Tag: Voile

  • Un tandem 100% marseillais se prépare pour le Mondial

    Un tandem 100% marseillais se prépare pour le Mondial

    Pour le duo, la date du 23 septembre est soulignée sur leur calendrier.

    Trois jours après le Clasico OM-PSG, Christopher Pratt et sa jeune co-skipper Maïlys Radulic-Ferrat seront au départ du Mondial de course au large. Une épreuve qui se disputera jusqu’au 3 octobre, et dont Marseille, leur port d’attache, sera le point de départ et d’arrivée.

    Il s’agit là d’une grande première pour la course au large dans le bassin méditerranéen, à l’occasion de laquelle le duo espère porter haut les couleurs de la cité phocéenne à bord de Sunfast 30 OD. Ils seront vingt équipages à briguer la victoire.

    Un timing idéal

    C’est au début du printemps, lors de la Massilia Inshore Cup 2026, que le duo Christopher Pratt, 45 ans, et Maïlys Radulic-Ferrat, 22 ans, s’est formé. « Ayant déjà en tête que le championnat du Monde de course au large se déroulerait à Marseille, je me suis mis à chercher une jeune équipière à qui je pourrai transmettre le virus de la course au large. C’est là que l’on m’a parlé de Maïlys en me disant qu’elle était super douée. Je l’ai appelée directement. Ce qui est marrant, c’est que lorsque je faisais du 470, je naviguais aux côtés de sa mère ! », se souvient Christopher Pratt.

    De son côté, l’étudiante en Staps à Brest, qui a plutôt l’habitude du 49er FX et de l’olympisme, est surprise du coup de fil. Elle explique : « Ce n’était pas du tout prévu, j’étais en cours, et j’ai directement sauté sur l’occasion. Je n’avais jamais fait de gros bateaux, mon projet olympique était un peu en stand-by et la course au large était quand même dans un coin de ma tête. Le timing était idéal. »

    La Massilia Inshore Cup se déroule comme dans un rêve : 4 manches, 4 victoires et le duo décide d’envoyer un dossier à la Fédération française de voile pour représenter la France lors des championnats du Monde. Une réponse favorable tombe début juillet et le projet est lancé.

    L’objectif principal reste le championnat du Monde. Mais d’ici la fin septembre, le duo pourra se jauger dès cette semaine sur les Sunfast 30 OD du Mondial, d’abord lors d’un entraînement de 48 heures, puis lors du trophée Semac.

    Les 48 heures de navigation leur permettront de retrouver des automatismes et le trophée, lui, leur permettra de se confronter à des adversaires, chose qu’ils n’ont pas faite depuis la Massilia Inshore Cup. « Chaque heure, chaque minute passées sur le bateau, c’est toujours du temps de gagné », souligne Christopher Pratt.

  • Clap de fin pour les « France » jeunes

    Clap de fin pour les « France » jeunes

    Après dix jours de courses, les championnats de France jeunes et espoirs ont baissé pavillon.

    C’est en deux temps que les épreuves ont investi la station voile de Tholon, ce qui a permis à la Fédération française de voile de proposer des courses claires et à suspenses. D’autant plus que la météo a été favorable.

    « Nous avons eu droit à un peu tous les types de temps durant ces dix jours. Le final a même pu se prolonger, avec deux courses jeudi matin », souligne Bertille Beurel. Pour la responsable communication de la FFV, « l’étang de Berre a permis de proposer de belles choses. Les jeunes ont pu naviguer en toute sécurité. Ces championnats ont rempli leur rôle, car ils ont été très formateurs ».

    Lilou Backès voit double

    Si en première semaine, les locaux s’étaient mis en valeur en récoltant deux titres (Optimist et ILCA 4) et quatre podiums, la seconde leur a moins souri. Un seul titre a été glané, par le tandem Lilou Backès – Gianni Pasero. Les pensionnaires de la Pointe Rouge ont fait la course en tête et n’ont été hors jeu que lors de la quatrième manche.

    À noter que Lilou Backès s’offre son second titre de la campagne, après celui décroché en Optimist, lors de la première semaine.

    Dans les autres séries, la Martégale Lizon Chikli était partie très fort dans les trois premières manches du skiff. Mais sa journée de mercredi a été cauchemardesque. Elle termine finalement à la septième place d’une série qui a vu le sacre d’Océane Bègue.

