Tag: La Marseillaise Breaking Cup

  • [La Marseillaise Breaking Cup] Les danseurs au rendez-vous des qualifications

    [La Marseillaise Breaking Cup] Les danseurs au rendez-vous des qualifications

    Soleil reluisant, convivialité, mais également compétition. Si l’accès à l’opéra était gratuit pour le public, pour les danseurs, pouvoir y entrer avait un prix. Avant la phase finale sur la scène principale, des qualifications se tenaient dimanche matin dans les trois disciplines : breakdance, popping et hip-hop. Le parvis était l’hôte de cette première partie de la journée, avec parasols, chaises longues pour les jurés et, bien sûr, le tapis où se sont déroulés les battles.

    En tout, une trentaine de danseurs ont composté leur ticket pour intégrer le Top 16 et visiter les planches de l’opéra. Les catégories sont passées les unes après les autres, alors que le soleil frappait le lieu. Une fois la musique lancée par l’un des trois DJ présents lors de l’événement, curieux, passants ou spécialistes du genre se sont amassés autour de l’emplacement de la compétition.

    Les qualifs ouvertes à de jeunes danseurs

    B-boys et b-girls se sont échauffés dans une décontraction apparente, tout en sourire, alors que le hip-hop devait entamer ces qualifications. Aux 12 coups de midi, les premiers danseurs ont débuté leurs mouvements. Les participants avaient entre 35 et 45 secondes pour s’exprimer et montrer qu’ils avaient leur place pour les finales du dimanche après-midi. Les battles se sont enchaînées dans la bonne humeur, puisque tout le monde se connaît un peu dans un microcosme comme celui des danses urbaines. Serrages de mains, accolades, l’ambiance est bon enfant, ce dimanche matin. Les styles, qu’ils soient vestimentaire ou de danse, varient et le jury fait face à des concurrents souvent expérimentés, avec des années d’apprentissage derrière eux.

    Les qualifications suivent leur cours et durant deux heures, les danseurs passent et repassent. Autour des barrières, le public n’hésite pas à sortir son téléphone pour immortaliser le fait de voir du breakdance devant l’opéra. Les prétendants n’étaient pas âgés de 7 à 77 ans, mais les générations varient selon les danseurs. Si beaucoup ont entre 20 ans et une trentaine d’années, certains sont à peine plus haut que trois pommes. Beaucoup de filles et garçons du South Dream Crew ont pu participer à ces qualifications ouvertes à tous. Ce groupe basé à Salon-de-Provence a porté haut ses couleurs, avec plusieurs jeunes éléments envoyés sur la scène de l’opéra pour les phases finales. Une jolie récompense pour des enfants ayant déjà pris la fibre de la danse, vu leurs passages convaincants devant le jury.

    Après deux heures de spectacle, le temps des résultats est venu. Appelés un par un, les finalistes se congratulaient à chaque fois qu’un nom sortait. Seulement quelques minutes plus tard, c’était de nouveau à eux de montrer leur valeur au public, venu nombreux les observer.

  • [La Marseillaise Breaking Cup] Nuria, Doudou et Kaybeatz couronnés

    [La Marseillaise Breaking Cup] Nuria, Doudou et Kaybeatz couronnés

    Qui dit battle, dit forcément vainqueur. Et dans chacune des catégories au programme de la Marseillaise Breaking Cup – popping, breaking et hip-hop -, il ne pouvait, à l’issue des affrontements, en rester qu’un. Ou plutôt qu’une. Ce fut le cas de B-girl Nuria, originaire de Barcelone, qui s’est imposée dans le tableau dédié au popping, une danse urbaine fondée sur la contraction des muscles en rythme.

