Le tandem formé par Christopher Pratt et Maïlys Radulic-Ferrat incarne une nouvelle version de l’art de la transmission.
D’un côté, il y a Christopher, le skipper marseillais habitué des grandes traversées. De l’autre, Maïlys, qui se prépare pour les Jeux olympiques 2028 au Pôle France de Marseille sur son 49 FX. Ensemble, ils vont défier l’élite dans le Mondial de course au large.
« J’ai eu cette opportunité de rejoindre Christopher Pratt, qui a navigué avec ma maman. Pour moi, c’est un saut dans l’inconnue », reconnaît Maïlys Radulic-Ferrat. « Maïlys m’a été recommandée, nos premières courses et sorties se sont bien passées et je trouve que nous formons un duo complémentaire plutôt chouette », note Christopher Pratt.
Pour faire connaissance, ils ont disputé une course et multiplié les sorties d’entraînement. « Chacun a pu apprendre à se connaître, se répartir les tâches à bord afin que le jour J, nous puissions être au top », poursuit le pensionnaire de la Pelle.
L’idée de ce Mondial de course au large est de placer tous les équipages sur un pied d’égalité. Les 18 équipages, dont deux Français, auront tous le même bateau, un Sun Fast 30 OD. Il y aura un tirage au sort pour l’attribution des embarcations la veille de la course.
« Ce sera la surprise car nous aurons à naviguer sur le voilier tel qu’il sera, sans rien pouvoir modifier », précise Christopher Pratt. Car, même si le tandem s’est entraîné sur un Sun Fast, ce ne sera pas celui qu’il aura à barrer le jour J. « Nous devrons faire de la régate pure, où la stratégie et la vitesse seront primordiales », insiste-t-il.
Pour Maïlys, se retrouver aux côtés de Christopher Pratt, « est tout simplement magnifique. En plus pour une course chez moi, à Marseille. Je suis une aventurière et je me retrouve dans un univers où j’ai tout à découvrir. J’ai bénéficié d’un apprentissage optimisé avec un tel maître. Et comme je suis une compétitrice, maintenant, j’y vais pour gagner ».
Par rapport aux compétitions sur dériveur, elle va devoir appréhender une autre approche. « D’habitude, nos courses se déroulent sur plusieurs manches. Nous avons le droit à l’erreur. Mais sur ce Mondial, ce sera ça passe ou ça casse », retient-elle. En effet, l’épreuve se déroulera en deux temps. Deux demi-finales, avec dix équipages qui livreront une course de 24 heures, à l’issue desquelles les cinq premiers de chaque flottille iront en finale. Finale dont celui qui arrivera premier sera sacré champion.
« Ce sera plus long que mes régates olympiques, avec ces manches de 30 à 40 minutes. Là, c’est du 24 heures, avec une navigation de nuit, la gestion des efforts sera donc différente, il faudra aussi gérer le sommeil », détaille Maïlys.
Naviguer dans la rade de Marseille, que les deux connaissent bien, est-il un avantage ? « Je ne le pense pas. Il y a certes quelques recoins que je connais bien, mais il y a toujours des pièges. Nous allons nous concentrer sur nous-mêmes et prendre du plaisir dans une compétition chez nous », confie Christopher Pratt.
Avec néanmoins une petite idée en tête. Faire aussi bien, sinon mieux, que Théa Khelif et Thomas André. L’équipage tricolore est allé chercher le titre mondial en 2025, au nez et à la barbe des Anglais, dans les eaux de l’Ile de Wight. Le duo remettra en jeu son titre, il y aura donc deux équipages français sur la ligne de départ. Il faudra surveiller également les Anglais, qui auront soif de revanche, l’Espagne, la Suède ou encore la Belgique « car ils ont des personnes à l’aise sur les Sun Fast », précise Christopher Pratt.
De son côté Maïlys Radulic-Ferrat est impatiente de se jeter à l’eau. « Il y a les Jeux en approche, mais j’ai là une belle entrée en matière pour éventuellement prolonger dans la course au large », notant que « l’eau et le vent sont les mêmes ».

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