Tag: Médicaments

  • Aleida Guevara fait de la solidarité son étendard pour Cuba et son peuple

    Aleida Guevara fait de la solidarité son étendard pour Cuba et son peuple

    La solidarité était le maître mot d’Aleida Guevara, fille du « Che », ce mercredi soir, lors d’une conférence-débat consacrée à Cuba dans la salle Camille-Claudel du centre hospitalier de Montfavet. Que ce soit pour le peuple cubain ou le reste de la population mondiale.

    Comme la médecin pédiatre le rappelle, l’intensité du blocus mis en place par les États-Unis depuis plus de 65 ans est, depuis le mois de janvier, « à son pire niveau depuis 1991 et la chute du bloc soviétique ». Avec pour conséquence peu de vivres qui passent, mais surtout très peu de pétrole et de médicaments. « Un seul bateau pétrolier est arrivé cette année et il vient de Russie », regrette la Cubaine au micro.

    Elle évoque également les difficultés d’approvisionnement en lait en poudre, qui était commandé par les autorités en Nouvelle-Zélande, ou encore les stratagèmes nécessaires pour recourir à des navires américains, car ceux des autres pays sont généralement empêchés de retourner chez eux. « On respecte le fait qu’on ne veuille pas commercialiser avec nous, on ne peut évidemment pas les forcer. Mais empêcher les autres pays, c’est injuste ! Initialement, on était d’accord pour que l’on ne touche pas aux médicaments. Mais c’est la première chose qui a été faite », regrette-t-elle. « On a essayé d’envoyer des vivres ; mais le container est bloqué depuis avril. Il faut mettre la pression », ajoute Nadia Mateu, présidente de France Cuba Hérault.

    Un manque qu’Aleida Guevara constate quotidiennement dans son travail. D’une part par les coupures répétées qui affectent les frigos pour conserver les aliments ou pour le fonctionnement des hôpitaux, évoquant même des « opérations sous la lumière des téléphones » : « Le plus dur, c’est de savoir qu’il faut des médicaments qu’il est impossible d’avoir. Avec tous les intermédiaires, les prix s’envolent, ce qui empêche l’achat en masse. Donc beaucoup d’enfants décèdent à cause du manque. »

    « Crise des valeurs »

    Elle prône l’aide entre les peuples : « On a été solidaires avec beaucoup de peuples. J’ai été médecin en Angola et ça a fait de moi un meilleur être humain. Le plus important est de respecter un peuple qui veut être souverain. »

    Celle qui sera présente ces jeudi 8 et vendredi 9 octobre aux Rotatives de La Marseillaise (voir encadré) pour de nouvelles conférences a ensuite répondu à une pluie de questions. Interrogée sur la situation en France, elle assure ne pas avoir de certitudes, tout en évoquant les difficultés du moment sur le plan politique. « Quand il y a une crise économique, il y a une crise de valeurs », lâche-t-elle. Avant d’appeler « à tenir bon », car « sinon, on finit comme Haïti ou Porto Rico et on risque d’être une étoile de plus sur le drapeau américain ».

    Les prochaines conférences

    Aleida Guevara sera présente ces 8 et 9 octobre à 18h30 aux Rotatives de La Marseillaise, cours Honoré d’Estienne d’Orves à Marseille, pour deux autres conférences. Toujours dans le cadre du projet « Semillas de solidaridad », ces deux rencontres seront centrées sur la situation médicale en cours à Cuba et sur l’impact du blocus américain. La fille du Che rencontrera aussi différents représentants syndicaux et élus au cours de sa visite dans les Bouches-du-Rhône.

    S.V.

    Les deux rendez-vous affichent complet.