    « C’était incroyable, j’aime toujours les “vibes” qu’il y a dans cette ville », confie la membre du célèbre crew espagnol Boogie Tunes. Déjà venue à Marseille pour participer à d’autres compétitions, Nuria y a retrouvé « toutes les sensations et les énergies présentes dans cette communauté du popping ». Une discipline exigeante, dans laquelle il faut savoir conjuguer « la technique et le sentiment ». « Il y avait beaucoup de danseurs de qualité aujourd’hui », souligne B-girl Nuria, également impressionnée par le décor « magique » de l’Opéra de Marseille. Sur scène, elle avait l’impression d’être « tellement haute par rapport au public » lorsqu’elle exprimait son art. « C’était vraiment une atmosphère unique, avec un public très attaché aux participants. C’est rare d’avoir autant de soutien de la part de spectateurs non-initiés. Ça apporte de la crédibilité à ce que l’on fait », estime la Catalane.

    Doudou a mouillé

    le maillot

    Après la finale du popping, le jury de la catégorie breaking a sacré B-boy Doudou, l’un des artistes les plus attendus de cette cinquième édition de la Marseillaise Breaking Cup. À 36 ans, le danseur bordelais fait figure de référence dans la discipline. Il a notamment intégré la Team France Breaking en 2024, à l’occasion des Jeux olympiques de Paris, où le breaking avait fait son entrée au programme comme sport additionnel. « Il y avait une bonne énergie », lance Amadou, qui ne s’attendait pourtant pas « à passer les tours les uns après les autres ». Il faut dire que le Girondin avait participé, la veille, à une autre compétition à Paris et n’avait que très peu récupéré entre les deux événements. « C’est une très bonne surprise. Je suis venu avec cet état d’esprit : il faut que je me rattrape de ce que j’ai fait hier. Et au final, ça a bien fonctionné », sourit le membre des groupes Animaniaxx et Immigrandz. Pour lui, la différence se fait notamment sur « la recherche de mouvements » et « l’originalité ». Deux critères sur lesquels les jurés – Babyson, Lil Kev et le Brésilien Sakura – n’ont rien laissé passer.

    Kaybeatz rayonne

    devant ses proches

    Sur la scène de l’Opéra, le dernier acte de ce grand spectacle a couronné B-boy Kaybeatz. Originaire de Nantes, le danseur spécialisé dans le hip-hop vit depuis plusieurs années dans la cité phocéenne. « Gagner à domicile, c’est toujours quelque chose de plus fort. Je ne sais pas si c’est plus facile, mais en tout cas, c’est plus fort », glisse Steve, invité de marque par le directeur artistique Mofak. Après un premier tour compliqué, durant lequel il a dû s’adapter aux projecteurs et à l’éloignement du public, bien différent de la proximité d’un cypher, Kaybeatz a rapidement retrouvé ses repères. Sous les yeux de ses proches, avec la pression de ne pas les décevoir, il a fait la différence par son authenticité. « Ça fait peut-être un peu cliché, mais je pense qu’il faut être 100 % soi-même quand on danse », affirme l’artiste qui s’est mis le public marseillais dans la poche.

  • [La Marseillaise Breaking Cup] Un final historique pourles danses urbaines à l’opéra

    [La Marseillaise Breaking Cup] Un final historique pourles danses urbaines à l’opéra

    Gravures, hauts plafonds et marbre contre pantalons larges, musiques rythmées et casquettes à l’envers. Deux mondes aux antipodes se découvraient, ce dimanche après-midi, à l’occasion de la 5e saison de La Marseillaise Breaking Cup. Le hip-hop faisait sa première entrée à l’opéra, avec une compétition de breakdance sur la scène principale de ce prestigieux lieu du centre-ville de Marseille.

    Les principaux concernés par cette venue exceptionnelle et inédite, c’étaient les danseurs eux-mêmes. Sorti des qualifications, comme bon nombre de ses camarades, Izzy était impatient de monter sur les planches. Habillé de la tête aux pieds par la marque aux trois bandes, le jeune homme se disait « excité et très content. J’aime beaucoup l’opéra, c’est très beau et c’est très différent des endroits dans lesquels on a l’habitude de danser ».

