Tag: conférence

  • Les politiques d’accessibilité et d’inclusion en débat à Martigues

    Les politiques d’accessibilité et d’inclusion en débat à Martigues

    L’enjeu, « c’est le vivre-ensemble » pour cette participante à la conférence donnée par la sociologue Sylviane Feuilladieu ce vendredi matin à la salle Dufy. C’est à l’invitation de l’Association pour la promotion et l’organisation d’un réseau de santé ouest étang de Berre (Aporsoeb) que l’enseignante-chercheuse à Aix-Marseille université est venue ouvrir le colloque d’une journée organisée par l’association autour du handicap et de « l’accueil de la différence de chaque enfant ».

    Outre le vivre-ensemble, l’enjeu est aussi d’ouvrir la réflexion des professionnels de santé, du social, de l’éducation et parents invités sur l’accessibilité réelle aux handicapés, au-delà de la simple compensation, et particulièrement en milieu scolaire. « Une situation inclusive peut être inégale, excluante, ségrégative ou non légitimisante » explique la chercheuse, mettant en situation : « si un élève handicapé est en classe avec son accompagnant [AESH, Ndlr] il est inclus avec les autres, et on rend les supports accessibles » pour compenser le handicap. Mais il y a un écueil : « Les interactions ne changent pas, la reconnaissance de l’institution non plus », affirme la sociologue.

    « La justice sociale c’est agir sur un système »

    Sylviane Feuilladieu pousse plus loin l’idée d’inclusion « de masse » des handicapés pour une « démocratisation » de l’inclusion, en considérant « les inégalités sociales d’accès et de participation » des concernés. Plus que l’égalité, ou l’équité, la sociologue en vient au terme de « justice sociale, soit agir sur la manière dont fonctionne le système » pour l’adapter à tous. « Travailler les pratiques inclusives, c’est faire une place à chacun en reconfigurant l’espace social » estime-t-elle, parlant d’« un travail collectif » pour éviter « de ne penser qu’à l’inclusion qui maintient dans l’inégalité d’accès et de participation », et permettre de renforcer « le vouloir agir et le pouvoir d’agir ».

    Mais cette vision suscite le débat. « Certains handicaps sont facilement compensables, mais on ne peut pas inclure tout le monde », estime Michel Roussel, de l’association la Chrysalide qui offre des services d’accompagnement. « Pour les autistes lourds ou les polyhandicapés, c’est un peu des foutaises pour nous, faut pas être des Bisounours », ose-t-il. « La sociologie démontre qu’il faut se donner les moyens de cette ambition », rétorque la chercheuse, indiquant qu’il y a certes « des écarts à la norme plus ou moins conséquents » mais que les sciences du langage étudient l’inclusion des personnes non-oralisantes, et d’autres « sur l’insertion professionnelle des travailleurs en Esat vers le milieu ordinaire ». Claire Burger, participante, considère qu’« on ne peut pas demander à des neurodivergents de penser comme nous, les neurotypiques ». « Ces personnes pensent différemment. C’est un fonctionnement qui n’est pas majoritaire mais qu’on handicape car ils ne rentrent pas dans la norme » précise-t-elle, en aparté.

    Créer cette rencontre est l’objectif de l’Aporsoeb. « Ce colloque permet de prendre du recul pour revenir au travail avec une position différente », indique la coordinatrice Maïté Robin.

  • Les valeurs de la francophonie célébrées à Marseille

    Les valeurs de la francophonie célébrées à Marseille

    Dans le cadre de la Journée internationale de la francophonie, ce vendredi, la Maison de la francophonie de Marseille a organisé diverses animations à l’hôtel de Région. Une date consacrée à la promotion de la langue française et des valeurs qu’elle véhicule. Soutenue par la Région Sud, l’événement a réuni le public autour d’ateliers, d’une dictée, d’expositions, d’une table ronde et de plusieurs remises de prix.

    Plus qu’une langue

    En ouverture, Aurore Bruna, conseillère régionale, a rappelé l’engagement de la Région Sud en faveur de la francophonie. La collectivité prévoit d’accorder « une subvention de 5 000 euros à l’événement, sous réserve du vote de la séance plénière du 26 juin prochain ». L’élue a ajouté : « La francophonie est et restera une priorité politique de notre collectivité régionale. » Avant de souligner le rôle du français dans l’éducation, la culture et le rapprochement entre les peuples.

