Tag: vignes

  • Le triathlon monumental débarque à Nîmes

    Le triathlon monumental débarque à Nîmes

    Si certains aiment regarder le Tour de France pour y découvrir les paysages et le patrimoine français, ils ne seront pas déçus par le triathlon monumental créé à Nîmes cette année. En effet, la course se jouera avec en toile de fond les plus grands monuments gardois comme la Maison Carrée à Nîmes ou le Pont du Gard, tous deux classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

    « Nous nous réjouissons de la tenue de ce triathlon monumental qui s’annonce grandiose, et remercions les partenaires et services fortement mobilisés. Ce sera également un grand moment de fête pour tous, qui animera la cité », prévient Bruno Ferrier, Adjoint délégué aux Sports. Pour l’occasion, deux parcours sont proposés aux 1 300 athlètes attendus : un « facile » avec 1,5 km de natation, 40 km de vélo et 10 km de course à pied mais aussi un plus exigeant pour attirer les meilleurs triathlètes du moment, composé d’1,9 km de natation, 90 km vélo et 21 km course à pied. Pas un Ironman mais on s’y rapproche…

    Natation sous les arches du Pont

    Les athlètes s’élanceront au pied du mythique Pont du Gard et traverseront ses arches à la nage dans le Gardon. La transition Natation/Vélo se déroulera sur l’esplanade du Pont du Gard avant le début du parcours à vélo, entre vignes et oliviers. Les participants emprunteront alors le parcours du Tour de France 2025. La transition Vélo/Course à pied se tiendra sur l’esplanade de Nîmes laissant place à la course à pied dans le centre-ville de la capitale du Gard. Ce parcours mettra à l’honneur les monuments historiques nîmois dont la Maison Carrée, les Arènes, Carré d’Art, le Musée de la Romanité, les Jardins de la Fontaine, le temple de Diane et la Tour Magne, avant une arrivée sur le parvis des Arènes.

    Pour relever ce défi, de nombreux triathlètes internationaux ont répondu à l’appel à l’image du jeune Français, Maxime Chané, champion du monde en titre. L’épreuve sera d’ailleurs aussi à suivre sur La Chaîne L’Équipe.

    Pour cette première, les collectivités ont aussi souhaité ouvrir l’événement aux habitants en proposant un village exposants sur l’esplanade de Nîmes du vendredi au dimanche. Un DJ sera également présent dimanche dans les arches des Arènes pour l’arrivée des compétiteurs. L’association Da Storm proposera aussi des démonstrations de graffiti au pied de la Maison Carrée et tous les kilomètres de parcours urbain seront marqués par des animations. Quatre fan-zones seront aussi créées le long du parcours de cyclisme et cinq le long de la boucle de course.

  • La reconquête agricole, c’est tout droit Entre vignes et Coudon

    La reconquête agricole, c’est tout droit Entre vignes et Coudon

    C’est au Domaine Kennel, à Pierrefeu, que s’est tenue la semaine passée la conférence de presse de la 9e édition Entre vignes et Coudon, qui va se dérouler le 29 mai sur la place de la Liberté, à La Farlède. Une manifestation conviviale qui permet à la Ville de réaffirmer « son engagement en faveur d’une alimentation de qualité, du soutien aux producteurs locaux et d’un cadre de vie harmonieux, où se conjuguent respect de la nature, vitalité du territoire et convivialité ».

    «Quand on a lancé cette manifestation, on ne s’attendait pas à rencontrer ce succès », reconnaît le maire de La Farlède, Yves Palmiéri. Même si, dès le départ, tous les ingrédients étaient là pour que la mayonnaise prenne. En particulier cette envie de se retrouver et de passer un bon moment autour d’un verre, d’une belle assiette en savourant les produits du terroir.

    Pour des produits frais

    et locaux

    Un rendez-vous gourmand qui offre aussi à la commune la possibilité de mettre en avant la politique volontariste menée pour favoriser les circuits courts. Notamment en permettant à de jeunes agriculteurs de s’installer. La reconquête des terres en friche par la Ville permet de leur faire en effet profiter de conditions avantageuses. Et l’opération porte déjà ses fruits.

