à Aix, plusieurs tentatives de blocus

L’important aujourd’hui, c’est moins le nombre que de montrer que les revendications ne sont pas éteintes. Le mouvement s’est un peu essoufflé localement ce début de semaine mais il va revenir de plus belle », prévient Samir*. Comme une cinquantaine d’autres étudiants, ce jeune répond à l’appel à manifester lancé la veille. Rendez-vous était donné à 11h, sur la Rotonde. Un petit nombre de lycéens et d’étudiants a tenté de former un cortège, avant d’être rapidement délocalisé par les forces de l’ordre, sous peine « d’être verbalisés », rapportaient plusieurs d’entre eux.

Dans la foulée, le groupe s’est dirigé d’un commun accord, vers le commissariat pour demander la « libération » de camarades interpellés en début de matinée : un peu partout en ville, des tentatives de blocus sont survenues dans les lycées. Selon la police, trois lycées « ont été bloqués ou partiellement bloqués » à Aix. À cela s’ajoute un blocage de Sciences Po et une action devant la fac de lettres. Toujours selon la police, deux personnes ont été interpellées pour « respectivement, jets de projectiles et feu de mobilier urbain ».

En revanche, si Sciences Po a été bloquée, dans les lycées, les élèves ont eux pu se rendre en cours. « S’ils sont maintenus, alors les élèves se sentent obligés d’y aller, sinon ils sont notés absents. Entre pression des profs et des parents, je comprends qu’ils choisissent d’entrer dans le lycée. C’est pour cette raison qu’il faut qu’on remotive tout le monde ! », expliquait Lina*, devant le lycée Vauvenargues. La faculté de lettres a également vu une mobilisation tenue devant ses grilles, sans annulation de cours. « Il y a énormément d’universités bloquées aujourd’hui. Cela montre que le gouvernement est en perdition : il n’arrive pas à éteindre le mouvement. Ça n’augure que de bonnes choses pour le 5 novembre », avait estimé Younes Dufrenes pour l’Union Étudiante.

Réfléchir le mouvement

Sur tous les lieux de mobilisation, les revendications restent les mêmes : abrogation de Parcoursup et du programme Bienvenue en France, précarisation de la jeunesse, conditions d’études et climat. « Mais ça reste difficile de se positionner sur : est-ce qu’on fait les cours en distanciel, pour valider notre licence et avoir une chance d’avoir un master ? Où est-ce qu’on va se battre pour nos droits, pour ceux qui arrivent derrière ? », pose Luna, étudiante. « Pourtant on ne veut pas que ça lâche, on a envie que ça marche, qu’il y ait des réponses et des avancées. » Toutes ces questions ont été redébattues au cours d’une assemblée générale, tenue à l’appel de l’interlycéenne, dans des locaux prêtés par la MJC Prévert. Étudiants et lycéens présents restent déterminés pour « convaincre à venir manifester » et se réorganiser.

* Le prénom a été modifié.

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