À La Ciotat, l’union de la gauche ne semble pas pour demain

« Comme nous les attendions et maintenant que sont déclarées les candidatures pour la droite d’Alexandre Doriol (DVD), pour l’extrême droite de Daniel Salenc (RN), d’Hervé Itrac, et pour la gauche celles de Martine Cuccaroni (PS) et du communiste Karim Ghendouf (La Ciotat nous rassemble)*, nous pouvons désormais nous adresser à vous pour vous proposer de créer et valider ensemble et au plus vite notre liste définitive d’union des forces de gauche en vue des élections municipales à La Ciotat en mars 2026 », écrit, dans un communiqué, le secrétaire de section du PS ciotaden, Toni Delogu.

« C’est la dernière chance pour qu’on puisse débattre », affirme-t-il, lundi. Le rendez-vous a été fixé pour ce mercredi, à La Ciotat. L’Après, Pour que vive le NFP, Debout, la France insoumise, les Écologistes, le Parti animaliste, le PCF et Place publique ont été invités. Pour l’heure, seul José Sterenzi (NFP La Ciotat) a confirmé sa venue. La socialiste Martine Cuccaroni « se positionne toujours comme candidate » pour être tête de liste d’une union de la gauche. « Mais si une candidature issue de la société civile devait émerger, je me retirerais au profit de cette candidature », ajoute-t-elle.

Mais pourquoi une union aboutirait-elle maintenant, alors qu’elle n’a jamais pu voir le jour depuis l’été ? « L’union de la gauche aux municipales est compromise », estime José Sterenzi. « Pour qu’il y ait un élan populaire, car aujourd’hui les gens sont déçus par les organisations, nous avons voulu recréer une unité large, appuyée sur les citoyens, autour du programme du Nouveau Front populaire (NFP). Mais chacun tire la couverture à lui », regrette-t-il. « Je me battrai jusqu’au bout pour cette union sur les bases du programme de rupture du NFP », lance-t-il. Avant d’avertir, inquiet : « Car si LFI fait sa liste, si Bernard Ougourlou-Oglou aussi, si Martine Cuccaroni pour le PS veut être tête de liste, alors que Karim Ghendouf s’est déclaré candidat vendredi, on risque d’avoir au premier tour quatre listes à gauche, ce qui est suicidaire alors que l’extrême droite est aux portes de la ville. Lors des dernières élections législatives, le RN a remporté plus de 30% des voix à La Ciotat… »

« Les fédérations trancheront »

« Honnêtement, l’union à gauche, moi, je n’y crois plus… Même si nous aimerions une liste unique », réagit Isabelle Mazuc, responsable du sous-groupe La Ciotat-Ceyreste pour les Écologistes. « Car La France insoumise serait pour une union sans le Parti socialiste et le PS sans LFI… Lors de ses vœux, Karim Ghendouf a appelé à l’union, mais il a déroulé un programme très marqué PCF. Son projet offre peu de possibilités pour une union. J’appelle cela plus une soumission qu’un compromis », tranche-t-elle.

Jean-Paul Coste, représentant de LFI à La Ciotat, est clair : pour lui, l’union de la gauche peut se faire, mais sans le PS. « Que Martine Cuccaroni se présente comme tête de liste et revendique l’héritage d’Olivier Faure, 1er secrétaire du PS, lequel traite Jean-Luc Mélenchon par exemple de “salopard antisémite”, pour nous, ça ne peut pas passer », argumente-t-il. De son côté, LFI « a mis en place une procédure pour constituer une liste électorale. Deux candidats ont été désignés, Antoine Vichy et Dominique Sabatini. Nous attendons la validation départementale » .Pour Jean-Paul Coste, « il y a peut-être un risque à faire une liste de plus, mais ça peut aussi inciter plus de gens à aller voter. Rappelons-nous que, lors des dernières municipales à La Ciotat, il y a eu 60% d’abstentions, c’est énorme ! ».

Dans ce paysage politique nébuleux, Toni Delogu rappelle : « Si certains s’entêtent dans leur choix, les fédérations, au PS, au PCF et pour les Écologistes, trancheront pour une candidature unique. » À La Ciotat, l’ex-1er secrétaire de section PS, Bernard Ougourlou-Ouglou, travaille à constituer sa liste « Pour les Ciotadens », sous l’étiquette gauche social-démocrate.

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