Tag: Donald Trump

  • Raz-de-marée démocrate et revers historique pour Trump

    Raz-de-marée démocrate et revers historique pour Trump

    Une vague démocrate a déferlé, mardi, sur les bastions républicains lors des élections de mi-mandat, alimentée par la colère suscitée par la flambée des prix de l’énergie et par la guerre coûteuse et interminable contre l’Iran. Ce vote sanction constitue une humiliation personnelle pour le président américain de 80 ans, même s’il a dit ne pas se sentir visé, et hypothèque ses deux dernières années de mandat. L’entrée en fonction du nouveau Congrès le 3 janvier donnera aux démocrates une large marge d’action contre le président.

    « Nous allons demander des comptes », a prévenu Hakeem Jeffries, chef des démocrates à la Chambre pressenti pour en devenir le premier président afro-américain. « Je suis super enthousiaste à l’idée que le changement arrive », a lancé Tracie Moore, cheffe d’entreprise quinquagénaire rencontrée par l’AFP à Atlanta, en Géorgie (sud-est).

    « Récupérer notre pays »

    « J’ai presque envie de pleurer. C’est tellement excitant. On va pouvoir récupérer notre pays », a déclaré Kathy Jackoway, une électrice du Texas célébrant l’élection de James Talarico, premier sénateur démocrate élu de l’État en près de 40 ans.

    Les démocrates ont gagné sept sièges au Sénat, où ils disposeront d’au moins 54 élus sur 100. Mercredi, il restait encore deux sièges disputés dans le Mississippi et l’Alaska : le décompte pourrait prendre plusieurs jours. À la Chambre des représentants, ils disposeront d’une majorité d’au moins dix sièges, à 228 élus, selon les médias américains.

    Pour Todd Belt, politologue à l’université George Washington, ces résultats marquent « un rejet fort de Donald Trump et de ses politiques ». La déroute des républicains a été alimentée par la colère des électeurs face au coût de la vie, tiré vers le haut par les droits de douane et la guerre en Iran, qui a fait flamber les prix des carburants et plonger la cote de popularité du président.

    Donald Trump a assuré au New York Times qu’il accepterait le résultat des élections, mais s’est dit prêt, sur sa plateforme Truth Social, à utiliser son droit de veto contre les lois qu’adopteront les démocrates au Congrès. « Je ne considère pas que c’était dirigé contre moi », a affirmé le président-milliardaire de 80 ans dans une interview à Fox News, refusant d’endosser la responsabilité de la défaite.

    À l’étranger, le Premier ministre britannique Andy Burnham a estimé que la défaite du Parti républicain devait pousser le monde à « s’unir » pour lutter contre le coût de la vie. Son homologue espagnol Pedro Sanchez a considéré que « la vague ultra » s’écroulait. Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a prévenu que ceux qui s’attendent à un changement de politique des États-Unis « se trompent lourdement ».

    Les démocrates ont gagné jusque dans des états acquis aux républicains depuis des décennies. Le Kansas, qui n’avait pas élu de sénateur démocrate depuis 1932, a ainsi enregistré la victoire d’Adam Hamilton. En Caroline du Sud (sud-est), la démocrate Annie Andrews a ravi le siège de sénatrice à Darline Graham, choisie personnellement par Donald Trump pour succéder à son frère Lindsey Graham décédé en juillet. Au Texas, autre bastion conservateur, la dernière élection d’un sénateur démocrate remontait à 1988… un an avant la naissance de James Talarico. « Ce soir, nous avons battu Goliath », a déclaré ce séminariste presbytérien de 37 ans à Austin, aux côtés de Gina Hinojosa, élue gouverneure.

  • Midterms : Les démocrates prennent le contrôle du Congrès des États-Unis

    Midterms : Les démocrates prennent le contrôle du Congrès des États-Unis

    C’est un tsunami pour le Parti démocrate, qui, à l’issue de ces élections de mi-mandat prennent le contrôle du Congrès des États-Unis. Selon les derniers résultats communiqués ce mercredi matin, les démocrates ont remporté 226 sièges à la Chambre des représentants contre 139 pour les républicains. Au Sénat, les démocrates sont crédités, à cette heure, de 54 sièges contre 44 pour le camp conservateur. Dans ces deux chambres, le Parti démocrate a désormais la majorité.

    Donald Trump a assuré dans la nuit qu’il «acceptait» le résultat du scrutin. «Je suis tout à fait disposé à accepter ces résultats», a-t-il déclaré au New York Times.

    «Nous travaillerons avec les démocrates ; nous nous réjouissons, vous savez, de collaborer avec eux. Nous parviendrons probablement à trouver un terrain d’entente». À noter que l’article 1, section 7 de la Constitution américaine donne un droit de veto au président, lui permettant de rejeter une loi votée par le Congrès.