  • Le message des Gilets jaunes marseillais au gouvernement

    Le message des Gilets jaunes marseillais au gouvernement

    Une cinquantaine de Gilets jaunes se sont retrouvés samedi matin sur le Vieux-Port pour une marche vers la Préfecture. Ils ont lancé un appel à la justice sociale et à l’unité citoyenne pour défendre le pouvoir d‘achat, la jeunesse, les services publics. « Depuis Marseille nous adressons un message au gouvernement. Ecoutez ceux qui travaillent et qui cherchent un emploi, écoutez les jeunes, les familles, tous ceux qui chaque mois doivent calculer pour réussir à vivre ! Nous demandons simplement que le peuple soit écouté ! », a lancé Emma, intérimaire, mère de deux enfants. « Les commerçants, les personnels soignants, les policiers, tous les citoyens en ont ras-le-bol », explique son compagnon, Damien, 24 ans, qui distribue des tracs, et rappelle qu’il a été « à 16 ans en 2018 le plus jeune Gilet jaune de Marseille ».

    « J’ai une colère en moi, je suis capable de tout casser », lance Jamila, ancienne aide soignante à la retraite. « Y a rien qui va, la vie chère, les médicaments qui sont mal remboursés, la guerre à Gaza et en Ukraine. Réveillez-vous les gens ! » « Le peuple souffre » résume Rosie, 74 ans, qui a ressorti ses belles pancartes bariolées de 2018.

    « On se doit d’être de toutes les mobilisations sociales à côté des Gilets jaunes comme l’a dit Fabien Roussel lors de la Fête de l’Humanité » dit Ariane Lombardi, membre de la Fédération du PCF. « C’est un mouvement citoyen porté par des valeursà positives et qui répond à de réels problèmes de Français, c’est-à-dire pouvoir vivre dignement, se loger, se nourrir, se cultiver, envisager un avenir meilleur. »

  • Les besoins en plasma ne retombent pas pendant l’été

    Les besoins en plasma ne retombent pas pendant l’été

    Moins connu du grand public que le don du sang, le don du plasma est tout aussi essentiel à l’Établissement français du sang (EFS).

    C’est même un « enjeu majeur de souveraineté sanitaire », comme le rappelait Virginie Ferrera-Tourenc, directrice Paca-Corse de l’EFS, lors de la dernière campagne pour la collecte de sang à Marseille, avant l’été. Un enjeu qui l’est encore plus pendant la période estivale. « L’été est une période fragile en termes de dons. Les gens donnent un petit peu moins et les stocks en France sont en diminution avec la canicule », développait-elle. Dans sa dernière communication au niveau national, l’EFS enfonce le clou sur l’urgence de la situation : « Les épisodes de forte chaleur de mai, juin, puis juillet ont pesé sur la mobilisation des donneurs. Lors des pics de canicule, le nombre de dons peut baisser jusqu’à 25%, certaines collectes ayant dû être écourtées ou annulées. » Pour rappel, le plasma est la partie liquide du sang et sert de véhicule pour transporter les cellules sanguines : globules rouges, globules blancs et plaquettes.

    Une partie qui contient moult protéines et autres nutriments nécessaires à la conception de médicaments. En clair, les besoins sont croissants : « Les besoins augmentent chaque année, portés par l’utilisation croissante de médicaments dérivés du plasma, alors même que la France reste encore dépendante des importations pour y répondre. »

    Une question de maillage territorial

    Et l’EFS s’attelle à y répondre, c’est d’ailleurs tout le sens de l’inauguration officielle de la Maison du don à Aubagne en juillet, même si elle était sur le circuit quelques mois avant. « L’ouverture de la Maison du don d’Aubagne constitue une étape importante dans le développement de notre maillage de collecte en région », notait Virginie Ferrera-Tourenc. Et pour cause, elle est située au cœur de la zone d’activités des Paluds : « Cette 7e Maison du don régionale revêt une dimension particulière, elle renforce notre maillage territorial et s’inscrit pleinement dans la stratégie de développement du don de plasma. »

  • [Entretien] Ashleigh Shannon, CNRS : « S’obstiner à vouloir comprendre des détails peut amener à des surprises »

    [Entretien] Ashleigh Shannon, CNRS : « S’obstiner à vouloir comprendre des détails peut amener à des surprises »

    La Marseillaise : Votre étude montre une nouvelle fois

    que des travaux fondamentaux peuvent ouvrir la voie à des applications concrètes ?