    Parmi les belles performances, il faut saluer celle de l’équipage néo-calédonien Felix Tron – Antoine Lajouanie, troisième en Nacra 15. Leurs compères Kaïs van Lierde et Charline Puschiasis ont également flirté avec le podium, en Tyka, pour finalement terminer cinquième.

    Les « France » reviendront à Martigues en 2027.

  • Voile : dernier jour de courses à Martigues

    Voile : dernier jour de courses à Martigues

    Plus qu’un jour, et les voiles seront repliées, les remorques chargées et les médailles distribuées.

    La seconde séquence des championnats de France jeunes va connaître son verdict. Elle concerne les équipages en Open skiff, Tyka, F70, Nacra 15 et Feva RS qui, depuis lundi, ont pu s’en donner à cœur joie. Dans des conditions de navigation exceptionnelles.

    « Les conditions étaient bien, nous avions une bonne vitesse. Nous étions un peu en surrégime, mais nous avons réussi à maîtriser le bateau. Je suis un peu déçue de nos résultats, notamment notre première course. Nous nous sommes bien reprises dans la deuxième course » confie Lina, engagée en Tyka.

    Une Martégale à suivre

    Si la compétition reste ouverte, certains affirment déjà leur volonté d’aller chercher le titre. C’est le cas de Côme Zunquin. « Globalement ça a bien fonctionné. L’objectif ici c’est de gagner donc je vais essayer de continuer comme ça », a confié le Royannais, en très bonne position dans la course d’Open Skiff.

    Une classe dans laquelle une Martégale pourrait tirer son épingle du jeu. Ligon Chikli reste dans la course, pour un podium. Elle est à la lutte avec Océane Bègue et Capucine Bouron, dans un duel opposant Atlantistes à Méditerranéennes.

    Les participants ont pu goûter aux délices de la navigation sur l’étang de Berre. Lundi, les conditions se sont rapidement intensifiées, avec des rafales atteignant jusqu’à 25-30 nœuds en fin d’après-midi ! Une météo difficile, mais les courses étaient spectaculaires sur le plan d’eau martégal.

    « La météo est avec nous depuis le début. Nous avons pu proposer plusieurs courses, chaque jour. Et nous nous attendons à avoir un vent plus fort jeudi, pour le dernier jour de compétition » annonce Bertille Beurel, responsable de la communication de ces championnats de France.

  • Le coup d’envoi de la Quadra solo – duo de Marseille aux Embiez a été donné

    Le coup d’envoi de la Quadra solo – duo de Marseille aux Embiez a été donné

    C’est une nouvelle formule qui régit la Quadra solo – duo, qui élargit les perspectives de l’épreuve.

    Afin de soutenir la navigation en équipage réduit en Méditerranée, la Société Nautique de Marseille a décidé d’ouvrir la Quadra Solo Duo à tous les régatiers, sans restriction d’âge. Auparavant, le règlement imposait que le skipper, ou au moins l’un des équipiers pour les duos, ait 40 ans minimum dans l’année en cours. Cette nouvelle disposition rend l’épreuve accessible au plus grand nombre.

    Sur le parcours Marseille – Les Embiez – Marseille, la Quadra solo-duo constitue un rendez-vous particulièrement séduisant du calendrier des régates en Méditerranée. « La course en solitaire ou en double est souvent un rêve. L’expérience permet de se lancer dans le grand bain » explique Stéphane Sollari, membre du comité directeur et responsable du pôle course, qui a lui-même déjà disputé plusieurs fois la grande classique.

    « En participant à une course, on bénéficie de l’accompagnement et de la sécurité du groupe. De l’ambiance aussi !… ». Avec six journées de régate dont une course de nuit et une escale aux Embiez, la Quadra solo-duo est une épreuve toujours particulièrement prisée par les régatiers. Son succès tient à la fois à l’aspect très sportif et à la bonne ambiance à terre, où l’amitié unit les coureurs. En mer, c’est une bataille acharnée ! « L’idée c’est de permettre au plus grand nombre de franchir le pas » ajoute-t-il encore. « Notre souhait est vraiment que chacun se sente bien dans ce nouveau format ».

