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  • Dans les Bouches-du-Rhône, la répression des fraudes a contrôlé plus de 2 200 établissements en 2025

    Dans les Bouches-du-Rhône, la répression des fraudes a contrôlé plus de 2 200 établissements en 2025

    Fonctionnaires chargés du contrôle des entreprises, des plus petites aux plus grandes, sur l’ensemble du territoire national, les agents de la DGCCRF s’attachent à la protection du consommateur. Cette semaine, l’institution a publié ses derniers chiffres et son bilan d’activité pour l’année 2025.

    Les agents de la CCRF, eux-mêmes en poste au sein de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) des Bouches-du-Rhône et de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) Provence-Alpes-Côte d’Azur, ont contrôlé « plus de 2 200 établissements en 2025 », pose d’entrée le document. Résultat : 200 « injonctions de mise en conformité » et 190 « procès-verbaux administratifs ou pénaux » distribués, indique l’institution.

    Deux principaux « domaines d’action » ont ponctué les contrôles de l’année passée. À commencer par la « protection économique du consommateur », incluant le « contrôle des pratiques commerciales » et le « respect des règles relatives à l’information du consommateur ».

    Mais aussi par la « loyauté et la sécurité des produits et services », déterminés par le « contrôle et la conformité des produits alimentaires non alimentaires », ainsi que sur la surveillance des pratiques liées aux influenceurs, au drop-shipping et à la sécurité des « produits vendus sur les plateformes de e-commerce ».

    Parmi les faits marquants de l’année, le démarchage téléphonique a fait l’objet d’une attention particulière. Considéré comme l’un des principaux irritants pour les consommateurs, « certains relèvent du démarchage commercial, qui est encadré par la loi. D’autres, nombreux, sont des tentatives d’escroquerie », indique la DGCCRF. Après enquête, une entreprise a été sanctionnée d’une amende administrative de plus de 400 000 euros pour près de 6 000 « reprises des consommateurs en 2025 ». L’entreprise utilisait un formulaire en ligne pour collecter des numéros de téléphone de consommateurs supposément intéressés par des devis de rénovation énergétique, et contactait certains d’entre eux jusqu’à 12 fois par jour.

    Les agents ont également renforcé leurs contrôles sur l’origine des produits alimentaires, notamment dans la filière des fruits et légumes, afin de lutter contre les mentions trompeuses, préjudiciables aux entreprises locales, comme le « bio » ou le « made in France ». Dans ce domaine, 210 établissements ont été contrôlés dans le département. « En Paca, plus de 90 établissements ont fait l’objet de procès-verbaux administratifs ou pénaux », précise l’institution.

  • À Toulon, profiter de la mer en toute sécurité

    À Toulon, profiter de la mer en toute sécurité

    Ça y est, c’est reparti pour un tour. Tout est fin prêt pour accueillir en parfaite sécurité estivants et Toulonnais sur les plages du port du Levant, toutes équipées et accessibles aussi aux personnes à mobilité réduite (PMR) grâce à des fauteuils adaptés.

    C’est au poste principal de secours de la plage du Mourillon que le dispositif de surveillance des baignades a été rappelé mercredi matin en présence de la maire de Toulon Josée Massi (SE). Cent quarante trois sapeurs-pompiers et 25 saisonniers répartis sur les 6 postes de secours sur les anses de Pipady, la Mitre, Le Mourillon et Méjean veillent ainsi sept jours sur sept, jusqu’au 31 août inclus, à ce que les vacances ne se transforment pas en cauchemar. Ils disposent pour cela de tous les moyens nautiques pour réagir au plus vite, tels qu’un jet-ski, des embarcations semi-rigides et une vedette. « Ce qui permet d’avoir une action en moins de 7 minutes jusque sur les communes de La Garde et du Pradet », précise le lieutenant Lucas Mulet.

    La prudence reste de mise

    L’occasion d’ailleurs pour les sapeurs-pompiers de délivrer une nouvelle fois les messages de prévention d’usage en rappelant que lors de la saison estivale 2025, 2 000 interventions ont été comptabilisées. Cela allait de la simple piqûre de méduse ou d’oursin jusqu’au malaise. Mais aucun décès n’a été déploré l’année passée sur les plages toulonnaises.