    Ashleigh Shannon : Oui cela illustre à merveille que s’obstiner à essayer de comprendre ce qui pourrait apparaître comme des détails peut amener à des surprises. Ici, tenter de répondre à une question fondamentale sur la manière avec laquelle les enzymes construisent les brins d’ADN et d’ARN amène à comprendre comment contourner les défenses de certains virus à ARN – comme les coronavirus -, et donc à peut-être un jour avoir des traitements anti-viraux efficaces.

    Comment ?

    A.S. : Grâce à des analogues de nucléotides. C’est une famille importante de médicaments anti-viraux. Ils imitent les nucléotides naturels, sont incorporés dans l’ADN ou l’ARN et interrompent la réplication du virus. Il en existe des très efficaces contre l’herpès, le VIH et l’hépatite C. Le prochain défi est de trouver des analogues de nucléotides aussi efficaces contre les virus émergents que sont la dengue, Ebola, les coronavirus… Contre ces derniers et les arénavirus – responsables de la fièvre de Lassa – les options actuelles restent limitées ou imparfaites.

    À cause des exonucléases qui retirent les nucléotides modifiés que l’on tenterait d’insérer…

    A.S. : Oui, et le fonctionnement de ces enzymes était mal compris. On considérait qu’elles se comportaient comme celles des virus à ADN, mais personne ne l’avait vérifié. Or, celles des virus à ARN peuvent se comporter différemment et il y a un moyen de les empêcher d’agir.

    Propos recueillis par Xavier Boivinet

  • Déremboursements, franchises : l’amère pilule

    Déremboursements, franchises : l’amère pilule

    Sans avoir pris connaissance des détails du décret, le président du comité héraultais de la Ligue contre le cancer ne veut pas y croire. « Je ne pense pas que les malades du cancer seront touchés. C’est un effet d’annonce pour faire passer la pilule. Il y aura forcément des dérogations pour les affections de longue durée*. Sans quoi, cela signifie que nous sommes en banqueroute. Ce serait une remise en cause totale de notre système de protection sociale selon lequel la solidarité aide ceux qui en ont le plus besoin », estime le professeur Jean-Bernard Dubois.

    Et pourtant, en l’état actuel des annonces de Stéphanie Rist, il y a de quoi s’alarmer. Le 23 juillet, la ministre de la Santé a annoncé que le plafond des franchises médicales sera relevé de 100 à 200 euros annuels (toujours 1 euro par boîte de médicament et par acte paramédical, 2 euros par consultation médicale, examen radiologique ou analyse, 4 euros par transport sanitaire). Le lendemain, elle enfonçait le clou pour l’Assurance maladie en promettant une baisse des remboursements dentaires, des transports sanitaires et autres médicaments jugés « moins efficaces ». Le tout dans une logique comptable d’économies de bouts de chandelle (1,5 à 1,7 milliard d’euros pour les déremboursements) afin soi-disant de « lutter contre les abus ».

    Inflation des tarifs des complémentaires santé ?

    Une logique inacceptable selon les associations car elle revient à faire payer davantage les malades. « Les patients ne peuvent plus être l’éternelle et unique variable d’ajustement des comptes de l’Assurance-maladie », a tout de suite dénoncé France assos santé. « Il vaudrait mieux lutter contre les fraudeurs plutôt que punir tout le monde », regrette Gilles Loison.