  • [Voile] Nouvelles salves de championnats à Martigues

    [Voile] Nouvelles salves de championnats à Martigues

    Le passage de témoin, c’est fait dans une bonne ambiance.

    Samedi, Optimists, ILCA 4, 6 et 7, 29er, 420 et Open 5.70 en ont terminé avec « leurs » championnats de France. La flottille a vécu quatre jours de régates, dans de bonnes conditions de vent. Ce qui a permis aux participants de prendre du plaisir et offrir du spectacle, sur les eaux de l’Étang de Berre.

    Ce championnat de France a montré qu’il est bien plus qu’une simple compétition. C’est une célébration de la voile sur l’ensemble du territoire français. Comme le souligne Nathalie Peberel, Vice-présidente de la FFVoile. « C’est un championnat de France, donc les participants viennent de l’Hexagone, mais aussi de beaucoup plus loin. Nous avons ici des Guadeloupéens, Martiniquais, Calédoniens ainsi que Tahiti. Nous avons les territoires ultramarins. Nous avons les ligues hexagonales. Nous avons notre ligue Îlienne la plus proche qui est la Corse. Effectivement, on vient de l’intégralité du territoire français. »

    Au final, deux titres reviennent à des locales. Lilou Backès, de La Pointe Rouge, conserve le sien en Optimist. Un doublé qui lui permet de mieux appréhender son changement de série, puisqu’elle va « monter » en ILCA 4. Tandis qu’Elena Ezraty, de La Pelle, décroche le titre de cette série. Sur le podium, elle est accompagnée de sa coéquipière Luce Langumier.

    Seconde flottille

    Trois autres pensionnaires de La Pelle étaient sur le podium de 29er. À savoir Salomé Joly et Aline Tacquet sur la deuxième, tandis que Camille Caullier, associée à l’Antiboise Justine Barbarin, termine troisième. En 420, le duo Simon Prot (ASPTT Marseille) et Juliette Peyre (La Pelle Marseille) décroche également une médaille de bronze.

    La station de Tholon reste en mode ruche active, avec une nouvelle séquence de championnats de France. Dimanche, cinq nouvelles séries ont pris le relais. À savoir les Nacra 15, Open Skiff, RS Feva, Tyka, Flotte Partagée.

    Jusqu’à mercredi, il y aura donc à nouveau du spectacle sur les quatre parcours dessinés sur les eaux de l’Étang de Berre.

    Des champions en planche à voile

    Les championnats de France de planche à voile se déroulaient à Brest.

    En Finistère, plusieurs Provençaix ont terminé sur le podium. Avec un triplé Mahé, Pelet, Gutton du club de la Pointe Rouge en technofoil hommes et deux médailles de bronze pour la pensionnaire de la Pointe Rouge Agarhe Hanoun, également en technifoil, et la Miramasséenne Pauline Hermitant en windfoil.

  • Les « France » sont partis sur de bonnes bases à Tholon

    Les « France » sont partis sur de bonnes bases à Tholon

    Mercredi, les conditions étaient idéales pour lancer les courses.

    Au lendemain d’une belle cérémonie d’ouverture, le vent s’est levé au bon moment. À 13h, il oscillait entre 11 et 15 nœuds. Parfait pour profiter du plan d’eau de l’étang de Berre. Au total 4 courses ont pu être validées pour tout le monde, répartis sur 4 ronds de course. Une belle première journée de championnat qui lance le rythme.

    Cette première journée a donc été un succès sportif. Avec de belles images de jeunes navigateurs tentant de tirer le meilleur parti de leur embarcation et des conditions de mer. Elle a aussi mis en lumière le savoir-faire du Cercle de voile de Martigues.

    Le temps se gâte

    Ainsi témoigne Pierre Caste. « Nous avons l’honneur d’accueillir ce championnat et, chaque jour, près de 1 500 personnes foulent notre site : 900 concurrents sur 10 jours, 500 bateaux sur l’eau, 80 coaches, et pas moins de 150 bénévoles – à terre comme sur l’eau. Sans oublier l’équipe cuisine de 12 personnes, les gardiens, ou encore ceux qui, discrètement, ramassent les ordures ménagères. Ce sont toutes ces petites mains qui rendent cet événement possible. »

    Au-delà des chiffres, c’est une philosophie qui guide le club qu’il préside, en digne héritier de Bernard Chable, son prédécesseur. « Nous privilégions l’accueil, le sourire. Et en général, le reste suit, car nous avons la chance de disposer d’un plan d’eau superbe ». Une recette qui fonctionne, et qui permet aussi de faire vivre le club au-delà de la compétition. « Organiser un tel spectacle, c’est montrer aux Martégaux et Martégales que notre plan d’eau existe, qu’il est accessible pour la compétition, le loisir, le plaisir… ou même la baignade ! » Une qualité d’eau d’ailleurs confirmée ce matin même par le Gipreb, l’organe de surveillance de l’étang.