    Cette vague bleue s’accompagne de victoires hautement symboliques pour les minorités aux États-Unis. Parmi lesquelles, celle d’Abdul El-Sayed, issu de l’aile gauche du parti, qui a remporté l’élection sénatoriale dans l’État du Michigan. Il devient ainsi le premier musulman au Sénat et le premier médecin démocrate à siéger dans cette chambre depuis 1969. Dans le New Hampshire, Chris Pappas, devient le premier sénateur ouvertement gay. Adam Hamilton devient le premier sénateur démocrate du Kansas depuis 1932. James Talarico, fait basculer le Texas côté démocrate pour la première depuis 1988 de même qu’Annie Andrews en Caroline du Sud.

    En ce qui concerne les gouverneurs, 24 démocrates et 18 républicains ont été élus à ce stade. En Géorgie, État marqué par son histoire ségrégationniste, Keisha Lance Bottoms a été élue gouverneure, devenant la première femme noire à occuper ce poste à l’échelle des États-Unis. Dans le Nouveau-Mexique, Deb Haaland, membre de la tribu Laguna Pueblo, est devenue la première femme amérindienne à se hisser à la fonction de gouverneure.

    Enfin, l’actuel chef des députés démocrates, Hakeem Jeffries, pourrait devenir le premier homme noir à présider la Chambre des représentants.

  • [Entretien]« Trump a déjà commencé à contester les résultats »

    [Entretien]« Trump a déjà commencé à contester les résultats »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur la campagne des démocrates ?

    Philip Breeden : On est prudents mais optimistes. Il y a clairement un ras-le-bol concentré sur le pouvoir d’achat aux États-Unis et le fait que l’administration n’a pas tenu ses promesses sur le pouvoir d’achat et même empiré la situation avec le cas en Iran. Des électeurs républicains, mécontents de l’action du président sont prêts à s’abstenir ou, pour certains, voter pour les Démocrates dans les élections locales.

    C’est un vote d’adhésion aux propositions du Parti démocrate ou d’opposition à Donald Trump ?

    P.B. : Un peu les deux. Des sondages montrent que les Démocrates sont considérés plus sérieusement sur les questions économiques. On n’a pas vu ça depuis un moment. Je pense que les gens sont aussi prêts à écouter le parti sur les sujets sociaux. Mais clairement, il y a un ras-le-bol vis-à-vis de l’administration en place qui est très important aussi. Si les Démocrates gagnent le Sénat et la Chambre des représentants, ça va être à nous de montrer qu’on est capable d’apporter des solutions.

    Comment faire d’ici l’élection présidentielle ? Le parti semble divisé entre deux lignes allant de Kamala Harris à Zohran Mamdani pour ne citer qu’eux.

    P.B. : Le Parti démocrate, c’est ce qu’on appelle un « big tent », un grand chapiteau [ou parti attrape-tout, Ndlr.] dans lequel plusieurs tendances se retrouvent. Parfois, les Démocrate ont besoin d’un peu de temps pour s’organiser, c’est comme ça depuis toujours. Et on arrive à gouverner quand on est au pouvoir. Les élections, c’est une chose. Les campagnes, c’en est une autre. Mais je pense qu’ils ont une vision pour ce qu’ils veulent faire quand ils arriveront à Washington en janvier. L’important c’est d’apporter des solutions pour le pouvoir d’achat et d’arrêter la guerre en Iran. Il faudra aussi mener beaucoup d’investigations sur la corruption dans l’administration actuelle. Ça, c’est les grandes lignes. Les élections de mi-mandat ne changent pas grand-chose dans le domaine des affaires étrangères, où un président a beaucoup plus de pouvoir, de flexibilité. Et un changement dans le Congrès ne change pas grand-chose dans ce domaine, sauf sur les questions de budget. Mais du point de vue des citoyens lambdas aux États-Unis, ça peut changer beaucoup de choses.

    Donald Trump a-t-il fait de ce scrutin un référendum pour ou contre lui ?

    P.B. : Oui et il a fait ça en 2018 aussi. Les experts disent toujours qu’un président ne doit pas faire ça pour les élections de mi-mandat, parce qu’il y a presque automatiquement une réaction contre l’administration en place. C’est pourquoi il faut laisser les candidats de l’administration en place faire la campagne sans trop montrer le président, parce que ça n’aide pas. Trump croit fermement que c’est lui qui mène le jeu. Il a refusé ces conseils en 2018 et cette année aussi. Il est très présent et dit clairement qu’il faut voter comme s’il était sur le bulletin de vote, parce que c’est comme ça qu’on gagne. Nous pensons qu’il a tort et pas mal de Républicains n’y croient pas non plus. On l’a vu durant la campagne, ils n’ont pas affiché le président sur leurs sites web par exemple.

