Tag: Donald Trump

  • L’escalade de la guerre entre Trump, ses alliés et l’Iran

    L’escalade de la guerre entre Trump, ses alliés et l’Iran

    « Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée », a déclaré le président américain selon ses propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

    L’armée jordanienne a déclaré mercredi avoir abattu cinq missiles iraniens, tandis que les Gardiens de la Révolution iraniens ont confirmé avoir visé des installations militaires américaines en Jordanie. Donald Trump a dit que « les forces américaines n’ont eu que quelques minutes pour abattre ces missiles balistiques iraniens qui arrivaient », selon le journaliste Trey Yingst, qui s’est entretenu hors antenne avec le président.

    Le reporter l’a aussi interrogé sur les bombardements menés par les États-Unis et de l’Arabie saoudite contre des positions de groupes armés pro-iraniens en Irak, en réponse à des attaques contre des cibles américaines et des installations pétrolières saoudiennes. Le président américain « a dit que ces frappes étaient coordonnées avec le gouvernement irakien », a déclaré le journaliste.

    Peu avant, la présidence irakienne a pourtant dénoncé, sans nommer les États-Unis ni l’Arabie saoudite, « les bombardements qui ont visé les bases du Hachd al-Chaabi », une alliance de groupes armés irakiens qui inclut des factions pro-iraniennes, les considérant comme une « attaque inacceptable et une violation flagrante de la souveraineté de l’Irak, visant ses institutions officielles ». Selon le Hachd al-Chaabi, qui dénonce une « agression », au moins 20 de ses membres ont été tués et 32 blessés dans ces frappes. Donald Trump a, selon ses propos rapportés par Fox News, « qualifié ces milices pro-iraniennes de cancer pour le monde et dit qu’il envisageait des mises en garde supplémentaires contre les soutiens de l’Iran ».

    La reprise des hostilités au Moyen-Orient survient après une accalmie de plusieurs jours dans le conflit.

    Cours du pétrole

    à la hausse mercredi

    De son côté, la télévision d’État iranienne a annoncé mercredi que les États-Unis avaient mené des frappes sur une ville du nord-ouest du pays, à la frontière avec l’Irak. « Il y a quelques minutes, un secteur situé dans la région frontalière de Piranshahr a été touché par des frappes aériennes de l’ennemi américain », a rapporté la télévision d’État. Une puissante alliance armée pro-Iran irakienne a jugé mercredi « inévitable » une riposte aux frappes américano-saoudiennes meurtrières qui ont ciblé l’Irak, après que des missiles en provenance du pays ont visé l’Arabie saoudite. « Notre riposte contre l’ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite », a affirmé dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, nébuleuse qui a revendiqué des centaines d’attaques contre des installations américaines dans la région depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

    Les cours du pétrole repartent à la hausse mercredi en raison de la reprise des frappes au Moyen-Orient qui suscite des inquiétudes pour l’approvisionnement en or noir, après une accalmie des hostilités de plusieurs jours. « Ces évolutions jettent un froid sur l’idée d’une désescalade rapide » dans le Golfe, estiment les analystes du cabinet d’économistes ING Warren Patterson et Ewa Manthey. Avec les infrastructures pétrolières saoudiennes de plus en plus prises pour cible, le risque de perturbations de l’approvisionnement prolongées augmente », affirment-ils.

  • [Chroniques méditerranéennes] Regard sur l’Espagne : de la communion nationale à l’indignité régionale

    [Chroniques méditerranéennes] Regard sur l’Espagne : de la communion nationale à l’indignité régionale

    La victoire de l’Espagne remportant la Coupe du Monde de football avec une équipe de jeunes, au jeu rigoureux et collectif, représentative d’une Espagne métissée, diverse, fraternelle, solidaire et cette victoire fêtée par tout un peuple heureux de communier, de se rassembler, laissant au vestiaire les différences, les animosités, l’individualisme, et sur la touche le racisme, donne de l’espoir à ceux qui désespèrent de l’être humain et déplorent la dérive vers un monde guerrier et fascisant.

    Ça, c’était en début de semaine. Mercredi, à peine trois jours plus tard, les tenants de la haine, les disciples de Trump, les propagateurs d’une idéologie nauséabonde, les champions de l’exclusion et du racisme qui jouent dans la même équipe que Marine le Pen et Jordan Bardella, se sont illustrés au parlement de la communauté autonome de Valencia en faisant voter, une première en Espagne depuis Franco, une loi régionale, indigne, de « Priorité nationale ».