    Le président de la Maison de la francophonie, Jean-Pierre Chiaverini, a pour sa part insisté sur la définition de la francophonie : « Un espace de coopération multilatérale et de solidarité fondé sur des valeurs de paix, de démocratie et d’égalité. » Il a également rappelé le dynamisme de cet espace qui rassemble aujourd’hui près de 400 millions de locuteurs dans le monde et 90 États au sein de l’Organisation internationale de la francophonie.

    Parmi les moments clés de la journée figuraient la remise des prix du concours photo « Dix mots, dix clichés d’un monde à venir », la remise du prix littéraire francophone à l’écrivaine Maria Larrea, ainsi qu’une table ronde consacrée à la contribution de la jeunesse à la « construction d’un monde plus apaisé ». Une manière de rappeler que la francophonie ne se limite pas à une langue, mais constitue aussi un outil de dialogue et de compréhension entre les cultures.

  • L’héritage de Marc Bloch mis en lumière aux Rotatives

    L’héritage de Marc Bloch mis en lumière aux Rotatives

    Les Rotatives de La Marseillaise ont accueilli, ce jeudi soir, une conférence-débat consacrée à Marc Bloch, figure majeure de l’historiographie française, dont la panthéonisation est prévue le 23 juin. Organisée par l’association Coudes-à-coudes, la rencontre a réuni universitaires, enseignants d’histoire-géographie et élus de la Ville de Marseille autour d’un homme dont l’œuvre et l’engagement demeurent indissociables.

    Historien engagé

    En ouverture, le président et directeur éditorial de La Marseillaise, Léo Purguette, a rappelé la vocation du quotidien : « un rôle de combat » et non « le rôle d’un vestige ou témoin ». Évoquant Marc Bloch, il a salué « un très grand historien » qui mérite « la transmission de son œuvre, de sa vie, aux nouvelles générations ».

    Représentant le maire de Marseille, Azad Kazandjian, conseiller municipal délégué au patrimoine historique et cultuel, a insisté sur la portée contemporaine de l’auteur de L’Apologie pour l’histoire. « L’histoire n’est pas une arme au service des passions du moment, mais une école de l’humanité », a-t-il déclaré, appelant à « résister à l’ignorance ».

    Pour Michel Potoudis, président de l’association Coudes-à-coudes, la panthéonisation constitue l’occasion de remettre en lumière un homme qui fut « un intellectuel engagé au sens le plus noble du terme.(…) Il s’est battu contre le fascisme par les moyens intellectuels d’abord, par les moyens militaires ensuite ».

    Les historiens Julien Loiseau et Laure Verdon ont insisté sur la cohérence entre la vie et l’œuvre de Marc Bloch, enseignant, chercheur et résistant. Une exigence résumée par la phrase qu’il souhaitait voir inscrite sur sa tombe : « Il n’a chéri que la vérité. » Un héritage qui, plus de 80 ans après son exécution, continue d’éclairer le présent.

    Coline Le Bras

  • Marc Bloch, historien bientôt panthéonisé, mis à l’honneur

    Marc Bloch, historien bientôt panthéonisé, mis à l’honneur

    Ils sont rares, les grands intellectuels qui furent pleinement résistants. Aux côtés de figures remarquables comme René Char, Jean Paulhan ou Jean-Pierre Vernant – un poète, un directeur de revue, un historien de la Grèce antique – on peut mentionner ceux qui furent fusillés : le philosophe Jean Cavaillès, l’ethnologue Boris Vildé ou, plus oublié encore, l’homme de théâtre Sylvain Itkine, lui aussi massacré dans les geôles de la Gestapo lyonnaise.

    Fils d’un historien de la Sorbonne, républicain d’origine juive alsacienne, athée et patriote, Marc Bloch, chercheur convaincu de la nécessité de l’interdisciplinarité, de la sociologie et de l’économie, inventeur aux côtés de son aîné Lucien Febvre de la revue Annales et de l’histoire des mentalités, (1886-1944), ne fut pas uniquement un immense médiéviste et un enseignant soucieux de clarté. Les problématiques de ses contemporains renouvelèrent son questionnement ; deux guerres mondiales aiguisèrent son regard.

