À Montpellier, un club de foot se mobilise pour la libération de Kamal

C’est une histoire qui illustre l’ignominie de la politique migratoire en France. Pour des problèmes administratifs, certains sont jetés en rétention dans des conditions indignes. C’est ce qui est arrivé à Kamal, jeune Algérien de 30 ans membre du club omnisports Athlétique Club (AC) Asteras Montpellier.

Pêcheur de sardines en Algérie, ce dernier ne voit pas d’avenir dans son pays et part en France dans l’espoir de trouver une vie meilleure. Posant ses valises dans la capitale héraultaise, il intègre rapidement le Football du peuple Montpellier avant de rejoindre l’AC Asteras. Ce club omnisports ambitionne de redonner une pratique populaire du sport, portée par des valeurs de solidarité et de justice sociale. « Kamal était très actif pour le club et il joue très bien au foot », fait valoir Mathieu, membre de l’AC Asteras.

Sauf que fin avril, Kamal est interpellé à la gare de Montpellier à la suite d’un « contrôle au faciès », selon ses proches. « Ils l’ont amené au commissariat et le lendemain, ils l’ont conduit au CRA (Centre de rétention administrative, Ndlr) de Sète. Mais Kamal ne savait pas ce qui se passait. Il n’a pas demandé d’avocat. Ils lui ont fait signer une feuille, il pensait qu’il allait être relâché », raconte Nicole, une amie du jeune homme. Sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) car sans-papiers, Kamal est donc enfermé au CRA depuis le 25 avril. Ses proches et membres du club se sont rassemblés le 20 mai devant les grilles de la préfecture héraultaise pour exprimer leur soutien.

La rétention prolongée ?

Sauf que le juge pourrait bien ordonner une prolongation de 30 jours, pouvant être reconduite une nouvelle fois, soit 90 jours au total. Pour l’instant, Kamal trinque. « Les conditions sont insalubres. Quand ils jouent au baby-foot, des rats passent. Il mange peu car rien n’est halal. Ils sont tous mis ensemble avec les gens dangereux et des personnes malades – qui ne sont pas soignées et à qui on donne du Doliprane. Mais cela se passe bien avec les gens et les gardiens », soutient Nicole.

Mais le joueur de l’AC Asteras ne semble pas baisser les bras. « On lui rend visite souvent. Il sourit, il nous fait des blagues, il est sympa. Il est soutenu, il a un vrai réseau autour de lui », reprend Mathieu. Bénévole à Saint-Vincent-de-Paul, Kamal a pris des cours de français avant de passer une formation dans l’espoir de trouver un travail et construire sa vie en France. « Il pourrait passer le Bafa, je le verrais bien animateur », avance Nicole. Auparavant, Kamal avait travaillé trois ans dans une pizzeria. « Mais ils lui faisaient miroiter des papiers, ça n’arrivait pas et je lui ai dit d’arrêter », poursuit Nicole.

Si ses proches se mobilisent aujourd’hui, c’est également pour dénoncer la politique déshumanisante que mène la France. « On dénonce les conditions du CRA et on aimerait mobiliser sur la situation des étrangers en France », fait valoir Nicole. Ses proches entendent aussi venir le soutenir le jour de l’audience, fin mai, à la fois à Montpellier et à Sète, où Kamal assistera à son audience en visioconférence. Dans l’espoir d’obtenir sa libération.

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *