Le barreau de Marseille fustige sur les réseaux la lenteur judiciaire

En 2025, 5 300 dossiers relevant du juge aux affaires familiales ont été enregistrés à Marseille, dont 80% conflictuels. « Les délais de procédure de divorce, par exemple, sont de 11 à 12 mois pour une première audience, et peuvent atteindre 18 mois avant une décision de justice », alerte Marie-Dominique Poinso-Pourtal, bâtonnière du barreau. Des délais dont « les premières victimes sont les justiciables et les enfants, ajoute-t-elle. À partir de cette première rencontre avec le juge, d’autres peuvent avoir lieu, avec la possibilité d’entendre les enfants, de mettre en place des médiations familiales… »

Message « coup de poing »

Cette vidéo publicitaire met en scène une famille qui joue à un faux jeu de société avec des cartes aux intitulés peu attrayants : « audience reportée », « insomnie », « disputes ». Un « message coup de poing », lancé sur les réseaux ce mardi, destiné à alerter d’un côté les pouvoirs publics, qui ont la main sur les budgets alloués à la justice, et de l’autre le grand public, des conséquences de cette lenteur judiciaire, notamment sur les enfants. En effet, « 51% des Français n’ont pas confiance en la justice à cause de délais excessifs », déplore la bâtonnière.

Après des alertes restées sans réponse auprès de Gérald Darmanin, garde des Sceaux, le barreau dénonce un engorgement : « On parle peu de la justice civile et beaucoup de la justice pénale, surtout à Marseille », regrette Marie-Dominique Poinso-Pourtal. Cet engorgement de la justice civile « peut avoir des conséquences directes sur la justice pénale puisque ces délais vont entraîner des violences intrafamiliales qui vont entraîner toujours plus de violences ». Pour les justiciables, « l’absence de cadre légal », qui s’étale sur plusieurs mois, peut en effet voir naître des « crispations ».

« Au sein des couples, tant qu’il n’y a pas de décision de justice, c’est l’anarchie, chacun fait ce qu’il veut, étant donné qu’il n’y a pas de cadre légal, notamment pour la garde des enfants », se désespère-t-elle.

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