Tag: aide financière

  • Le prêt à Kiev débloqué, les Européens rejoignent Zelensky

    Le prêt à Kiev débloqué, les Européens rejoignent Zelensky

    Les Européens ont également approuvé un vingtième paquet de sanctions contre la Russie, visant le secteur bancaire et ajoutant de nouvelles restrictions aux exportations de pétrole russe. « Nous arrivons à Chypre avec de bonnes nouvelles », a lancé la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. « Alors que la Russie redouble d’agressivité », l’Europe accentue son soutien à l’Ukraine et sa « pression sur l’économie de guerre russe ».

    Volodymyr Zelensky, qui retrouve les chefs d’État et de gouvernement de l’UE à l’Ayia Napa Marina, un site touristique huppé au bord de la mer, a salué le prêt européen qui « renforcera » l’armée et « rendra l’Ukraine plus résiliente ». Il espère un premier versement « d’ici fin mai – début juin ». Mais le dirigeant ukrainien a aussitôt mis la pression sur l’Europe, estimant que son pays mérite « une pleine adhésion à l’UE » et pas de simples « avantages symboliques ».

    Le déblocage du prêt montre en tout cas que la défaite électorale de Viktor Orban en Hongrie n’aura pas tardé à se traduire au niveau européen. C’est la reprise de la livraison de pétrole russe à Budapest via un oléoduc traversant l’Ukraine qui a poussé le gouvernement hongrois à lever son veto.

    Les responsables de l’UE peuvent donc souffler, alors qu’ils avaient fustigé l’attitude de Viktor Orban lors du précédent sommet de mars à Bruxelles. Cette fois, le sommet de Chypre, qui occupe la présidence tournante de l’UE, se tiendra sans Orban. Battu par son rival Peter Magyar aux législatives, il s’apprête à passer la main et a boudé son dernier grand rendez-vous européen, après seize années au pouvoir.

    Informelle, la réunion des dirigeants de l’UE n’appelle pas de décisions majeures, jeudi et vendredi à Chypre, cette île coupée en deux depuis 1974 et l’invasion de la partie nord par l’armée turque.

    Soulagés pour le prêt à l’Ukraine, les chefs d’État et de gouvernement européens devraient surtout se concentrer sur la guerre au Moyen-Orient. Ce vendredi, ils attendent pour un déjeuner de travail plusieurs dirigeants de la région : le président du Liban Joseph Aoun, celui d’Égypte Abdel Fattah al-Sissi, le Syrien Ahmed al-Chareh et le prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah.

    Malgré leurs leviers limités, les Européens vantent un « dialogue intensif » avec les États de la région et souhaitent évoquer « la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban », selon un responsable. Se réunir à Chypre revêt une dimension symbolique puisque des bases de l’Otan y avaient été ciblées par des drones de fabrication iranienne au début du conflit.

    Avec le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, le conflit a de lourdes conséquences sur l’économie européenne, dont la facture pour s’approvisionner en pétrole et en gaz a bondi de 24 milliards d’euros en sept semaines. Dans tous les pays d’Europe, les mesures dispendieuses se multiplient afin de soutenir les secteurs les plus exposés comme l’industrie lourde, l’agriculture et la pêche. Et l’Union européenne surveille comme le lait sur le feu une potentielle pénurie de kérosène. Face à la crise énergétique, Bruxelles a multiplié les recommandations aux États membres et appelé à accélérer l’électrification du continent. Mais l’UE n’a pas fait d’annonces majeures ni sorti le carnet de chèques. Et pour cause, les finances de l’UE comme des États membres – de la France surtout – ne sont pas au mieux.

    Sur ce volet financier, les pays européens doivent aborder pendant le sommet de Chypre les discussions toujours sensibles sur les quelque 2 000 milliards d’euros du futur budget européen de 2028 à 2034. Les négociations s’annoncent comme souvent difficiles entre Paris, partisan de davantage d’investissements européens, et Berlin, prudent budgétairement. Sans le claironner, les responsables de l’UE rêvent d’un accord sur le futur budget dès la fin de l’année.