    Si on sait déjà que 18 millions de Français ne seront pas concernés (mineurs, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), femmes enceintes), le secrétaire héraultais du Secours populaire s’inquiète des répercussions chez les plus fragiles. « Nous recevons des publics qui ne sont pas en capacité de se payer une mutuelle et qui parfois, faute de moyens, renoncent à des soins dentaires ou sur des lunettes alors qu’ils sont la porte d’entrée de la santé. »

    De son côté, Que choisir Ensemble craint que les complémentaires santé qui ont déjà augmenté leurs tarifs de 25% en 3 ans (selon une étude de cette association de consommateurs), ne répercutent encore la mesure sur ses tarifs. « Ce sera pour elles un prétexte », prévient Claude Gaubert. Selon le responsable communication montpelliérain de l’asso qui fêtera ses 50 ans en septembre, aucun patient n’a à gagner à s’enfermer dans une logique où le privé prend une part de plus en plus importante des soins. « Quand vous donnez 100 euros à la Sécu, il vous en revient 95. Et seulement 80 quand c’est une complémentaire santé qui doit rémunérer ses actionnaires. » Une logique aussi fustigée par Gilles Loison au Secours populaire. « On va vers des soins à deux vitesses avec une sorte de système à l’américaine. Ils veulent la mort du système de Sécu d’après guerre. »

    * Cancers, diabétiques, AVC, maladies psychiatriques, neurodégénératives, insuffisances cardiaques, rénales…

  • Un transfert de la facture aux mutuelles… et aux assurés

    Un transfert de la facture aux mutuelles… et aux assurés

    Le gouvernement a présenté de nouveaux transferts de remboursements de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé. Concrètement, la Sécurité sociale remboursera moins les consultations chez le chirurgien-dentiste (50% contre 60%), les transports sanitaires (55% contre 50%) et les médicaments jugés « les moins efficaces ».
    La Mutualité française, qui regroupe 500 mutuelles, estime que les complémentaires devront absorber entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros de dépenses supplémentaires. Interrogée par Franceinfo sur une éventuelle hausse des cotisations, la ministre de la Santé, assure que « la répercussion sur le prix n’est pas automatique », tout en reconnaissant ne pas pouvoir imposer un gel tarifaire.

    « Les assurés vont payer plus »

    Un discours que conteste Hélène Gaufichon, secrétaire générale de Solimut : « Les assurés vont payer plus à cause d’une augmentation mécanique de leur cotisation mutualiste ». Sur la méthode, Hélène Gaufichon dénonce « un déni de démocratie réalisé en plein cœur de l’été par le biais de décrets, qui enlèvent la parole au Parlement ». Le projet, transmis au Conseil de l’Assurance maladie, a d’ailleurs reçu, mardi, un avis défavorable.

    Au-delà de l’impact financier, la secrétaire générale de Solimut y voit « une attaque d’envergure contre la Sécurité sociale et contre l’accès aux soins ». « On a fêté les 80 ans de la Sécurité sociale et, plutôt que de la renforcer, le gouvernement la détruit un peu plus », fustige-t-elle. Les mutuelles ont lancé la plateforme defendonslasecu.fr pour interpeller les parlementaires et tenter d’obtenir le retrait de cette mesure dès la rentrée.

  • [Entretien] Anthony Gonçalves : « Le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie »

    [Entretien] Anthony Gonçalves : « Le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie »

    La Marseillaise : Le gouvernement a annoncé le doublement des franchises médicales et une hausse du reste à charge. Quel regard portez-vous sur ces mesures ?

    Anthony Gonçalves : Je suis profondément choqué par ces annonces. Le gouvernement considère que les gens consomment des médicaments ou ont des actes médicaux pour se faire plaisir. Il imagine qu’en augmentant ces franchises, ils vont réduire leur consommation médicale, ce qui est totalement faux. La grande majorité de ces consommations répond à des besoins réels. Ça va toucher des personnes atteintes de maladies graves qui n’ont pas choisi de l’être.

    Ces mesures permettraient, selon
    le gouvernement, de financer l’accès aux soins. Qu’en pensez-vous
     ?

