sur les 12 millions d’euros, « ce n’est pas une cagnotte, mais une somme immédiatement réaffectée dans le fonctionnement ». Et d’asséner que cette « nouvelle dette a le nom de Cécile Helle [ex-maire PS], on essaye d’équilibrer les comptes pour ne pas partir en tutelle et là, les Avignonnais auraient grandement souffert ». Le prochain conseil municipal devrait être consacré aux orientations budgétaires et éclairer sur les premiers vrais choix de la majorité. « Le budget 2027 sera douloureux », promet Olivier Galzi.

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