    On reste prudents parce que Trump est quelqu’un qui casse les codes. Les sondages ont pu être trompeurs dans le passé, mais là, ce serait extrêmement étonnant de ne pas voir les Démocrates au pouvoir à la Chambre des députés et on a une chance importante de gagner le Sénat aussi. Ce qui est important parce que c’est dans cette chambre qu’est donné l’accord pour la nomination des juges fédéraux et des ambassadeurs par exemple.

    Vous vous préparez à ce qu’il conteste le résultat de ces élections ?

    P.B. : Il va les contester, c’est sûr, on n’a pas peur, on est préparé, il a déjà commencé. Les midterms, c’est 50 élections le même jour, dans 50 États, donc c’est quasiment impossible de freiner ça, de ne pas faire respecter les résultats. Il va essayer, il va soulever des questions sans arrêt mais on est confiant sur le fait que le système va savoir résister à tous ces efforts un peu bidons qu’il va entreprendre. Il a fait déposer un recours préventif contre une victoire démocrate en Alaska. Celle-ci vise un procédé parfaitement légal, même si ce n’est pas moralement encouragé, de « nuisance candidate », candidature fantoche, qui vise à siphonner les votes d’un autre [Ici, face à l’élu républicain Dan S. Sullivan, s’est présenté un homonyme, Dan J. Sullivan, encouragé par le Parti démocrate, dont la candidate est Mary Peltola, Ndlr.]. Et le juge a rejeté la plainte de l’administration Trump.

    Aux États-Unis, près de 200 millions d’électeurs sont amenés ce mardi à renouveler leur Congrès à l’issue des élections de mi-mandat qui détermineront les deux années à venir de l’administration sortante. Traditionnellement, c’est l’opposition qui rafle la mise.

    Les Démocrates font donc figure de favoris autant au Sénat qu’à
    la Chambre des représentants. Ces derniers restent tout
    de même prudents, les sondages ayant par le passé sous-estimé
    la mobilisation de la base trumpiste. Reste à savoir si les Maga valideront ou désavoueront l’action de leur président.

  • [Exposition] Le Cercle de l’avenir met Cuba sous les projecteurs

    [Exposition] Le Cercle de l’avenir met Cuba sous les projecteurs

    L’objectif c’est faire connaître la réalité cubaine et développer les liens de solidarité et d’amitié », précise Marcel Rubio. Touchés par le blocus américain qui a été renforcé ces derniers mois par Donald Trump et face au manque d’approvisionnement en pétrole, nécessaire à la production d’électricité sur l’île, les Cubains sont actuellement en grande difficulté. « À l’agression contre le Venezuela a succédé, le 29 janvier, la mise en place de facto d’un blocus énergétique sur Cuba par la Maison Blanche. Conséquence immédiate : à l’exception d’un pétrolier humanitaire russe fin mars, plus aucun pétrolier n’est arrivé sur l’île, alors qu’il en faudrait au moins sept par mois pour que Cuba fonctionne a minima », ajoute le président du Cercle de l’avenir qui s’était rendu à Cuba en 2024 alors que « la situation était déjà difficile mais il y avait du carburant donc on pouvait encore se déplacer facilement ».

    C’est donc face à cette situation que le Cercle de l’avenir de Nîmes accueille jusqu’au 15 novembre les photos de Gérard Abizanda, un artiste touche à tout, de la peinture à la sculpture en passant par l’écriture de bandes dessinées. Cette exposition est issue d’un voyage réalisé en 2014. Les photos de Gérard Abizanda, dont une partie de sa famille vit à Cuba, mettent en lumière les habitants, les paysages, l’architecture et la vie quotidienne des Cubains sur leur île.

    Aider Cuba Coopération

    Tous les bénéfices de cette exposition seront reversés à l’association Cuba Coopération. « Après l’envoi de deux conteneurs de matériel médical en juillet, le Parti communiste appelle à organiser des actions d’informations et de solidarité partout en France. Au Cercle de l’Avenir nous répondons à cet appel aujourd’hui certes, mais c’est aussi depuis plusieurs années que nous travaillons avec Cuba Coopération pour continuer à tisser des liens de solidarité et d’amitié avec le peuple cubain », conclut Marcel Rubio.