    Un martyr

    de la République

    En 1914-1918, une blessure et les combats dans les tranchées lui permirent d’appréhender l’importance des fausses nouvelles et de la propagande, ainsi que le rôle de la paysannerie dans la société française du XXe siècle comme dans le monde féodal. La « drôle de guerre » l’amena à poser un diagnostic sans concession sur l’effondrement de son pays en 1940. Au fil des ans, son essai posthume, L’Étrange défaite, préfacé en 1990 par l’Américain Stanley Hoffmann, devint son livre le plus lu : citoyens et historiens du temps présent en avaient besoin pour élucider les abandons et la férocité du régime de Vichy.

    Après sa démobilisation, Marc Bloch renonça à partir pour les États-Unis, où un poste lui était réservé. Il avait charge de famille et son statut de juif lui interdisait d’enseigner en France. Son entrée dans la clandestinité de la Résistance ne fut pas immédiate : les hommes de l’ombre crurent un moment ne pas devoir recruter ce personnage d’aspect sévère, porteur d’une canne, déjà vieilli. À Lyon, son courage et ses talents d’analyste lui permirent de devenir un infatigable dirigeant du MUR, le mouvement d’Alban Vistel.

    Marc Bloch fut arrêté le 8 mars 1944. La Gestapo l’emprisonna au fort de Montluc. Il fut interrogé, torturé pendant plusieurs jours, subit coups de poing, fouets et tentatives de noyade à l’eau froide, contracta une pneumonie et revint dans sa cellule avec le visage ensanglanté et des côtes cassées. Pour survivre, il parla un peu, livrant des renseignements sans importance. Le 16 juin 1944, on l’extrait de sa cellule. Son corps sera identifié parmi 28 cadavres, ceux d’ouvriers et de résistants communistes.

    Le tournant

    d’une seconde vie

    C’est donc une double figure qu’il ne faut pas dissocier qui sera évoquée, ce jeudi, à l’initiative de l’association marseillaise Coudes-à-Coudes de Michel Potoudis : Marc Bloch fut un enseignant et chercheur qui révolutionna sa discipline, ainsi qu’un chef de réseau torturé et fusillé en 1944 par les sbires de Klaus Barbie.

    Codirecteur avec Florian Mazel, enseignant formé à Aix-en-Provence, d’un remarquable et très complet ouvrage collectif intitulé Marc Bloch, l’histoire en résistance (Éditions du Seuil), et commissaire d’une exposition qui s’ouvrira pendant les cérémonies du Panthéon, Yann Potin évoquera ce jeudi, dans l’ancienne salle des rotatives de notre journal, avec deux universitaires aixois, Julien Loiseau et Laure Verdon, la trajectoire de Marc Bloch.

    Longtemps éclipsée par Fernand Braudel ou Georges Duby, qui furent lus durant une période plus favorable au marché du livre, la figure de ce grand comparatiste, fondateur de la nouvelle histoire des mentalités, s’est soudain rapprochée. Elle avait été pleinement réévaluée par la communauté des historiens, notamment par Jacques Le Goff, Bronisław Geremek et Carlo Ginzburg, qui placent très haut Les Rois thaumaturges et Apologie pour l’histoire.

    Après Jean Moulin en 1964, Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillon et Jean Zay en 2015, puis Simone Veil, Joséphine Baker, Missak Manouchian et Robert Badinter, un historien entrera, ce 23 juin, pour la première fois au Panthéon.

    Reste à mesurer ce qu’il adviendra, dans un tel contexte, de cette seconde vie de Marc Bloch, introduit au Panthéon par un président de la République désireux de capter, pour son image personnelle, une partie du capital symbolique de la Résistance. On sera solidaire de la volonté de la famille de Marc Bloch, qui exige que « l’extrême droite, dans toutes ses formes, soit exclue de toute participation à la cérémonie ».

    Conférence ce jeudi 4 juin à partir de 18h30. Les Rotatives, 19 Cours d’Estienne d’Orves, Marseille (1er). Entrée libre.

  • L’historien Marc Bloch au Panthéon et aux Rotatives

    L’historien Marc Bloch au Panthéon et aux Rotatives

    Historien et Résistant de la Seconde Guerre mondiale, Marc Bloch entrera au Panthéon le 23 juin. Yann Potin, archiviste historien, et les professeurs à l’université de Provence Aix-Marseille, Laure Verdon et Julien Loiseau, sont les invités du collectif, qui consacre une soirée au chercheur et chef de réseau, torturé et fusillé par la Gestapo en 1944.

