Face au narcotrafic et à ses conséquences dramatiques, de nouveaux moyens policiers et judiciaires sont mis en œuvre. Ils produisent de premiers résultats. On l’a vu avec les procès retentissants de plusieurs responsables de la DZ mafia ou celui du chef du clan Yoda. On le constate aussi avec l’évolution des trafics qui, sous la pression, se réorganisent.
Moins de points de deal au vu et au su de tous, plus de livraisons discrètes. Mais aussi de plus en plus de cocaïne qui, malgré les ravages qu’elle provoque, se « démocratise ».
Cela dit quelque chose de notre société, massivement confrontée aux addictions aussi bien qu’au recours aux antidépresseurs. Comme si tout était bon pour la fuir tant elle est peu désirable.
Simplisme
Les pouvoirs publics rappellent régulièrement la responsabilité des acheteurs de drogues. « S’il n’y avait pas de consommateurs, il n’y aura pas de trafic », expliquent à l’unisson ministres, préfets et procureurs. Oui, c’est une évidence. Mais c’est aussi sans doute un peu court.
S’il n’y avait pas de frontières-passoires, il n’y aurait pas autant de drogue à écouler sur le territoire. S’il n’y avait pas eu la suppression de la police de proximité, des quartiers entiers n’auraient pas été livrés aux dealers. S’il n’y avait pas de détresse psychologique, les clients seraient moins nombreux. S’il n’y avait pas tant de misère sociale, il n’y aurait pas autant de chair à canon pour les têtes de réseaux mafieux.
Pour faire combattre vraiment le narcotrafic, ce sont sur tous ces leviers qu’il est nécessaire d’agir.

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