Après le psychodrame auquel on est coutumier dans le Var dès qu’il s’agit de faire preuve de fermeté envers les élus afin de leur faire appliquer la loi, la droite faisant corps et sortant les mouchoirs face à ce qu’elle estime être une injustice, la présidente de la Métropole, Josée Massi (SE), a joué, au contraire, la carte de l’apaisement et du dialogue, en bonne intelligence, consciente de la nécessité de créer des logements sociaux.
Rappels des faits. Depuis la présentation, début juin, par le préfet de sa stratégie pour augmenter la production de logements sociaux dans le département afin de répondre aux besoins de la population, les réactions d’hostilité se sont multipliées.
La déclaration du représentant de l’État visait à rappeler à tous ceux qui continuent de traîner les pieds qu’il a la possibilité de prendre la main sur la délivrance des permis de construire en cas de persistance d’une mauvaise volonté manifeste. Dans le viseur figurait déjà le maire de Carqueiranne, Arnaud Latil. La commune est passée de 4,82% en 2002 à 5,56% de logements sociaux en 2023, soit une progression de 0,72% en vingt ans. Et son premier magistrat, en poste depuis 2020, est loin d’avoir démontré un changement de cap.
Comme annoncé, le préfet a donc autorisé la construction d’un programme immobilier de 171 logements en centre-ville. Le maire, hors la loi, dénonce un passage en force, jugeant le projet « prématuré, dangereux et inadapté », et restant campé sur ses positions.
« Après toute cette agitation, il semble que la raison soit à l’ordre du jour sous l’égide de la Métropole et de sa présidente, Josée Massi, et qu’un compromis puisse intervenir », se félicitait, en fin de semaine dernière, le militant logement Jean-Paul Jambon, refusant de croire qu’il ne se réalise pas après les ajustements apportés.
Le permis de construire signé manu militari par le préfet indiquait en effet un total de 171 logements, dont 54 sociaux, alors que la proposition qui semble se dessiner entre la commune, la Métropole et Cogedim (le promoteur) porterait plutôt sur 134 logements, dont toujours 54 sociaux. Soit un bâti moins volumineux, sans réduire la production de logements abordables.
Josée Massi ouvre en outre la porte à la possibilité pour la Métropole et la commune de « mettre la main à la poche » afin de soutenir la faisabilité économique du projet remodelé.
« Je rappelle que les investissements par les communes visant à aider à la réalisation des logements sociaux sont déductibles des prélèvements imputés aux communes pour carence », ajoute Jean-Paul Jambon, en pointant que, compte tenu des prélèvements subis par la Ville de Carqueiranne, il était préférable que ces sommes soient réinvesties sur le territoire, dans l’intérêt des habitants de Carqueiranne en attente d’un logement social, qui sont environ 260. Et d’insister : « C’est donc, à notre sens, un bon compromis, que nous saluons et dont on peut espérer l’aboutissement. »
Reste maintenant à chacun de faire sa part pour l’intérêt général.

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