    Histoire contemporaine

    Pour la première fois de son histoire, le Panthéon, sanctuaire de la mémoire nationale, accueille un historien qui fut aussi un grand Résistant, engagé dans la clandestinité, à Lyon, en 1943-1944. Liberté et esprit critique n’ont cessé de guider son parcours de chercheur et d’enseignant, fondateur de l’Histoire contemporaine par sa réflexion exigeante sur le métier d’historien. Témoin critique de son temps, Marc Bloch a contribué à la reconnaissance de l’histoire économique et sociale, défendant l’étude du temps long et le dialogue avec les autres disciplines. Ce statut d’historien engagé n’allait pas de soi. Son tempérament ambitieux agaçait certains pairs. Bien plus grave, l’antisémitisme des années 1930 n’a pas épargné son parcours.

    Son entrée au Panthéon le 23 juin, 82 ans après son exécution sommaire, honore à la fois le savant et le Résistant : un intellectuel engagé, cofondateur de la revue des Annales, qui était convaincu que comprendre le passé est une exigence pour éclairer le présent et défendre les valeurs républicaines. C’est sur cet héritage qu’il laisse à la pensée que les invités de la conférence reviendront ce jeudi.

    Les Rotatives, 19 Cours d’Estienne d’Orves, Marseille, 1er. Entrée libre.

  • Les festivals phares de la région attendent le coup de feu

    Les festivals phares de la région attendent le coup de feu

    La Région Sud est le point culminant français en matière culturelle et artistique. Nous ne voyons pas la culture comme une dépense mais comme une identité, notre force », amorce Sophie Joissains. « Du festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence à Marsatac, en passant par le Festival d’Avignon ou les Chorégies d’Orange », « la culture est un ferment d’espoir et un lien entre tous », estime la vice-présidente de la Région en charge de la culture lors d’une conférence de presse organisée vendredi 29 mai. En dépit d’une baisse de 4% de son budget alloué à la culture, 52,5 millions en 2026, et à l’approche de la saison des grandes manifestations de l’été, l’occasion est donnée de faire un point sur les gros festivals que la collectivité territoriale soutient.

    Primeur de la parole à Richard Galy, président de la Société publique locale (SPL) des Chorégies d’Orange, qui note d’emblée la « nécessité de passer à un autre statut plus adapté, l’Établissement public de coopération culturelle (EPCC), déjà voté par la Région, le Département et la Ville. Nous attendons l’arrêté qui nous permettra d’y associer l’État ». Directeur démissionnaire de la manifestation, Jean-Louis Grinda annonçait il y a quelques mois une « saison 2026 light », divaguant du 19 juin au 18 juillet de La Traviata de Verdi avec Jessica Pratt dans le rôle-titre, à un concert symphonique de Philippe Katerine. « Un nouveau directeur artistique des Chorégies sera nommé la semaine prochaine. Avec l’objectif de proposer ce qui fait l’ADN des Chorégies, le lyrique et la mise en scène », annonce avec soulagement Richard Galy.

    Successions et bougies

    Nommé à la suite de Pierre Audi, décédé il y a un peu plus d’un an, Ted Huffman, nouveau directeur du Festival d’Aix-en-Provence qui se tiendra du 2 au 22 juillet, réaffirme quant à lui que « l’opéra doit demeurer un art vivant. Il faut sortir de l’idée selon laquelle l’art lyrique est un musée. C’est le moment d’aller vers des choses inattendues », souligne le metteur en scène américain. Parmi les « 250 festivals et manifestations » soutenus par la Région sur le millier existant, certains sont présents comme Marsatac, dont la date du 13 juin réunissant Théodora et Disiz est « bientôt sold out », annonce sa directrice Béatrice Desgranges, Tiago Rodrigues, directeur du Festival d’Avignon dont la 80e édition s’élance le 4 juillet, ou encore Michaël Dian, directeur artistique du Festival de Chaillol qui souffle ses 30 bougies dans les Hautes-Alpes dès le 17 juillet. Sans oublier la présence d’Hugo Lucchino, nommé l’été dernier à la tête de la Villa Noailles, à la suite de la mise à pied de Jean-Pierre Blanc par le ministère de la Culture. Avec une programmation articulée autour du festival international de la mode, de la photographie et d’accessoires d’Hyères ainsi que du festival Design Parade à Toulon et dans la région. Aurélie de Lanlay, directrice adjointe des Rencontres d’Arles, tenues du 6 juillet au 4 octobre, met l’accent, elle, sur les différents dispositifs dispensés aux élèves de tous âges autour de l’initiation à la lecture de l’image. « Pour donner des clefs pour permettre aux jeunes de décrypter les images qui les entourent. »