    La droite (Parti Populaire) et l’extrême droite (Vox) votent donc la « priorité nationale » et les budgets qui vont avec dans cette communauté de 5,4 millions d’habitants. L’extrême droite dans toutes les régions où elle participe à l’exécutif essaye de faire adopter cette loi, alors qu’elle n’y parvient pas au niveau national. C’est donc par le biais des régions, que ce parti pro franquiste instille son poison raciste, et donc la communauté valencienne aura le triste privilège de mettre en place cette politique d’exclusion d’une partie de la population. Une région qui devient première au classement des champions de l’indignité régionale. Cette loi de « priorité nationale » défendue par Vox concerne notamment l’accès au logement et les aides sociales. Avec ces budgets votés ce mercredi c’est la troisième fois que votent ensemble la majorité constituée par le Parti Populaire et Vox depuis 2023. Voilà qui, après l’euphorie de cette belle fête autour de cette jeune et belle équipe d’Espagne, a de quoi rappeler la réalité politique du pays. D’une part une Espagne exemplaire en Europe, parce que progressiste et le démontrant en portant une politique volontariste, en faveur des migrants et des Palestiniens, une politique sociale dans le pays avec des avancées certes insuffisantes mais qui n’ont jamais été aussi loin, une Espagne qui refuse à Trump l’usage de ses bases pour bombarder les populations civiles en Iran, et d’autre part une droite et extrême droite qui mine le terrain de la démocratie, un PP qui jure qu’il ne s’alliera pas avec Vox pour gouverner au plan national, mais qui use de l’autonomie des régions pour expérimenter une alliance droite extrême droite déjà en place. Alors pour revenir à cet événement sportif, cette victoire, qui a enthousiasmé toute l’Espagne et bien au-delà, on se prend à rêver d’un monde sans guerres, humain et solidaire, je partage ce commentaire que j’ai relevé sur les réseaux sociaux après le match de la finale : « Ce soir, beaucoup de citoyens à travers le monde n’ont pas seulement vu onze joueurs en maillot rouge soulever une coupe : ils ont vu un symbole, une revanche, un petit moment où le récit du monde semblait pencher du côté des justes. » Mais aussi on a pu voir un grossier personnage, président des États-Unis déçu de la défaite de l’Argentine qui a voulu s’imposer sur la photo de l’équipe espagnole triomphante. Insupportable pour ce va-t’en guerre, obligé de remettre des médailles aux joueurs de l’équipe d’un pays qu’il ne supporte pas.

    Finalement, Trump fut « exfiltré » du champ des caméras, la fête a pu continuer pour les champions heureusement débarrassés de l’intrus. Encore une belle image porteuse d’espérance.

  • Une Coupe du monde avec son lot de polémiques

    Une Coupe du monde avec son lot de polémiques

    S’il y avait des doutes avant le début de la Coupe du monde sur l’ambiance et l’attractivité de la compétition, force est de constater qu’au niveau du jeu, le Mondial a été plutôt réussi. Les matches étaient plaisants, les stars ont répondu présentes comme rarement lors d’un Mondial et plusieurs équipes jugées plus faibles ont réussi de belles surprises. Éliminé en 16e de finale, le Cap-Vert est par exemple parvenu à marquer de son empreinte cette édition et pourra se targuer de n’avoir perdu aucun match à la fin du temps réglementaire.

    Alors que l’on attendait les frasques de Donald Trump (qui n’a tout de même pas pu s’empêcher d’intervenir pour annuler le carton rouge de Folarin Balogun, l’attaquant des États-Unis), le président américain est resté discret. L’édition a en réalité surtout été marquée par plusieurs sorties racistes.

    Tout a commencé avec l’ex-joueur yougoslave, Rade Bogdanovic. Pour expliquer l’erreur du défenseur belge Nathan Ngoy, l’ancien buteur de l’Atlético Madrid aujourd’hui consultant pour la télévision serbe, n’a regardé que la couleur de sa peau : « J’ai toujours dit que ces joueurs, et je ne suis pas raciste, mais que ces joueurs noirs n’ont pas la concentration pour tenir plus de soixante à quatre-vingt minutes. » L’ancienne star allemande Bastian Schweinsteiger, chouchou d’Angela Merkel à l’époque où la Mannschaft était championne du monde, n’a pas été plus heureux dans ses propos en parlant de la sélection ivoirienne comme d’une équipe « de football africain », « parfois peu orthodoxe, un peu sauvage, pas tout à fait tactique ».

    Malheureusement, ce Mondial, où l’Afrique a brillé puisque 9 des 10 équipes engagées ont passé le premier tour, s’est donc aussi accompagné des pires préjugés racistes.

    Mbappé, « Camerounais issu de la colonisation »

    Mais les propos les plus scandaleux sont arrivés du Paraguay. Suite à l’élimination de l’équipe nationale contre la France (1-0), la sénatrice Celeste Amarilla a violemment attaqué Kylian Mbappé. Sur X, elle écrit à propos du numéro 10 tricolore : « Cet abruti n’a même pas appris à écrire. Au lieu de téter le lait maternel, il tétait des noix de coco, et les êtres les plus instruits qu’il ait jamais entendus étaient des chimpanzés. Un Camerounais issu de la colonisation, s’efforçant désespérément de passer pour un Français. »

    Les propos de la parlementaire membre de l’opposition ont fait le tour de la planète. Mbappé a alors reçu le soutien de la FIFA, de l’UEFA, de la FFF, du gouvernement paraguayen qui a présenté ses excuses à la France, de l’ONU et de nombreux responsables politiques dont le chef de l’État français. Le parquet de Paris a même ouvert une enquête contre la sénatrice paraguayenne.

    La sénatrice a profité de cette réponse pour réaffirmer ses propos et insulter à nouveau le capitaine tricolore de « fils de p*** ». Ses déclarations rappellent les chants et insultes déjà entendus en Argentine après la victoire de l’Albiceleste lors du dernier championnat du monde. Mais ces propos sont aussi audibles en France. Sur les réseaux sociaux, l’équipe de France, pas assez « blanche » selon certains, est régulièrement qualifiée « d’équipe africaine » qui ne représenterait donc pas les Français. Les propos de Kylian Mbappé ou de Jules Koundé contre l’extrême droite ne sont pas non plus passés inaperçus de ce côté de l’échiquier politique.