  • Laurence Jouanaud veut rendre Châteauneuf à la gauche

    Laurence Jouanaud veut rendre Châteauneuf à la gauche

    Si elle est élue, la liste d’union de la gauche de Châteauneuf-les-Martigues aura un principe : « Faire des budgets de besoins et pas de moyens. » C’est ce qu’a assuré Jacques Messeguer (PCF), colistier de Laurence Jouanaud (PCF) et adjoint à l’éducation sous Vincent Burroni (PS), lors du meeting de premier tour.

    Et des besoins, dans cette commune de l’étang de Berre, il y en a. D’abord en termes de pouvoir d’achat. La liste Un élan pour l’avenir veut instaurer le repas de cantine à un euro, diminuer au maximum le reste à charge des familles pour permettre aux enfants de participer aux classes de découverte ou aux colonies de vacances ou encore proposer une aide financière aux jeunes pour l’obtention du permis de conduire et du Bafa.

    Laurence Jouanaud et son équipe veulent aussi pallier les problématiques de logement. « Lors de nos rencontres, les habitants nous ont remonté le mal-logement dans le parc privé, l’impossibilité d’accéder au logement social, les loyers qui augmentent plus vite que les revenus, les charges qui explosent, les bailleurs qui laissent se dégrader le bâti… », développe la tête de liste, qui promet qu’elle fera tout son possible pour faire appliquer la loi et assurer le droit pour tous à un habitat digne.

    Pour les autres projets structurants qu’elle imagine, comme la réunification des écoles maternelle et primaire à La Mède, la liste certifie qu’« aucune dépense ne sera engagée sans concertation ». « Nous avons l’espoir de rendre notre commune à la gauche, après cette trop longue parenthèse d’immobilisme engluée dans la droite », affirme avec émotion Laurence Jouanaud.

  • Les aides de secours vers un nouveau fonctionnement en Vaucluse

    Les aides de secours vers un nouveau fonctionnement en Vaucluse

    Vers un changement dans le fonctionnement des bons de secours ? C’est ce que déplore la CGT des finances publiques de Vaucluse, qui alerte sur une évolution du dispositif. Cette aide financière urgente « très ponctuelle » concernerait une centaine de personnes par mois à Avignon et deux cents dans le département. Elle est comprise entre 50 et 150 euros et était distribuée à l’accueil du service des impôts des particuliers, sur décision des services du Département et du CCAS. Elle permet de payer les charges « essentielles », comme l’électricité ou la nourriture.

    Mais une transformation du dispositif est engagée : la distribution s’effectuait jusqu’ici surtout en numéraire, un peu partout sur le département. Or, « avec la suppression des trésoreries en 2019 et surtout le désengagement de la DGFiP de sa mission de caisse », rappelle la CGT dans un communiqué, la distribution en liquide ne se faisait plus que dans deux villes : Avignon et Carpentras, les dernières à disposer d’une caisse numéraire.

    À Avignon, des travaux de rénovation prévus du 2 mars au 7 avril entraînent la fermeture temporaire de la caisse en numéraire. Conséquence : impossible, durant cette période, de distribuer les bons de secours sous cette forme. Pour la CGT, cela constitue « une atteinte supplémentaire aux droits des plus précaires de nos concitoyens ».

    Contacté, le directeur départemental des Finances publiques, Michel Laffitte, s’inscrit en faux. Il précise que la DGFiP « encourage depuis de nombreuses années les émetteurs de bons de secours à se tourner vers des solutions alternatives au versement en numéraire à ses guichets », car le système a « des désavantages ». Parmi les options avancées : virement direct à un commerçant partenaire pour l’achat de produits alimentaires, ou un chèque d’accompagnement personnalisé délivré par un prestataire agréé par les collectivités.