    * 25 rue Nicot, Nîmes

  • [Entretien] Législatives en Israël, « une question de vie ou de mort »

    [Entretien] Législatives en Israël, « une question de vie ou de mort »

    Ce mardi, 7,3 millions d’Israéliens sont appelés aux urnes pour élire
    les 120
     députés de la Knesset. Ce scrutin, en un seul tour, est présenté comme un référendum pour ou contre Benjamin Netanyahu, le Premier ministre sortant. Ce dernier est donné au coude-à-coude
    avec le camp formé autour de son principal rival, le centriste de droite Gadi Eisenkot, ancien chef d’État-major. La Liste arabe unie, composée du parti communiste Hadash, le parti laïc Taal et du parti nationaliste Balad, peut faire pencher la majorité d’un côté ou de l’autre et ainsi empêcher Netanyahu de former un gouvernement.

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée cette campagne durant laquelle on a tenté de vous mettre hors de course ?

    Ofer Cassif : Personne ne peut savoir quels seront les résultats, mais nous sommes optimistes. Nous avons fait de notre mieux, en parcourant le pays de long en large. Nous espérons que nombreux seront ceux qui iront voter pour la Liste commune, tant au sein de la population arabe que de la population juive démocratique. Tout le monde comprend que nous sommes à un carrefour, qu’il ne s’agit en réalité pas d’un carrefour en X mais en E : soit nous allons droit en enfer, soit nous commençons le changement. Nous en avons vraiment besoin, c’est plus urgent que jamais. Les fascistes et leurs collaborateurs ont tenté de nous empêcher de nous présenter. Nous n’abandonnons jamais. Nous poursuivons notre combat, la justice est de notre côté, nous continuons à lutter contre le fascisme et le racisme.

    « Aller droit en enfer », c’est maintenir Netanyahu au pouvoir ?

    O.C. : Un gouvernement dirigé par Netanyahu, poursuivra l’extermination du peuple palestinien. Au moment où l’on se parle, le génocide continue à Gaza, le nettoyage ethnique en Cisjordanie s’aggrave d’heure en heure. Et, avec cela, la persécution au sein même d’Israël, des citoyens palestiniens et, plus généralement, de ceux qui font entendre une voix alternative et critique à l’égard du gouvernement. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour nous interdire d’agir, pour nous réduire au silence. Il est donc évident que s’ils reprennent le pouvoir, ils achèveront leur œuvre, pour ainsi dire. Cela signifie un nettoyage ethnique total et l’extermination des Palestiniens, y compris au sein de l’État souverain d’Israël. Je n’exagère pas quand je dis que c’est une question de vie ou de mort. De toute évidence, nous avons besoin d’un changement de toute urgence. Le prochain gouvernement, même s’il est dirigé par Gadi Eisenkot, ne mettra pas fin à l’occupation, aux guerres et à la colonisation de la Syrie ou du Liban. Mais si nous sommes assez forts et que nous parvenons à exercer davantage de pression, alors il est certain que certains crimes vont cesser. Commençons par mettre fin au génocide à Gaza, par nous retirer de là-bas et démanteler les nids du terrorisme, à savoir les soi-disant « avant-postes ». Et bien sûr, mettre fin à l’assaut fasciste contre la société israélienne sur le plan intérieur. Ces mesures, le prochain gouvernement, s’il n’est pas dirigé par Netanyahu, pourrait les prendre.

    Le président américain Donald Trump lui a apporté son soutien.

    O.C. : Je trouve tout à fait normal qu’une merde trouve une autre merde à son goût (sic). Il a soutenu Milei, il a soutenu Bolsonaro, il a soutenu Orbán. Il a toujours soutenu la lie de l’humanité. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’il le fasse encore une fois.

    Le coût de la vie est également l’un des enjeux de ce scrutin ?

    O.C. : Le coût de la vie en Israël est extrêmement élevé. Les prix des biens de première nécessité comme l’alimentation, le logement, l’éducation et les soins de santé, sont sans commune mesure avec ceux de la plupart des autres pays de l’OCDE, et même de certains qui n’en font pas partie. Cela inquiète beaucoup la population. Alors, pourquoi les gens en Israël, contrairement à ce qui se passe actuellement en Espagne, en France, et ailleurs, ne descendent-ils pas dans la rue ? Parce qu’ils sont totalement absorbés par les soi-disant questions de sécurité, du danger venant du Hamas et du Hezbollah. C’est l’une des raisons pour lesquelles ce gouvernement, qui a toujours servi les capitalistes et les classes dirigeantes, souhaite entretenir cette situation de peur, de rage et de frustration, car cela détourne l’attention des masses des questions de classe liées au coût de la vie. Et ce, afin de la recentrer sur la survie élémentaire face au risque réel, telle que définit par le gouvernement et la plupart des partis d’opposition, à savoir les Palestiniens et les pays arabes voisins.

    Le système éducatif aussi est
    en déclin. Comment l’expliquer
     ?

