L’industrie vauclusienne au prisme des luttes sociales

Ce samedi, le musée du cartonnage et de l’imprimerie de Valréas accueille le public pour une journée de rencontre et de réflexion autour de la désindustrialisation à partir de 10h30.

« Le musée existe depuis 1991, il est le reflet d’une industrie locale importante au XIXe siècle dans la ville, où l’on fabriquait des boîtes en carton pour la sériciculture, c’est-à-dire l’élevage de vers à soie », explique Virginie Vincent-Jardin, chargée du développement touristique et de la communication du musée. « Pour la petite histoire, il y avait à Valréas une famille de sériciculteurs qui avait besoin de boîtes en carton pour importer les œufs des vers à soie depuis d’autres pays du monde, mais avec le transport, l’humidité puisque les transferts se faisaient beaucoup par bateau et le manque d’aération des boîtes, il y avait beaucoup de perte. Alors, la famille est allée à la rencontre d’un des commerçants de la ville qui inventait souvent des choses et il a mis au point une boîte en carton avec des trous d’aération pour préserver les marchandises et le marché a explosé un peu partout. »

Avec le développement de nombreuses entreprises de fabrication de boîtes en carton, Valréas est devenue un vivier local et régional pour la production. Parmi ces entreprises, celle qui a perduré jusqu’en 1997 est l’entreprise Morel-Barneron.

Un combat immortalisé

« Elle était spécialisée dans la fabrication de boîtes pour l’industrie de la parfumerie de luxe, mais elle a été à la fin des années 90 menacée de fermeture et les employés ont décidé de ne pas se résigner. Ils se sont battus jour et nuit pour sauver leur entreprise et les nombreux emplois pendant plus d’une année », raconte-t-elle. « Seulement, en 1998, Morel-Barneron a mis la clé sous la porte, laissant derrière elle de nombreux chômeurs… » Un combat qu’a décidé de photographier Bernard Baudin et dont les clichés sont exposés au musée jusqu’au 31 octobre, avec l’exposition « Avant le silence-Morel-Barneron, 1997 ».

Ce samedi, une visite guidée et commentée par le photographe sera proposée. Elle sera suivie l’après-midi d’une conférence animée par Romain Castellesi, spécialiste en histoire sociale et ouvrière sur l’histoire des cartonnages Morel-Barneron et la désindustrialisation en France.

Journée gratuite mais réservation conseillée.

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