Le Vieux-Port se souvient encore de ce 29 août 2016, jour de l’arrivée de Frank McCourt. Accompagné de Margarita Louis-Dreyfus, l’investisseur états-unien venait annoncer sa volonté d’acheter l’OM. Et c’est dans le bureau de Jean-Claude Gaudin, alors maire de Marseille, que les bases de ce rachat ont été posées. Un rachat effectif un mois et demi plus tard, le 17 octobre, pour 45 millions d’euros.
Dans la foulée, un nouveau président est nommé, Jacques-Henri Eyraud. Rudi Garcia prend en main les rênes de l’équipe première. « À ce moment-là, il y a une certaine cohérence dans les choix. Il y a un président, un entraîneur, mais surtout un vrai directeur sportif [Andoni Zubizareta, Ndlr] qui définit la trame de travail du club », estime Gilles Castagno.
Pour l’historien de l’OM, « cette cohérence a tenu jusqu’à la finale de la Ligue Europa, en 2018. Ensuite, il y a eu une cassure. Les ego ont pris le dessus. » Le club « était parti sur de bonnes bases, qui ont tenu trois ans. Mais il y a eu une très mauvaise gestion de l’après finale et surtout des champions du monde français. » Selon Gilles Castagno, l’autre erreur, « c’est d’avoir confié la présidence à Pablo Longoria. Il n’avait pas la carrure pour le poste et c’est là que les dérives financières ont commencé », souligne-t-il.
Côté supporters, le constat est tout aussi sévère. « Frank McCourt a trop laissé faire. Il nous a vendu du rêve et nous laisse avec du vide. Une énorme désillusion, un abîme sans fond », soupire Frédéric. Pour ce pilier de la « Vieille garde » des Ultras, la cassure est venue « lorsque Pablo Longoria a imposé des joueurs que l’entraîneur du moment [André Villas-Boas, Ndlr] ne voulait pas ! »
Pour lui, « que l’OM ne joue que trois fois la Ligue des Champions en dix ans montre qu’il y avait un loup quelque part. Surtout que les campagnes y ont été pathétiques », déplore-t-il. Avant de s’inquiéter : « Longoria a été exfiltré et nous apprenons que l’OM est au fond du trou financièrement. Je redoute qu’il nous arrive ce qui est arrivé à Bordeaux ! »
Gilles Castagno voit dans cette décennie « un manque d’anticipation et surtout un OM qui a vécu au-dessus de ses moyens ». Il retient que, sur cette période, « le club a toujours été dans le rouge financièrement. Là, c’est la faute de Frank McCourt qui a validé les choix. Des choix qui ont été mauvais avec des recrutements de joueurs que le club n’avait pas les moyens de payer. »
Si la dynamique s’est enrayée en 2018, le révélateur du gaspillage est la saison 2025/2026. « Le contexte ne pouvait pas être plus favorable, avec une qualification en Ligue des Champions et des droits télés plus importants. Si au final, le déficit est toujours là, c’est que le modèle choisi est voué à l’échec », poursuit Gilles Castagno. Selon lui, « il y a eu trop de changements de joueurs, une trop grande instabilité du côté des entraîneurs, trop de paris tentés dans les recrutements ». Il cite l’exemple de Strasbourg, « qui a immédiatement réagi aux injonctions de l’UEFA, alors que l’OM n’a pas écouté les alertes ».
« Il a fait confiance à n’importe qui et c’est l’OM qui en subit les conséquences », maugrée Frédéric. Bref, le gâteau des dix ans est bien amer.

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