    Dans un département soumis à une énorme pression foncière qui fait disparaître les terres agraires ou les rend inaccessibles, l’initiative mérite d’être saluée. Et prouve que des outils existent pour favoriser des projets vertueux économiquement et environnementalement responsables.

    C’est à ce prix qu’on peut entre vignes et Coudon, par exemple, déguster des produits frais et locaux.

  • Le Département met à l’honneur les vins de Cassis

    Le Département met à l’honneur les vins de Cassis

    Les vins de Cassis, ce sont dix domaines familiaux et 220 hectares pour une production annuelle environnant un million de bouteilles. Après avoir célébré le vin à l’occasion des 90 ans de l’appellation, Lisa Genovesi ouvre, ce mardi 19 mai, les portes du domaine familial. Lors de l’échange, le savoir-faire local est mis en avant. « Les vins de Cassis, c’est une communauté d’une nouvelle génération de vignerons soudés », explique Lisa Genovesi.

    La viticultrice définit son vin comme « un produit de terroir gourmand ». Aux côtés des autres domaines, les dix domaines œuvrent à promouvoir un savoir-faire caractéristique de la région. « Terre, mer et vin ont toujours été liés sur ce territoire », raconte-t-elle. Selon Lisa Genovesi et ses collègues, le vin est aussi un « levier de promotion d’une culture provençale ». Les vignerons promeuvent « les danses folkloriques et l’usage de la langue provençale » dans la région.

    Malgré la crise du secteur à l’échelle nationale, Lisa Genovesi affirme : « On s’en sort, on va ni mal, ni bien. Puis chacun sa stratégie, soit on fait avec, soit on s’adapte. » La principale problématique de la région proviendrait des variations climatiques intenses, de la baisse de consommation et de la maladie de la flavescence dorée. Les échanges sont restés assez vagues sur les problématiques propres au territoire, bien qu’Hervé Garnier mentionne certains arrachages qu’il considère comme « un véritable échec ».

    « 136 000 euros alloués

    au secteur »

    Dans un contexte en crise où la consommation a baissé de 3% selon l’élu, il n’est pas question de changer les habitudes. « Afin de conserver l’appellation, on respecte un cahier des charges très strict. On veut garder l’essence de notre produit et on n’a jamais cédé sur l’identité de notre appellation », insiste la viticultrice.

    Une prise de position permise grâce au soutien incontestable du Département. Hervé Granier, déléguée à la viticulture, réaffirme ce lien : « On veut soutenir les viticulteurs. Au total, ce sont 136 000 euros alloués au secteur. »

  • Occitanie : l’épandage par drones, une bonne solution ?

    Occitanie : l’épandage par drones, une bonne solution ?

    Le mois de mars a été marqué par de fortes précipitations dans l’Hérault, excédentaire à 50% selon le dernier bulletin de Météo France. Conséquences pour les viticulteurs ? Des vignes inondées et inaccessibles, pouvant favoriser l’apparition de mildiou. Alors, la FDSEA34 avait demandé une dérogation pour traiter les vignes par drone. Demande reçue cinq sur cinq puisque le 26 mars, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, autorisait « l’épandage par drone de cuivre dans les zones géographiques impactées de l’Aude, de l’Hérault, du Gard et des Pyrénées-Orientales où les traitements à pied ne sont pas réalisables » jusqu’au 30 avril.

