Tag: analyse

  • À Marseille, une dératisation écologique grâce aux furets

    À Marseille, une dératisation écologique grâce aux furets

    Cette après-midi du mardi 13 octobre, la Ville de Marseille a convoqué une nouvelle action de la Fauconnerie Furetage Martel, une société qui dératise les parcs à l’aide de furets.

    Le principe est simple : les furets, prédateurs naturels des rats, sont déployés dans les terriers pour les déloger. Les rats peuvent être capturés à la sortie, et remis aux laboratoires d’analyses pour identifier les rongeurs porteurs de maladies transmissibles à l’Homme.

    Le danger de leptospirose

    Les laboratoires recherchent particulièrement les cas de leptospirose. « Un rat sur deux en est porteur en France », relève Bernard Davouste, vétérinaire à l’IHU Méditerranée Infection, en charge des analyses des animaux capturés dans les parcs marseillais. « Comme c’est une maladie qui se transmet par les urines, il y a un risque même sans contact direct avec le rat », alerte le vétérinaire. Une pathologie qui peut se traduire sous forme d’état grippal, mais qui présente un risque pour les reins des malades si elle n’est pas traitée rapidement.

    Pour protéger les habitants et la salubrité de l’espace public, la Ville de Marseille déploie un budget annuel de 300 000 euros, alloué à la dératisation et à la désinsectisation. Mise en place depuis 2024, cette méthode écologique par les furets veut réduire l’usage encore majoritaire des biocides. « Cela reste un enjeu de gestion des déchets », pointe Anthony Gonçalves (PCF), adjoint au maire en charge de la santé. Il indique que « la solution la plus efficace pour lutter contre ces animaux réside dans la réduction des sources de nourriture ». « Chaque habitant est un peu concerné », conclu l’élu.

  • Le coach des Marseillaises définit son style de jeu

    Le coach des Marseillaises définit son style de jeu

    « Mon style est assez simple : j’ai envie de m’asseoir sur un banc et d’aimer ce que je vois », a souligné Nicolas Chabot, récemment nommé à la tête des Marseillaises, la section féminine de l’OM. Derrière cette réponse, banale de prime abord, se cache en réalité une réflexion plus complexe sur le football féminin. « Je pense qu’il n’y a pas un style de jeu qui permette de gagner tous les matches. Mais on veut un style qui corresponde aux qualités du foot féminin et à l’identité de Marseille, notamment la technicité. Les filles ont de vraies qualités techniques, là où l’aspect athlétique est davantage prédominant chez les garçons », analyse l’ancien entraîneur du FC Nantes, très attaché à la capacité de ses joueuses à combiner sur le plan relationnel.

    Deux écoles de pensée

    Cette capacité cognitive, qui dépend de facteurs techniques et sociaux, est aussi appelée « socio-affective ». Pour Nicolas Chabot, l’étape suivante après cette connexion est l’influence footballistique, qu’il divise en deux grandes écoles : espagnole et anglaise. « Les Espagnols montrent qu’en termes d’intelligence collective, de capacité à se connecter entre eux, ils sont au-dessus de tout le monde », souligne le technicien de 31 ans, qui a nourri sa passion pour le ballon rond devant les matches de Premier League. « J’adorais les matchs qui finissaient à 4-4, ceux où il y avait 3-3 à cinq minutes de la fin, avec des buts dans tous les sens », ajoute-t-il.

    Avec ce mélange des genres, l’entraîneur marseillais veut avant tout apporter un sens du spectacle « à la fois intense, technique, collectif, tactique et qui colle parfaitement à l’identité marseillaise où les gens font les choses avec le cœur ».

    Il n’y a plus qu’à le montrer sur le terrain tout au long de la saison.

  • [Entretien] François Batista, CGT : « Il y a toujours un espoir pour trouver un repreneur »

    [Entretien] François Batista, CGT : « Il y a toujours un espoir pour trouver un repreneur »

    La Marseillaise : Quelle analyse faites-vous de la situation de l’usine de Fibre Excellence Tarascon ?