    En effet, leur terrain de jeu d’une journée est majestueux. Des hautes colonnes, du marbre partout, des balcons offrant une vue panoramique, jamais le hip-hop n’était entré dans une dimension pareille. Pour animer et faire vivre l’après-midi, les MCs Kmeleon, lunettes pailletées sur le nez, et Tony Badman, veste vert kaki et barbe bien taillée, ont pris le micro. L’ambiance était posée, la salle s’était remplie à vue d’œil, il n’y avait plus qu’à démarrer les phases finales.

    Salle comble et danseurs ravis de la compétition

    Les jurés, tous avec une haute renommée dans leur discipline, sont aussi entrés en scène avec une démonstration chacun. Les huitièmes de finalistes zyeutaient au bout de la coulisse pour observer les cadors de leur discipline. Le programme était forcément important avec ces nombreuses battles, mais les deux MCs, en plus d’instaurer un environnement jovial, enchaînaient rapidement pour assurer une après-midi dynamique.

    Le planning se déroulait progressivement et les danseurs étaient peu à peu éliminés. Certains sont allés prendre l’air, pour s’évader de cette salle chauffée, dans les deux sens du terme. Aline, elle, s’est hissée dans le dernier carré. Avant son dernier passage, elle se disait « focus, je me concentre sur moi et sur la musique ». Polo blanc, pantalon ample et chapeau couleur ambre, la jeune femme adepte du popping racontait que « les styles vestimentaires pouvaient être spécifiques par discipline, mais maintenant tout le monde s’habille librement et a son propre style ». Lemzo était justement l’invité de la catégorie popping. Le Lillois a bien profité de l’événement. « C’est l’occasion de revoir beaucoup de connaissances, car on se connaît un peu tous. J’avais déjà dansé à l’opéra de Lille, c’est cool de voir que ça se répète dans d’autres villes. » Danseur depuis 2004, l’homme est un ami de Mofak et salue l’initiative. Il poursuit : « Ça permet de se découvrir mutuellement et c’est bien de pouvoir dire aux gens, “venez nous voir !“ » Leila fut la première danseuse à monter sur scène, dimanche après-midi. Elle s’est dite « reconnaissante » d’avoir pu vivre ça, alors qu’elle entrait à l’opéra pour la première fois. « C’était compliqué d’entrer dans le bain, car c’est un lieu magnifique. Le ressenti était étrange et la configuration a pu être difficile pour nous. Peut-être qu’il aurait fallu plus d’enceintes sur scène pour qu’on entende mieux la musique. » La prestation de Naestro, prodige du chant lyrique, a fait le trait d’union entre les deux univers, l’opéra et les danses urbaines. Rappelant que le bel canto est lui aussi profondément populaire.

    Sonya, « queen » du popping, faisait partie du jury. Venue de Seine-Saint-Denis, elle a apprécié les performances des uns et des autres, mettant en avant « la technique et la prise d’espace » des danseurs. Directeur artistique durant toute la Breaking Cup, Mofak a lui aussi apprécié de voir autant de monde à l’opéra. « Je suis content, il y a eu du monde dès le début, on a eu que des bons retours. »

    Il fut l’un des soutiens de l’événement, Jean-Marc Coppola, maire des 15/16, a eu cette phrase : « Nous cherchions une maison pour le hip-hop, je crois que nous l’avons trouvée ». En début de soirée, les danseurs ont quitté les lieux. La prochaine venue sera celle, début octobre, de Don Giovanni, l’opéra de Mozart. Aurait-il aimé le breaking ?