    Derrière les coulisses, le Cercle de Voile de Martigues est un acteur clé de la démocratisation de la voile. « Tout au long de l’année, une douzaine de personnes travaillent avec des scolaires : lycée, collèges, écoles. Au total, ce sont 1 000 enfants qui passent par ici. » Pour Pierre Caste, ce championnat est donc bien plus qu’une compétition : « C’est une carte de visite pour montrer tout ce que notre plan d’eau peut offrir ».

    Le temps orageux de la deuxième journée de course a eu raison des manches prévues jeudi. Les organisateurs ont bien tenté de lancer les bateaux sur l’eau, mais seuls les ILCA 6, ILCA 7 et les Open 5.70 ont réussi à lancer une manche à 17h45, profitant du vent léger mais stabilisé.

    Ce vendredi le système orageux devrait être moins présent et le vent devrait se stabiliser pour permettre de lancer les courses prévues. Le premier départ possible est prévu à 11h.

  • Voile : la relève en quête de sacre à la base de Martigues

    Voile : la relève en quête de sacre à la base de Martigues

    Alors que Brest est le cadre des championnats de France de planche à voile, Martigues renoue avec ceux des dériveurs et habitables.

    Sur l’Étang de Berre, les jeunes de 12 à 25 ans régateront sur 12 séries. Cette année, les épreuves en dériveurs et catamarans pour les minimes s’intègrent au championnat de France jeunes solitaire équipage. Avec 950 compétiteurs attendus sur le site de Tholon, ce choix permet aux jeunes talents de bénéficier d’une expérience de compétition plus riche, dans un moment fort de partage entre les générations.

    La grande majorité des engagés sont d’ores et déjà pied d’œuvre. Mardi, la base de vie du CVM était une véritable ruche. Passage devant les juges arbitres, inspection des bateaux et des licences, première sortie sur l’eau pour vérifier que tout est ok sur le bateau, ils avaient déjà la tête aux championnats de France.

    Métropole et outre-mer

    « Les Ligues ont envoyé du monde. Et nous avons des participants qui viennent de Guadeloupe, Martinique, Réunion et Nouvelle-Calédonie. Cela nous annonce de très belles régates », confie Bertille Beurel. La chargée de communication de la Fédération française de voile et son équipe étaient également en répétition générale, mardi matin.

    Si les compétiteurs devaient vérifier que tout était ok sur leur bateau, côté terre, il fallait également voir les connexions radios, les liaisons et autres postes de juge arbitre, afin que les épreuves, puissent se dérouler sans souci.

    « Nous devrions avoir de bonnes conditions météo », estime Bertille Beurel. Si le vent était un peu fort, mardi matin, « les prévisions avec 11 à 15 nœuds nous permettent d’envisager de belles courses ».

    L’Étang de Berre va être, jusqu’au 27 août, le terrain de jeu des engagés. Ils seront 450 sur la ligne de départ, pour la première semaine, dès ce mercredi à 13 heures, coup d’envoi des premières manches. Ce sont les Optimist, 29er, 420, ILCA 4, 6 et 7, Open 570 qui vont se mesurer, sur les quatre sites de course, jusqu’au 22 août. Du 23 au 27, ce seront les Nacra 15, Open Skiff, RS Feva, Tyka, Flotte Partagée qui prendront le relais.

    Si le Cercle de voile de Martigues apprécie d’être à nouveau sous les feux de l’actualité, du côté de la Fédération française de voile, ce retour à Tholon est également apprécié. « Nous avons de très bonnes conditions de travail. Il y a une véritable symbiose qui s’est créée et cela se ressent à tous les niveaux », souligne Bertille Beurel.