    Un bilan exceptionnel, salué par la maire de Toulon Josée Massi, qui rappelle les actions volontaristes mises en place par la Ville qui n’est peut-être pas pour rien dans ces résultats exceptionnels. Dans les écoles, notamment. « L’objectif c’est que tous les enfants à la sortie du primaire sachent nager ; c’est très important dans une zone de bord de mer comme la nôtre », précise-t-elle.

    Tout cela étant dit, reste à chacun à faire sa part pour ne pas se mettre en danger. « On ne peut pas mettre une personne derrière chaque enfant ou chaque baigneur. Tout le monde doit aussi prendre ses responsabilités », rappelle la 1ère magistrate.

    Les précautions d’usage sont donc à observer. Comme celle de ne pas rentrer d’un coup dans l’eau quand elle comme aujourd’hui à 17 °C, rappelle-t-elle.

    Les parents sont également invités à ne pas ménager leur vigilance, pour la surveillance de leurs petits pour lesquels le drame peut se dérouler avec seulement 20 cm d’eau.

    Et les nageurs téméraires qui pèchent parfois par un excès de confiance en leurs capacités de revenir sur le rivage après un long parcours de nage, sont invités eux aussi à la prudence. Les accidents n’arrivent pas qu’aux autres.

    Sinon, tout est prêt pour permettre à tous de passer un très bon été. De la plaine de jeu et des aires de pique-nique récemment inaugurées aux abords des restaurants nouvellement végétalisés, jusqu’au parking de 1 300 places totalement gratuit que beaucoup nous envient. L’occasion de rappeler que ça n’a pas toujours été le cas, pas en tout cas lorsque l’extrême droite était aux manettes du Port du Levant.

    La remarque pourrait paraître ici inappropriée. Sauf que d’occasion on ne doit jamais manquer pour rappeler quels sont les principes de chacun sur la gestion de l’espace public. Étant entendu aussi que chaque fleur qui pousse est un événement éminemment politique.

    Les plages du Mourillon doivent rester ce lieu ouvert à tous, populaire, où même les Toulonnais qui ne partent pas se sentent un peu en vacances, comme se plaît à le rappeler Josée Massi.

  • Après une saison décevante, le RC Toulon veut apprendre de ses erreurs

    Après une saison décevante, le RC Toulon veut apprendre de ses erreurs

    L’anecdotique défaite (38-21) sur le terrain de Castres, samedi, a sonné le glas d’un exercice 2025/2026 délicat pour le RC Toulon. « Je n’aurais qu’une envie, c’est que la saison redémarre dès maintenant pour changer les choses », confie Pierre Mignoni. Mais le manager devra malheureusement rester sur ce qu’il définit comme « une saison clairement pas aboutie ». Avec 12 victoires, un match nul et 13 défaites, pour une 9e place finale, on est effectivement loin des ambitions affichées de top 4, voire mieux. « C’est un échec que j’assume complètement. Mais, si tu regardes la saison dernière, il n’y a qu’une équipe du top 6 qui se qualifie à nouveau. Ça montre la difficulté de notre championnat », souligne l’entraîneur varois.

    Pour expliquer cette déconvenue, ce dernier invoque « le sort. Sans chercher d’excuse, on n’a pas été épargnés, avec des joueurs importants blessés de longue durée ». Le staff médical n’est pas mis en cause, malgré les changements qui vont y être opérés pour la reprise, « liés à des choix de vie ». Les choses avaient pourtant plutôt bien démarré « On a eu un début de saison correct, voire plus à domicile, on a très bien démarré à l’extérieur à Montpellier, retrace l’homme fort du RCT. Puis on a manqué de beaucoup de consistance dans certains secteurs. La saison d’avant, on prenait un point par-ci par-là, quatre parfois. Là, on en a énormément perdu, ce qui fait qu’il en manque beaucoup. »