    O.C. : Le système éducatif n’existe littéralement pas. C’est une combinaison de deux choses. Tout d’abord, dans la pratique, même si ce n’est pas toujours légal, les parents payent de plus en plus cher pour l’éducation de leurs enfants dès leur plus jeune âge. L’autre, c’est que l’État, s’implique de plus en plus dans le contenu de l’enseignement. Au lieu de rendre les jeunes Israéliens plus ouverts d’esprit et plus sceptiques, on leur fait un lavage de cerveau avec des absurdités nationalistes, racistes et colonialistes. Les jeunes Israéliens d’aujourd’hui comptent parmi les plus ignorants du soi-disant « monde occidental ». Ce n’était pas comme ça il y a 30 ans ou 40 ans. C’est beaucoup plus facile pour un dictateur de gouverner ses sujets s’ils sont ignorants.

  • [La jeunesse européenne se révolte] En Albanie, « on ne trouve pas de travail »

    [La jeunesse européenne se révolte] En Albanie, « on ne trouve pas de travail »

    La révolte, à laquelle prend part la jeunesse vise un objectif précis :
    la démission du Premier ministre Edi Rama, accusé de corruption. Ce dernier, qui travaille avec Paris et Rome, conspue une mobilisation «
     en lien avec des événements survenus dans d’autres villes impliquant un mouvement anarcho-syndicaliste connu sous le nom d’Antifa ». Comme un air de déjà vu.

    Flavia Osmani, militante du mouvement Ensemble, informaticienne.

    « Ce qui se passe aujourd’hui c’est la poursuite de la Révolution des Flamants Roses. Après 140 jours de manifestations pacifiques, nous avons vu une transformation de ce mouvement auquel les lycéens, étudiants et professeurs se sont greffés. C’est désormais une révolte. Notre principale revendication c’est la démission d’Edi Rama. Les étudiants parlent aussi des conditions de vie, de la hausse des prix et de l’état de l’université en Albanie. Les lycéens, eux, disent ne pas voir de futur ici, ils n’envisagent pas leur vie en Albanie. Car même si on est diplômés, on ne trouve pas de travail. Face à ça, les manifestations sont réprimés, c’est presque un état de terreur. Si on porte des masques pour se protéger des gaz lacrymogènes, on peut être arrêté et, dans certains cas, passés à tabac. »

  • [Entretien] Edwy Plenel : « Nous jouons notre avenir à la roulette russe présidentielle »

    [Entretien] Edwy Plenel : « Nous jouons notre avenir à la roulette russe présidentielle »

    La Marseillaise : Quel est le sens de votre venue en Vaucluse, territoire où l’extrême droite est ancrée depuis longtemps ?

    Edwy Plenel : Le thème, c’est la question démocratique face à la montée non seulement en France, mais aujourd’hui à l’échelle du monde entier, de l’extrême droite. Mon premier livre, j’avais 32 ans, c’était en 1984, ça s’appelait L’effet Le Pen. J’ai une constance dans la prise de conscience du fait qu’il y avait un retour en force, progressif, d’abord à l’échelle de la France et avant même l’ébranlement du paysage mondial qui fait qu’aujourd’hui, l’extrême droite a aussi le visage de Donald Trump, de Vladimir Poutine, de Benyamin Netanyahou et de beaucoup d’autres. Je pense qu’il faut dans ce contexte-là comprendre ce qui nous arrive, mettre cela en perspective et surtout se retrouver autour de cette question : « qu’est-ce que c’est qu’un idéal démocratique ? » Je pense qu’on ne peut répondre à la montée de l’extrême droite qu’en ayant un imaginaire alternatif qui donne une force à notre riposte. Toutes les extrêmes droites, où qu’elles soient, veulent rétablir la hiérarchie des origines, en clair, l’inégalité naturelle, qu’il y ait des civilisations supérieures à d’autres, des origines, des couleurs de peau, des religions, des sexes supérieurs à d’autres. Dans un moment comme celui-là, il faut bien prendre conscience que l’essentiel est en jeu.

    Vous estimez que l’élection n’est pas le seul levier démocratique. Qu’entendez-vous par là ?

    E.P. : La démocratie, ce n’est pas simplement voter, c’est des contre-pouvoirs, une justice indépendante, une presse libre, c’est le droit de manifester, le droit de protester, le droit de se syndiquer, le droit de s’organiser, le droit de ne pas penser pareil, de contester, c’est le droit des minorités et pas seulement le droit de la majorité. Tout cela, il faut le défendre et ça dépend de nous toutes et nous tous, et pas seulement d’un bulletin de vote.

    Vous plaidez pour un changement de système ?