  • [Breaking Cup] À Port-de-Bouc, les joies et valeurs du hip-hop se transmettent aux jeunes

    [Breaking Cup] À Port-de-Bouc, les joies et valeurs du hip-hop se transmettent aux jeunes

    Il faut les voir tous ces minots se déhancher sur de la funk et du hip-hop d’un autre temps en ce samedi 12 septembre. Tandis que Dj Selma fait cracher du Chaka Khan, George Clinton et autres Busta Rhymes ou Bouga sur les enceintes, Eden et Nelya, fratrie d’à peine quelques années au compteur, ne se laissent pas inhiber par ce groove envahissant en se déhanchant en toute assurance sur le Cours Landrivon. « Quand je me mets à danser, je vois que tous les gens sont gentils autour de moi », explique la jeune fille. « Peace, love, unity and having fun », théorisait dans les années 1980 l’un des pionniers de la culture hip-hop, Afrika Bambaataa. Une bienveillance propre à l’esprit hip-hop que propage jusqu’à nos jours La Marseillaise Breaking Cup, de passage à Port-de-Bouc ce jour-là.

    L’amour du partage

    « Une mesure, c’est une phrase dans une œuvre. Un couplet, c’est 16 mesures et ensuite, il y a le refrain », dispense Salim à des dizaines d’adolescents captivés par son atelier d’écriture rap. Pour ce bénévole de l’association Dar Yumi [« la maison de ma mère » en arabe, ndlr], « le hip-hop, c’est avant tout le partage ». Une animation qui fait des émules auprès d’enfants encore bien plus jeunes, venus eux du centre social Mandela, quartier Tassy-Bellevue. « Le hip-hop, ça vient de la rue et c’est notre identité. Ça permet de véhiculer la solidarité, l’entraide, l’amour et la passion », rappelle quant à elle Amel Ben Messaoud, fondatrice de cette association valorisant « les mémoires populaires » de Port-de-Bouc.

    Le graff aussi

    L’effusion de cette culture semble contaminer tout le Cours. Un peu plus loin, la discipline du graff est elle aussi prodiguée, avec le fruit du travail des passants exposé sur une banderole affichant fièrement « Port-de-Bouc 13110 ». Un beau décor pour le Melt’in Crew, collectif de jeunes danseuses, qui fait le show. En toile de fond, une péniche navigue sur le Rhône. Comme le symbole de l’évasion et des possibilités émancipatrices offertes par la culture hip-hop.

  • Bboys et bgirls fin prêts pour les battles… que le meilleur gagne !

    Bboys et bgirls fin prêts pour les battles… que le meilleur gagne !

    La Marseillaise Breaking Cup se déroule tout au long de la journée de dimanche, mais comment va se dérouler la compétition ? La discipline se dispute en battle, des face-à-face entre deux breakers. B-boy Wesna figurera dans le jury (toujours d’un chiffre impair) de cette 5e édition, il explique en détail le fonctionnement : « Dans un 1 contre 1, c’est tout simplement que les danseurs se mettent face à face, et ils vont donner leurs meilleurs moves pour pouvoir gagner », explique-t-il simplement. Tony Badman, le speaker de l’épreuve, détaille la meilleure manière de gagner. « La musicalité, le style, l’originalité, il y a énormément de choses qui sont prises en compte. On a aussi la propreté, l’exécution, la prise de risque aussi. Il y a une chose aussi qu’il ne faut pas faire, c’est ce qu’on appelle dans le jargon du hip-hop : “pomper“. C’est le fait de recopier le move d’un danseur. »

    La musique prend une place énorme dans la gestion d’une battle. Wesna dira que « sans musique, on ne peut pas danser, tout simplement ». L’adaptation au DJ est aussi importante pour les danseurs, peu importe la discipline, alors que le speaker, le « MC », pose un cadre pour que spectacle se fasse. « Il doit connaître l’univers du danseur, le milieu du break, pour pouvoir le présenter au mieux », renchérit Tony. Au final, deux passages doivent départager et désigner le vainqueur de chaque battle.

  • [Entretien] Mofak : « On va célébrer les cultures urbaines comme il se doit »

    [Entretien] Mofak : « On va célébrer les cultures urbaines comme il se doit »

    La Marseillaise : Pourquoi vous tient-il à cœur de vous investir au plus près des quartiers avec La Marseillaise Breaking cup ?