    Sauf que le vent a commencé à souffler, rendant l’utilisation de drones impossible tout en diminuant les risques d’apparition du mildiou. « Mais on risque d’avoir de plus en plus des hivers et des débuts de printemps très pluvieux puis des périodes sèches. Sauf que les vignes avec des chaleurs et une forte pluviométrie débourrent plus tôt donc si on n’intervient pas pour protéger le végétal des maladies, on risque d’avoir des attaques de mildiou conséquentes », souligne Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA et président de la chambre d’agriculture de l’Hérault. Pour le moment, la loi autorise l’épandage dans des cas spécifiques, notamment pour les cultures situées sur des pentes de plus de 20 %. « Pour éviter de faire chaque année une demande de dérogation, des discussions sont en cours pour mettre en place un décret, il y a une consultation publique jusqu’au 23 avril. Nous souhaitons obtenir un décret d’application du traitement aérien de façon pérenne », poursuit Jérôme Despey.

    La Conf’ vent debout

    De plus, le viticulteur met en avant le fait que le traitement aérien est plus précis que l’épandage classique, « permettant une meilleure sécurité pour les agriculteurs et les riverains ». Un constat qui n’est pas partagé par tous les agriculteurs. Dénonçant « un pansement sur une jambe de bois », Morgane Bara, porte-parole de la Confédération paysanne, fait valoir des « études sur la qualité de l’air montrant des produits phytosanitaires pulvérisés au sol se retrouvant dans l’air. » L’agricultrice estime « avoir besoin d’une réflexion plus large que l’immédiateté en changeant notre approche agricole : au lieu d’être destructrice, elle devrait être constructrice. » Deux visions qui rappellent à quel point le monde agricole est fracturé.

  • Les raisins de la colère avant un salon viticole tendu à Montpellier

    Les raisins de la colère avant un salon viticole tendu à Montpellier

    Attendue au Salon international des filières viticole, vinicole, arboricole et oléicole (Sitevi) du 25 au 27 novembre à Montpellier, Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture, pourrait avoir les oreilles qui sifflent.

    Au sortir de vendanges qui laissent augurer d’une récolte historiquement faible (avec l’arrachage), les viticulteurs, en proie à une crise systémique de surproduction en raison de l’effondrement de la consommation de vin et du jeu pervers des puissants intermédiaires (négoce, grande distribution), ont le moral en berne.

    Samedi 15 novembre, après plusieurs mois de faux calme, entre 4 000 et 7 000 vignerons ont à nouveau dit leur inquiétude pour l’avenir d’une profession qui subit aussi les droits de douane de Trump ou les taxes chinoises (Cognac, Armagnac). La colère s’est exprimée aussi. En marge du calme cortège, un magasin Lidl et un radar ont été dégradés.

    Malgré la belle affluence, une viticultrice du Minervois se montre pessimiste. « On a l’impression qu’on ne nous écoute pas, qu’on se fout de nous », lâche-t-elle tandis qu’une réunion doit se tenir au ministère le 24 novembre, veille du Sitevi au parc des expos.

    À l’heure où la profession doit s’adapter (eau, cépages…) aux effets du dérèglement climatique (sécheresse, gel, grêle…), le président des Jeunes agriculteurs (JA) du Gard, Romain Angelras s’agace. « On nous étouffe sous les normes. On nous noie sous les taxes. On nous ment sur les prix. Et pendant qu’on se bat pour survivre, d’autres exportent le vin au prix de l’eau. D’autres vendent des bouteilles au prix d’un simple café ».

    Les propositions du PCF

    Attentifs, les élus du groupe communiste, républicain et citoyen d’Occitanie se disent solidaires. Ils réclament « l’instauration de prix planchers pour les vins de table, IGP, AOP et biologiques, fixés par une conférence exceptionnelle réunissant l’ensemble de la filière et garantissant une rémunération juste du travail des vignerons ». Le groupe se prononce aussi en faveur de « l’activation de mesures de sauvegarde et le blocage des importations lorsque le maintien de filières de production spécifiques est en jeu ». À plus long terme, les élus PCF prônent la « diversification des exploitations viticoles afin de sécuriser une partie du revenu agricole en cas d’aléa climatique ou sanitaire sur la vigne ». Enfin, ils réclament la mise en place d’un « véritable régime public d’assurance contre les risques climatiques, sanitaires et environnementaux ».

