Qui dit battle, dit forcément vainqueur. Et dans chacune des catégories au programme de la Marseillaise Breaking Cup – popping, breaking et hip-hop -, il ne pouvait, à l’issue des affrontements, en rester qu’un. Ou plutôt qu’une. Ce fut le cas de B-girl Nuria, originaire de Barcelone, qui s’est imposée dans le tableau dédié au popping, une danse urbaine fondée sur la contraction des muscles en rythme.
« C’était incroyable, j’aime toujours les “vibes” qu’il y a dans cette ville », confie la membre du célèbre crew espagnol Boogie Tunes. Déjà venue à Marseille pour participer à d’autres compétitions, Nuria y a retrouvé « toutes les sensations et les énergies présentes dans cette communauté du popping ». Une discipline exigeante, dans laquelle il faut savoir conjuguer « la technique et le sentiment ». « Il y avait beaucoup de danseurs de qualité aujourd’hui », souligne B-girl Nuria, également impressionnée par le décor « magique » de l’Opéra de Marseille. Sur scène, elle avait l’impression d’être « tellement haute par rapport au public » lorsqu’elle exprimait son art. « C’était vraiment une atmosphère unique, avec un public très attaché aux participants. C’est rare d’avoir autant de soutien de la part de spectateurs non-initiés. Ça apporte de la crédibilité à ce que l’on fait », estime la Catalane.
le maillot
Après la finale du popping, le jury de la catégorie breaking a sacré B-boy Doudou, l’un des artistes les plus attendus de cette cinquième édition de la Marseillaise Breaking Cup. À 36 ans, le danseur bordelais fait figure de référence dans la discipline. Il a notamment intégré la Team France Breaking en 2024, à l’occasion des Jeux olympiques de Paris, où le breaking avait fait son entrée au programme comme sport additionnel. « Il y avait une bonne énergie », lance Amadou, qui ne s’attendait pourtant pas « à passer les tours les uns après les autres ». Il faut dire que le Girondin avait participé, la veille, à une autre compétition à Paris et n’avait que très peu récupéré entre les deux événements. « C’est une très bonne surprise. Je suis venu avec cet état d’esprit : il faut que je me rattrape de ce que j’ai fait hier. Et au final, ça a bien fonctionné », sourit le membre des groupes Animaniaxx et Immigrandz. Pour lui, la différence se fait notamment sur « la recherche de mouvements » et « l’originalité ». Deux critères sur lesquels les jurés – Babyson, Lil Kev et le Brésilien Sakura – n’ont rien laissé passer.
devant ses proches
Sur la scène de l’Opéra, le dernier acte de ce grand spectacle a couronné B-boy Kaybeatz. Originaire de Nantes, le danseur spécialisé dans le hip-hop vit depuis plusieurs années dans la cité phocéenne. « Gagner à domicile, c’est toujours quelque chose de plus fort. Je ne sais pas si c’est plus facile, mais en tout cas, c’est plus fort », glisse Steve, invité de marque par le directeur artistique Mofak. Après un premier tour compliqué, durant lequel il a dû s’adapter aux projecteurs et à l’éloignement du public, bien différent de la proximité d’un cypher, Kaybeatz a rapidement retrouvé ses repères. Sous les yeux de ses proches, avec la pression de ne pas les décevoir, il a fait la différence par son authenticité. « Ça fait peut-être un peu cliché, mais je pense qu’il faut être 100 % soi-même quand on danse », affirme l’artiste qui s’est mis le public marseillais dans la poche.

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