    E.P. : La France est un pays très fragile, car nous sommes une démocratie de basse intensité depuis très longtemps, à cause du présidentialisme. Nous n’avons pas le bouclier d’une culture parlementaire, d’une culture décentralisée. Nous voyons bien que nous jouons notre avenir à chaque fois à la roulette russe présidentielle, où la volonté d’un seul confisque le pouvoir de tous. Donc, c’est le défi que nous avons à nouveau dans six mois, avec une élection présidentielle où, encore plus que jamais, l’extrême droite peut rafler tous les leviers du pouvoir, simplement en gagnant l’Élysée et en obtenant l’élection de sa candidate à la présidence de la République.

    Suite aux révélations sur Jordan Bardella, Marine Le Pen a parlé de « costard en Kevlar » pour les journalistes. Qu’en pensez-vous ?

    E.P. : Ces déclarations montrent une culture non démocratique, de non-respect de la presse et une culture de violence, puisque ce sont presque des menaces physiques à l’égard de Mediapart et ses journalistes. Nous faisons notre travail en publiant des informations vérifiées, recoupées, d’intérêts publics, en l’occurrence nos révélations. Tout l’embarras du RN montre que la dédiabolisation est une légende et qu’en fait, c’était de la dissimulation. Qu’au cœur de ce mouvement, il y a son ADN historique au cœur de la culture de l’extrême droite française. Derrière la xénophobie, le racisme, il y a cette longue durée de l’antisémitisme français.

  • Aleida Guevara est venue semer les graines de la solidarité pour Cuba

    Aleida Guevara est venue semer les graines de la solidarité pour Cuba

    Almeida Guevara est dans la région depuis quelques jours dans le cadre du projet « Semblas de solidaridad », qui signifie en français « graines de solidarité », qu’elle vient justement semer au travers de ses interventions. Venue rappeler les difficultés cubaines face au blocus impérialiste américain, elle souligne la nécessité de donner une voix à la cause cubaine.

    Les militants de l’association France-Cuba dénoncent une guerre silencieuse, alors que l’étreinte économique, qui étouffe Cuba, s’est renforcée avec la réélection de Trump en 2024. « Le blocus sert à faire comprendre qu’une sanction éternelle s’abattra sur celui qui se dresse face à l’impérialisme américain », commente Aleida Guevara, au sujet du durcissement de l’embargo, qui constitue un danger fatal pour la santé des Cubains.

    Les nouvelles lois américaines sanctionnent toute importation de médicaments vers Cuba si au moins 10% sont produits aux États-Unis, alors que près de 80% des brevets du secteur médical sont déposés par des entreprises américaines. Cuba se retrouve donc privée d’un accès vital aux innovations médicales. « On passe par des intermédiaires pour obtenir des médicaments américains afin qu’ils ne sachent pas d’où vient la demande, mais la superposition de ces intermédiaires fait augmenter le tarif de manière conséquente. C’est comme ça dans tous les domaines de la vie quotidienne », se lamente Aleida Guevara.

    Les pénuries touchent aussi le secteur de l’énergie et pèsent lourd sur la situation sanitaire de l’île. Celle qui est elle-même médecin cubaine déplore « les longues coupures d’électricité, incompatibles avec le bon fonctionnement d’un hôpital et qui forcent les médecins à opérer à la lumière de leur portable ».

    Des ponts de solidarité

    Devant de nombreuses personnes venues l’écouter à La Marseillaise, Aleida Guevara appelle à la solidarité internationale : « Elle est importante pour celui qui la reçoit, mais aussi pour celui qui la pratique. Cela permet de grandir en tant qu’humain, c’est ce que je retiens de mon expérience en tant que médecin internationaliste. » Elle porte aussi un message d’espoir pour la population cubaine : « J’essaie de rendre par tous les moyens l’amour que j’ai reçu du peuple cubain. Nous endurons ce blocus depuis 65 ans, mais nous avons toujours su aller de l’avant. Le peuple cubain est toujours décidé à poursuivre dans la voie du socialisme. »

    Léo Purguette, président de notre journal, a salué sa venue en lançant : « Vive la Résistance ! Viva la Révolution »

    Ce vendredi, jour anniversaire de la mort de son père, Ernesto « Che » Guevara, sa fille rencontrera les organisations syndicalistes des Bouches-du-Rhône avant de tenir une nouvelle conférence (complète) aux rotatives de La Marseillaise.

  • En tournée pour la cause cubaine, Aleida Guevara fait étape à Avignon

    En tournée pour la cause cubaine, Aleida Guevara fait étape à Avignon

    Après Béziers puis Montpellier et avant deux rendez-vous à Marseille ce jeudi 8 octobre à 18h30 aux Rotatives de La Marseillaise et vendredi 9 à 14h30 à l’Union départementale de la CGT, Aleida Guevara, fille du « Che », sera à Avignon, ce mercredi 7 octobre. Elle interviendra lors d’une conférence-débat autour de Cuba de 18h15 à 20h30 dans la salle Camille Claudel du centre hospitalier de Montfavet.