    Vendanges : les résultats dévoilés par Sun’Agri au salon Sitevi

    Mardi 25 novembre à 9h30, au premier jour du Sitevi au parc des expositions de Montpellier, Sun’Agri dévoilera les résultats agronomiques des vendanges 2025. Un millésime qui pourrait être de bonne qualité mais d’une quantité historiquement faible, selon les craintes des syndicats. Tout au long de ce salon, Sun’Agri, agritech filiale d’Eiffage Concessions, pionnière et leader de l’agrivoltaïsme dynamique, propose plusieurs animations sur son stand. Mardi 25 novembre (11h), une dégustation du premier vin agrivoltaïque de Damien Besombes. Les 26 et 27 novembre, d’autres dégustations de vins agrivoltaïques comparés. Forte de 15 années de recherches conduites avec l’Inrae, auteure du premier démonstrateur agrivoltaïque dynamique, Sun’Agri équipe 41 parcelles agrivoltaïques.

  • L’agriculture occitane va devoir anticiper et vite s’adapter

    L’agriculture occitane va devoir anticiper et vite s’adapter

    Il va falloir entièrement réorganiser les filières agricoles. » Régulièrement pris à partie sur les réseaux sociaux par les climatosceptiques, Serge Zaka défend un discours alarmiste mais étayé scientifiquement quant à l’avenir incertain de l’agriculture en Occitanie.

    L’agroclimatologue héraultais aime à rappeler que le Sud de la France, en raison des influences de la Méditerranée, compte parmi les régions les plus exposées aux effets du changement climatique. Des influences déjà perceptibles eu égard aux gels hivernaux, aux pluies torrentielles ou aux canicules estivales appelées à devenir la norme d’ici 2050. « Ce n’est plus seulement l’agriculture mais l’écosystème lui-même qui est touché », nous expliquait-il encore au début de l’été, au moment de donner une conférence lors des Univershiftés.

    Connue pour sa résistance à la sécheresse, la vigne, qui souffre déjà du « stress hydrique », sera à terme sous la menace du « stress thermique ». La transition vers les cépages résistants est déjà enclenchée. Et les collectivités (Région, Départements) lancent les premiers projets de retenues hivernales pour l’irrigation. Mais avec un climat d’ici 30 ans comparable à celui de l’Andalousie, cela risque de ne pas être suffisant si rien n’est fait pour enrayer le phénomène à l’échelle mondiale. Quand on s’approche des 50 degrés au soleil c’est un fait : aucun humain, animal, ni végétal ne résiste à quelques exceptions près (plantes grasses type cactus, scorpions, serpents…).

    Les experts en sont convaincus : si on peut imaginer que de la vigne puisse être plantée plus au nord de la région, des productions agricoles devront être abandonnées. « Au lieu de planter des abricotiers on va plutôt planter des oliviers, au lieu de planter de la vigne, on va planter des pistachiers ». Tout porte à penser que la filière agricole va devoir se réorienter vers des variétés moins gourmandes en eau comme le sorgho, le figuier, l’amandier, la grenade, le pois chiche, la patate douce…

    Des changements drastiques qui doivent s’anticiper au plus vite car ils nécessitent d’énormes investissements. Au-delà de la France, l’Europe devra mettre la main au porte-monnaie pour accompagner l’interprofession. Sans quoi les régions méditerranéennes risquent de devenir importatrices.

  • Face à la crise, une manifestation pour sauver l’agriculture à Béziers

    Face à la crise, une manifestation pour sauver l’agriculture à Béziers

    « Pour la majorité d’entre nous, cette récolte est la pire depuis 2021 où le gel avait frappé, notamment dans l’Aude et l’Ouest de l’Hérault. » Pour Jean-Pascal Pelagatti, la sécheresse de la fin de l’été a porté un coup aux récoltes des vignerons et prolonge la crise que connaît le secteur agricole depuis quelques années. « Nous sommes exaspérés. À la suite des mobilisations de l’année 2024, nous étions en négociations avec l’État, mais l’instabilité politique ne nous aide pas à avancer  », poursuit ce viticulteur et responsable de la FDSEA héraultaise.