    Notamment avec un début d’année 2026 compliqué : « On a eu 19 blessés à partir de janvier. J’ai dû utiliser les mêmes joueurs. De suite après, on a été vraiment dans le dur. On a perdu des matches à domicile comme celui de Clermont qui nous éclate. » Ce qui lui fait dire qu’« il faudra mieux gérer la période du Tournoi, l’an prochain, en espérant moins de blessés. Ça a été des semaines très difficiles. »

    Un staff remodelé, les jeunes au cœur du projet

    Elles l’ont aussi été sur le plan personnel, avec ce burn-out déclaré après le revers contre l’ASM Clermont : « J’ai beaucoup appris. Ça a été une accumulation de plusieurs années où je n’ai pas bien fait les choses. Ce n’était pas confortable pour les joueurs, mais ça leur a permis de se resserrer. Ensuite, on a fait un beau parcours européen, ça nous a redonné du carburant. »

    Une nouvelle énergie qui a mené le RCT jusqu’en demi-finale de Champions Cup, l’une des rares satisfactions de la saison : « Ça faisait une dizaine d’années qu’on n’était pas arrivés là. On était là, dans le dernier carré des meilleures équipes d’Europe, en sortant d’une poule très difficile, puis en battant les Stormers et Glasgow. »

    S’il regrette la non-qualification pour la saison prochaine, Pierre Mignoni voit en la Challenge cup « une compétition qui demande moins d’énergie et permet plus de rotation, une gestion différente ». Dans cette optique, même s’il aurait préféré un meilleur équilibre avec « des leaders trop peu souvent alignés ensemble », mais qui ont « pris la mesure des choses », la progression des jeunes joueurs, qui « ont beaucoup joué, tenu la baraque dans des moments difficiles et pris beaucoup d’expérience », est une autre satisfaction. Pour poursuivre dans cette direction, le club a constitué des groupes de performance, à savoir « une cellule des joueurs rouges, composée d’éléments très proches de l’équipe pro, et une cellule rouge minot, pour des plus jeunes également très suivis ». Avec la promesse « de revenir avec des jeunes qui ont la dalle. Ils ont un état d’esprit incroyable », salue le directeur du rugby du RCT.

    Un poste qu’il continuera d’occuper dans un staff remodelé, marqué par l’arrivée déjà annoncée de Franck Azéma, de retour dans un rôle d’entraîneur principal en charge des trois-quarts, et celle d’Alex Codling, en provenance du Munster, dans le rôle d’entraîneur des avants. Côté joueurs, Huw Jones, Rabah Slimani, Apete Narogo, Gaël Fickou, Judicaël Cancoriet, les frères Luka et Tana Keletaona, et Junior Kpoku, transféré définitivement, seront les nouveaux visages d’un groupe qui reprendra le chemin du RCT Campus le 16 juillet, avant la grande reprise du top 14, le 5 septembre.

  • 54e congrès de la CGT : le rapport d’activité largement adopté et un bilan plébiscité

    54e congrès de la CGT : le rapport d’activité largement adopté et un bilan plébiscité

    Débats riches et de fond pour le vote du rapport d’activité, qui fait office de jauge du bilan de la direction sortante.

    Pour l’introduction aux débats, Nathalie Bazire, secrétaire confédérale, a vanté « trois années marquées par une forte amélioration de l’image de la CGT », de même que la réussite « de ne pas clôturer à la baisse de nos adhésions : le cap des 600 000 syndiqués a été franchi ». « L’analyse de la mobilisation contre la réforme des retraites nous a permis d’identifier les points d’appuis à préserver : l’unité et la proximité, mais aussi ce qui nous a manqué pour étendre la grève », a-t-elle développé. Avant de résumer : « Le cap était clair pour ce mandat, faire de la vie syndicale une priorité. »

    Un bilan largement salué par les interventions des délégués. Gaétan Lecocq, d’ArcelorMittal Dunkerque, comme Nicolas Bruel, de Fibre Excellence Saint-Gaudens, ont appuyé les orientations prises par la confédération dans le soutien aux industries. « La coordination entre la confédération, la fédération, les UD et les UL est déterminante. Nous croyons à l’avenir de nos sites », a résumé Nicolas Bruel. Même principe pour Jean-Michel Roccasalva, de la Centrale de Gardanne, louant le « retour de la confédération » dans la lutte à leurs côtés durant le mandat et rappelant que le développement d’un projet industriel par les salariés est « une victoire fruit de la convergence de lutte » et donc du processus enclenché à tous les niveaux de la CGT.

