In vino veritas

« L’exceptionnel est devenu la norme », explique l’historien du climat Thomas Labbé auteur d’une étude unique au monde, basée sur sept siècles de vendanges en Bourgogne qui « prouve que le dérèglement climatique a entraîné une “explosion“, des années”extrêmes“ ».

À l’instar des climatologues du GIEC qui alertent depuis des décennies sur le dérèglement climatique et ses causes (les émissions de gaz à effet de serre produites par l’activité humaine via l’exploitation des énergies fossiles), l’historien décrit sur le temps long les effets du climat sur la vigne. Un exemple édifiant de l’accélération du phénomène.

Le tournant de l’année 1988

Explications : De 1354 à 1719, les années extrêmes de chaleur, et donc de précocité des vendanges, « intervenaient tous les 17 ans », explique Thomas Labbé. « De 1720 à 1987, tous les 53 ans. Mais, depuis 1988, tous les cinq ans. Et, depuis le début du XXIe siècle, on a déjà dix années extrêmes, soit environ une tous les deux ans et demi ». Il insiste sur le tournant que fut l’année 1988. À partir de là « on a clairement une mutation et surtout depuis le XXIe siècle. Sur les dix années les plus chaudes depuis 1354, quatre ont eu lieu au XXIe siècle : 2003, 2018, 2020 et 2025 ». L’année 2026 va s’ajouter à ce palmarès.

Sauver la vigne et, plus largement l’agriculture, lourdement frappée par le changement climatique, nécessite une tout autre politique. Il est désormais indispensable de viser la neutralité carbone dans les 25 prochaines années.

Or atteindre cette neutralité d’ici 2050 sera impossible sans une rupture avec le système économique dominant, le capitalisme et sa nature prédatrice.

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