    Le 15e vice-président de la Région en charge de la jeunesse, des sports et de la vie étudiante, Ludovic Perney enchaîne et se félicite pour sa part des « 4 800 élèves » qui ont pu bénéficier de ces ateliers de « lecture de l’image à Arles », mais aussi des parcours initiés au Festival d’Aix ainsi que du nombre de « lycéens accompagnés au Festival d’Avignon ».

    « Mode de vie occidental »

    Si « l’État baisse non seulement ses budgets mais demande aussi aux collectivités un effort pour rembourser la dette nationale », rappelle Sophie Joissains, « il faut faire en sorte que les structures et festivals passent ce mauvais cap ». De son côté, Ludovic Perney voit aussi la culture comme un moyen de s’opposer « aux attaques contre le mode de vie occidental ». Une formule qui laisse pantois, mais que ce candidat à la présidence de la fédération LR des Bouches-du-Rhône « assume », avant de se vautrer dans des explications alambiquées pour tenter de déminer la polémique. « Quand on était à l’école, l’Occident était au milieu de la carte du monde avec l’Europe, et nous, au milieu. Et bien, aujourd’hui, l’axe du monde a changé. Il faut préserver ces valeurs qui sont fondamentales pour conserver la maîtrise de notre destin », dit celui qui aime à citer le moraliste nationaliste et controversé Ernest Renan. Avec tous ces festivals, l’été sera chaud. Mais gare aux coups de soleil idéologiques sur la nuque.

  • Plus de 10 000 nageurs au départ du Défi Monte Cristo

    Plus de 10 000 nageurs au départ du Défi Monte Cristo

    C’est l’événement référence dans le monde de la nage en eau libre. La 28e édition du Défi Monte Cristo se déroulera sur deux week-ends de courses du 5 au 7 juin et les 13 et 14 juin, en partant du lieu emblématique du château d’If pour une arrivée prévue sur les plages du Prado. « On a plus de 10 000 nageurs inscrits », a lancé Dominique Lena, fondateur de la course, entouré de Ludovic Pernay, vice-président de la Région sud en charge des sports et d’Éric Mery, adjoint au maire de Marseille, délégué aux sports. « On veut garder cette même rigueur même au bout de 28 éditions, c’est beaucoup de travail mais surtout un immense plaisir », insiste Dominique Lena, ancien joueur du CNM.

    Philippe Lucas, parrain

    de l’édition

    Un des plus grands entraîneurs de natation, qui a lancé Laure Manaudou dans le grand bain, Philippe Lucas sera le parrain de cette 28e édition pour le plus grand plaisir de l’ex-poloïste : « Ça faisait quelques années que je pensais à lui, c’est un grand honneur pour nous de l’avoir pour cette édition. C’est un grand monsieur de la natation qui en plus entraîne à Martigues actuellement. »

    Une 28e édition particulière puisque pour la deuxième fois, le Défi Monte Cristo s’étend sur deux week-ends. Un nouveau pari pour les organisateurs après la réussite de l’année dernière autant le plan économique que sur les plans social et sportif : « Pour ce format de cinq jours, les participants sont au rendez-vous, à nous maintenant d’y être et d’arriver à fournir une belle prestation d’organisation », déclare Dominique Lena.

  • Fusillade mortelle de Nice : trois mises en examen

    Fusillade mortelle de Nice : trois mises en examen

    Les procureurs de Marseille et de Nice, Nicolas Bessone et Damien Martinelli, ont annoncé lundi, lors d’une conférence de presse à Marseille, avec le directeur du service interdépartemental de la police judiciaire, Éric Antonetti, « l’élucidation ultra-rapide » de la fusillade du quartier des Moulins.

