Évian accueille, jusqu’à mercredi, un sommet du G7 une nouvelle fois rythmé par l’imprévisibilité du locataire de la Maison Blanche. Alors que les États-Unis sont empêtrés depuis 108 jours dans une guerre au Moyen-Orient qu’ils ont déclenché aux côtés de leur allié israélien, Donald Trump annonce finalement ce dimanche, jour de son 80e anniversaire, sur son réseau social : « L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé », clame-t-il, comme une façon d’imposer une énième fois son agenda.
Il s’agit en réalité d’un cadre d’accord, signé électroniquement, lundi en fin d’après-midi, par le président américain, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf, juste avant l’arrivée du milliardaire dans la station thermale.
Sur place, il assure que le détroit d’Ormuz sera « complètement ouvert » vendredi et que l’accord sera publié dans la foulée de la cérémonie de signature, à Genève. Donald Trump estime par ailleurs ne pas avoir « besoin de beaucoup d’aide » internationale pour rouvrir cette artère essentielle pour le commerce mondial de brut. À ses côtés, Emmanuel Macron réitère son « offre » d’une mission militaire internationale franco-britannique. « Peut-être que ça ne sera pas souhaité, peut-être que ça ne sera pas nécessaire, mais en tout cas, c’est une disposition qui marque notre volonté d’aider », insiste-t-il.
Les modalités de cet accord restent floues. L’agence de presse iranienne Fars indique que Téhéran aurait ajouté l’imposition de frais de services maritimes à Ormuz dans les derniers instants des négociations. « L’utilisation du terme “services maritimes” signifie que Washington a accepté que des frais soient versés à l’Iran », précise-t-elle, citant une « source informée ». Dans ce cas, ce serait une victoire pour la République islamique qui, malgré de nombreuses pertes, voit son régime recentré autour de son noyau dur et ferait désormais payer le passage dans le détroit…
Une guerre pour rien ? « Plus de 7 400 morts, la majorité des civils. Des centaines de foyers, d’écoles et d’hôpitaux détruits. Une hausse généralisée des prix et des milliards d’euros de pertes, également en Europe. Tel est le bilan de ce conflit en Iran. Nous comptons sur le fait que l’accord de paix annoncé aujourd’hui mette fin à cette absurdité, qu’il soit respecté par toutes les parties et qu’il marque ainsi le début d’une nouvelle ère au Moyen-Orient. Célébrons. Mais n’oublions pas. Et apprenons une fois pour toutes que la guerre est un échec. Le dialogue et la diplomatie sont la seule voie », exhorte le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez.
Selon l’agence de presse iranienne Mehr, le texte prévoit un « arrêt permanent et immédiat de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban ». Pris de court, Israël rejette la paix. « L’accord de Trump ne nous engage pas, nous ne sommes pas une colonie des États-Unis », fait valoir le ministre israélien d’extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
Sur un autre front, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a une nouvelle fois proposé à son homologue russe une rencontre en marge du sommet. Sans réponse à ce stade. Dans sa grande mansuétude, le New-Yorkais qui se rêve lauréat du Nobel de la Paix, pense « peut-être » pouvoir « faire quelque chose » pour mettre fin au conflit.
« Célébrons. Mais n’oublions pas. »

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