Dans l’une des salles de classe ultra-modernes, dont les baies vitrées donnent sur la Sainte-Victoire, un tableau tactile permet de faire défiler l’avant et l’après du lieu. Dans ce qui était autrefois une maison de famille, dont les murs sont loués par un particulier, une unité dite Dys vient d’être inaugurée ce vendredi, en présence des équipes et des partenaires officiels. Parmi lesquels l’Agence régionale de santé (ARS), l’Éducation nationale, la Ville de Mimet et l’association Climatique d’Aide à l’Enfance, qui gère l’établissement.
Extension du service de Soins médicaux et de réadaptation (SMR) historique du Valprévert, cet espace, l’un des rares sur le territoire, permettra dès la rentrée prochaine d’accueillir une trentaine de jeunes élèves atteints de troubles sévères et spécifiques du langage et des apprentissages, plus communément appelés troubles Dys, puisque regroupant la dyslexie, la dysorthographie, la dyscalculie, les troubles du langage oral… L’unité n’a pas attendu l’inauguration des locaux officiels – spacieux etmodernes – pour enclencher les accompagnements. Depuis septembre 2023, l’installation de pré-fabriqués permettait d’accompagner une dizaine d’enfants et les équipes. En parallèle étaient menés les travaux sur cette bâtisse qui garde ses murs ocres et ses espaces verts.
D’ici la rentrée, quarante élèves – certains accueillis en hôpital de jour, d’autres sous le statut d’internes – occuperont les lieux pour un suivi spécialisé, le temps d’une à deux années. « Ils seront sur place pour une rééducation intensive avec un projet thérapeutique propre à chaque enfant, détaille Pascale Colas, médecin pédiatre en charge de l’unité Dys. Ils ont une pédagogie différenciée suivie par des enseignants spécialisés. On a des enfants qui ont des difficultés scolaires, des apprentissages avec une lecture non fonctionnelle. Qui sont intelligents, mais qui ont un trouble neuro développemental (…) qui, avec de la rééducation, à plutôt une évolution favorable. » L’objectif du travail dans ce lieu, reste « de consolider les apprentissages fondamentaux, pour que l’enfant retourne en milieu ordinaire en sachant lire, en ayant un niveau de transcription, d’orthographe et de grammaire suffisant pour pouvoir, avec des adaptations, continuer en milieu ordinaire », poursuit Pascal Colas. Pour qu’un enfant puisse être intégré au suivi de cet établissement, une orientation du médecin généraliste est nécessaire, sur recommandation de l’école ou référent MDPH. « On a quand même beaucoup plus d’espaces, de moyens, et le fait d’avoir d’autres professionnels qui soient arrivés apporte un peu plus de richesse », estime Blandine, neuropsychologue. Dans ce lieu, les équipes confient espérer gommer les stigmates qui planent autour des troubles Dys. « Nous inaugurons un lieu dédié à des enfants que l’on a parfois regardé trop vite, trop mal, ou trop peu, rappelle Christophe Imbach, directeur du SMR Valpérevert. Des enfants dont les difficultés d’apprentissage ont parfois été confondues avec du manque d’effort, d’attention, du manque de volonté (…) Cette unité est née pour cela, pour regarder autrement.»

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