« C’est la mort annoncée du réseau officinal »

Grève des gardes, grève du tiers-payant, pharmacies fermées samedi 16 août… Depuis le début de l’été, les pharmaciens, qui ont engagé un véritable bras de fer avec le gouvernement, multiplient les actions de mobilisation contre la décision prise par ce dernier de réduire le plafond des remises sur les médicaments génériques. Une mesure actée par un arrêté publié le 6 août au Journal officiel. À compter du 1er septembre, ces remises seront ainsi plafonnées à 30% maximum du prix du générique, contre 40% actuellement, d’autres baisses successives étant programmées pour atteindre 20% en 2027.

« C’est inenvisageable », estime Christelle Quermel, présidente du syndicat des pharmaciens de l’Hérault. Ces remises consenties par les laboratoires -et déclarées à l’Assurance maladie- représentent en effet une partie de la rémunération des pharmaciens, à hauteur d’un tiers de leur marge. « L’État a arbitrairement décidé de modifier le plafond des remises génériques, donc la marge du pharmacien, pour faire un cadeau aux laboratoires. Le manque à gagner pour le réseau officinal est estimé à 260 millions d’euros. On évalue entre 3 000 et 5 000 le nombre de pharmacies qui vont devoir mettre la clé sous la porte. Pour les autres, il n’y aura plus d’embauches ou il y aura des licenciements », assure Christelle Quermel, qui évoque « 20 000 à 30 000 emplois menacés ».

« On va avoir des déserts pharmaceutiques »

« On est déjà à une fermeture de pharmacie par jour aujourd’hui en France, alors imaginez ce que ça va faire… C’est la mort annoncée du réseau officinal. Dans les villages où vous avez une seule pharmacie, vous n’en aurez plus. Après les déserts médicaux, on voit avoir les déserts pharmaceutiques. »

Les pharmaciens alertent en outre sur un risque d’aggravation des pénuries de médicaments. « L’État octroie ce cadeau aux laboratoires, en échange de quoi ils sont censés diminuer leurs prix de vente. Donc la Sécu remboursera moins cher. Le problème c’est que si les prix diminuent, ça va recréer à nouveau des ruptures, puisque les laboratoires vendront les médicaments à l’étranger, sur des marchés plus rémunérateurs pour les génériques. »

Bien décidée à reprendre la mobilisation à la rentrée, la profession s’est réunie en intersyndicale le 3 septembre. Une journée de grève nationale est d’ores et déjà actée le 18 septembre, au cours de laquelle les pharmacies resteront fermées. Une fermeture « tous les samedis à compter du 27 septembre » est également envisagée.

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