    A.G. : C’est incroyable de ponctionner les malades pour favoriser l’accès aux soins. C’est l’inverse qui va se passer. Penser qu’on va freiner des dépenses de santé comme s’il s’agissait d’une consommation de confort est un calcul terrible. Les plus modestes, souvent en affection de longue durée, vont renoncer aux soins dont ils ont besoin. Les malades du cancer, avec des traitements lourds et réguliers, seront touchés de plein fouet. Au final, cela dégradera leur état de santé et coûtera encore plus cher lorsqu’il faudra les hospitaliser. C’est le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie. Il ne va pas chercher l’argent là où il se trouve. On nous parle du déficit de la Sécurité sociale, mais il est largement alimenté par les exonérations de cotisations accordées aux entreprises.

    Qui seront les plus pénalisés ?

    A.G. : Les retraités vivant avec moins de 1 500 euros par mois et atteints d’affections de longue durée, de cancer ou de maladies cardiovasculaires. Ce sont des patients qui ont besoin de consultations et de prescriptions régulières. On va aller taper dans la poche de ceux qui n’ont déjà pas beaucoup pour vivre.

    Quelles seront les conséquences de ces mesures sur le prix des mutuelles ?

    A.G. : On parle d’un transfert de charges de 1,5 à 2 milliards d’euros, donc les mutuelles vont mécaniquement augmenter leurs tarifs, alors qu’ils sont déjà un problème pour une partie de la population. D’où notre idée d’instaurer une mutuelle communale à Marseille, pour permettre aux plus modestes d’accéder à une complémentaire à un tarif plus favorable.

    Que révèlent ces annonces sur
    la gestion politique de notre système de santé
     ?

    A.G. : Depuis des années, on entend cette petite musique de la responsabilisation des malades. L’idée serait de dire que le droit à la santé est une affaire de responsabilité individuelle. C’est un retour en arrière de plus sur un droit universel, qui ne doit dépendre ni des revenus ni du niveau social. On assiste à une attaque en règle globale contre notre système de Sécurité sociale.

    Les annonces ont été faites en plein été, sans débat parlementaire.
    Que pensez-vous de la méthode
     ?

    A.G. : La méthode est aussi choquante que le fond. L’an dernier, cette proposition avait été rejetée par le Parlement. Le gouvernement revient à la charge sans passer par le débat. C’est le pari abominable du gouvernement : on fait passer les mauvais coups pendant l’été.

  • Vent de colère après l’annonce d’économies sur la santé

    Vent de colère après l’annonce d’économies sur la santé

    Le débat, déjà rejeté à l’Assemblée à l’automne dernier, revient sur la table pour freiner les dépenses de santé. En 2024, le gouvernement avait déjà doublé les franchises médicales, passant de 0,50 à 1 euro. Aujourd’hui, leurs montants unitaires restent inchangés, avec 2 euros par consultation et 1 euro par boîte de médicaments. Jusque-là plafonné à 50 euros par an chacun, le plafond pourrait doubler avec la nouvelle mesure. Un rapport de la Cour des comptes, publié en mai, chiffre à 48 millions le nombre d’assurés concernés. Les mineurs, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ou de l’aide médicale d’État, ainsi que les femmes enceintes en fin de grossesse en restent dispensés.

    Selon la ministre de la Santé, la mesure représente seulement « un petit effort extrêmement mesuré à ceux qui achètent plus de cinquante boîtes de médicaments par an et qui vont plus de vingt-cinq fois chez le médecin ». Un discours que rejette Valérie Ollier, présidente du Syndicat général des pharmaciens des Bouches-du-Rhône. Elle dénonce une mesure qui « pointe du doigt tous ceux qui consomment, alors que la plupart en ont besoin, en particulier les personnes âgées et celles qui ont des pathologies avec des douleurs ».

    Elle prend l’exemple d’une patiente en oncologie : « À chaque fois qu’elle fait un traitement, elle a une visite obligatoire chez le médecin. Donc, parfois, c’est deux ou trois visites dans la semaine. Le message qu’on donne à cette personne, c’est qu’elle coûte cher à la société, c’est culpabilisant ». Pour la pharmacienne, « une solution plus judicieuse » reposerait sur la Sécurité sociale qui « pourrait, avec les systèmes informatiques actuels, déceler qui est le “superconsommateur” qui coûte cher et vérifier pourquoi il coûte si cher ».