  • Élections municipales : une jeunesse à rebours des idées reçues

    Élections municipales : une jeunesse à rebours des idées reçues

    Des jeunes avec des idées, prêts à aller aux urnes pour peu qu’on s’intéresse à eux. Selon les conclusions de l’enquête lancée par Aix-Marseille Université (AMU) avec le concours de la Fondation Jean-Jaurès et de l’Ifop, présentées mardi 10 février, 67% des étudiants se déclarent engagés, mais seulement 44% ont l’intention d’aller voter pour les élections municipales.

    Menée du 24 novembre au 22 décembre par le biais d’un questionnaire envoyé par courriel ou un QR code mis à disposition, sur un échantillon de 5 190 étudiants répartis sur dix villes, cette étude, « issue d’une démarche scientifique », insiste Éric Berton, président d’AMU, s’est intéressée à « la manière dont ils vivent leur vie d’étudiants et leur état d’esprit actuel ». « On considère qu’il y a une sorte d’invisibilité de la jeunesse, étudiante en particulier, et on voulait qu’elle soit vue et entendue, en particulier dans le cadre des élections municipales, car il nous semble qu’elles sont à une échelle concrète, qu’elles ont une réelle incidence sur la vie des étudiants dans la ville », explique-t-il.

    Le président d’AMU assumant dans nos colonnes, le 3 février, que le rôle de l’université était de « redonner le goût du vote ». En ressort le portrait d’une jeunesse « dynamique, mais aussi en colère », qui a « du mal à aller voter, mais s’il y a une offre politique correspondant à ses aspirations, elle n’est pas loin » de retourner aux urnes, résume Éric Berton. Une génération « confinée » qui a
    vécu « une succession de crises majeures », ajoute Gilles Finchelstein, secrétaire général de la Fondation Jean-Jaurès.

    Un fort sentiment de solitude

    Un jeune de 22 ans aujourd’hui a connu la crise de l’euro à 8 ans, celle des attentats à 11 ans, le Covid à 16 ans, la guerre en Ukraine à 18 ans, détaille-t-il. De quoi expliquer la priorité donnée à la santé quand 85% des étudiants jugent la thématique prioritaire pour les politiques publiques. Il y a aussi « le sentiment de solitude » : 66% de l’échantillon disant l’éprouver, « soit 20 points de plus que l’ensemble de la population », note Gilles Finchelstein, ainsi qu’un écart marqué entre « bonheur personnel et pessimisme collectif ». Pas moins de 79% des jeunes se disent heureux, 86% sont optimistes pour eux-mêmes, mais seulement 21% le sont pour l’avenir de la France, 18% pour celui du monde. Où une vie réussie, selon eux, c’est d’abord « avoir une famille heureuse » pour 58% des sondés, à égalité avec « avoir du temps libre pour profiter de la vie » suivi par « avoir de vrais amis » (51%).

    Les étudiants n’en n’oublient pas pour autant les autres : 79% d’entre eux ont apporté une aide financière directe à une personne dans le besoin, 61% ont fait un don à une association ou une fondation, 57% ont fait du bénévolat, 50% ont déjà créé ou rejoint une association. Leurs préoccupations sont diverses : droits des femmes et lutte contre le sexisme (97%), droits de l’homme (96%), environnement (95%), ou encore lutte contre le racisme (94%).

    Intéressés par l’élection présidentielle

    S’ils se sentent concernés par la chose politique, c’est au niveau national, 84% se disant intéressés par l’élection présidentielle contre 46% par les municipales. Seulement 40% des participants à l’enquête savent qu’il faut se rendre aux urnes en mars, 25% disent ne pas être inscrits sur les listes municipales, 28% envisagent l’abstention. Ce qui pourrait motiver les troupes : « Une offre politique qui correspond à [leurs] attentes » pour plus de 70% des étudiants. Au-delà de la santé qui arrive en première position, les thématiques de politiques publiques devraient porter sur la sécurité (69%), à égalité avec la lutte contre la pollution. La lutte contre le dérèglement climatique arrive en troisième position.