    François Batista : Il faut, avant tout, avoir en tête que Fibre Excellence est un dossier qui a un impact départemental. Sa situation a une multitude d’effets sur plusieurs écosystèmes, avec des intérêts multiples pour plusieurs acteurs, comme le port de Marseille-Fos ou encore les centaines de forestiers qui fournissent l’usine en bois. Problème : nous avons eu une rencontre avec la Région, il y a deux semaines, non pas pour sauver l’outil industriel ou les emplois, mais trouver une porte de sortie pour le site… La Région Sud est la collectivité qui s’est le moins investie et qui a mis le moins de liquidités lorsqu’il y avait des projets de reprise pour éviter la liquidation du site. Elle est clairement moins impliquée que la Région Occitanie, qui a mis sur la table 13 millions d’euros, contre 2 millions et des brouettes pour la Région Sud. D’un autre côté, la CGT de Fibre Excellence a des propositions et des projets pour sauver le site et trouver un repreneur. L’usine a des avantages, elle produit de la pâte à papier dite « kraft », qui a une grosse demande notamment pour le carton et ses variantes. Il y a donc des possibilités réelles de débouchés et donc une reprise de l’activité. Les salariés ont un projet qui table sur un équilibre financier dans les 2-3 ans à venir, avec l’investissement nécessaire. En clair, même si le site est liquidé judiciairement, il y a toujours un espoir de trouver un repreneur et de sauver les emplois. Mais il y a urgence.

    Vous évoquez une urgence, pourquoi ?

    F.B : Le mandataire-liquidateur, qui a pris la main sur le site suite à la liquidation judiciaire, a la responsabilité de s’assurer de la sécurité du site, des personnes et de l’environnement. Le problème, c’est qu’il veut mettre en place des procédures d’arrêt du site qui rendraient très difficile tout redémarrage du site, notamment car une partie des installations s’abîmeraient. Il y a une vraie problématique de sécurité sur un site classé Seveso, avec des produits chimiques qui ne sont pas anodins et donc un risque industriel. L’enjeu est de respecter les normes environnementales pour maintenir l’outil industriel, le plus longtemps possible, en état de service. On estime à plusieurs mois le temps de vider et évacuer l’ensemble des produits du site. Il y a donc le temps de trouver un repreneur, si l’arrêt est fait en bonne et due forme. Garantir la sécurité du site, c’est procéder à un arrêt qui empêche tout impact environnemental et protège les installations. Ce mardi, il y a plusieurs incidents sur des vidanges. Il y a d’ailleurs eu plusieurs arrêtés préfectoraux pris pour encadrer l’action du liquidateur. C’est la preuve que le risque industriel qu’on évoque est réel.

    En quoi la fermeture définitive du site serait un non-sens industriel ?

    F.B : C’est très simple : redémarrer l’outil serait de l’ordre de quelques millions d’euros. Pour le démanteler, le dépolluer, on est sur plusieurs dizaines, voire des centaines de millions d’euros. Au-delà de ça, c’est une question de souveraineté industrielle, de garder une expertise et un savoir-faire.

  • Le Jeu provençal a-t-il perdu son identité ?

    Le Jeu provençal a-t-il perdu son identité ?

    Aujourd’hui, nous sommes loin des envolées des Lilou Maurin, Baldi. Locatelli, Benoît Gonin, Lovino, Griseri, Massoni avec parfois cette manière de valoriser le tir en claquant le troisième pas. C’est une époque révolue. Certes on retrouve quelques tireurs au style d’antan à l’image de Benmostefa mais ils se comptent sur les doigts d’une main. Essentiellement disputé dans le Sud pendant de longues décennies, le Jeu provençal s’est démocratisé il y a plus de 20 ans. Les titres nationaux en triplette ont toujours été l’apanage du Sud (Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Gard, Alpes, jusqu’en 2000 où trois gars du Rhône Besacier, Cazemajou, Chapeland triomphent). C’est le début de la démocratisation et de la transformation du Jeu provençal, jusqu’à « la déformation ». Entre-temps, une triplette de Gironde en 2016 avait suivi celle du Rhône (Bardolle, Sanchez, Grilleau) et celle des Pyrénées-Orientales avait carrément la main mise sur la France (Pedragosa, Pedragosa, Cazorla 2019/2021/2022).

    Pour Yves Rinck, président de Nyons de longue et champion de France doublette 1998 (avec Michel Lienard), « il va falloir que les deux fédérations se réunissent ». « Le Jeu Provençal de nos ancêtres a pris un coup dans l’aile », poursuit-il.

