« Dans notre pays, notre imaginaire collectif véhicule toujours des valeurs progressistes, solidaires, féministes, écologistes, antiracistes, démocratiques… », assure Alain Hayot, sociologue et politologue venu tenir une conférence à Aix, jeudi soir, en lien avec son dernier livre Face aux nouveaux monstres le sursaut (éditions l’Humanité). A vingt-quatre heures de la venue de Marine Le Pen (RN) à Marseille ce vendredi pour soutenir la candidature de Franck Allisio à la mairie, Alain Hayot appelle à « reconstruire un espoir dans un avenir de progrès social et écologique », lors de cet événement organisé par le Collectif aixois contre l’extrême droite.
Cette association, qui a récemment été confrontée à la montée de l’extrême droite, en a fait les frais : lors de la conférence Soyons-Woke, en mai dernier, des militants néofascistes se sont mobilisés ; lors de distributions de tracts contre la tenue d’événements liés à Pierre-Edouard Stérin, des « insultes verbales » ont été proférées ;le collectif d’extrême droite Némésis a ensuite perturbé le Cercle du Silence, manifestation pour les droits des personnes immigrées…
« Les intimidations à Aix sont périodiques, pas régulières, explique Philippe Sénégas, co-président du Collectif. L’intervention de Némésis est relativement récente. » Un autre militant pointe : « Les bataillons d’ultra-droite ont toujours été alimentés par la jeunesse, mais ils sont plus actifs, recrutent davantage à la faveur de l’amplification du score RN. » « Ce qu’il y a de nouveau, c’est qu’ils se montrent, ont une puissance électorale et se sentent légitimes. Depuis 6 mois, il y a eu un point de bascule », note Luc Foulquier (PCF), membre du Collectif. En cause, selon lui, la médiatisation accrue des figures à la tête du parti d’extrême droite.
« Il y a une différence entre les forces politiques établies (d’extrême droite) et les groupuscules identitaires. Mais ces groupuscules identitaires fournissent beaucoup de cadres au RN ou à Zemmour », recontextualise Alain Hayot, qui encourage : « Cela dit, pas de confusion, tous les instituts de sondages montrent que près de 70% sont hostiles à l’extrême droite. » Le Collectif, de son côté, poursuit son travail.
« Le RN n’aime pas les villes, Franck Allisio n’aime pas Marseille », s’indigne, dans un communiqué, l’équipe du Printemps Marseillais au nom du maire Benoît Payan (DVG), candidat à sa succession.
L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi 14 janvier, un amendement du Rassemblement national visant à baisser de près de 5 milliards d’euros la dotation globale aux collectivités locales en 2026. « À Marseille, cette baisse correspond à une perte de 50 millions d’euros : c’est plus que le salaire de l’ensemble de nos policiers municipaux et supérieur au budget total de la cantine scolaire de nos enfants », a calculé le Printemps, qui promet de « continuer de lutter pour un service public de qualité ».
La droite aussi a voulu réagir. « Incroyable mais vrai : à Paris, le RN et Franck Allisio viennent de faire perdre 43,6 millions d’euros aux Marseillais rien qu’en 2026 », twitte ainsi Romain Simmarano, porte-parole de Martine Vassal, candidate (DVD) à Marseille. Et d’ajouter : « L’équivalent (en tout) d’une école rénovée, d’une piscine construite et de deux postes de police qu’on aurait pu installer dans nos quartiers.»

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