    L’autre atout majeur du site martégal est l’Étang de Berre. « Pour de jeunes compétiteurs, c’est un endroit parfait. Il est sûr et offre néanmoins de bonnes conditions de navigation. » Un plan d’eau parfait pour apprendre à naviguer notamment pour les plus jeunes, sur leur Optimists.

    Après une première journée où chacun a pris ses repères, avec en point d’orgue une cérémonie d’ouverture qui avait des airs de défilés des athlètes aux Jeux olympiques, les choses sérieuses sont donc au rendez-vous en début d’après-midi. Jusqu’à dimanche, pour la première vague.

    La reconnaissance du savoir-faire martégal

    Pierre Caste est un homme heureux.

    Le président du Cercle de voile de Martigues apprécie le retour des championnats de France jeunes sur la base de Tholon, avec à la clé deux semaines de compétition. « La Fédération nous a même annoncé que nous accueillerons également la prochaine édition, en 2027. Pour nous, c’est la reconnaissance du savoir-faire martégal. »

    Le site est le cadre régulier de grandes manifestations. Et avait déjà vu l’épreuve s’y dérouler en 2001, 2003 et 2005. « Les conditions sont idéales. La mise à l’eau est juste à côté des lieux de vie, c’est fortement apprécié par les participants. Et cela donne une belle carte postale de Martigues », souligne-t-il.

    M.Ga.

  • Nicolas Rouger est prêt pour reprendre la Route du Rhum

    Nicolas Rouger est prêt pour reprendre la Route du Rhum

    Demain, c’est loin ! Derrière cette phrase, se cache la renaissance d’un projet fou.

    Celui de Nicolas Rouger, qui rêve d’être le premier Marseillais à s’aligner sur le Vendée globe. Sa présence au départ de la Route du Rhum aurait dû, logiquement, lui permettre d’enchaîner sur le tour du Monde sans assistance ni escale. « Mais il y a eu la poisse qui s’est mêlée à tout ça et j’ai dû laisser tomber », se souvient-il.

    Après avoir réussi la traversée de l’Atlantique et ramené son bateau au pays, « dans des conditions compliquées », un naufrage a eu raison de ses chances d’être au départ des Sables d’Olonne. Certains auraient renoncé. Pas lui. « C’est une course dans le Mont Blanc, avec un pote gendarme de haute montagne qui a trouvé les bons mots, que j’ai compris qu’il fallait repartir ».

    Nicolas s’est mis en quête d’un nouveau bateau, avec l’envie intacte de se surpasser. Et de faire de sa traversée à venir un événement hors normes. « Je me devais de trouver des partenaires, pour boucler le budget. Le premier à dire oui me suit depuis quarante ans. D’autres amis m’ont poussé. »

    Convention académique

    Parmi ceux qui ont rendu possible ce retour sur l’océan, il y en a deux que l’on n’attendait pas sur un tel terrain. « Les membres du groupe IAM et le graphiste Hervé Di Rosa m’ont rejoint. Leur présence va rendre un peu rock’n’roll ma participation à la Route du Rhum », clame Nicolas Rouger.

    D’autant plus que sa voile sera le support d’une œuvre originale réalisée par Hervé Di Rosa. Et dont les partenaires qui rejoindront l’aventure récupéreront un morceau, lorsque le skipper sera allé au bout de son projet sportif. L’occasion de s’offrir une authentique œuvre d’art pour 20 000 euros.

    Un autre partenaire surprise s’est manifesté. « Le Recteur de l’Académie Aix-Marseille m’a proposé une convention ». À chaque escale marseillaise, son Demain c’est loin sera ouvert aux élèves pour leur faire découvrir l’univers marin. « C’est une fierté de pouvoir leur montrer les capacités qu’offre la mer en matière de formation. »

    D’ici là, Nicolas Rouger va poursuivre sa préparation pour la Route du Rhum. « C’est Michel Desjoyeaux qui m’accueille pour préparer le bateau. Pour moi, c’est un rêve de travailler avec un tel marin ». La traversée Saint-Malo – Guadeloupe va lancer une dynamique qui doit l’amener, enfin, dans les mers du Sud.

  • « Mon bateau est devenu mon meilleur ami »

    « Mon bateau est devenu mon meilleur ami »

    La Marseillaise : Depuis votre qualification, comment vous préparez-vous ?