  • Le énième volte-face de Trump au sommet de l’Otan

    Le énième volte-face de Trump au sommet de l’Otan

    Le sommet de l’alliance transatlantique s’est clôturé hier à Ankara. Et, encore une fois, c’est Donald Trump qui a mené la danse, imposant son rythme aux 32 États membres. Dans la matinée, il lâche : « Je suis très en colère contre l’Otan parce qu’ils n’ont pas voulu nous aider face au principal État qui soutient le terrorisme, à savoir l’Iran. » Les États-Unis ont mené la veille une série de frappes sur la République islamique. « Le cessez-le-feu est terminé », proclame Trump, « nous allons frapper l’Iran ce soir », prévient-il, estimant qu’« il n’y a rien que les Iraniens puissent faire pour nous empêcher (…) ils méritent ce qui va leur arriver ». Et les Européens se couchent. Pour Emmanuel Macron, « les Iraniens ont eu tort de frapper ». Des tirs sont imputés à Téhéran sur trois navires commerciaux.

    À ce manque de soutien dans sa guerre lancée avec Israël au Moyen-Orient, Trump expose une autre de ses frustrations : « Le Groenland est très important pour les États-Unis, mais n’est pas important pour le Danemark », estime-t-il au sujet du territoire autonome danois. Forçant la Première ministre du Danemark Mette Frederiksen à réaffirmer que le Groenland « n’est pas à vendre ». Puis, le chef d’État étasunien s’en prend à l’un des rares gouvernements qui osent le défier : l’Espagne, qu’il qualifie de « cause perdue », assurant que Washington allait « cesser tout échange commercial » avec Madrid accusé de ne pas participer aux dépenses de défense de l’Otan. Face à ces pressions, le Premier ministre Pedro Sanchez calme le jeu et loue des relations « très positives » avec les États-Unis.

    Les alliés ont tout donné pour amadouer le milliardaire républicain, le convaincre de rester et éviter tout accès de colère dont il est coutumier. Dès lors, après les dorures du château de Versailles à la fin du sommet du G7, l’Otan sort cette fois le chéquier. Son secrétaire général, Mark Rutte a évoqué des contrats d’armement à hauteur de 50 milliards de dollars, entre les États membres « et des entreprises des deux côtés de l’Atlantique ». Les Européens veulent prouver aux États-Unis qu’ils investissent dans leur propre sécurité, craignant de voir Trump se retirer totalement du continent, ce qu’il a menacé de faire à moult reprises.

    À l’issue du sommet, les pays de l’Alliance atlantique ont confirmé leur engagement « indéfectible » envers la clause d’assistance mutuelle, consacrée par l’article 5 du traité.

    Déclaration commune autour de l’article 5

    « Une attaque contre un Allié est une attaque contre tous », est-il ainsi inscrit dans un texte commun, « notre unité, notre solidarité et notre force collective restent le socle sur lequel reposent la paix, la sécurité et la prospérité ».

    Les courbettes ont payé, le ton du président américain s’est apaisé. « C’était une très bonne rencontre, il y avait beaucoup d’amour dans la pièce, beaucoup d’unité », fait-il valoir. Aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, son homologue américain juge que les frappes sur la Russie, pourraient « aider » à mettre fin à la guerre. Et annonce autoriser Kiev à fabriquer des missiles Patriot, indispensables pour intercepter les missiles balistiques russes qui frappent l’Ukraine. Une demande de longue date. S’il ne change pas d’avis d’ici là.

  • Le énième volte-face de Trump au sommet de l’Otan

    Le énième volte-face de Trump au sommet de l’Otan

    Le sommet de l’alliance transatlantique s’est clôturé hier à Ankara. Et, encore une fois, c’est Donald Trump qui a mené la danse, imposant son rythme aux 32 États membres. Dans la matinée, il lâche : « Je suis très en colère contre l’Otan parce qu’ils n’ont pas voulu nous aider face au principal État qui soutient le terrorisme, à savoir l’Iran. » Les États-Unis ont mené la veille une série de frappes sur la République islamique. « Le cessez-le-feu est terminé », proclame Trump, « nous allons frapper l’Iran ce soir », prévient-il, estimant qu’« il n’y a rien que les Iraniens puissent faire pour nous empêcher (…) ils méritent ce qui va leur arriver ». Et les Européens se couchent. Pour Emmanuel Macron, « les Iraniens ont eu tort de frapper ». Des tirs sont imputés à Téhéran sur trois navires commerciaux.

    À ce manque de soutien dans sa guerre lancée avec Israël au Moyen-Orient, Trump expose une autre de ses frustrations : « Le Groenland est très important pour les États-Unis, mais n’est pas important pour le Danemark », estime-t-il au sujet du territoire autonome danois. Forçant la Première ministre du Danemark Mette Frederiksen à réaffirmer que le Groenland « n’est pas à vendre ». Puis, le chef d’État étasunien s’en prend à l’un des rares gouvernements qui osent le défier : l’Espagne, qu’il qualifie de « cause perdue », assurant que Washington allait « cesser tout échange commercial » avec Madrid accusé de ne pas participer aux dépenses de défense de l’Otan. Face à ces pressions, le Premier ministre Pedro Sanchez calme le jeu et loue des relations « très positives » avec les États-Unis.