    « Samedi, j’ai passé la journée au boulodrome de Nyons où se déroulait le Championnat régional des clubs (CRC 1) au Jeu provençal je me suis régalé ! », nous raconte Yves Rinck avant d’analyser : « Force est de constater que dans la région Rhône-Alpes le Jeu provençal est devenu le Jeu lyonnais. Les nouveaux règlements de la FFPJP m’amènent à cette constatation. »

    « Le temps (1 mn 15) pour jouer la boule, la durée 2 h + 2 mènes, le cadre (lignes de pertes) , le tir (4 pas), on ne prend pas de temps à faire une donnée. La majorité des pointeurs sont sur le mauvais pied. Bref pour moi le Jeu provençal a perdu son identité », explicite-t-il.

    Mais le nouveau Jeu provençal, « lyonnais comme je me permets de l’appeler, est très attrayant et d’un très bon niveau ».

    À son avis il va falloir que les deux fédérations (boules et pétanque) s’entendent sur les dates des compétitions et que les joueurs de Lyonnaise puissent participer à toutes les rencontres fédérales de Jeu provençal. Selon lui, le jeu en sortira gagnant. « On a tout intérêt que tous ces talentueux joueurs du sport boules relèvent le niveau du Jeu provençal », conclut-il.

    « Le Jeu provençal évolue comme la société »

    Vincent Meger, responsable de la commission Jeu provençal dans le Gard, tient à souligner les efforts faits par la Fédération pour promouvoir le Jeu provençal. Pour ce passionné, « il faut trouver un compromis entre modernité et respect de la tradition ». « Il y a eu cette sélection de l’équipe de France, dans un premier temps, elle s’attache à être une locomotive, surtout auprès des jeunes. La Fédération donne de la visibilité en publiant beaucoup de vidéos », se félicite le passionné.

    Ce puriste à la belle plume cite volontiers Victor Hugo : « Soyez comme l’arbre. Changez vos feuilles mais jamais vos racines. »

    Quant à Pierre Dantin, vice-doyen sport de haut niveau de la Faculté des sciences du sport de Marseille, son regard est assez proche de ceux de Vincent Meger et Yves Rinck.

    « Le Jeu provençal évolue comme la société c’est implacable », campe ce féru de la longue distance. « Contrairement aux idées reçues je trouve un rajeunissement dans les pratiquants et surtout des jeunes très performants. Ils viennent avec leur culture, leur identité et dans une notion de véritable performance sportive », relativise-t-il. Même si « je suis nostalgique d’une certaine époque ». Malgré tout, il reconnaît : « Dans une société où tout va à 200 à l’heure, il est inconcevable aujourd’hui qu’une partie puisse durer 6h. Mettreun temps imparti de 2h est une bonne chose. » Pierre Dantin complète : « J’ai disputé sept championnats de France et les joueurs de grosses boules ont toujours été performants. Qu’ils arrivent en force aujourd’hui n’est pas une surprise mais une suite logique de leur incorporation. »

    Patrick Fara, président du Comité 13, est catégorique : « Non, le Jeu provençal n’a pas perdu son identité, il évolue avec son temps. » Il s’explique : « Les jeunes aujourd’hui apprennent avec les nouvelles règles, aux anciens de s’adapter. » Il semble évident pour le président que « la pratique est diversifiée avec des championnats des clubs pour lesquels il était obligatoire de mettre une limite de temps (2h+ 2 mènes) ».

    « Les règles sont appelées à évoluer comme dans tous les sports. Le plus préoccupant est la difficulté d’attirer les très jeunes vers cette discipline. Une dizaine sont recensés dans les Bouches-du-Rhône. C’est trop peu et inquiétant pour l’avenir », s’alarme Patrick Fara.

  • Le patron de la CFE-CGC d’Orange dénonce les décisions de sa direction

    Le patron de la CFE-CGC d’Orange dénonce les décisions de sa direction

    Des erreurs de gestion manifestes, au détriment des salariés… En visite à Marseille ce mardi 28 avril, Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC d’Orange, est revenu notamment sur la situation de l’entreprise à Saint-Mauront (3e), site que la direction a finalement décidé de fermer en partie, suite aux alertes successives du syndicat sur la sécurité. Rappelant les « rixes [malgré] les démentis de la préfète de police déléguée, puis les tirs sur les fenêtres du bâtiment », il estime qu’il s’agit néanmoins d’un « site pérenne techniquement » puisqu’il permet l’arrivée de câbles sous -marin.