    Mikaël Mergui : Après le rush en mars et avril, c’est la période creuse. Le bateau est à La Trinité-sur-Mer, où mon équipe est en train de travailler pour optimiser ce qui peut encore l’être. Et moi, je me ressource à Puy-Saint-Vincent.

    Cela fait quatre ans que vous naviguez sur Hirsch – Centrakor, qu’est-ce qu’il représente pour vous ?

    M.M. : Nous avons passé beaucoup de temps ensemble, partagé de belles aventures. Je peux dire qu’il est mon meilleur ami. Avec le temps, je commence à bien connaître ses qualités, ainsi que ses défauts.

    Quelles sont vos ambitions sur cette Route du Rhum ?

    M.M. : Aller au bout celle fois ! Lors de ma première, en 2022, j’ai cassé le bateau après six jours de course. Depuis, j’ai acquis une certaine expérience, grâce à trois Transat notamment. Je suis mieux préparé pour cet événement qui est hors-norme.

    Qu’elle est la différence entre Route du Rhum et transat du Café ?

    M.M. : Sur le « Rhum », vous êtes seul à bord. La part d’aventure est plus présente. Tu dois lutter contre les éléments, mais aussi contre toi-même, apprendre à gérer la fatigue. Alors que sur le « Café », nous sommes deux, ce qui permet de pousser le bateau. Il est possible de vraiment prendre du repos, alors que seul à bord, il faut de temps en temps s’en remettre au bateau. Et croiser les doigts pour que les éléments ne se déchaînent pas au mauvais moment. La « Route » est donc plus dure, car tu dois tout maîtriser, tout chapeauter à bord. Tu dois te battre contre les éléments, contre le bateau, mais surtout contre toi-même. Les arrivées sont également différentes. Pour le « Café », c’est direct au port, alors que le « Rhum » demande de faire le tour de la Guadeloupe, et cela peut changer beaucoup de choses. Car la mer à l’approche de l’archipel réserve pas mal de pièges. Il y a d’ailleurs souvent des rebondissements à ce moment de la course. C’est pourquoi je suis allé en repérage, en février dernier. J’ai fait le tour des îles pour prendre mes marques. Cela peut être utile. Si je devais faire une comparaison, c’est comme passer du rugby à XV au rugby à VII. En fait, la Transat du Café, c’est une épreuve sportive, alors que la Route du Rhum, c’est une aventure humaine. Toutefois, pouvoir courir les deux, c’est chouette.

    Vous pouvez aller chercher la victoire ?

    M.M. : Je suis accompagné d’une petite équipe. Avec Mylène, mon épouse, Sophie Claudon et Richard Aubin, nous sommes un peu David contre Goliath. Mais j’ai envie de montrer que les Méditerranéens sont capables de relever le défi. De plus j’ai des partenaires qui m’ont renouvelé leur confiance, comme Hirsch et Centrakor. C’est une aide précieuse pour moi.

    En parlant de Méditerranée, vous êtes en première ligne pour constater les changements climatiques qui l’impactent ?

    M.M. : La canicule maritime est un fait. Je vois son évolution depuis quelques années. L’eau est plus chaude, ce qui a un impact fort sur la faune, mais également sur les conditions météorologiques. Les houles sont plus marquées, les orages plus violents, les changements de vent également. D’ailleurs, j’ai constaté la disparition du ponant. C’était un vent d’après-midi thermique qui soufflait alors que l’eau se réchauffait en début d’après-midi. Cela a changé la façon de naviguer. Il est désormais nécessaire d’être plus vigilant, car les vents médians ont quasiment disparu. Cela commence à se sentir en Atlantique, où l’on constate souvent un manque de vent d’ouest dominant et une recrudescence des algues vertes. Je suis allé naviguer là-bas en mai et juin. J’ai trouvé des conditions inhabituelles, avec du grand soleil et très peu de vent. Alors qu’avant, c’était une période où les conditions de mer étaient plus musclées.

    Outre la course au large, vous avez aussi un programme qui est à destination des enfants ?