    Alors pour tenter de faire bouger les lignes, le syndicat – aux côtés de son homologue gardois, des Jeunes agriculteurs 34 et du Syndicat des vignerons de l’Aude – appelle à une grande manifestation régionale à Béziers le 15 novembre*. « Elle sera axée sur la viticulture mais toutes les filières sont les bienvenues car 90 % de nos revendications sont les mêmes. Le but étant de l’organiser avant la venue de la ministre de l’Agriculture au Sitevi [Salon international des filières vitivinicoles, Ndlr] à Montpellier, le 25 novembre », détaille Jean-Pascal Pelagatti.

    Un moyen de faire pression pour alerter sur une filière en perte de vitesse. Car les revendications sont multiples, à en croire les syndicats. « On veut vivre du prix de nos produits. Pour beaucoup d’entre nous, c’est compliqué économiquement et certains rapaces de négociants viennent nous acheter du vin à bas prix, moitié moins. Et nous sommes obligés de lâcher pour faire de la trésorerie », fait valoir Jean-Pascal Pelagatti. Et d’insister sur le fait que pour un verre de vin acheté 5 euros, « seuls 20 centimes nous reviennent. Il suffirait d’augmenter le prix de 10-15 centimes pour que l’on puisse vivre dignement de notre travail. »

    Arrachage à gogo

    Également en ligne de mire, les contraintes administratives. « On en a marre que la France surtranspose les normes. Soit ce sont les mêmes règles pour toute l’Union européenne, soit on n’importe pas les produits faits différemment », soutient le responsable de la FDSEA. Une concurrence jugée déloyale avec nos voisins, si bien que l’Hexagone se retrouve chaque année en surproduction de vin. « Nous voulons demander des mesures de distillation et d’arrachage définitif, c’est toujours mieux qu’avec les négociants ». Une mesure déjà à l’œuvre cette année et qui a permis d’arracher pas moins de 27 000 hectares de vignobles. « Ce n’est malheureusement pas assez. La crise continue avec la sécheresse, c’est une demande faite à contre-cœur car nous n’aimons pas détruire. Mais certains en ont besoin pour se restructurer, se diversifier ».

    Car certains vignerons pourraient carrément mettre la clé sous la porte. En ce sens, plusieurs mesures d’urgence sont réclamées, notamment une année blanche, des aides pour les structures coopératives, une aide sur les cotisations de la MSA… Malgré ces revendications, la filière reste suspendue à l’instabilité politique que connaît le pays ces derniers mois, renvoyant les propositions de loi d’orientation agricole aux calendes grecques. <br /> « Les gouvernements ne font que changer donc malheureusement rien n’avance et on ne s’en sort pas », soupire Jean-Pascal Pelagatti. Le Premier ministre Sébastien Lecornu restera-t-il assez longtemps à Matignon pour mettre en œuvre le dossier ? Vu la durée de vie de ces deux prédécesseurs, il est permis de douter.

    *Le 15 novembre, départ 15h des Allés Paul-Riquet.

  • L’AOC Costières dresse son bilan 2025

    L’AOC Costières dresse son bilan 2025

    La traditionnelle conférence de presse de rentrée du syndicat des Costières de Nîmes s’est tenue ce mardi 7 octobre à Nîmes. Comme chaque année, les vignerons de l’appellation gardoise y ont présenté leur bilan et leurs perspectives.

    Si les volumes récoltés en 2025 accusent une baisse d’environ 10%, la qualité du millésime suscite un optimisme largement partagé. « Les vendanges ont commencé très tôt, dès la mi-août, avec des conditions idéales pour les blancs et les rosés, puis une arrière-saison clémente qui a permis d’attendre la maturité des rouges », résume Jérôme Castillon, vice-président du syndicat. Le constat est clair : les vins de 2025 affichent déjà une belle fraîcheur, une acidité marquée pour les blancs et rosés et un équilibre aromatique prometteur pour les rouges. « Ça goûte très bien et c’est prometteur », glisse-t-il avec le sourire.