    « On ne peut pas faire une valorisation immobilière comme à Nédelec », analyse le responsable syndical, précisant que depuis le départ, son organisation estimait que Saint-Mauront n’était pas un bon choix pour rapatrier quelque 800 salariés.

    Des décisions de loin

    Convenant qu’Orange a perdu son ancrage dans le quartier, supprimant notamment les « journées de convivialité et portes ouvertes (…) au nom de la réduction des coûts », il estime toujours possible d’y créer de l’emploi local en rapatriant des centres d’appels délocalisés « en Tunisie ou à Maurice ». Il déplore un « immense gâchis et l’absence de vision », en raison de décisions prises depuis Lyon ou Paris alors que Marseille est en train « d’exploser en compétences ».

    Le rachat de SFR par Orange, Free et Bouyges l’inquiète aussi grandement. « Pas moins de 8 000 emplois vont sauter » évalue-t-il.

  • Jean-Jacques Micoud : « Le tourisme contribue au cadre de vie des Martégaux »

    Jean-Jacques Micoud : « Le tourisme contribue au cadre de vie des Martégaux »

    Marquée par une affluence concentrée sur le mois d’août, la saison estivale 2025 avait posé plusieurs enjeux. Un an après sa prise de fonction, Jean‑Jacques Micoud analyse le tourisme en pays martégal.

    La Marseillaise : Comment se passe
    ce début de la saison touristique
     ?

    Jean-Jacques Micoud : On a commencé par un vrai festival de la banane, lors de la fête des 20 ans de Camping Paradis, le 18 avril. C’était un peu le premier élément de la saison. Quatre ponts arrivent, il fait beau, on a de bons espoirs d’avoir du monde. Mars a été bon avec une fréquentation de l’office de tourisme en augmentation de 8 à 9% par rapport à mars 2025. C’est pas le reflet du territoire, mais un indicateur.

    Comment caractérisez-vous le fait touristique en pays martégal ?

    J.-J.M. : Il y a plusieurs indicateurs. L’année dernière, la fréquentation des hébergements marchands a augmenté de 8%, sachant que 53% des nuitées se font dans le secteur non marchand, chez les copains par exemple. Il faut aussi constater qu’il y a de moins en moins de saisonnalité, on vient à Martigues toute l’année. On peut aussi parler du taux d’intensité touristique, c’est-à-dire le nombre de lits par rapport à la population. On en dénombre 6 000 dans le secteur marchand, pour 15 000 au total. Pour une population d’à peu près 50 000 personnes ça nous donne autour des 30%. Ce taux est de 16% à l’échelle des Bouches-du-Rhône. Nous ne sommes pas loin d’un million de nuitées à l’année. Ça représente à la louche 200 000 personnes, en partant de la moyenne de 5 nuitées par séjour. Il faut ajouter les excursionnistes, qui ne viennent qu’à la journée, à peu près 150 000 personnes. Donc 350 000 touristes sur l’année, et ce ne sont que des fourchettes basses. Martigues est donc bel et bien une ville touristique et industrielle. Et c’est notre travail d’objectiver ces données.

    Quel est l’impact économique ?

    J.-J.M. : Si on se base sur la consommation départementale de 74 euros par personne et par jour, en comptant en moyenne 24€ d’hébergement, on peut l’estimer à près de 23 millions d’euros à l’année.

    Est-ce une fin en soi d’attirer du monde ?

    J.-J.M. : Le tourisme n’est pas une finalité mais un élément de l’attractivité du territoire. C’est un vecteur économique, d’aménagement du territoire, d’embellissement, de lien social qui contribue au cadre de vie et donc aux habitants. Un cercle vertueux qui ne veut pas juste dire hôtels campings restaurants. C’est comme ça que je travaille dans l’ombre pour porter ce nouveau regard. Le but n’est pas de faire plus tourisme mais mieux tourisme. On ne vient pas par hasard à Martigues, sa signature est « Bien plus que vous imaginez ». On commence par la Côte bleue, puis on découvre la ville, puis l’étang de Berre, puis le cinéma avec Provence Studios…

    Pourquoi l’office propose
    des activités payantes ?

    J.-J.M. : Car c’est le métier des prestataires qui les réalisent, nous ne gagnons pas grand-chose dessus. C’est une mise en lumière. Car nous sommes un lieu dans lequel on vient chercher des infos… Mais pas que ! On a une boutique, une salle d’exposition à destination des associations et des Martégaux. On va aussi recommencer la billetterie pour le Summer Festiv’Halles.