    Analyse tout autre pour Frédéric Alpozzo, pour la CGT des Marins de Marseille, qui a dénoncé « un problème de coordination des luttes entre fédérations pendant la réforme des retraites ! ». Avant d’appeler à « changer le fonctionnement de nos instances pour être au plus près des travailleurs en lutte ». Comme lui, seulement 18,64% des délégués ont voté contre ce bilan d’activité. Bien loin des 81,36% de voix favorables, qui représentent 414 347 voix sur les 543 855 délégués ayant participé au vote. Car les congressistes votaient « par mandat » pour ce scrutin, c’est-à-dire qu’un délégué vote pour plusieurs structures. Une majorité écrasante valide donc le bilan de Sophie Binet et de la direction sortante, à l’inverse du précédent et houleux congrès de Clermont-Ferrand, où le rapport d’activité avait été rejeté par les congressistes et avait donc fait office de désaveu pour la direction alors, sous la houlette de Philippe Martinez. « C’est la reconnaissance du travail effectué, cela fait très longtemps qu’on n’avait pas atteint des scores similaires. On revient à une culture du débat classique, on avait un mandat de rassemblement », se félicite Thomas Vacheron, secrétaire confédéral.

  • La ligne très haute tension de Fos en réponse à une forte demande

    La ligne très haute tension de Fos en réponse à une forte demande

    « On est reparti en légère hausse. » Ce jeudi, dans le siège régional de RTE (Réseau de transport d’électricité) à Marseille, Gilles Odone, délégué de RTE en Méditerranée, entend rester « factuel » lors de la présentation du bilan électrique de la région Sud pour l’année passée. « La consommation est de l’ordre de 39,3 TWh [térawattheure, Nldr.], c’est 1,4% de plus qu’en 2024 », campe-t-il. Une consommation à mettre au regard de la production régionale : 17,3 TWh. « On représente un peu moins de 10% de la consommation nationale mais on ne représente que 3,2% de la production nationale », résume Gilles Odone. Lequel rappelle les particularités locales : « La production hydraulique [via les barrages par exemple, Ndlr.] c’est le premier moyen de production de la région (…) environ 40% de l’électricité consommée vient d’en dehors de la région. »

    Un bilan qui amène l’acteur à assurer que « les conditions sont réunies pour accélérer l’électrification ». Comprenez par là, le passage au tout électrique et la décarbonation de l’industrie. Et c’est justement pour ses projections vers l’avenir que l’acteur est attendu au tournant, puisque porteur du projet de construction de ligne très haute tension (THT) de 400 000 volts entre Jonquières (Gard) et Fos-sur-Mer en vue de cette décarbonation. « La ligne THT est aujourd’hui en instruction », élude Gilles Odone, sans rentrer dans les détails. Concrètement, RTE avance un premier chiffre illustrant les exigences à venir : « Les besoins en électricité de l’ensemble de la région sont évalués à environ 4 000 MW [Megawatt, Nldr.] à l’horizon 2030. » Et un autre qui montre aussi l’ampleur des sollicitations : « On a reçu plus de 6 000 MW de demandes de raccordement, c’est l’équivalent de la consommation actuelle de la région. »

    « Même sans Carbon… »