    Sur le plan quantitatif, les chiffres traduisent un contexte plus fragile. Les 2 980 hectares de vignes en production représentent 8% de moins qu’il y a deux ans. La canicule de juin puis celle d’août ont affecté certains cépages, notamment la roussanne et la syrah. Résultat  : environ 110 000 hectolitres produits en 2025, contre 140 000 en 2023. Une tendance baissière que le syndicat suit de près, d’autant qu’elle touche l’ensemble du vignoble français. Au-delà du volume, les responsables mettent en avant la « sagesse » des producteurs dans la gestion des stocks. Avec entre 12 et 14 mois de vin en cave, les Costières évitent une saturation du marché et maintiennent leurs prix, un équilibre jugé essentiel dans une filière viticole globalement en crise. « Nous travaillons pour le long terme, avec des jeunes qui s’installent et une forte implication de tous », insiste Cyril Marès, président du syndicat.

    Produire mieux, pas plus

    Car le défi est aussi environnemental. L’appellation, qui couvre 24 communes autour de Nîmes, s’adapte au réchauffement climatique grâce à des pratiques innovantes. Plus des deux tiers des parcelles sont irrigables, et un projet pilote d’« irrigation localisée » affine l’apport en eau grâce à des capteurs. De nouveaux cépages venus d’Italie, d’Espagne ou du Portugal sont également testés pour leur résistance à la chaleur et à la sécheresse.

    Parallèlement, la biodiversité est au cœur des préoccupations. Inventaire des espèces présentes, installation de nichoirs et gîtes pour la faune auxiliaire : l’AOC veut préserver son terroir, menacé par des projets d’aménagement tels que la future ligne Très haute tension entre Fos-sur-Mer et Jonquières-Saint-Vincent. « Il s’agit de protéger notre paysage et nos conditions de production  », rappelle Cyril Marès, mobilisé aux côtés d’autres acteurs locaux.

    Dans un contexte de consommation en berne, en France comme à l’export, avec des reculs marqués en Chine et aux États-Unis, l’AOC mise aussi sur la proximité avec les consommateurs. Ouvert en juin dernier, le Verre des Costières, « ambassade urbaine » située sur l’esplanade Charles-de-Gaulle à Nîmes, propose dégustations, tapas et rencontres pour faire découvrir la diversité des vins. Le calendrier d’animations se veut dense et festif  : ateliers de dégustation à thèmes, soirées accords mets-vins, rendez-vous gourmands de fin d’année et, bien sûr, la grande balade gastronomique Vignes Toquées, dont la 16e édition aura lieu les 6 et 7 juin 2026. Le menu sera signé par Julien Caligo, chef gardois fraîchement étoilé à Calvisson. De la fraîcheur des cuvées 2025 à l’inventivité des projets à venir, les Costières de Nîmes entendent poursuivre leur trajectoire. « L’objectif n’est pas de produire plus, mais de produire mieux », conclut Aurélie Pujol, directrice du syndicat.

  • Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    « Obtenir un statut à caractère expérimental sur la gestion de l’eau avec des dispositifs de compensation du handicap climatique. » Telle est la requête formulée à l’Europe par le directeur de la Chambre d’agriculture d’Occitanie. « Nous demandons à déroger à certaines réglementations sur l’eau car le réchauffement climatique nous impacte davantage que les autres régions », fait valoir Christophe Placet.

    À l’heure où l’eau se raréfie et où son usage raisonné est prôné, Denis Carretier ne se fait pas d’illusions. « On n’amènera pas de l’eau partout. ». Mais face au changement climatique, « on a besoin de l’eau pour la totalité de nos productions », affirme le président de la Chambre régionale d’agriculture. Au-delà de la sollicitation européenne, il rappelle qu’un travail sur les retenues hivernales est en cours avec la Région et plusieurs Départements, dont l’Hérault ou le Gard. « Le 6 octobre, on a une réunion avec Carole Delga [PS] au sujet du tuyau d’irrigation Aqua Domitia. Quand il y a de fortes pluies, l’eau file se perdre à la mer. Il faut des ouvrages pour arriver à la stocker », insiste Denis Carretier qui élargit la problématique. « L’Occitanie accueille 45 000 habitants de plus chaque année et chacun consomme 200 litres d’eau par jour. Avec de l’eau, cette région sera l’eldorado de l’Europe pour le tourisme ».