    Le timing pourrait aussi jouer. L’enquête ayant été réalisée en novembre et décembre dernier, « au fur et à mesure que les semaines vont passer, que la campagne va se lancer, ils vont s’y intégrer », estime Gilles Finchelstein. « Ce n’est pas une jeunesse perdue pour le vote », veut croire Éric Berton : « Aux politiques de prendre la responsabilité de faire des propositions. »

    Après cette enquête, un débat est organisé avec des représentants des candidats marseillais, mercredi 11 février, en présence d’une centaine d’étudiants.

    En chiffres

    67%

    des jeunes ayant répondu à l’enquête lancée par AMU se déclarent engagés pour une cause. Un chiffre qui monte à 70% chez les 22-24 ans, 72 chez les plus de 25 ans. Les causes défendues : l’urgence climatique, la lutte contre le sexisme ou la défense des droits humains.

    73%

    des abstentionnistes du panel de l’enquête menée par AMU déclarent qu’une offre politique correspondant à leurs attentes pourrait les faire changer d’avis.

    87%

    des étudiants de l’enquête se disent prêts à renoncer à la livraison de fast-fashion au nom d’une « conscience écologique », transformant la consommation « en levier d’action civique », estime AMU dans son analyse.

  • L’État étend le contrat initiative emploi à trois nouvelles villes

    L’État étend le contrat initiative emploi à trois nouvelles villes

    Au départ, le contrat initiative emploi (CIE) était un dispositif dédié au territoire marseillais. Le préfet de région Georges-François Leclerc a décidé de l’étendre à d’autres communes du pourtour de l’étang de Berre – Martigues, Vitrolles et Port-de-Bouc – en publiant un arrêté au début du mois de septembre.

    Le principe est simple : l’État apporte une aide financière aux entreprises du secteur marchand souhaitant recruter en CDI ou en CDD de six mois minimum un demandeur ou une demandeuse d’emploi habitant dans un quartier prioritaire de la Ville. Le directeur départemental de France Travail Nicolas Conard développe : « C’est une mesure qu’on additionne à un contrat de travail et qui permet à l’employeur d’avoir accès à une prise en charge de l’ordre de 30% du Smic chargé pendant six mois. » Sur les 1 000 CIE qui sont à pourvoir, 489 ont déjà trouvé preneurs. Pour le reste, « premier arrivé, premier servi », affirme-t-il.

    Selon le fonctionnaire fraîchement arrivé dans les Bouches-du-Rhône, c’est un « coup de pouce non négligeable » qui peut « accélérer le recrutement » dans les entreprises du territoire qui sont « majoritairement des TPE et des PME ».

    « Ce dispositif se concentre sur des quartiers prioritaires de certaines villes où les freins sont plus importants, et qui méritent que les pouvoirs publics mettent plus d’énergie, affirme le sous-préfet d’Istres Christophe Borgus. On essaye de favoriser l’emploi dans des fleurons du territoire tout en aidant les personnes éloignées du monde du travail mais qui ont du talent à mettre un pied à l’étrier. »

    Gagnant-gagnant

    À Martigues, Provence Studios a bénéficié d’un CIE pour le recrutement d’Ange Giovannangeli, un Port-de-Boucain anciennement agent de sécurité dans les concerts et les spectacles qui souhaite se reconvertir dans la chanson. À la tête du complexe dédié à l’industrie du cinéma, Olivier Marchetti explique : « Lorsqu’on a voulu ré-internaliser le service de catering, j’ai directement pensé à lui car c’est un artiste et il a toujours été en contact avec ce monde-là. » Seulement, la conjoncture économique de la filière n’était pas au beau fixe. « Clairement, on n’est pas dans une période euphorique au niveau de l’activité. Le fait de mettre un petit peu d’huile dans les rouages permet de débloquer des situations. On aurait embauché, mais pas maintenant. Alors que c’est dans les périodes où c’est un peu plus complexe qu’on a besoin d’un maximum de moyens humains pour faire repartir la machine. Grâce au CIE, on se développe. »

    Pour Ange Giovannangeli, ce contrat est une vraie opportunité : « Je rencontre des producteurs qui peuvent m’aider dans mon projet artistique personnel. » Un dispositif « gagnant-gagnant », résume Christophe Borgus.