    Cette demande exponentielle s’explique par deux facteurs : « Il y a des besoins diffus, liés à l’électrification du pays : raccordement de bornes électriques, des navires à quai dans les ports, installation de pompes à chaleur… Il y a aussi les industriels, par exemple sur la zone de Fos, qui vont se décarboner, car ils n’ont pas le choix. » Mais la décarbonation sur le pourtour de l’Étang de Berre reste au stade de la lettre d’intention pour l’heure. Et les projets structurants de son électrification sont en suspens, voire pire comme avec l’exemple de l’usine géante de panneaux solaires, Carbon, qui a été abandonnée. « Il n’y en a pas beaucoup qui ont des décisions d’investissements », reconnaît Gilles Odone. Mais pas d’inquiétude du gestionnaire du réseau : « Même sans Carbon, on est au-delà de 6 000 MW de demandes. Nos infrastructures doivent être robustes. » D’autant que géographiquement, c’est bien cette zone qui concentre les besoins à venir : « Sur les 6 000 MW de demandes de raccordement, les deux tiers concernent la zone de Fos-sur-Mer. » Et même dans le pire des scénarios, où l’électrification des industries se ferait a minima, RTE assure qu’un renforcement des infrastructures serait quand même nécessaire : « Il y aura des sujets à résoudre. » Il cite notamment la question de la production hydraulique au regard du changement climatique. Autre argument : Sur les 4 000 MW estimés, environ 20% vient des « besoins diffus » qui sont eux aussi grandissants. En bref : « La structure du réseau très haute tension du Sud-Est n’est plus adaptée à cette hausse des consommations. »

  • Face à des narcotrafiquants puissants, l’État tente de s’organiser

    Face à des narcotrafiquants puissants, l’État tente de s’organiser

    Un électrochoc. C’est ce que souhaitait Amine Kessaci, aujourd’hui adjoint au maire de Marseille, au lendemain de l’assassinat de son frère Mehdi le 13 novembre dernier, dénonçant inlassablement l’emprise d’un narcotrafic de plus en plus puissant et violent. Un meurtre « d’intimidation » qui marquait un « point de bascule » avait analysé à chaud le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez (alors que l’hypothèse d’une erreur sur la cible est plus que probable selon Le Monde de ce 12 mai), ce dernier promettant de se rendre régulièrement à Marseille.

    Depuis, il y a annoncé le 9 avril la reprise en main par la police judiciaire (PJ) des opérations et surtout une meilleure coopération entre les services. Il a aussi lancé un plan « Investigation » pour renforcer les capacités de la PJ pour faire face à l’évolution du crime organisé mais surtout remédier à la crise de la filière après la réforme de la police nationale. D’après une mission d’information menée en 2025 pour en faire le bilan, 82% des fonctionnaires se disaient insatisfaits de leurs conditions de travail et 77% en sous-effectif.

    Concrètement, la préfète de police déléguée n’a de cesse de relayer le message de l’État assurant de sa « mobilisation déterminée contre le narcotrafic, avec un recours rapide et ferme à tous les leviers disponibles », au fil des annonces de saisies de cannabis ou de cocaïne.

    Des policiers mobilisés

    Fin avril, elle affichait un bilan positif de « +18% de mise en cause au premier trimestre 2026 » soit un total de 1 044 personnes. Outre l’enquête, la doctrine, c’est aussi de s’attaquer aux petites mains avec les interdictions administratives de paraître, le cap des 200 ayant été franchi fin avril dans les Bouches-du-Rhône, sans oublier les consommateurs avec 8% d’augmentation des amendes forfaitaires délictuelles pour stupéfiants au premier trimestre 2026.

    Les maires tentent aussi d’agir. Une fiche pratique élaborée par la gendarmerie nationale, avec l’Association des maires de France (AMF), a été publiée cette semaine sur la plateforme Gend’élus évoquant notamment la prévention.

    Reste que la tâche est immense. Dans son rapport rendu le 10 avril sur l’état de la menace, le Sirasco (Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée) pointe un « niveau de violence sans précédent », des « profits criminels [qui] s’accroissent », et des réseaux qui « ont su mettre à leur profit toutes les avancées technologiques » indiquait sa cheffe, Annabelle Vandendriessche.