    Tandis que la crise agricole fait rage, Denis Carretier refuse de tomber dans une « posture pessimiste ». Il préfère « anticiper que subir » et rejette les critiques relatives à la volonté d’une agriculture productiviste. « Nous avons beaucoup de petites exploitations. On ne veut pas passer de 50 à 100 hectares mais continuer à garder ce tissu par territoire et par filière. » Avec 64 500 entreprises agricoles employant 161 000 personnes, l’agriculture conserve un poids considérable en Occitanie. Avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires (CA), le secteur (2e exportateur) se classe au second rang derrière l’aéronautique/spatial (93 milliards d’euros de CA) et juste devant le tourisme (16 milliards de CA).

    Revenus proches du Smic

    Pour autant, la crise économique y est particulièrement forte. Si en Occitanie le coût moyen de production agricole est inférieur à la moyenne française (2014 euros/hectare, soit 80% du niveau national), il ne compense pas la grande faiblesse des rémunérations. En moyenne, le revenu agricole annuel plafonne à 19 452 euros. C’est seulement 45% du salaire agricole hexagonal et à peine plus que le Smic. En 2024, selon l’étude Agri’scopie réalisée par Cerfrance, seuls 55% des exploitants agricoles se disaient « sereins », 23% à l’équilibre. 11% se déclaraient en alerte, 9% en danger et 2% en situation urgence.

    Depuis, l’incertitude du contexte géopolitique mondial et les droits de douanes de Trump ont accentué la tendance. Ces derniers mois, les manifestations des syndicats agricoles ont rappelé l’exaspération et l’inquiétude pour l’avenir. Pour Denis Carretier, il est essentiel de « continuer à investir. Sans quoi les exploitations ne seront pas reprenables. Il faut aussi des perspectives de rémunérations, sinon on n’intéressera pas les jeunes ».

    La polyculture est une des pistes explorées. Pistaches, amandes, chanvre et agrumes se développent. « Ces filières se cherchent, elles ne peuvent venir qu’en complément pour l’instant », tempère Denis Carretier. Le président de la Chambre d’agriculture d’Occitanie rappelle que 21% des exploitations sont certifiées ou en conversion bio, que 28% commercialisent en circuits courts et 34% sous sigle officiel de qualité.

    Malgré tout, la viticulture fait partie des filières qui souffrent le plus, à l’instar des caves coopératives. « Elles n’ont pas la capacité à stocker le vin dans de bonnes conditions, elles ont des difficultés à s’organiser vis-à-vis du marché à l’international », constate Denis Carretier. Tandis que les fusions de caves continuent, Sabine Calmettes, chargée de mission à la Chambre d’agriculture de l’Aude, concède des erreurs structurelles. « Certaines caves arrivent en bout de course. Les bons choix n’ont pas toujours été faits. » À l’avenir, Denis Carretier préconise notamment de se réorienter vers les vins bancs et les rosés qui correspondraient plus au marché. En gardant à l’esprit que tout en étant résistante à la sécheresse, la vigne a de plus en plus soif.

  • Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    « Obtenir un statut à caractère expérimental sur la gestion de l’eau avec des dispositifs de compensation du handicap climatique. » Telle est la requête formulée à l’Europe par le directeur de la Chambre d’agriculture d’Occitanie. « Nous demandons à déroger à certaines réglementations sur l’eau car le réchauffement climatique nous impacte davantage que les autres régions », fait valoir Christophe Placet.