    Les alliés ont tout donné pour amadouer le milliardaire républicain, le convaincre de rester et éviter tout accès de colère dont il est coutumier. Dès lors, après les dorures du château de Versailles à la fin du sommet du G7, l’Otan sort cette fois le chéquier. Son secrétaire général, Mark Rutte a évoqué des contrats d’armement à hauteur de 50 milliards de dollars, entre les États membres « et des entreprises des deux côtés de l’Atlantique ». Les Européens veulent prouver aux États-Unis qu’ils investissent dans leur propre sécurité, craignant de voir Trump se retirer totalement du continent, ce qu’il a menacé de faire à moult reprises.

    À l’issue du sommet, les pays de l’Alliance atlantique ont confirmé leur engagement « indéfectible » envers la clause d’assistance mutuelle, consacrée par l’article 5 du traité.

    Déclaration commune autour de l’article 5

    « Une attaque contre un Allié est une attaque contre tous », est-il ainsi inscrit dans un texte commun, « notre unité, notre solidarité et notre force collective restent le socle sur lequel reposent la paix, la sécurité et la prospérité ».

    Les courbettes ont payé, le ton du président américain s’est apaisé. « C’était une très bonne rencontre, il y avait beaucoup d’amour dans la pièce, beaucoup d’unité », fait-il valoir. Aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, son homologue américain juge que les frappes sur la Russie, pourraient « aider » à mettre fin à la guerre. Et annonce autoriser Kiev à fabriquer des missiles Patriot, indispensables pour intercepter les missiles balistiques russes qui frappent l’Ukraine. Une demande de longue date. S’il ne change pas d’avis d’ici là.

  • Trump fait annuler le carton rouge d’un joueur américain

    Trump fait annuler le carton rouge d’un joueur américain

    Les médias internationaux le qualifient déjà de « plus grand scandale de la coupe du monde ». Le président Américain, qui ne se cache pas de sa longue amitié avec le président de la Fifa (Fédération internationale de football association) depuis 2016, Gianni Infantino, l’a contacté afin de faire réexaminer la suspension prévue contre Folarin Balogun. Donald Trump a jugé la décision de l’arbitre de « très douteuse » et « injuste ».

    L’attaquant des États-Unis avait reçu un carton rouge mercredi 1er juillet lors du match contre la Bosnie-Herzégovine pour s’être réceptionné avec ses crampons sur la jambe de l’adversaire Bosnien Tarik Muharemovic après un saut.

    L’action avait été réexaminée longuement avec l’aide de la VAR (l’assistance vidéo à l’arbitrage) et l’arbitre avait conclu à « un geste constituant une faute grave mettant en danger l’intégrité physique de son adversaire. » Le joueur américain devait être exclu du match suivant comme le prévoit l’article 10.5 du code disciplinaire de la Fifa.

    Cependant, un autre article, le 27, vraisemblablement introduit par Gianni Infantino lui-même en 2019 selon le journal sportif l’Équipe, permet également d’atténuer, modifier ou lever une sanction. C’est celui qui a été utilisé afin d’annuler l’interdiction de jouer le prochain match pour Balogun permettant à l’attaquant de disputer la rencontre avec la Belgique en toute impunité mardi soir.

    « Une injustice »

    Alors que le président américain salue déjà la « réparation d’une grande injustice » sur son réseau social Truth, Mauricio Pochettino, le sélectionneur de l’équipe américaine, a félicité lui aussi Gianni Infantino pour avoir levé la sanction de son attaquant.

    En revanche, le président de l’UEFA (l’Union européenne des associations de football) ne cache cependant pas sa stupeur et parle de « ligne rouge » franchie par la Fifa : « Lorsque la certitude des règles n’est plus garantie par ses gardiens, c’est l’intégrité de la discipline qui est en jeu et la crédibilité d’une compétition qui est mise à mal.(…)Nous tenons à exprimer notre incrédulité face à une décision aussi inédite, incompréhensible et injustifiable. »

    Le ministre Belge des affaires étrangères Maxime Prévot a jugé « incompréhensible » l’intervention de la Fifa et évoque un « bafouement des règles les plus élémentaires du sport et du football ».

    La ministre des sports de Wallonie Bruxelles Jacqueline Galant complète : « la vraie force c’est de gagner avec fair-play » et ajoute que « c’est ce que les Belges feront demain [ce lundi soir à 20h] », lors de leur match contre les États-Unis. Le sélectionneur des diables rouges, Rudi Garcia a, quant à lui, ironisé : « Je ne savais pas que le 5 juillet correspondait au 1er avril à la Fifa. »

    Une décision qui pourrait faire jurisprudence

    La crainte du monde du football aujourd’hui est que cet article ayant été utilisé pour une décision controversée, beaucoup le réclament désormais pour des cas jugés similaires.

    ET AUSSI

    Les Norvégiens ont refroidi le Brésil

    Après s’être imposée mardi dernier face à la Côte d’Ivoire, la Norvège a dominé les Brésiliens 2-1. Portée par le géant Haaland qui inscrit un doublé en deuxième mi-temps, cette victoire emmène les Vikings directement en quarts de finale, au cours desquels ils affronteront les Anglais ce samedi 11 juillet.

