Antoinette Colonna, l’énergie d’une éternelle militante devenue virale

Tu as fait 3 millions de vues mamie ! » La fierté de son petit-fils Théo et les 35 000 vues sur un site japonais ne lui feront « pas tourner la tête », assure Antoinette Colonna, convaincue de faire « juste mon devoir ». Les pieds sur terre et dans tous les cortèges, elle sera encore là, ce 31 octobre « et le 5 novembre aussi, c’est très important ».

Pour Antoinette, militer est un « besoin, car c’est la seule façon d’obtenir des droits. C’est ce qu’ont fait les communistes depuis toujours et c’est comme ça qu’on a eu la Sécu avec le Front populaire en 1936 ». Un message qu’elle transmet aux jeunes à chaque mobilisation, du haut de son mètre cinquante : « Il ne faut rien lâcher, sinon, on est foutu. Plus on est nombreux dans la rue, plus on a de chance de gagner. » Elle arpente le pavé marseillais depuis des lustres, aux côtés « des syndicats, des travailleurs, contre le logement indigne, pour ne pas que les enfants dorment dans la rue, avec L’Après M, devant le tribunal administratif pour sauver mon journal… », liste cette cheville ouvrière des Amis de La Marseillaise.

« Des jeunes lumineux »

Et des lycéens. « Je suis grand-mère. Je comprends leur colère. Ils ont la tête sur les épaules et se sont réveillés. Ils sont lumineux », explique-t-elle simplement. Un trait d’union entre générations que les jeunes ont bien saisi. « Devant l’hôtel de Ville, les bras ouverts, j’ai fait face au peloton de CRS qui allait charger. Les policiers sont restés bêtes. Les jeunes m’ont fait une ovation », s’amuse-t-elle. Sur la Canebière, elle prend le porte-voix pour les soutenir. Sur le Vieux-Port, elle se fait porter en triomphe. « Gazée et regazée Porte d’Aix, les jeunes m’ont toujours secourue, m’accompagnent jusqu’au métro. Après, je rentre chez moi. Et je fais le compte rendu à Dédé, qui me laisse aller partout. »

Soudés, militants, les époux Colonna ont tout traversé ensemble : « On avait des revenus modestes et cinq enfants. À la Plaine, je faisais la fin des marchés pour avoir des légumes pas chers. » Et quand l’incendie de Carpiagne, en 2009, a ravagé leur maison à La Panouse, ils ont encore dû se battre pendant cinq ans pour être indemnisés. « On a vécu dans le poulailler, c’est tout ce qu’il restait. »

Dans les manifs, elle est « Mamie », à la section PCF du 9e, le secrétaire Loïc Ter Maaten salue « sa vitalité, ses interventions justes et bien motivées ». Les lacrymos ne la feront pas reculer. « Contre ces gouvernements qui défendent les riches et n’entendent pas le peuple, je continuerai jusqu’à ma mort. »

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