    Entretien réalisé par Antonin Maja

  • La Bourse du Travail, haut lieu de lutte et de paix

    La Bourse du Travail, haut lieu de lutte et de paix

    Nous ne laisserons jamais déposséder l’UL CGT d’Arles de la Bourse du travail qu’elle occupe depuis 126 ans », assène Nathalie Bazire, secrétaire confédérale de la CGT lors de la conférence de presse, vendredi midi, à la Bourse du travail d’Arles. Les six unions départementales de la région, le comité régional et plusieurs syndicats CGT en lien avec le sujet de la défense ont participé à une journée d’étude sur la paix et le désarmement à la Bourse.

    Un lieu hautement symbolique. « Il faut bien comprendre la détermination de l’ensemble de la CGT à défendre cet outil de lutte qu’on occupe depuis 126 ans », explique Nicolas Bourcy, secrétaire de l’Union locale CGT d’Arles, au regard des menaces répétées du maire Patrick de Carolis (Horizons) d’expulser le syndicat pour y implanter de l’Office de tourisme.

    En réponse, la CGT a adressé début février un courrier au préfet de région, Jacques Witowski, pour y dénoncer « la volonté de Patrick de Carolis de réduire notre activité syndicale et d’invisibiliser la CGT » lorsqu’il propose « deux bureaux de 11m² chacun » en remplacement de la Bourse du travail. « Nous envoyons un message à Patrick de Carolis : il prendrait une lourde responsabilité à s’en prendre à l’une des dernières organisations en capacité de réunir autant de monde pour préserver la paix et la démocratie », complète Nathalie Bazire, « ce serait un signe énorme politiquement à l’encontre de l’organisation qui a la paix entre les peuples pour étendard ».

    Meeting régional

    pour la paix

    C’est en ce sens qu’à l’avant-veille du second tour des élections municipales, Nicolas Bourcy indique que « l’union locale CGT d’Arles, en toute indépendance politique mais non neutre, appelle à voter pour l’Union pour Arles, seule liste à défendre l’UL CGT dans son programme » pour conserver cet outil.

    Un outil qui a permis l’échange. Patrice Kantarjian, secrétaire régional de la CGT Paca, parle d’une « cinquantaine de conflits dans le monde », citant le ministre allemand appelant sa population à se préparer à la guerre, Emmanuel Macron « disant que les dividendes de la paix, c’était terminé » en 2025, ou le général Mandon pour qui la France devait « accepter de perdre ses enfants ».

    « La guerre est une perspective sérieuse, une opportunité économique pour le grand capital, dans une crise qu’il a du mal à dépasser autrement que par la guerre et le fascisme », analyse le syndicaliste, dans une « Région qui se positionne clairement pour ». Surtout au regard de Toulon défense event le 23 avril. « C’est la première fois qu’un général est recruté par France Travail pour aller chercher des jeunes pour les industries de l’armement et l’armée », remarque Nathalie Bazire, annonçant « une initiative régionale, sans doute sous la forme d’un meeting, pour que la voix des travailleurs s’exprime face à l’idéologie dominante de la guerre « inévitable et bénéfique» » qui se tiendrait à Toulon, le 23 avril.

    Dans les Bouches-du-Rhône, un premier rendez-vous pour la paix a lieu le 28 mars à 10h sous l’ombrière du Vieux-Port à Marseille à l’initiative de l’UD CGT 13 répondant à un appel confédéral.

  • Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une procédure accélérée pour une adoption avant les municipales, afin de permettre aux futurs maires de disposer d’une toute nouvelle « boîte à outils ». Voilà comment le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a vendu le projet de loi sur la réforme de la police municipale dont l’examen a démarré le 3 février au Sénat, le vote devant avoir lieu ce mardi 10 février. En fait d’outil, c’est la boîte de Pandore qui a été ouverte, renforçant une « municipalisation de la sécurité », au détriment de l’État de droit, analyse dans une note circonstanciée la CGT Intérieur Police.