    Neymar raccroche les crampons

    Le n° 10 de la Seleção, Neymar Jr, a annoncé sa retraite à l’issue du match perdu 2-1 contre la Norvège. Sa carrière internationale s’est achevée dans le même stade où elle avait commencé 18 ans plus tôt, avec la sélection brésilienne, non sans amertume, en partant en huitièmes de finale de cette coupe du monde. « ça a commencé ici, ça s’achève ici », a-t-il commenté.

    Les Mexicains battus à domicile

    Dimanche soir les Anglais se sont imposés contre le Mexique chez eux au stade de Mexico City, la victoire 3-2 propulse les Three Lions en quarts de finale grâce notamment à un Jude Bellingham et un Harry Kane en pleine forme. Ils ont inscrit respectivement un doublé à deux minutes d’intervalle en première mi-temps et un but à la 60esur penalty.

    La Colombie de Luis Diaz face aux Suisses

    Le redoutable ailier Colombien Luis Diaz qui affrontera l’équipe suisse, mardi en 8es de finale, fait la fierté des siens. Après une saison exemplaire au Bayern Munich avec 26 buts et 23 passes décisives, son entraîneur le décrivait comme « bon dans le chaos ». Suite à un début de coupe du monde en trombe face aux Ouzbeks, le Colombien s’est tout de même fait plus discret en termes de buts inscrits, malgré un jeu très offensif. Et il lui faudra redoubler d’effort face à la tacticité Suisse.

  • Sur l’Iran et l’Ukraine, le G7 affiche une unité de façade

    Sur l’Iran et l’Ukraine, le G7 affiche une unité de façade

    « Ce G7 est objectivement un succès », « il a été un moment d’unité » après une longue période « marquée plutôt par de la fragmentation, des divisions ou des désaccords », s’est targué le président français, hôte trois jours durant de son homologue américain et des autres dirigeants de ce club de grandes puissances (Allemagne, Canada, Italie, Japon, Royaume-Uni) dans la ville thermale des Alpes. Sur l’Ukraine, il a évoqué une « remobilisation du G7 » jugée « extrêmement importante » pour accroître la pression sur Moscou : les pays membres, États-Unis inclus, ont « acté » selon lui qu’il n’y avait « pas de volonté sérieuse de la Russie » de négocier une fin du conflit.

    Pour Emmanuel Macron, « il y a eu un moment Evian à coup sûr, sur l’Ukraine », « un changement très profond de l’approche » de Donald Trump, plus à l’écoute du président ukrainien Volodymyr Zelensky après l’avoir humilié dans le bureau ovale. Habituellement réticent à soutenir Kiev, le président américain a estimé mardi que la Russie « devrait conclure un accord », et que Washington pourrait réimposer des sanctions levées. Les États-Unis et les pays européens du G7 vont en outre produire « sous licence » en Ukraine des missiles de longue portée et des systèmes de défense antiaérienne, des armements réclamés avec force par Volodymyr Zelensky.

    Déclarations conjointes

    Le chancelier allemand Friedrich Merz a quant à lui confirmé que les entreprises américaines pourront notamment accorder des licences à cette fin à des fabricants européens. Interrogé, l’imprévisible milliardaire républicain s’est dit prêt à l’envisager, sans s’y engager clairement. Dans une rare déclaration conjointe incluant Donald Trump, réticent à apposer sa signature sur des textes issus de ces grands-messes multinationales et qui avait même quitté prématurément le précédent sommet au Canada, le G7 « reconnaît l’intégrité territoriale ukrainienne », a même assuré Emmanuel Macron. La formulation du communiqué est un peu plus subtile, puisqu’elle affirme que les dirigeants du forum sont « unis » dans leur « soutien indéfectible à l’Ukraine alors qu’elle défend sa liberté, sa souveraineté et son intégrité territoriale ». Emmanuel Macron, qui a assuré avoir « toujours eu confiance » en son homologue américain, a en tout cas réussi son pari de faire rester Donald Trump, avant un dîner au château de Versailles dans la soirée.

    Les dirigeants européens, canadien et japonais se sont répandus en félicitations pour l’accord conclu par les États-Unis avec l’Iran juste avant le sommet, qui permet de mettre fin à une guerre dont ils n’avaient pas voulu, que Trump a déclenché seul aux côtés de son allié israélien, et de rouvrir le détroit d’Ormuz, dont le blocus pesait sur toute l’économie mondiale. Ce protocole d’accord « offre une opportunité historique d’empêcher l’Iran d’acquérir toute arme nucléaire et de s’attaquer aux menaces liées à ses activités régionales et balistiques », ont-ils salué dans une rare déclaration conjointe, publiée dans la nuit de mardi à mercredi. À l’avant-veille de la signature en Suisse du texte, Donald Trump a néanmoins encore menacé de recommencer à « balancer des bombes en plein dans [les] têtes » des dirigeants iraniens s’ils « ne se comportent pas bien ». Qui sait ce qu’il décidera demain.