    « C’est un plafond que les Français, en moyenne, n’atteignent pas. En moyenne, ça fera 18 euros en plus pour les Français », tentait de rassurer Stéphanie Rist en fin de semaine sur Franceinfo. Pourtant, à la pharmacie du Grand Pavois, où exerce Valérie Ollier, plusieurs clients dépassent déjà le seuil des 50 boîtes par an.

    Un coût supplémentaire pour les patients

    C’est le cas d’une cliente de 86 ans, atteinte de Parkinson, qui achète six boîtes par mois. Après la mesure, 22 boîtes ne lui seront plus remboursées, soit 22 euros de dépenses en plus par an. « Ça arrange peut-être le gouvernement, mais c’est nocif pour nous. En plus, on est mal informés à ce sujet », réagit la patiente. Sa pharmacienne s’indigne du poids que l’on fait peser sur ses épaules : « Son traitement mensuel a été prescrit par un spécialiste. Il faut à tout prix qu’elle le prenne pour pouvoir vivre normalement. Les politiques ne se rendent pas compte de ce que c’est que de vivre avec une maladie chronique ».

    Pour Valérie Ollier, le raisonnement du gouvernement « n’est pas fait dans le bon sens » : « Il y a certainement des mesures à prendre au niveau financier, mais ce n’est pas parce que les gens consomment plus. Si on la compare aux autres pays européens, la France n’est pas en surconsommation, le nombre de boîtes de médicaments est même en recul depuis quatre ans dans l’hexagone. Ce sont les nouveaux traitements, très chers, qui font exploser le budget de la Sécurité sociale. Il vaudrait mieux que l’État voit avec les laboratoires pourquoi ces médicaments sont si chers. Ce n’est pas la boîte de Doliprane à 2 euros qui va changer la donne ». Et de synthétiser : « on est là pour soigner, pas pour faire le percepteur de l’état ».

    Même inquiétude chez Stéphanie Gauthier, 55 ans, suivie pour une hypothyroïdie, une tension oculaire et une dépression.

    « Sans mon traitement, je meurs, tout simplement »

    Elle dépasse déjà le plafond actuel. « Je vais payer davantage mes médicaments car le remboursement sera moindre, mais je n’ai pas choisi d’avoir ça ! Ce n’est pas normal », s’offusque-t-elle. La patiente dénonce aussi un coût élevé des franchises par boîtes qui contiennent déjà peu de comprimés : «J’ai besoin de 30 comprimés par mois, c’est complètement illogique de faire des boîtes à seulement 10 comprimés. Je suis prête à payer un petit peu, mais là 1 euro par boîte… »

    Les syndicats, déjà mobilisés en septembre dernier, dénoncent aujourd’hui un « passage en force pendant l’été ». Valérie Ollier insiste sur les inégalités d’accès aux soins qu’engendre la mesure : « On a choisi un système où tout le monde paie en fonction de ses moyens. Si c’est comme ça, on change de système, comme aux États-Unis ou en Angleterre ».

    Andréa Goyard de Castro

  • Coups bas

    Coups bas

    Faire toujours payer plus ceux qui sont malades et ont besoin de soins. C’est la logique des gouvernements depuis des années mais, cet été, celui de Lecornu pousse le cynisme encore plus loin en imposant par décret ce qui lui avait été refusé par les parlementaires lors du dernier débat sur le budget de la sécurité sociale : la hausse des franchises médicales. Petit à petit, les libéraux torpillent la sécurité sociale, le système imaginé par Ambroise Croizat à partir du programme du Conseil national de la résistance pour le transformer en assurance au rabais pour les pauvres, les riches pouvant se payer les soins de qualité. En toile de fond, l’éternelle rengaine du « trou de la sécu » qu’il faudrait absolument combler sous peine de voir disparaître cette merveilleuse « exception française ».

