Jeffrey de Lange est le seul olympien à avoir disputé chaque minute depuis le début de la saison. Arrivé à Marseille en août 2024, le Néerlandais a profité du départ de Gerónimo Rulli, vers Manchester City cet été, pour s’imposer comme le gardien indiscutable dans les buts olympiens. Après seulement dix titularisations lors de ses deux premières saisons au club, il a dû rapidement s’adapter à ses nouvelles responsabilités.
« C’est un gardien qui découvre encore un peu la pression marseillaise », observe Gérard Gili, ancien gardien et entraîneur de l’OM. « Il possède certaines qualités techniques, mais on le sent peut-être encore un peu fragile face à ce qu’il ressent dans ce nouvel environnement. Il faut lui laisser du temps pour prendre ses marques et, surtout, gagner en confiance, car le poste de gardien exige une confiance absolue », poursuit le septuagénaire. À Marseille, où de grands portiers comme Steve Mandanda et Cédric Carrasso ont défendu les cages olympiennes pendant 18 saisons cumulées, le poste est scruté.
« Je m’attendais à mieux et j’attends davantage de lui. Il a des qualités, mais il lui manque encore un match référence pour gagner en confiance. Pour l’instant, je ne l’ai pas vu réaliser une prestation vraiment décisive. Je demande donc à voir, même si je reste dubitatif », estime Laurent Spinosi. Ancienne doublure de Fabien Barthez entre 1994 et 2000, il a ensuite entraîné les gardiens olympiens pendant près de vingt ans. « Je pense que de Lange a besoin d’un match référence. Son jeu n’est pas catastrophique, mais il est moyen partout. Il manque surtout de personnalité sur sa ligne, sans doute l’un des éléments les plus importants quand on est gardien à l’OM. »
Jusqu’ici, Bruno Genesio a totalement fait confiance à Jeffrey de Lange dans les buts marseillais, au détriment de Théo Vermot et Jelle Van Neck.
« S’ils ne jouent pas et ne sont pas mis en avant, c’est peut-être que les entraîneurs estiment qu’ils n’ont pas les qualités nécessaires », analyse Spinosi. Ses inquiétudes pourraient se renforcer en cas de blessure du portier néerlandais. Derrière lui, aucun de ses deux aspirants au poste n’a disputé le moindre match professionnel.
La hiérarchie pourrait toutefois évoluer dès janvier 2027, avec la possible promotion d’Ibrahim Gomis, 21 ans, brillant avec la réserve olympienne, au rang de doublure. « Pour n’importe lequel des trois, une première expérience sera forcément un moment de forte émotion qu’il faudra savoir gérer », souligne Gérard Gili, qui ne considère pas l’inexpérience du jeune Gomis comme un obstacle. « Quand nous avons recruté Fabien Barthez en provenance de Toulouse, il n’avait que 18 ans. Cela ne l’a pas empêché de démontrer son talent et son caractère », rappelle l’ancien technicien marseillais.
Un autre gardien pourrait donc bientôt suppléer Jeffrey de Lange, notamment en Coupe de France. Rien n’est toutefois acté, surtout si cette compétition devenait un objectif majeur de l’OM pour sauver sa saison en cas d’élimination en Ligue Europa.
Jérémy Gavanon, une doublure de l’ombre à la lumière
Le 9 décembre 2003, l’Olympique de Marseille se déplaçait en Serbie pour affronter le FK Partizan Belgrade lors de son dernier match de poule en Ligue des Champions. Quelques heures avant le coup d’envoi, Jérémy Gavanon, gardien n°2 de l’OM, apprenait la mise à l’écart de Vedran Runje par le président Christophe Bouchet, à la suite de tensions avec Alain Perrin. Le « blondinet » marseillais était alors titularisé pour la première fois chez les professionnels. Grâce à un but de l’Égyptien Ahmed Mido, le nul (1-1) permettait à l’OM de se qualifier pour les 16es de finale de la Coupe UEFA, une compétition dont le club atteindra la finale six mois plus tard, avant de s’incliner contre le Valence FC à Göteborg, en Suède (0-2).

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