  • [Entretien] « La réouverture d’Ormuz sera la question centrale de cette réunion »

    [Entretien] « La réouverture d’Ormuz sera la question centrale de cette réunion »

    La Marseillaise : Enfin la signature de cet accord tant attendu entre les États-Unis et l’Iran ?

    David Rigoulet-Roze : C’est un protocole d’accord, soit un accord cadre qui fixe des paramètres généraux. On spécule beaucoup sans disposer pour autant de la teneur exacte du texte. On a une idée de ce qu’il y a dedans, notamment sur deux points principaux : la réouverture du détroit d’Ormuz, avec des modalités incertaines pour l’instant et des narratifs contradictoires, ainsi que la question nucléaire dans une seconde séquence. Pour le reste, il semblerait que la question des missiles ne soit pas mentionnée explicitement, ni celle des proxys, ce qui ne convient pas à Israël.

    L’administration Trump affirme qu’il n’y aura pas de péage dans le détroit d’Ormuz tandis que Téhéran annonce le contraire. Qui croire ?

    D.R.-R. : Ce n’est pas clair du tout, d’autant que Mehr, une des agences du régime iranien, laisse entendre – ce qui n’a pas été confirmé, ni infirmé officiellement – que les Américains auraient potentiellement accepté le principe de frais de gestion, un peu comme ce qui existe au niveau du détroit du Bosphore et des Dardanelles. La différence, c’est que la Turquie gère les deux rives. Si ça devait être le cas, ce serait une victoire pas seulement symbolique pour les Iraniens. Mais, pour l’instant, rien n’est moins sûr. La position officielle des Américains, ainsi que de la Chine d’ailleurs, c’est la restauration de la libre circulation du transit. Cela montre à quel point il faut être prudent sur les attendus sémantiques et linguistiques du protocole d’accord.

    Qui ressort « victorieux»  de cette séquence ?

    D.R.-R. : Il est difficile de le dire de manière définitive tant qu’on ne dispose pas des termes précis de l’accord. Chaque partie va faire en sorte de montrer qu’elle a gagné, ça fait partie du jeu. Pour évaluer ce qu’il en est réellement, il faut attendre de voir ce qui est demandé, ce qui a été validé et selon quelles modalités et/ou contraintes. Si l’on écoute les détracteurs avérés – parfois avec raison – de Donald Trump : c’est un échec total des États-Unis et une victoire de l’Iran. Pour les défenseurs de Donald Trump, c’est l’inverse. Une cérémonie de signature officielle est prévue vendredi et là, on aura le texte qu’on n’a pas pour l’instant.

    Israël a-t-il été impliqué dans ces discussions ?

    D.R.-R. : Non, c’est le problème pour Israël, qui considère ne pas se sentir liée par l’accord en question, ça a été dit publiquement. Sur la question du Liban, Israël Katz [ministre israélien de la Défense, Ndlr.] a dit que, de toute façon, l’armée israélienne ne se retirerait pas. Il s’agirait manifestement d’une demande faite par les Iraniens au dernier moment. Ce qu’il s’est passé, c’est qu’il y a eu un tir de drone de la part du Hezbollah sans doute avalisé par Téhéran sur le nord d’Israël, qui a mécaniquement répliqué en frappant un immeuble à Beyrouth. Les Iraniens ont par la suite menacé de répliquer à leur tour, ce qui ne s’est pas produit à la demande de Trump. En contrepartie de quoi, les Iraniens auraient obtenu l’intégration d’une clause particulière relative au front libanais, inscrivant la nécessité de respecter l’intégrité territoriale du Liban, impliquant, plus ou moins implicitement, le retrait israélien. C’est un jeu de ping-pong à tous les niveaux, entre tous les acteurs.

    Ce sera le sujet principal de ce G7 ?

    D.R.-R. : Le G7, théoriquement, c’est un forum économique. Là, il se trouve que la question centrale, c’est la réouverture du détroit, avec un point d’interrogation sur les modalités. Avec ou sans péage ? Du côté occidental, c’est irrecevable. Côté iranien, il y a une habileté à dire il n’y aura pas de péage, mais des frais de gestion. Il y a un néanmoins un soulagement des pays du G7 qui s’engagent maintenant à appliquer l’initiative franco-britannique d’une potentielle opération de déminage réalisée dans le prolongement de la signature attendue de cet accord.

    Les relations entre les pays du G7 et les États-Unis sont-elles impactées ?

    D.R.-R. : Il y aura des séquelles, on le verra au sommet de l’Otan. Les Américains ont laissé entendre qu’ils ne mettraient plus à la disposition des Européens un certain nombre de matériel américain et qu’il y aurait une prise de distance renforcée par rapport à l’Otan, avec, en arrière-plan, la question de l’Ukraine. Trump a été furieux que l’Otan et les Européens membres de l’Otan n’aident pas au motif que la guerre contre l’Iran leur avait été imposée dans ses conséquences. Il s’agit, pour lui, d’un manque de soutien qu’il a manifestement l’intention de faire payer.

  • Donald Trump impose son agenda au G7

    Donald Trump impose son agenda au G7

    Évian accueille, jusqu’à mercredi, un sommet du G7 une nouvelle fois rythmé par l’imprévisibilité du locataire de la Maison Blanche. Alors que les États-Unis sont empêtrés depuis 108 jours dans une guerre au Moyen-Orient qu’ils ont déclenché aux côtés de leur allié israélien, Donald Trump annonce finalement ce dimanche, jour de son 80e anniversaire, sur son réseau social : « L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé », clame-t-il, comme une façon d’imposer une énième fois son agenda.