    Le 11 mai à 15h20, un homme masqué à trottinette avait calmement rafalé à l’arme automatique un commerce situé à 20 mètres d’un point de deal, tuant en terrasse deux personnes « totalement étrangères au trafic » et en blessant six autres.

    Après avoir identifié deux appartements conspiratifs à Nice, l’un dans le quartier des Musiciens, l’autre à l’est de Nice, et comprenant qu’un second projet criminel se préparait en reproduisant le mode opératoire de la veille avec un deuxième Renault Captur encore volé à Marseille, la Police judiciaire de Nice décidait d’interpeller le 13 mai à Nice et le lendemain à Marseille deux hommes âgés de 19 et 30 ans et deux femmes âgées de 26 et 50 ans. Une arme longue de type 7.62 correspondant à celle de la fusillade était trouvée en perquisition, avec des munitions, un masque postiche. L’homme de 30 ans venu de la région parisienne et connu de la justice, serait le tireur. Son téléphone borne à la fois sur le lieu de la fusillade, sur le lieu où a été retrouvé incendié le véhicule Renaut Capture volé à Marseille et incendié. La femme de 50 ans n’a pas été déférée. Les trois autres ont été mis en examen et placés en détention provisoire.

    « Ce sont des faits de narcomicides, de guerre territoriale » déclare M. Bessone. Cette fusillade s’inscrit dans « une montée de tension entre deux équipes des quartiers Est et ceux des Moulins » ajoute le patron de la PJ. « Les interactions clairement s’intensifient entre réseau niçois et réseau marseillais avec des influences de la région parisienne » ajoute Damien Martinelli.

  • Le grand rendez-vous cannois du cinéma mondial

    Le grand rendez-vous cannois du cinéma mondial

    C’est La Vénus électrique du réalisateur français Pierre Salvadori qui sera projeté dans les salles de cinéma en même temps qu’à Cannes afin d’offrir aux spectateurs comme aux festivaliers et professionnels une occasion de se rassembler autour de cette comédie romanesque burlesque.

    Chaque année, pendant les 12 jours, plus de 35 000 passionnés de cinéma célèbrent la plus grande fête du 7e art. 22 films ont été retenus en compétition, et parmi lesquels se trouvera peut-être la Palme d’or *.

    D’autres films s’ajoutent à la sélection officielle avec notamment des sections parallèles (Quinzaine des cinéastes, Semaine de la critique, Acid). Un savant équilibre pour que le cinéma mondial soit représenté dans toute sa diversité et son excellence. Autre moment très attendu, la Caméra d’or qui récompense le meilleur premier film**. Cannes fait ainsi le pari de la création.

    C’est le réalisateur Sud-Coréen qui succède à Juliette Binoche. Park Chan wook (Decision to leave, Aucun autre choix) présidera la 79e édition. La salle de cinéma est, dit-il, une « captivité volontaire qui rassemble et crée de la solidarité émouvante et universelle ».

    Un retour à l’Histoire

    L’actrice française, Leïla Bekhti sera la présidente du jury d’Un Certain Regard. Une section dédiée aux cinémas émergents et aux écritures singulières et qui récompense des réalisateurs peu ou pas connus. À l’instar du Chilien Diego Céspedes, auréolé en 2025 avec Le Mystérieux Regard du flamant rose.

    Cocorico, parmi les cinq réalisatrices qui concourent pour la Palme d’or, trois représentent le cinéma tricolore. La réalisatrice Jeanne Henry (Je verrai toujours vos visages) retrouve Adèle Exarchopoulos (avec Sara Giraudeau) dans Garance, une apprentie actrice qui doit affronter son addiction à l’alcool. Léa Mysius connue pour ses mélanges de genre (Ava, Les cinq diables) adapte le roman éponyme de Laurent Mauvignier (Prix Goncourt 2025 pour La Maison vide), Histoires de la nuit avec un casting de choix (Bastien Bouillon, Hafsia Herzi, Benoît Magimel et Monica Bellucci). La Française Charline Bourgeois-Tacquet (Les amours d’Anaïs) met en scène un duo de femmes dans La Vie d’une femme avec Léa Drucker, une chirurgienne confrontée à la maladie de sa mère et bouleversée par l’arrivée d’une écrivaine dans sa vie (Mélanie Thierry). Autre duo de femmes avec Gentle Monster de l’Autrichienne Marie Kreutzer (Corsage), avec Léa Seydoux et Catherine Deneuve, signe un drame intime sur deux femmes confrontées à des vérités troublantes. Enfin, l’Allemande Valeska Grisebach, avec L’Aventure rêvée, filme une héroïne vivant dans la région frontalière entre la Bulgarie, la Grèce et la Turquie.