    M.M. : J’ai choisi d’utiliser mon expérience de marin pour sensibiliser les enfants à la mer, leur montrer qu’elle était un véritable trésor à portée de main. En collaboration avec la Métropole Toulon Provence Méditerranée, je propose des ateliers dans une quarantaine de classes. Je suis allé rencontrer les élèves en amont de la Route du Rhum. Cela a donné de belles discussions. Nous avons parlé des métiers qui étaient liés à la mer. Pendant la course, je vais faire un film, qui sera projeté à mon retour. Eux-mêmes pourront me lancer des défis, via la Virtual regatta. Près de 1 800 enfants se sont portés volontaires pour me suivre. La majorité de Toulon et sa région. Mais il y a aussi des classes d’autres départements qui ont rejoint le programme.

    Pourquoi cette ouverture vers
    les enfants
     ?

    M.M. : J’ai pris conscience que dans mon département, même lorsqu’ils en sont à proximité immédiate, peu d’enfants connaissent la mer. J’ai senti une certaine appréhension vis-à-vis de cet élément. En utilisant la voile et les métiers de la mer, c’est une manière de désacraliser l’élément et ramener chez eux une certaine curiosité.

    Vous êtes maintenant un habitué des courses transatlantique, n’êtes-vous pas attiré par un autre challenge après la Route du Rhum ?

    M.M. : Certains me demandent si l’idée d’aller sur le Vendée globe me trotte dans la tête. C’est vrai que pour la course au large, c’est le mythe absolu, l’Everest des marins. Mais y aller implique énormément de choses, et je ne veux pas me mettre de pression inutile. Pour moi, naviguer, c’est rêver. Si je devais me lancer dans une course autour du monde, je serais plus dans la philosophie d’une Whitbread.

    Qu’est-ce que cette Whitbread ?

    M.M. : Cette course existait quand j’étais gamin, et je rêvais en lisant les récits qui en étaient faits. Si elle n’existe plus, je pense qu’avec l’Ocean race, je pourrais trouver mon compte. C’est une épreuve qui est plus dans ma vision de la navigation et de la compétition. C’est un tour du monde, en équipage, avec escale. Il y a donc autant de départs et d’arrivées, avec cette adrénaline spécifique. Et puis, il y a surtout la possibilité de mettre pied à terre. Dans le Vendée globe, ce qui me frustrerait, c’est passer au large de sites et de ports magnifiques, sans pouvoir y accoster, et partager avec les locaux ma passion. Vivre, même quelques heures seulement, une expérience hors-norme. Le Vendée globe va trop vite pour moi. Je suis adepte du partage, des rencontres avec le grand public. Et puis, quand tu navigues en équipage, tu peux mieux profiter du bateau. Le pousser au maximum. Faire également d’autres choix stratégiques.

  • La Girolata pour apprendre la mer en toute confiance

    La Girolata pour apprendre la mer en toute confiance

    Marseillais de cœur, Emmanuel Witvœt a grandi sur le pont d’un bateau.

    Il a fait ses classes aux Glénan, avant que la voile devienne son métier. Et venir dans le Sud, sur les pas de l’un de ses arrière-grands-pères qui était marin à Marseille. Si naviguer est sa passion, transmettre son savoir est devenu une vocation. « Le côté partage et défi, ça me botte, je sentais que la mer m’appelait » confie-t-il.

    En petit comité

    Diplôme en poche, Marseille est donc devenue son port d’attache. Et s’il propose des formations classiques, avec mise en pratique dans la rade de Marseille sur son Grand Soleil 34.1, Emmanuel accueille à son bord d’autres apprentis marins.

    Il organise régulièrement des sorties en mer pour les minots du centre social de la Belle de Mai. « Ce sont de petits groupes de quatre, ce qui nous permet de bien appréhender les gestes et de progresser rapidement. Que ces jeunes deviennent des acteurs du port sur les rives duquel ils vivent » indique-t-il.

    C’est son passage aux Glénan qui a inspiré cette initiative, « car cette école est avant tout une école basée sur la solidarité, qui accueille des blessés de guerre et des personnes victimes de violences conjugales afin de les aider à se reconstruire ».

    Sur son Grand Soleil, Emmanuel Witvœt accueille également des migrants. « Le but est de leur montrer qu’un bateau peut aussi être un élément de plaisir. Généralement ils surmontent rapidement l’appréhension de revenir sur l’eau, qui pour eux est synonyme de danger absolu, pour qu’ils la voient comme un espace ludique. »