    Il s’agit en réalité d’un cadre d’accord, signé électroniquement, lundi en fin d’après-midi, par le président américain, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf, juste avant l’arrivée du milliardaire dans la station thermale.

    Sur place, il assure que le détroit d’Ormuz sera « complètement ouvert » vendredi et que l’accord sera publié dans la foulée de la cérémonie de signature, à Genève. Donald Trump estime par ailleurs ne pas avoir « besoin de beaucoup d’aide » internationale pour rouvrir cette artère essentielle pour le commerce mondial de brut. À ses côtés, Emmanuel Macron réitère son « offre » d’une mission militaire internationale franco-britannique. « Peut-être que ça ne sera pas souhaité, peut-être que ça ne sera pas nécessaire, mais en tout cas, c’est une disposition qui marque notre volonté d’aider », insiste-t-il.

    Les modalités de cet accord restent floues. L’agence de presse iranienne Fars indique que Téhéran aurait ajouté l’imposition de frais de services maritimes à Ormuz dans les derniers instants des négociations. « L’utilisation du terme “services maritimes” signifie que Washington a accepté que des frais soient versés à l’Iran », précise-t-elle, citant une « source informée ». Dans ce cas, ce serait une victoire pour la République islamique qui, malgré de nombreuses pertes, voit son régime recentré autour de son noyau dur et ferait désormais payer le passage dans le détroit…

    Une guerre pour rien ? « Plus de 7 400 morts, la majorité des civils. Des centaines de foyers, d’écoles et d’hôpitaux détruits. Une hausse généralisée des prix et des milliards d’euros de pertes, également en Europe. Tel est le bilan de ce conflit en Iran. Nous comptons sur le fait que l’accord de paix annoncé aujourd’hui mette fin à cette absurdité, qu’il soit respecté par toutes les parties et qu’il marque ainsi le début d’une nouvelle ère au Moyen-Orient. Célébrons. Mais n’oublions pas. Et apprenons une fois pour toutes que la guerre est un échec. Le dialogue et la diplomatie sont la seule voie », exhorte le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez.

    Du Liban à l’Ukraine

    Selon l’agence de presse iranienne Mehr, le texte prévoit un « arrêt permanent et immédiat de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban ». Pris de court, Israël rejette la paix. « L’accord de Trump ne nous engage pas, nous ne sommes pas une colonie des États-Unis », fait valoir le ministre israélien d’extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.

    Sur un autre front, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a une nouvelle fois proposé à son homologue russe une rencontre en marge du sommet. Sans réponse à ce stade. Dans sa grande mansuétude, le New-Yorkais qui se rêve lauréat du Nobel de la Paix, pense « peut-être » pouvoir « faire quelque chose » pour mettre fin au conflit.

    « Célébrons. Mais n’oublions pas. »

  • [Entretien] Jean-Baptiste Guégan :« C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump »

    [Entretien] Jean-Baptiste Guégan :« C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump »

    La Marseillaise : Est-ce le Mondial de Donald Trump ?

    Jean-Baptiste Guégan : C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump pour plusieurs raisons. D’abord parce que sans lui, les États-Unis, le Mexique et le Canada ne l’obtiennent pas. En 2018, face au Maroc, la candidature américaine bénéficie de la pression du président qui avait été mis à l’écart jusque-là. Il publie un tweet où il dit, vous êtes avec moi ou vous êtes contre moi. Quand Joe Biden était président, personne ne parlait de la Coupe du monde de Biden. Aujourd’hui, c’est donc une Coupe du monde qui met en scène Trump version deuxième mandat. Ça avait commencé avec la Coupe du monde des clubs l’été dernier (photo), où on l’a vu faire son sketch autour du podium. Il a voulu aller avec les joueurs de Chelsea pour soulever le trophée puis il a demandé s’il pouvait garder le trophée. Certains disent même qu’il l’a gardé et que Chelsea est reparti avec une copie. Il voudra être omniprésent sur tous les sujets, mais c’est sa stratégie politique habituelle. Ce sera d’autant plus la Coupe du monde de Trump que, comme tous les événements sportifs d’ampleur nationale et internationale, il va s’en servir comme caisse de résonance pour sa vision du monde et comme moyen de polariser son électorat, en vue des Midterms de novembre. En gros, pour lui, c’est une sorte de gigantesque moyen de montrer qu’il applique sa politique. C’est pour ça qu’il a durci le ton sur la politique migratoire.

    Le meilleur arbitre africain ne peut pas se rendre aux États-Unis, des membres du staff non plus
    et certains joueurs ont eu des problèmes de visa. Ce sont ces exemples qui lui permettent de prouver la réussite de sa politique migratoire ?