    Mofak : Ça peut être l’occasion de donner une étincelle à un jeune, de lui transmettre une passion, de lui donner envie de prendre des cours de danse, de DJing, de graff. Et parfois, tout simplement, cette rencontre peut déclencher quelque chose chez un jeune. Pour moi, c’est donc essentiel de pouvoir aller dans les quartiers et transmettre ce qu’on a nous-mêmes reçu des grands, qui étaient là avant nous. Ils nous ont donné leur temps, leur énergie, leur savoir et leur passion. Aujourd’hui, c’est à notre tour de redonner.

    Vous disiez avoir beaucoup reçu
    de vos aînés. Pouvez-vous nous raconter comment vous avez vécu votre enfance au quartier du Clos-la-Rose, dans le 13
    e arrondissement ?

    M. : Nous, on était peut-être un peu plus autonomes, mais on a surtout eu la chance d’avoir des grands autour de nous. Des personnes comme DJ Djel de la Fonky Family, qui m’a un peu initié, ou Didier Dazoyam du groupe IAM, qui a pris le temps de me montrer, de transmettre. Je suis vraiment reconnaissant de tout ce que j’ai pu recevoir de ces grands-là. Et aujourd’hui, je pense que c’est à nous de donner à notre tour, notamment aux jeunes qui sont curieux, qui ont envie d’apprendre et qui veulent s’investir. Ça me fait plaisir de pouvoir le faire, parce que le temps passe et, à un moment, il faut aussi savoir laisser la place. Pour moi, c’est ça, l’héritage du hip-hop. C’est une culture de transmission, de partage et d’héritage. C’est important de ne pas garder pour soi ce qu’on a appris.

    Qu’apportent les cultures urbaines à la jeunesse ?

    M. : Les jeunes écoutent certaines musiques, mais ils ne connaissent pas forcément leur origine, ni toute l’histoire qui se trouve derrière. Les danseurs étaient avec les rappeurs, les rappeurs avec les DJs, les DJs avec les graffeurs… Tout le monde faisait partie du même mouvement. C’est l’histoire qui a fait qu’avec le temps, les disciplines se sont davantage séparées, mais à l’origine, elles étaient profondément liées. C’est un petit moment d’histoire qu’on leur transmet.

    Cela permet également aux jeunes de se détacher des écrans, devenus omniprésents dans notre société…

    M. : Beaucoup de personnes sont devenues esclaves des écrans, il faut le dire. C’est un véritable fléau et ça touche aussi bien les enfants que les adultes. C’est important de pouvoir préserver les jeunes le plus longtemps possible, de leur permettre de rester concentrés sur une activité, de leur donner quelque chose qui les passionne et qui les éloigne de certaines choses. Cette activité, ce n’est pas forcément le hip-hop. Ça peut être le foot, le basket, la danse, la musique… Peu importe. L’essentiel est de leur donner un cadre, une passion, quelque chose dans lequel ils peuvent s’investir et s’épanouir.

    Quel message souhaitez-vous faire passer aux Marseillais ?

    M. : Rendez-vous dimanche à l’Opéra de Marseille ! On va célébrer ça ensemble, parce que c’est historique : c’est la première fois qu’on est programmés à l’Opéra. On va fêter ça comme il se doit, parce qu’on marque une page de l’histoire. Je suis vraiment content et fier de pouvoir vivre ce moment avec La Marseillaise. Et en plus, c’est gratuit ! On s’est battus pour que cet événement soit accessible à tout le monde. Alors vraiment, il ne faut pas rater ça. On va célébrer les cultures urbaines comme il se doit.

  • La Breaking cup franchit les portes l’Opéra

    La Breaking cup franchit les portes l’Opéra

    L’heure est venue d’entrer pleinement dans le vif du sujet. Après six jours de démonstrations et d’animations autour de la culture urbaine à Marseille et dans ses environs, La Marseillaise Breaking cup propose, ce dimanche, une compétition internationale. La discipline prendra ses quartiers toute la journée devant et à l’intérieur de l’Opéra. Une première qui s’annonce remarquable, avec des activités proposées sur le parvis du matin au soir.