    Concrètement, le texte soumis au Parlement s’appuie sur une mission d’information de la commission des lois, pilotée en 2024 par le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur d’alors, François-Noël Buffet (LR), en parallèle d’un « Beauvau de la police municipale ». Dont les syndicats ont dénoncé au passage l’absence de mesures sociales… Mais, au nom du fameux « continuum de sécurité », policiers municipaux et gardes champêtres se verraient attribuer des compétences judiciaires élargies. Outre la possibilité de relever une identité, ils seraient à même de dresser des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) – dont le taux de recouvrement atteint péniblement les 31% – pour au moins neuf délits « de l’insécurité du quotidien ». Les membres de la majorité de droite, pris dans un enthousiasme tout sécuritaire, en ont rajouté. Sous certaines conditions, les agents pourraient procéder à des fouilles, utiliser des drones « à titre expérimental », auraient accès à de nouveaux fichiers. Tout ça restant au bon vouloir des maires, se prévaut le gouvernement.

    Pas de doctrine nationale

    « C’est tout simplement une atteinte à la démocratie », résume Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT-Intérieur Police. Avec ce « ballon d’essai » de transfert d’une compétence régalienne au local, il estime le risque constitutionnel « sérieux » et alerte sur l’absence de doctrine nationale sur la municipale. « Comment on les arme ? Comment doivent-ils rendre des comptes ? À qui ? Quelles sont leurs missions ? » interroge-t-il. Pour lui, la mise en place d’une mission de contrôle des polices municipales, commune aux inspections générales du ministère de l’Intérieur prévue dans le texte, reste insuffisante. Au nom de la libre administration territoriale, le droit des citoyens est mis à mal, dans un contexte de « montée des discriminations », estime la CGT. Sur les AFD, le syndicaliste rappelle que le droit est déjà bafoué, le policier se faisant juge : « C’est une inscription au casier, direct, alors qu’un délit, c’est une enquête à charge et à décharge, un droit à la défense… »

    La CGT craint une « pénalisation territorialisée », avec un maire qui peut utiliser sa police sur des zones « à forte mobilisation électorale ». À l’inverse, le pouvoir de la police municipale sur l’édile s’en trouverait renforcé. « On l’a vu à Bordeaux, où le maire écologiste ne voulait pas les armer », illustre-t-il. Résultat : une police municipale équipée de semi-automatique, cet été, « après trois semaines de grève ».

    Sans attendre la fin de la navette parlementaire, la CGT a fait parvenir sa note « à tous les députés et sénateurs, sauf le RN ».

    Repères

    Des prérogatives élargies

    Vente à la sauvette, vol, usage de stupéfiants, occupation illicite de halls d’immeuble, vente d’alcool aux mineurs… Au moins neuf nouveaux délits pourraient être sanctionnés par la police municipale d’une amende forfaitaire délictuelle. Les sénateurs ont déjà proposé d’ajouter la conduite sans permis, sans assurance ou encore le port d’armes blanches.

    45%

    de hausse. Le nombre de policiers municipaux est passé de 19 405 en 2012 à 28161 en 2023. En 2026, 11000 agents devaient être recrutés, selon le Centre national de la fonction publique territoriale.

    Drones et caméras embarquées

    La police municipale pourrait être autorisée à utiliser des drones à titre expérimental durant 5 ans sur cinq segments précis, des grands rassemblements à la protection des bâtiments communaux.

    Sur 5 ans aussi, des caméras embarquées équiperaient les véhicules.

  • Martine Vassal déroule son programme pour Marseille

    Martine Vassal déroule son programme pour Marseille

    Pour ses vœux à la presse, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, s’est voulue résolument offensive, préférant insister avant tout sur son programme. Non sans oublier tout de même de viser sa cible première, l’extrême droite, jusqu’à appeler au « vote utile » en sa faveur évidemment dès le premier tour.

    « L’ADN de cette ville n’est pas et ne sera jamais le RN », a-t-elle martelé d’entrée. Parce qu’à Marseille, « on vit les uns à côté des autres », qu’« elle ne supporte pas les replis identitaires et ceux qui, en politique, viennent d’ailleurs », analyse Martine Vassal. Si elle dit comprendre « la colère », elle en appelle à la « responsabilité des électeurs », sans pour autant donner de consignes de vote. « On n’est pas propriétaire des voix », assène-t-elle, éludant la question d’un éventuel retrait au second tour, persuadée qu’il y aura alors quatre candidats.

    Ce qui compte aux yeux de Martine Vassal, c’est de pouvoir confronter sa vision de la ville. Une Marseille « balnéaire » où les « 57 km de littoral » seraient rendus aux habitants, de l’Estaque à la Pointe Rouge, une Marseille tournée vers son port, l’international, avec le développement des data centers, capable de convaincre des investisseurs.