    De la technocratie pour la CGT

    Réagissant à l’annonce du plan « Investigation » et de ses 125 mesures, la CGT Intérieur estime que le gouvernement « empile les mesures techniques sans jamais affronter la réalité : la police judiciaire traverse une crise structurelle ». Le syndicat rappelle « le manque d’effectifs, l’absence de reconnaissance des enquêteurs et une organisation déjà fragilisée » et appelle à « un changement de cap ». Le syndicat propose de revaloriser le métier, de « garantir des effectifs » ou encore de « maintenir un lien fort avec l’autorité judiciaire ».

  • Olivier Galzi dresse son premier bilan

    Olivier Galzi dresse son premier bilan

    Installé 1er magistrat depuis le 29 mars, puis élu à la tête du Grand Avignon il y a un mois, Olivier Galzi a souhaité livrer un état des lieux du démarrage de son mandat. Tour d’horizon.

    Réorganisation interne

    Le nouveau locataire de l’hôtel de ville prend plaisir à faire visiter à la dizaine de journalistes la transformation matérielle des bureaux du maire et de ses proches collaborateurs. « Avant, chacun était dans son coin en silos, l’information circulait mal », expose-t-il dans l’ancien bureau de la secrétaire du maire, où son cabinet est désormais réuni en mode open space. « Mes adjoints sont aussi à côté en coworking », poursuit-il. Côté cabinet, deux directeurs sont en cours de recrutement, à la Ville et au Grand Avignon. « On a fait appel à un cabinet spécialisé, ce ne sera pas du copinage, mais des personnes que je n’ai jamais connues », clame Olivier Galzi. Arrivé comme directeur de cabinet, Christophe Madalle a finalement récupéré le poste de directeur général des services.

    Audit des finances

    et « étonnements »

    Procédure courante lors d’un changement de majorité, la commande d’un audit des finances. « La situation n’est pas aussi saine qu’il n’y paraissait », ménage-t-il d’abord, alors que les résultats sont attendus mi-juin et pourraient être débattus le 29 juin en conseil municipal. Mais Olivier Galzi ne résiste pas à distiller des exemples « totalement dysfonctionnels » qui ont pris « une ampleur industrielle en 2025 », citant des « factures impayées » ou la « recrudescence de recrutements depuis janvier, on en a bloqué 52 ».

    Autant de « rapports d’étonnements, parfois d’énervement voire d’écœurement qui ne me réconcilient pas avec la politique ». Le maire reprend la marotte abandonnée d’Anne-Sophie Rigault (RN) qui, lors du mandat précédent, a longtemps agité la menace d’une mise sous tutelle, démentie par la majorité d’alors. « On s’est posé la question, mais on ne va pas le faire, les décisions seraient trop drastiques », assure-t-il, redisant ne pas vouloir augmenter les impôts. Manière de préparer les esprits au fait qu’il ne pourra pas tenir toutes ses promesses de campagne ? « C’est une question que j’aurais posée si j’étais encore à votre place, mais je ne la poserai plus : une réalité s’impose, je ne ferai pas l’autruche sur le mur budgétaire, je le dis avant, je ne cherche pas des excuses, mais des solutions. »

    Triptyque de priorités

    Seule bonne surprise qui trouve grâce aux yeux du maire, « le personnel municipal » [2 100 agents], chez qui « une espèce de chape s’est levée », se targue-t-il. Des moyens humains déjà rencontrés, comme ceux du service propreté (notre édition du 18 avril) « qui ont été remobilisés ». Une première opération quartier propre est prévue le 27 mai. Côté sécurité et mobilités, divers éléments ont déjà été évoqués (rencontres avec le préfet, la police municipale, le Sdis) avec réouverture du dossier LEO, dont un comité de pilotage est prévu en préfecture de Région le 28 mai. La refonte du plan Faubourgs va s’opérer en douceur avec, le 20 mai, de premiers ajustements de sens de circulation. « Je fais tellement de choses, je travaille matin, midi et soir, nuit et jour semaine week-end », se gargarise Olivier Galzi. Des effets de manche ? « Le matin, j’ai une “to do list” comme autant de gouttes d’eau, mais peut-être qu’à la fin du mandat, le fond de cuve du territoire sera rempli, ce n’est pas de l’éparpillement, mais si je ne lance pas tous les fronts aujourd’hui, avec les temps nécessaires derrière, ce sera autant de reports pour les résultats. »

    Et l’opposition ?