    L’événement débutera justement au cœur de la matinée. Le fronton de l’Opéra accueillera les qualifications de la Breaking Cup. À l’issue d’un mini-tournoi, seuls les meilleurs accéderont à la scène principale dans l’après-midi. Entre 14h et 18h30, les phases finales se dérouleront sur le parquet de l’édifice. Une épreuve longue durée avec trois catégories du breaking qui sont représentés : le popping, le breakdance et le hip-hop. Des styles et des façons de danser différents qui mettront en appétit les 600 spectateurs attendus pour assister à la compétition. L’entrée est totalement gratuite, mais la réservation est conseillée, puisqu’une majorité des places a déjà été réservée.

    Un jury international

    pour les battles

    Pour désigner les vainqueurs, un jury de choix a été constitué. Neuf personnalités issues du monde du breaking départageront les concurrents des trois disciplines. En breakdance, les Français Lil’Kev et Babyson, ainsi que le Brésilien Samuka, jugeront les performances. Pour le popping, Ness, Sonya et le Canadien Hya ont été invités. Le hip-hop sera quant à lui évalué par Dykens, Sam Yudat et le Marseillais Pakdjeen.

    Parmi les danseurs stars conviés (voir par ailleurs), figure notamment la B-Girl Pita. Enfant de Marseille, Pita Auffan participera aux « battles », avant de se rendre aux championnats du monde de breakdance, début décembre, à Paris. Cinq DJ rythmeront la journée. Un pour chaque discipline, tandis que DJ Cali animera le roller-disco prévu sur le parvis à partir de 15h. Asli s’occupera du warm-up et des entractes. Kmeleon et Tony Badman seront, eux, les speakers officiels de la compétition.

    La Marseillaise Breaking Cup clôturera la saison événementielle du journal et fera entrer ce type de danse dans une nouvelle dimension grâce à sa présence dans ce cadre unique. « On est très heureux de pousser les portes de l’Opéra de Marseille. Toute la communauté du hip-hop marseillais est “choquée” de ce qui arrive », lance Tony Badman.

  • L’histoire continue de s’écrire

    L’histoire continue de s’écrire

    La culture hip-hop franchira, dimanche,
    une étape symbolique à Marseille en investissant pour la première fois l’Opéra municipal. Pendant longtemps,
    les cultures urbaines ont dû conquérir leur place, d’abord dans la rue,
    puis sur les scènes,
    avant d’obtenir la reconnaissance qu’elles méritent, notamment
    lors des Jeux Olympiques de 2024.

    Voir aujourd’hui le breaking, le hip-hop, le popping et l’ensemble de cet univers franchir les portes d’un lieu aussi emblématique constitue bien plus qu’un simple changement de décor. Cette journée est d’abord une célébration du talent. Celui de danseurs venus de divers horizons pour partager leur passion et repousser leurs limites. Mais elle est aussi la reconnaissance d’une culture qui rassemble, crée du lien et transmet des valeurs fortes.
    Le hip-hop n’est pas seulement une pratique artistique. C’est une école de respect, de créativité, de persévérance et de dépassement de soi.

    Transmission

    La Marseillaise Breaking cup s’est imposée comme un rendez-vous incontournable. Elle affiche surtout une ambition chevillée au corps de La Marseillaise : aller à la rencontre des habitants, notamment des plus jeunes. Comme le rappelle Mofak, directeur artistique, dans nos colonnes, une passion transmise au bon moment peut changer une trajectoire, éveiller une vocation ou simplement offrir un cadre et des repères. Des moments de partage qui rappellent que la culture se vit et se transmet. Au-delà des performances et des résultats des « battles », la journée de dimanche rappellera surtout le parcours d’une culture née dans la rue et qui continue d’écrire son histoire, sans renier ses origines.