    Médecin comme son père, elle se rend en Cité des Papes dans le cadre du projet « Semillas de Solidaridad » (graines de solidarité en français) afin d’évoquer la situation sanitaire très difficile que connaît Cuba depuis plusieurs années. Une problématique qui s’est encore dégradée depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en 2025.

    « Le peuple cubain est en très grande difficulté car plus rien ne passe et ils n’ont aucun moyen de s’approvisionner. Que ce soit en pétrole ou en alimentation à cause d’une véritable barrière mise en place par les Américains. Même si on veut les aider et envoyer des produits de première nécessité, on est bloqués par tout ça », précise Nicole Rives, présidente de l’association France Cuba Vaucluse.

    Invisibilisés

    Un événement pour permettre, donc, de visibiliser la cause du peuple de la plus grande île des Caraïbes. « C’est tellement difficile d’avoir des retours sur la situation cubaine. C’est une situation quasi invisibilisée par les médias », poursuit la présidente associative. Une venue qui est aussi l’occasion d’envisager des évolutions dans les relations de chacun avec Cuba. L’association organisatrice évoque par exemple la possibilité d’ouvrir des « perspectives concrètes ». Tel que « des échanges universitaires » ou encore un « soutien institutionnel à la levée du blocus ».

    Le choix du lieu est aussi à noter. Aleida Guevara était en effet déjà venue au Centre Hospitalier de Montfavet. C’était en l’an 2000. Vingt-six ans plus tard, la situation s’est encore dégradée sous la pression des États-Unis qui ont annoncé, fin septembre, encore durcir les sanctions.

    Informations supplémentaires
    et inscription au 06.75.47.56.53 ou au 04.90.38.23.03

  • [Entretien] Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Iris : « Lula doit convaincre les abstentionnistes »

    [Entretien] Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Iris : « Lula doit convaincre les abstentionnistes »

    La Marseillaise : Flavio Bolsonaro est en tête de deux points à l’issue de ce premier tour et il bénéficie de la réserve de voix des autres candidats de droite. Comment analysez-vous ce résultat qui n’était pas celui annoncé par les sondages ?

    Christophe Ventura : C’est une demi-surprise. On sait bien que la polarisation est très forte au Brésil et que le bolsonarisme est puissant et qu’il était plutôt poussé par les sondages ces derniers temps. Sur le premier tour, on a des résultats, en ce qui concerne la présidentielle, qui sont un peu l’inverse de ce que disaient les médias. Les sondages montraient qu’il y aurait 2-3 points d’écart à l’avantage de Lula et c’est Bolsonaro qui sort en tête avec ces points d’avance. Ce qui n’est pas une surprise, en revanche, ce sont les résultats au niveau du congrès brésilien et du Sénat en particulier, ainsi qu’au niveau des 27 États fédérés du Brésil. De ce point de vue là, la poussée des droites annoncée a été confirmée, puisque 15 États sur 27 sont aux mains du bolsonarisme désormais. Pour Lula, le résultat est mauvais, il a baissé en vote partout par rapport au score qu’il avait fait en 2022 contre Jair Bolsonaro. Plus que ce que les sondages indiquaient, y compris dans ses fiefs électoraux comme le Nordeste, où, en général, il caracole en tête. Il a gagné là-bas, mais moins que d’habitude.

    Ce second tour s’annonce très compliqué. Les reports de voix sont plus favorables à Bolsonaro qu’à Lula qui n’a plus beaucoup de réserve de voix. Bolsonaro peut s’attendre à un ralliement plus important des droites dont les voix se sont éparpillées sur les autres candidats. Pour Lula, le trou de souris, si j’ose dire, pour pouvoir faire une remontada, c’est la mobilisation totale de la gauche et de tous les gens qui sont avec lui dans la coalition. Mais c’est aussi, peut-être, d’essayer de convaincre des 33,4 millions d’abstentionnistes. Est-ce que dans ce stock d’abstentionnistes, certains vont retourner voter au second tour pour éviter que l’extrême droite ne l’emporte ? C’est peut-être la seule clé pour Lula désormais.

    Comment expliquez-vous le résultat de Lula ? Son bilan est-il mauvais ?