    Soudain, réalisé par le Japonais Ryûsuke Hamaguchi (Drive My Car) met la lumière sur la rencontre entre deux cultures et deux femmes engagées. Avec Virginie Efira, une directrice française de maison de retraite et Tao Okamoto, une metteuse en scène japonaise.

    La présidente du festival, Iris Knobloch le rappelait lors de sa conférence de presse : « Le Festival est né en 1939, dans un autre moment d’incertitude, car dans ces moments-là, rassembler des films et des artistes, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité. » Un rappel historique quant à la création par le ministre du Front populaire Jean Zay d’un festival libre et antitotalitaire né en opposition à la Mostra de Venise aux relents fascistes.

    Plusieurs films marquent le retour à l’Histoire parmi lesquels Notre salut d’Emmanuel Marre (qui avait signé l’étonnant docu-fiction D’un château l’autre sur la campagne présidentielle de 2017 – opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen). Ce dernier revient sur les années sombres de la France de Vichy avec Swann Arlaud. Tandis que le réalisateur hongrois László Nemes (Le Fils de Saul, 2015) revient sur Vichy et la Gestapo avec l’arrestation de Jean Moulin (incarné par Gilles Lellouche).

    Le film espagnol, La bola Negra de Javier Ambrossi et Javier Calvo revient, lui, sur la guerre civile espagnole avec Penélope Cruz et Glenn Close.

    Le retour de grands cinéastes

    L’iranien Asghar Farhadi aux multiples films (À propos d’Elly, Une Séparation, Un héros…) rassemble un casting français de renom avec Isabelle Huppert, Vincent Cassel, Catherine Deneuve, Virginie Efira, Pierre Niney, India Hair, Adam Bessa pour Histoires parallèles. Un film tourné dans l’Hexagone.

    Le polar (une affaire liée à la mafia russe) Paper Tiger de l’Américain James Gray (Little Odessa) offre un casting impressionnant de stars (Adam Driver, Scarlett Johansson et Miles Teller). Autre casting de taille, celui du cinéaste espagnol Rodrigo Sorogoyen (As Bestas) et son film El ser querido, un drame intime et familial autour du cinéma avec Javier Bardem et Marina Fois.

    Avec Fjord du Roumain multi primé Cristian Mungiu, on retrouve son cinéma minimaliste et politique : une enquête qui touche une famille roumaine immigrée en Norvège soupçonnée de maltraitance, avec l’actrice norvégienne Renate Reinsve et l’acteur roumano-américain, Sebastian Stan (génial en Donald Trump dans The Apprentice).

    Deux ans après La Chambre d’à côté, Pedro Almodóvar revient avec Autofiction, un film sur le deuil. Va-t-il remporter, enfin, la Palme d’or ?

    Une Palme d’or d’honneur sera remise au réalisateur néo-zélandais (le Seigneur des Anneaux) Peter Jackson le 12 mai.

    Un festival qui s’annonce plein de surprises pour notre plus grand plaisir.

    * Décerné en 2025 à « Un simple accident » du réalisateur iranien Jafar Panahi

    ** Décerné en 2025 à « Le gâteau du président » du réalisateur irakien Hasan Hadi (PCA n°643) et présenté à la Quinzaine des cinéastes. Une mention spéciale était attribuée à « Un jour avec mon père » du britannico-nigérian Akinola Davies Jr
    (PCA n°650)

  • [Entretien] Jean-Paul Delfino : « Suzanne Valadon était une femme qui a mis la liberté en action »

    [Entretien] Jean-Paul Delfino : « Suzanne Valadon était une femme qui a mis la liberté en action »

    Jean-Paul Delfino est un écrivain-voyageur passionné. D’abord par le Brésil et sa musique, ses premières amours après une interview de sept heures réalisée avec le guitariste Baden Powell. Mais surtout par la liberté. À travers ses romans, il raconte des vies passées. Sa conférence, donnée ce jeudi, portera sur la peintre Suzanne Valadon, figure malgré elle de la libération des femmes dans le Paris des Années folles. Rencontre avec un écrivain avide de voyages et de partage, citoyen du monde revendiqué.