    À l’heure où l’eau se raréfie et où son usage raisonné est prôné, Denis Carretier ne se fait pas d’illusions. « On n’amènera pas de l’eau partout. ». Mais face au changement climatique, « on a besoin de l’eau pour la totalité de nos productions », affirme le président de la Chambre régionale d’agriculture. Au-delà de la sollicitation européenne, il rappelle qu’un travail sur les retenues hivernales est en cours avec la Région et plusieurs Départements, dont l’Hérault ou le Gard. « Le 6 octobre, on a une réunion avec Carole Delga [PS] au sujet du tuyau d’irrigation Aqua Domitia. Quand il y a de fortes pluies, l’eau file se perdre à la mer. Il faut des ouvrages pour arriver à la stocker », insiste Denis Carretier qui élargit la problématique. « L’Occitanie accueille 45 000 habitants de plus chaque année et chacun consomme 200 litres d’eau par jour. Avec de l’eau, cette région sera l’eldorado de l’Europe pour le tourisme ».

    Tandis que la crise agricole fait rage, Denis Carretier refuse de tomber dans une « posture pessimiste ». Il préfère « anticiper que subir » et rejette les critiques relatives à la volonté d’une agriculture productiviste. « Nous avons beaucoup de petites exploitations. On ne veut pas passer de 50 à 100 hectares mais continuer à garder ce tissu par territoire et par filière. » Avec 64 500 entreprises agricoles employant 161 000 personnes, l’agriculture conserve un poids considérable en Occitanie. Avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires (CA), le secteur (2e exportateur) se classe au second rang derrière l’aéronautique/spatial (93 milliards d’euros de CA) et juste devant le tourisme (16 milliards de CA).

    Revenus proches du Smic

    Pour autant, la crise économique y est particulièrement forte. Si en Occitanie le coût moyen de production agricole est inférieur à la moyenne française (2014 euros/hectare, soit 80% du niveau national), il ne compense pas la grande faiblesse des rémunérations. En moyenne, le revenu agricole annuel plafonne à 19 452 euros. C’est seulement 45% du salaire agricole hexagonal et à peine plus que le Smic. En 2024, selon l’étude Agri’scopie réalisée par Cerfrance, seuls 55% des exploitants agricoles se disaient « sereins », 23% à l’équilibre. 11% se déclaraient en alerte, 9% en danger et 2% en situation urgence.

    Depuis, l’incertitude du contexte géopolitique mondial et les droits de douanes de Trump ont accentué la tendance. Ces derniers mois, les manifestations des syndicats agricoles ont rappelé l’exaspération et l’inquiétude pour l’avenir. Pour Denis Carretier, il est essentiel de « continuer à investir. Sans quoi les exploitations ne seront pas reprenables. Il faut aussi des perspectives de rémunérations, sinon on n’intéressera pas les jeunes ».

    La polyculture est une des pistes explorées. Pistaches, amandes, chanvre et agrumes se développent. « Ces filières se cherchent, elles ne peuvent venir qu’en complément pour l’instant », tempère Denis Carretier. Le président de la Chambre d’agriculture d’Occitanie rappelle que 21% des exploitations sont certifiées ou en conversion bio, que 28% commercialisent en circuits courts et 34% sous sigle officiel de qualité.

    Malgré tout, la viticulture fait partie des filières qui souffrent le plus, à l’instar des caves coopératives. « Elles n’ont pas la capacité à stocker le vin dans de bonnes conditions, elles ont des difficultés à s’organiser vis-à-vis du marché à l’international », constate Denis Carretier. Tandis que les fusions de caves continuent, Sabine Calmettes, chargée de mission à la Chambre d’agriculture de l’Aude, concède des erreurs structurelles. « Certaines caves arrivent en bout de course. Les bons choix n’ont pas toujours été faits. » À l’avenir, Denis Carretier préconise notamment de se réorienter vers les vins bancs et les rosés qui correspondraient plus au marché. En gardant à l’esprit que tout en étant résistante à la sécheresse, la vigne a de plus en plus soif.