    J.-B.G. : Pour nous, ça donne l’impression d’une désorganisation, d’une radicalité de l’administration. Pour Trump, c’est au contraire la confirmation de sa politique. Tout son deuxième mandat s’est construit sur le fait de reprendre le contrôle des frontières. Et aujourd’hui, il s’attaque aux officiels, aux spectateurs et aux équipes. Il y a aussi le cas de l’attaquant qui a marqué le but décisif pour l’Irak, qui se retrouve bloqué pendant sept heures par la douane américaine. Il y a un véritable zèle, il y a des consignes qui ont été données de durcissement, et au moindre doute, on suspend et on interdit l’accès au territoire. En plus, il faut ajouter l’instrumentalisation autour de la sélection iranienne pour montrer qu’on a une position inflexible et qu’on sait que l’Iranien est fondamentalement méchant, Ajoutez à cela le discours vis-à-vis des Africains, avec les shithole countries [pays merdique, Ndlr], les travel ban [interdiction de voyager], et la suspension de toutes les formes de naturalisation et obtention de visa et on obtient le discours typique qui sert l’arrière-plan de la Coupe du monde, pour faire entendre sa politique. De toute façon, à chaque occasion qui lui permettra de valider ou de faire valider ses idées, sa vision du monde et sa radicalité durant ce Mondial, il s’en servira.

    Pourquoi la Fifa ne réagit-elle pas ?

    J.-B.G. : En général, la Fifa fait l’intermédiaire et essaie de détendre les choses, parce qu’elle a un lien direct avec les deux partis, mais là, ça ne marche pas. Gianni Infantino [le patron de la Fifa, Ndlr] est très lénifiant et quasi absent sur cette question. Il sait que s’il braque Trump, ce sera encore pire. Il est dans une posture où il n’y a que la flatterie qui fonctionne. Pourquoi est-il systématiquement aligné avec Trump ? Pour des questions de business, d’ego, et de rêve américain. Mais il est censé montrer un peu d’indépendance et qu’on ne fait pas n’importe quoi avec le football.

    Quelle sera la situation
    des Iraniens ?

    J.-B.G. : Les Iraniens ne sont pas au même niveau de traitement, puisqu’ils n’auront pas le droit de reconnaître le terrain la veille des matchs. Ils vont arriver le jour même et ils vont repartir juste après le match. Ce sera aussi la première fois qu’un régime est incapable d’assurer la sécurité d’une sélection. La question c’est : que se passera-t-il s’ils sont qualifiés en huitièmes de finale et qu’ils affrontent les États-Unis ? C’est donc pour toutes ces raisons que c’est la Coupe du monde la plus géopolitique et politique qu’on ait connue dans l’histoire. C’est la plus politique au sens détestable du terme puisqu’elle est très matérialiste. Personne ne parle de jeu mais tout le monde parle d’enjeux.

    Ce Mondial peut-il rapprocher
    le Canada et le Mexique des États-Unis ?

    J.-B.G. : Il y a un an, Trump proposait au Canada de devenir le 51e État américain et il proposait de bombarder le Mexique. Depuis quelques mois, les tensions se sont tout de même calmées parce que le Mexique a collaboré pour l’arrestation de trafiquants de drogue et Trump ne parle plus d’annexer le Canada ou le Groenland. Mais la défiance des Canadiens envers les États-Unis est toujours présente et il n’y a jamais eu autant de départs de Mexicains des États-Unis. Les personnes en situation opérationnelle vont arriver à travailler ensemble mais ce n’est pas cette Coupe du monde qui permettra de les rapprocher, bien au contraire.

    Cette Coupe du monde sera-t-elle rentable ?

    J.-B.G. : Beaucoup d’enquêtes sortent pour montrer que le Canada va être perdant. Pour le Mexique aussi ce ne sera pas une bonne opération. Aux États-Unis, le coût des transports, des infrastructures et des billets a explosé. Le logement est extrêmement cher parce qu’on est sur un marché dérégulé. Il y a une baisse des réservations partout de 20% sur l’ensemble des villes concernées. Financièrement, ça va être un fiasco. Ça va coûter très cher aux fédérations, c’est d’ailleurs pour cela que la Fifa a augmenté ses dotations. Le coût pour les supporters et pour les familles des joueurs est énorme. Après, pour la Fifa, ce sera une très belle opération avec au moins 11 milliards d’euros de retombées potentielles et probablement plus. Ce sera aussi intéressant pour des entreprises qui vont tester des technologies et vont vouloir se mettre en scène.

    Cette situation politique joue-t-elle sur l’engouement autour
    de la compétition ?

    J.-B.G. : Étonnamment, je trouve que le volume de critiques et d’appels au boycott ou de réactions politisées est quand même très limité. Il y en a beaucoup moins que contre le Qatar il y a quatre ans parce que personne n’a payé des agences de relations publiques pour démonter les États-Unis parce qu’on n’affronte pas l’administration Trump en frontale. Personne ne traite de la question environnementale comme c’était le cas avec le Qatar. Pourtant, la compétition se déroule dans trois pays, sur six fuseaux horaires, avec des distances entre les stades colossales. Le coût environnemental va être énorme. Aucune compensation n’est prévue. Il y a aussi la question des transports et toutes les difficultés logistiques autour. Donc c’est vrai qu’il n’y a pas l’enthousiasme habituel. La politique américaine dicte littéralement le tempo et l’enthousiasme de cette Coupe du monde. La figure de Trump écrase l’engouement. J’espère que ça va changer quand la compétition va débuter. L’enthousiasme viendra surtout des diasporas et des touristes qui auront réussi à venir. Au Mexique, la situation devrait tout de même être différente.