Le lendemain, un communiqué du bureau confédéral protesta contre les hausses abusives dont le gouvernement portait l’entière responsabilité. La confédération demandait la révision totale des arrêtés illégaux, l’application des accords CGT-patronat. Cette affirmation s’accompagnait de dures dénonciations du gouvernement et du Parti socialiste.
La polémique entre le PC et la CGT, d’une part, et le Parti socialiste de l’autre s’amplifiait. Le vote des socialistes au conseil municipal, les problèmes internationaux : autant de points qui nous divisaient de plus en plus.
Le 6 novembre dans Le Provençal, Francis Leenhardt appela à la libération du syndicalisme. Il dénonçait les slogans qui engageaient « le mouvement syndical dans une croisade hystérique contre les alliés américains ». Le lendemain, dans Rouge Midi, je répliquai durement en traitant Leenhardt de valet de Truman : « C’est vous et vos complices du gouvernement qui êtes responsables de la situation dans laquelle se trouve le pays, vous essayez de porter des coups contre la CGT, ce n’est pas possible, de nombreux travailleurs socialistes participent à nos combats. » En même temps, à Paris, les travailleurs réclamaient des augmentations de salaires. La police les matraqua causant de nombreux blessés.
Un cheminot communiste succomba à ses blessures. Rouge Midi du 8 novembre 1947 accusa à la Une : « Ramadier-Depreux assassins ! ». Les grèves devenaient de plus en plus nombreuses. À Paris, la grève des services publics fit tache d’huile. Dans tout le pays, se multipliaient les dénonciations de la politique du gouvernement, les revendications salariales, la lutte pour la défense de la République et contre le fascisme qui relevait la tête. Il y eut au départ l’augmentation du tarif des tramways. Mais nous avons très rapidement élargi un mouvement où s’exprimaient tout le mécontentement et les rancunes accumulés depuis trois ans dans le cœur et dans l’esprit de tous les travailleurs français. Nous avions lié la question de l’augmentation des tramways aux revendications du comité confédéral national et à l’indemnité prévisionnelle d’attente de 20%.
C’est la municipalité RPF qui avait décidé, le 4 novembre, une hausse de 42% sur les tramways et autobus, en application du décret du ministre socialiste Jules Moch, ministre des travaux publics et qui, tout au long de sa carrière, a montré sa haine de la classe ouvrière.
À Marseille, les travailleurs le traitaient de « Jules Moch, la matraque ». Le 6 novembre, l’Union départementale protesta contre cette augmentation, conséquence de l’arrivée à la mairie des RPF de Vernejoul, Carlini et Multedo, de la magouille municipale de Defferre, du soutien du préfet Moyon, de la décision de Jules Moch, affublé d’un conseiller municipal MRP, Chazeaux.
à suivre la semaine prochaine…

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