    Lors de son installation, Olivier Galzi a « tendu la main » à l’opposition, assurant « porter le même égard » à tous les électeurs, même « à ceux qui n’ont pas voté pour nous ». Mais dès le conseil municipal suivant, l’opposition n’a pas eu voix au chapitre dans les commissions (notre édition du 21 avril). « Ce qui est proposé, c’est un blocage systématique, j’aurais la main tendue quand il s’agira de faire avancer les débats. » Et de faire un parallèle avec 2018 où lors de son premier mandat, Cécile Helle avait « exclu des commissions et ostracisé » deux adjoints après des divergences. « Je m’inscris dans ses pas », ironise-t-il. Sauf qu’à l’époque, les élus mis au ban venaient de la majorité, pas de la minorité d’emblée.

  • [Entretien] Paul Planque : « Nous n’avons pas réussi à enchanter les gens »

    [Entretien] Paul Planque : « Nous n’avons pas réussi à enchanter les gens »

    Vendredi 27 mars, Paul Planque, le PCF, les Insoumis et les citoyens réunis sur la liste «Alès, c’est vous» ont réuni la presse pour avancer les pistes de réflexion sur leur échec aux dernières élections municipales et évoquer leur avenir. Dans la foulée, soixante personnes du collectif se sont rassemblées et ont décidé de poursuivre le mouvement pour rompre « avec la routine de Christophe Rivenq d’une ville endormie, divisée et qui tourne le dos aux défis sociaux, économiques et environnementaux ».

    LM : Comment expliquez-vous l’échec à Alès ?

    Paul Planque : Ce résultat vient de loin, et ce n’est pas arrivé par hasard. La division à gauche a coûté cher. D’abord le PS a annoncé haut et fort qu’il voulait « acculer » Paul Planque et les communistes. Il a réussi en s’alliant d’abord avec LFI et après en diabolisant LFI quand les Insoumis nous ont rejoints. De notre côté, nous n’avons pas réussi à enchanter les gens. Nous n’avons pas trouvé la bonne recette pour déjouer le piège de la division. L’émergence des problèmes sécuritaires en pleine campagne a aussi joué.

    Même s’il y avait un fort rejet de Rivenq que l’on avait vraiment perçu durant la campagne, le fait que la gauche soit divisée suite à la mobilisation forte qu’il y avait eu pour les élections législatives avec le Nouveau front populaire, les gens se sont dit qu’ils préféraient rester chez eux. Ils se disent que quand ils votent ils ne sont pas entendus et quand la gauche arrive en ordre dispersée, ça leur donne une raison supplémentaire de rester à la maison. Le PS (10,79%) s’est félicité de son score sauf qu’il fait le plus mauvais score de son histoire à Alès.

    Dans la situation alésienne, on paie aussi beaucoup la situation nîmoise. Je suis ravi que Vincent (Bouget) l’ait emporté mais ce n’était pas entendable par les socialistes et les écologistes, que les communistes puissent avoir le leadership sur Nîmes et Alès. Ils ont donc envoyé Basile Imbert pour mettre en œuvre la défaite sur Alès. Je pense que les socialistes à la Région n’avaient pas forcément envie que Christophe Rivenq soit battu parce que Rivenq a explosé la droite à la région Occitanie.

    LM : Que prévoyez-vous pour la suite ?

    PP : Il faut mettre en œuvre de nouvelles façons de travailler et reconstruire sur les ruines de la gauche alésienne. Il faut reconstruire sans hégémonie de qui que soit. Si on peut dire qu’il y a d’un côté la gauche social-démocrate et de l’autre la gauche de transformation sociale, à ce jour, la gauche de transformation sociale est largement devant donc les formulations de cette gauche sont plus attendues par les Alésiens et les Alésiennes. Pour autant, il faut arriver à construire ensemble pour que demain, on présente une autre proposition aux habitants.