  • [La Marseillaise Breaking Cup] Jhona initie les minots au graffiti à la Paternelle

    [La Marseillaise Breaking Cup] Jhona initie les minots au graffiti à la Paternelle

    Des trois activités proposées ce mercredi au cœur du quartier La Paternelle, le graffiti est sûrement celui qui a attiré, et de loin, le plus de monde. Avec une file d’attente composée de parfois 10 enfants, même la barbe à papa offerte n’a pas eu plus de succès que l’animation proposée par Jhona, un passionné de graff et de la culture hip-hop depuis sa jeunesse. Avec lui, une douzaine d’aérosols, un carton de masque et de gants proposés aux enfants qui ont eu la lourde tâche de remplir la fresque qui met à l’honneur leur quartier.

    Une expérience originale

    Un atelier éducatif qui pour Jhona, va plus loin que ça : « Personnellement j’ai appris le graff dans la rue donc je trouve ça important d’à mon tour faire partager cet art aux petits. C’est une discipline qui s’est développée je trouve, elle reste à la mode car elle représente un paradoxe : elle est à la fois éphémère et elle traverse le temps ». À la fin de chaque passage, le même son de cloche retentit : « C’était sympa mais un peu dur », lance un gamin à l’issue de sa session. Une œuvre qui, malgré la présence d’un fort vent et d’une petite pluie, s’est remplie en l’espace d’une trentaine de minutes avec un rendu unique qui a amené un sourire et une belle expérience sur tous les visages.

  • Au Plan d’Aou, les animations de La Marseillaise Breaking Cup brisent la routine

    Au Plan d’Aou, les animations de La Marseillaise Breaking Cup brisent la routine

    Un véritable « flash-back » pour Bboy Wensa, professeur de danse venu animer la 4e étape de La Marseillaise Breaking Cup 2026, de passage au Plan d’Aou (15e) ce jeudi. Installé sur le terrain de foot du centre social Grand Saint-Antoine, il accueille sur son tapis de break tous les curieux qui voudraient s’essayer à une ou deux figures. « J’ai grandi à Marseille, à La Castellane, retrace-t-il. Les fêtes de quartiers, les animations à la sortie de l’école, c’est comme ça que j’ai découvert le break. Je suis là pour transmettre et peut-être créer des révélations chez les jeunes, comme ça a été le cas pour moi à l’époque ». Pour cette journée d’initiation, le Bboy reste soft : roulement d’épaule, vague, croisement de jambes, les mouvements doivent rester « accessibles ». « L’idée est surtout d’apprendre à bouger en rythme », souligne-t-il.

    À quelques mètres, Lyna et Serena, toutes deux âgées de 12 ans, patientent pour tester l’atelier graff, après un passage au DJ Mix. « C’est trop bien, on aime trop : danse, musique, on kiffe ! S’enthousiasment-elles de concert. C’est bien, ça fait des activités, on a pas l’habitude. Quand il n’y en a pas, on fait rien ». Et Lyna d’ajouter : « En plus, j’ai appris plein de trucs au mix, je savais pas du tout que c’était comme ça ». Derrière, Dalila, venue avec ses enfants, fait le même constat : « On amène toujours les enfants ici, mais il n’y a jamais rien. Là, c’est sympa, ils peuvent danser, ils se régalent, et nous aussi d’ailleurs ! ». « L’accès à la culture est assez limité dans les quartiers prioritaires, note Othmane Hany, chargé de la lutte contre les discriminations à la mairie de secteur. Il faut multiplier ce genre d’évènements ». Bonne nouvelle : les festivités se poursuivent vendredi, cette fois-ci à Septèmes-les-Vallons, toujours à partir de 16h30.

    Au programme aujourd’hui

    Vendredi, c’est à Septèmes-les-Vallons, au centre social la Gavotte Peyret, que la Breaking Cup poursuit sa course. Des stands graff, breakdance et DJ Mix seront de nouveau proposés à partir de 16h30. Le tout en partenariat avec l’association AC2N, basée aux Pennes-Mirabeau et engagée pour le développement de la culture Hip-Hop sur la commune depuis plusieurs années, qui sera rendez-vous.

    M.M.