    211 milliards aux entreprises

    Ce discours est un leurre pour ne pas assumer les choix politiques qui sont ceux de ce gouvernement. Les économies attendues par les modifications imposées par décret
    – doublement des franchises, relèvement du ticket modérateur et baisse du remboursement des médicaments à service médical rendu faible ou modéré – sont estimées à 2,15 milliards d’euros. Une somme à mettre en balance face aux milliards accordés aux entreprises : 211 milliards. Un tiers du budget de l’État.

    Sans oublier l’argent que le gouvernement se refuse à aller chercher. « Plutôt que de ponctionner quelques dizaines d’euros supplémentaires sur
    les malades, faisons contribuer les milliards
    de revenus financiers qui échappent aujourd’hui aux cotisations sociales
     », pointe ainsi le PCF.

    La santé n’est ni un luxe, ni une marchandise. Mais un droit qu’il faut véritablement défendre quand les coups bas se multiplient.

  • La collecte de sang soutenue par Anthony Gonçalves

    La collecte de sang soutenue par Anthony Gonçalves

    Plus qu’un symbole : l’espace Bargemon, à deux pas de l’hôtel de ville de Marseille, où se déroulent habituellement les conseils municipaux, s’est transformé, ce samedi, en centre de collecte de sang géant le temps d’une journée.

    En son sein : une équipe de l’Établissement français du sang (EFS) reconnaissable avec leurs blouses blanches et tout le matériel nécessaire pour collecter le précieux produit. « C’est grâce à la Ville de Marseille qu’on peut réaliser une collecte dans cet espace. Ce dimanche c’est d’ailleurs la journée mondiale des donneurs de sang, pendant 15 jours on multiplie les actions dans la région pour des collectes », campe Virginie Ferrera-Tourenc, directrice de l’EFS Paca-Corse.

    Des besoins croissants

    Pour l’occasion, l’EFS reçoit un donneur de sang bien particulier : Anthony Gonçalves (PCF), adjoint au maire de Marseille en charge de la santé. « On réalise cette action dans le cadre du partenariat que nous avons avec l’Établissement français du sang. Concrètement, la Ville favorise la collecte de sang, de plasma, de plaquettes… », développe celui qui est également oncologue médical à l’Institut Paoli-Calmettes. Il insiste sur l’importance de l’action du jour : « C’est un acte extrêmement important dans notre société : c’est une action de solidarité réelle. Comme oncologue médical, je passe mon temps à prescrire des traitements qui nécessitent qu’on ait ce soutien en globules rouges ou en plaquettes. » La directrice de l’EFS ne dit pas le contraire : « L’été est une période fragile en termes de dons. Les gens donnent un petit moins et les stocks en France sont en diminution, entre les ponts de mai et la canicule. » Elle insiste sur le fait que les besoins de l’établissement ne portent pas que sur le sang : « On a aussi besoin de dons en plasma, l’eau dans laquelle circulent les cellules. C’est très riche en protéines, avec lesquelles on peut faire des médicaments qui aident des patients au quotidien. »

    En clair, donner son sang, mais pas que, est plus que jamais nécessaire : « Les besoins en médicaments dérivés du plasma sont en augmentation partout en France. Il faut continuer à donner. La demande est toujours importante : urgences vitales, accidents de la route, traitements de cancers et greffes… Sans sang, on ne peut pas traiter les patients. » Des paroles aux actes, Anthony Gonçalves a donné son sang, souhaitant « montrer l’exemple ». Le geste n’a rien d’insurmontable : le parcours du donneur prend 45 minutes pour le sang, avec un accompagnement aux petits oignons de l’équipe de l’EFS qui met à disposition boissons et nourriture. L’élu à la santé note aussi l’aspect « non-marchand et altruiste » du don du sang à l’heure où certains pays, comme les États-Unis, rémunèrent les donneurs : « Les principes de don de sang en France sont clairs : volontariat, bénévolat, gratuité. C’est l’assurance de concrètement sauver des vies. »