    La Marseillaise : On vous surnomme « l’écrivain le plus Brésilien de France ». Quelle relation entretenez-vous avec ce pays ?

    Jean-Paul Delfino : Après ma rencontre avec Baden Powell, je suis allé une première fois à Rio de Janeiro. J’ai ressenti ce que j’appelle un « AVC amoureux » pour le pays. Difficile à croire, je sais, mais en une semaine, j’ai appris à parler la langue ! Le Brésil est un pays anthropophage : vous venez, il vous happe et vous en ressortez amoureux. C’était aussi une rencontre artistique avec la musique brésilienne. J’ai la chance d’avoir été ami, pendant trente ans, avec Pierre Barouh, grand musicien de bossa-nova. J’y ai aussi rencontré des artistes devenus des proches, comme João Gilberto ou Roberto Gil. Pierre avait une belle façon d’expliquer l’attachement que l’on peut ressentir instinctivement pour un endroit, une personne : les « rivières souterraines ». Elles nous lient ou nous éloignent de manière invisible, inexplicable.

    Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à la vie de l’artiste et muse Suzanne Valadon (1865-1938) ?

    J.-P. D. : J’ai reçu il y a quelques années un appel de Chiara Parisi, historienne de l’art et directrice du Centre Pompidou de Metz. Elle m’a demandé un travail biographique sur Suzanne Valadon, qui fut une peintre et une personnalité majeure du milieu de l’art, à Paris, dans les années vingt.

    Qu’est-ce qui, dans son parcours, vous a touché au point d’en faire le personnage principal de votre roman « L’Affranchie de Montmartre » ?

    J.-P. D. : Suzanne Valadon était une femme qui a mis la liberté en action. Elle était analphabète, alcoolique, issue d’un milieu prolétaire. Dans les années 1910, elle est devenue la modèle de peintre la plus connue de Paris. Puis elle a décidé de devenir peintre à son tour, alors que ça ne se faisait pas à l’époque. Elle n’a demandé de conseil à personne, bien que proche d’artistes comme Toulouse-Lautrec, Renoir, Degas… Elle a cassé les codes de la féminité traditionnelle, en aimant des hommes beaucoup plus vieux ou beaucoup plus jeunes, en vivant sa sexualité librement. Je suis tombé amoureux de son parcours.

    Vos romans relatent les histoires de personnalités libres, artistes, voyageuses. Quelle est la quête de votre travail littéraire ?

    J.-P. D. : Ce qui m’intéresse, ce sont les moments de rupture. La vie ne vaut d’être vécue sans risque. C’est ce que l’on retrouve dans le parcours de Suzanne Valadon, mais aussi de Paul Gauguin, qui a quitté sa femme et ses enfants pour vivre en Nouvelle-Calédonie. À 11 ans, j’ai fait un rêve étrange : je me suis vu à 50 ans, malheureux, enfermé, avec une vie sans saveur. Je fuis cela, grâce à l’écriture, au voyage. Je pense que les voyages devraient être remboursés par la Sécu ! (rires). Je réalise aussi mon intérêt pour raconter des événements passés. Je suis assez inadapté au monde actuel je crois !

    Vous exposerez vos récents ouvrages lors du Salon du livre de Gémenos, aux côtés de jeunes auteurs. Quel regard portez-vous sur l’avenir du monde du littéraire ?

    J.-P. D. : La littérature, c’est la liberté absolue. Aujourd’hui, le rachat de maisons d’édition par Bolloré, Kretinsky, c’est la fin de cette liberté. Pour les jeunes auteurs, il faut retrouver du sens pour écrire, du courage aussi. Car, comme disait Raymond Devos : « La liberté s’use quand on ne l’utilise pas. »

    La 5e édition du Salon du livre de Gémenos se déroule samedi 9 et dimanche 10 mai, de 10 à 19h, à la salle municipale Jean-Jaurès, place de la mairie. Entrée gratuite.

    Jean-Paul Delfino sera présent pour échanger avec le public et dédicacer ses ouvrages. Sa conférence est prévue dès ce jeudi 7 mai, à 18h30, à la médiathèque.

    « Ce qui m’intéresse, ce sont les moments de rupture. La vie ne vaut d’être vécue sans risque »