    C.V. : Si on s’intéresse aux questions économiques et sociales, le bilan de Lula est plutôt bon pour un président sortant qui a gouverné avec un congrès à majorité conservatrice, il faut toujours le rappeler. Il avait des marges de manœuvre assez restreintes. Pourtant, il y a eu des avancées du point de vue de la croissance, l’emploi, la hausse des salaires, etc. Ce mauvais résultat s’explique par une combinaison de choses. La première est le fait qu’encore une fois, Lula a gouverné dans un pays où le bolsonarisme est une force très puissante qui représente à peu près la moitié de la population brésilienne. Celle-ci est unie à la fois par un rejet de Lula, du Parti des Travailleurs (PT), une haine de la gauche au Brésil après les années 2010. Les gens qui sont derrière Jair Bolsonaro considèrent que son emprisonnement est une injustice. C’est un peu comme avec Trump. La base sociale du bolsonarisme fait fi des évolutions économiques, sociales ou de la réalité de la justice brésilienne et reste derrière son champion. Ce qui semble avoir dominé la campagne, c’est moins le bilan du gouvernement que les diatribes, les polarisations, les insultes. Les questions liées à l’insécurité, aux cartels mais aussi à la corruption ont été au centre du débat. Ajoutons à cela la guerre culturelle : la droite et Bolsonaro tapent sur Lula en disant qu’il est le protecteur à la fois des minorités, des LGBT et du wokisme. Il y a un vote religieux très fort au Brésil. Et aujourd’hui, les évangélistes qui représentent un tiers de l’électorat votent massivement pour Bolsonaro au nom de la défense des valeurs chrétiennes, de la famille traditionnelle et, pour eux, Lula, c’est le camp des dégénérés. Je pense également qu’il paye ses 80 ans. Il y a certainement des jeunes primos électeurs, une génération qui arrive avec l’envie de changement, indépendamment de savoir s’ils sont d’accord ou pas avec lui.

    Au-delà du coup d’État, Jair Bolsonaro, le père, a été condamné pour « tentative d’abolition violente de l’État de droit démocratique ». C’est le risque que fait peser un retour de l’extrême droite au pouvoir ?

    C.V. : Oui, bien sûr, ce qui se joue, ce sont les pulsions autoritaristes du bolsonarisme et de l’extrême droite en général. Ce n’est pas la dictature mais la restriction des droits individuels et collectifs, gagnés justement par les combats, les luttes sociales, et qui assume aussi de discipliner le corps social s’il y a des contestations. C’est, comme l’avait fait en son temps Bolsonaro père, l’arrêt du financement par l’État de politiques et de programmes qui visent à défendre les droits des minorités et des femmes. C’est un pouvoir réactionnaire. Quand vous avez une force politique, dont le premier dirigeant a conspiré pour ne pas accepter les résultats d’une élection, assassiner le président Lula et un juge, vous savez à quoi vous avez à faire.

    Donald Trump, qui espère rallier tout le continent, a-t-il pesé sur cette élection ?

    C.V. : C’est l’objet de mon article du mois dans Le Monde diplomatique. Les ingérences américaines au Brésil, ce n’est pas nouveau, ça existe depuis très longtemps. Mais Trump, depuis son retour au pouvoir, n’a eu de cesse de s’immiscer dans la vie politique brésilienne. D’abord avec les droits de douane qu’il impose au Brésil constamment et dont la seule justification, c’est le fait que son copain Bolsonaro est en prison. Ce qu’il estime être une injustice. Ces politiques de taxe douanière sont demandées par les fils de Bolsonaro, Flavio et son frère Eduardo, qui vit aux États-Unis. Ce dernier a écopé de quatre ans de prison parce que justement, il a demandé et obtenu de Trump qu’il applique des droits de douane contre le Brésil.

    Je suis très inquiet car je pense que pour ce second tour, on risque d’avoir encore des mots, des tweets, des posts sur Truth Social [le réseau social du président américain, Ndlr.] de Donald Trump en permanence, pour que son candidat Flavio Bolsonaro, l’emporte. Parce que gagner le Brésil, c’est faire basculer tout le continent. Cela aura une répercussion mondiale. Pour Trump, c’est autre chose que l’Équateur ou même la Colombie.

    C’est un coup de tonnerre au Brésil : le président sortant Lula da Silva est devancé de deux points par Flavio Bolsonaro (45% contre 47%) à l’issue de ce premier tour de l’élection présidentielle. Avec 56 millions de voix, il a fait mieux que son père, l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro, qui en avait engrangé 49 millions quand il avait été élu en 2018 et 51 millions quand il avait perdu face à Lula en 2022. S’il est élu au second tour, il bénéficiera d’un Parlement penchant fortement à droite. Pour le champion de la gauche, âgé de 80 ans et en quête d’un quatrième mandat non consécutif, l’enjeu est désormais de convaincre les 21% d’abstentionnistes et les électeurs qui ont voté blanc.