    Plein pot sur le tram

    Elle repose sa proposition de créer un conseil de développement économique, social, culturel, sportif… Sur les transports, ce sera du tout tramway, « quatre fois moins cher qu’un métro », avec un développement « en étoile » : de Saint-Marcel à Saint-Loup, de Saint-Antoine à la Bricarde, de la Belle de Mai à Saint-Jérôme, des Caillols à la Valentine, de la Blancarde à la Pointe Rouge, mais en oubliant la Corniche, car « il faut aller vite ». Tout cela étant faisable le temps du mandat, a-t-elle calculé. Pour les financements, elle promet d’aller « les chercher avec les dents », du côté de l’État, de la Région et de l’Europe. Et si celle qui est aussi présidente (DVD) de la Métropole, autorité organisatrice des transports, a « perdu du temps » jusque-là, c’est parce que dans certains quartiers, on lui a mis « des bâtons dans les roues ».

    Parce qu’elle a bien compris la leçon de son échec en 2020, où « on avait fait travailler des experts » et produit un glossaire de plusieurs centaines de pages, Martine Vassal le martèle : elle a construit son programme « au fil des personnes qui [la] rejoignent » et préfère le distiller savamment. Un « teasing » pour « accrocher » l’électeur. « Mais vous verrez, d’ici la mi-février, tout sera calé » et révélé affirme-t-elle.

  • [Entretien] Frédéric Dabi : « Les élections municipales à l’ombre de la présidentielle »

    [Entretien] Frédéric Dabi : « Les élections municipales à l’ombre de la présidentielle »

    La Marseillaise : Est-ce que ces élections municipales de 2026 vont, selon vous, présenter des caractéristiques, une tonalité spécifique, qui les rendraient assez différentes des précédentes ?

    Frédéric Dabi : Oui, très clairement. D’abord parce que, sauf dissolution, ce sera le dernier scrutin avant la présidentielle de 2027. Comme en 2001, ces municipales pourront être lues comme une répétition générale, moins par leurs résultats que par la lecture politique qui en sera faite. En 2001, on avait mis en avant les victoires de la gauche à Paris, Lyon et Dijon, en occultant le nombre de villes perdues ailleurs. En 2026, il y aura une vraie bataille d’interprétation, et toutes les forces politiques peuvent se retrouver fragilisées : un PS perdant de grandes villes, une droite LR en recul, un RN qui ne perce pas, ou une France insoumise cantonnée à gêner les socialistes sans gagner de municipalités, y compris à Roubaix.

    Ces élections seront donc plus politiques que les précédentes. Elles s’inscrivent aussi dans un contexte inédit, que j’appelle l’éclipse du politique à l’échelle nationale. Les Français ont le sentiment que le politique ne les écoute plus et ne parvient plus à améliorer leur situation, ce qui pourrait avoir des effets importants sur la participation. À mes yeux, ce seront des municipales très particulières.

    Vous évoquez ce contexte. Est-ce que l’on sait déjà quelles sont les préoccupations des Français à la veille de ces élections ? Et est-ce qu’elles ont, elles aussi, évolué depuis 2020 ?

    F.D. : Les enquêtes récentes montrent une hiérarchie des préoccupations totalement inédite pour des municipales. La première, c’est la sécurité des personnes et des biens, un niveau que l’on n’avait plus vu depuis les régionales de 2015 ou la présidentielle de 2002. À cela s’ajoute le narcotrafic, désormais clairement identifié par les Français. Viennent ensuite l’accès aux soins et la santé, puis la dette. Ce sont des enjeux nationaux, presque régaliens, qui, faute de réponses au niveau national, redescendent vers le local et s’invitent dans les campagnes municipales. La question de l’accès aux soins ne connaît pas d’opposition simple entre métropoles et petites communes. Ces trois enjeux inédits peuvent fragiliser les maires sortants, notamment dans les petites communes, et montre que ce qui se joue au niveau national pèse directement sur le vote municipal. Les sortants peuvent néanmoins valoriser leur bilan, leur présence sur le terrain et leur capacité d’écoute, et mettre en avant d’autres sujets très appréciés localement, comme le logement, les mobilités ou le cadre de vie. Les campagnes mêleront ainsi une forte dimension nationale – sécurité, santé, dette – et des enjeux locaux, avec une homogénéisation des préoccupations sur tout le territoire.

    Vous avez souligné la proximité de l’élection présidentielle,
    en faisant le parallèle avec 2001. Quelles conséquences cela peut-il avoir, notamment sur la stratégie du Rassemblement national et de la France insoumise
     ?

    F.D. : Les deux forces dites radicales s’engagent fortement dans ces municipales, ce qui n’était pas le cas en 2020. Cela confirme que ce scrutin est perçu comme important, presque comme une répétition générale avant la présidentielle.

    Mais le RN et LFI n’y vont pas avec les mêmes atouts. Pour LFI, c’est une véritable première : elle a très peu de sortants, à l’exception du maire de Faches-Thumesnil, ce qui limite ses gains potentiels, même s’il existe des possibilités à en Seine-Saint-Denis ou à Roubaix avec David Guiraud. Cela tient au fait que LFI reste une force très nationale, encore en décalage avec l’imaginaire municipal. Elle dispose néanmoins de points d’appui, notamment les scores élevés de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, et d’un possible rôle d’arbitre au second tour dans plusieurs grandes villes. Mais un mauvais scrutin municipal aurait des conséquences, y compris sur la dynamique présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Le RN, lui, est dans une autre logique : il dispose déjà de nombreux sortants et cherche à prolonger son implantation locale, dans la continuité de législatives réussies, y compris dans des départements où il était jusque-là faible.

    Ce que certains appellent « l’ancien monde », soit le PS et LR se partageant l’essentiel des collectivités locales, pourrait-il être chamboulé en 2026 pour se rapprocher du rapport de force national ? Peut-on aller vers une forme de tripartition territoriale ?

    F.D. : L’hypothèse est séduisante, mais je n’y crois pas. Il existe une étanchéité jamais vue entre le national et le local, encore renforcée par la fin du cumul des mandats. Les forces dominantes au niveau national restent faibles à l’échelle locale. Dans les communes de plus de 10 000 habitants, entre 80% et 90% des villes sont toujours tenues par le PS, le PCF, les Écologistes, LR ou l’UDI. Je ne vois pas pourquoi cela changerait fondamentalement. Il peut y avoir des ajustements à la marge. LR est en difficulté et ne dominait plus guère que Nîmes parmi les grandes villes. Le PS peut perdre une grande ville. Mais il est très difficile d’imaginer que LFI, le RN ou Renaissance émergent au point de reproduire localement la tripartition nationale. Aux municipales, le dégagisme reste limité.

    Est-ce que, justement, les maires sortants bénéficient toujours de cette prime au sortant ?

    F.D. : Oui, elle existe toujours, même si elle se fragilise. On observe une forme de défiance qui touche le local, notamment parce que des enjeux nationaux irriguent les campagnes municipales. Les maires font face à des exigences citoyennes inédites, et à des polémiques symboliques qui s’invitent dans la fin de mandat. Pour autant, dans les villes de plus de 10 000 habitants, les municipales restent un scrutin de stabilité. Même en 2014, année de forte alternance, environ 70% des maires sortants ont été reconduits. Mais c’est aussi un scrutin de récit : si des villes majeures comme Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Nice ou Bordeaux changeaient d’étiquette, l’impact symbolique serait considérable.

    En Occitanie, est-ce que le scrutin va obéir aux mêmes logiques que dans le reste du pays ? Peut-on déjà identifier des configurations ou des villes emblématiques ?

    F.D. : Oui, globalement. Les enjeux de sécurité, de trafic de drogue et de santé y sont très concrets, et je ne vois pas pourquoi la région ferait exception. Comme ailleurs, il y aura des villes symboles. À Montpellier, Michaël Delafosse apparaît bien placé. À Nîmes, une division possible de la droite pourrait profiter à d’autres forces notamment à l’association de gauche et des écologistes autour de Vincent Bouget. À Castelnau-le-Lez, un jeune élu proche de la majorité présidentielle pourrait l’emporter. Reste le cas de Toulouse : Jean-Luc Moudenc parviendra-t-il une nouvelle fois à s’en sortir, ou la force de la gauche aux élections nationales, combinée à une possible division à gauche, peut-elle rebattre les cartes ? Comme ailleurs, il y aura des configurations locales fortes, mais sur les grandes thématiques, l’Occitanie s’inscrit dans une logique d’homogénéité avec le reste du pays.