    LM : Comment la gauche peut-elle exister pendant ce mandat ?

    PP : Il faut trouver la bonne forme. Je dis souvent que l’ancien monde est mort et que le nouveau n’est pas encore né. Il faut trouver des formes à définir pour faire de la politique autrement. Cela passe par la prise en compte de la parole citoyenne qui doit être primordiale. Et surtout, mettre de côté les petits arrangements entre partis même si on s’y casse les dents parce que les anciennes recettes entre partis continuent à être dominantes.

  • Une année encore riche pour la douane régionale

    Une année encore riche pour la douane régionale

    « L’année 2025 a été chargée, 2026 le sera tout autant », a promis, ce jeudi 26 mars, Michael Lachaux, directeur régional des douanes de Marseille, à l’occasion du bilan de ses services. Si ses 402 agents n’ont pas chômé, c’est d’abord parce que le département est un vaste hub économique, explique-t-il, avec une activité soutenue dans les Bouches-du-Rhône, 18 milliards d’euros d’exportations et 36 milliards d’importations. Pas moins de 979 312 déclarations ont été effectuées en 2025, soit -3,4% par rapport à 2024. Pas une baisse, mais une « régulation technique », précise Michael Lachaux.

    Tandis que les crises « s’additionnent », constate-t-il, entre guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient et hausse des droits de douane américains quand les États-Unis sont la première destination hors-UE pour les entreprises locales, la douane « les accompagne pour utiliser au mieux la réglementation et en faire une arme », explique-t-il.

    Dédouaner en 5 mn chrono

    Faciliter et contrôler étant ses deux principales missions, le délai d’immobilisation des marchandises ne dépasse pas les 126 secondes et 96,6% d’entre elles sont dédouanées en moins de 5 minutes. Pour ceux qui ne jouent pas le jeu, 6 millions d’euros de droits et taxes ont été redressés en 2025, directement dans l’escarcelle de l’État.

    Autre mission, la protection du consommateur. Étalé ce jour-là dans les locaux du Port center, un aperçu des saisies : un mur de paquets de cigarettes, des jouets, des maillots de l’OM, de faux sacs et parfums, du viagra qui n’en a que le nom et autres miels aphrodisiaques.

    De la figue pleine de champignon cancérigène au four à pizza qui prend feu, en passant par les poussettes pour bébés qui tranchent les doigts, quelque 936 tonnes de produits alimentaires dangereux ont été refusés à l’import. Au total, 3 292 000 articles non conformes (+328%) ont été interceptés avant leur arrivée sur le marché européen et français.

    Côté stupéfiant, « on dépasse la tonne, c’est une année record, une augmentation de plus de 30% », se félicite Michael Lachaux. Dont 189 kg de cocaïne (+37% par rapport à 2024), 808 kg de cannabis (+194%) et 19 kg de drogue de synthèse. « C’est tous les ans plus », s’inquiète-t-il, pointant un « développement extrêmement rapide et inquiétant » de ces dernières, « notamment les amphétamines et l’ecstasy, que nous retrouvons de plus en plus dans les flux postaux ou dans les vecteurs routiers ».

    Sur le trafic de tabac, une des priorités des douanes, avec 10,5 tonnes saisies en 2025, « les Bouches-du-Rhône restent sur la même tendance haussière », ajoute le directeur régional. En coordination avec la préfecture de police, deux fois plus de contrôles d’épiceries, bars à chicha et autres ont été menés, aboutissant à 48 fermetures administratives.

    Un camion scan tout neuf

    « Nous sommes la première brigade de France à l’avoir. » Une cellule de 13 agents utilise au quotidien ce nouvel outil sur le port : un scanner embarqué à bord d’un petit camion, qui permet de lire à travers les parois des conteneurs que viendra admirer, ce vendredi, David Amiel, ministre des Comptes publics.

    L’équivalent d’une « radio chez le médecin » à rayons X, que les douaniers ont appris à décrypter, précise une agente, de quoi « fluidifier significativement les contrôles ».

  • Fraudes sociales : l’Urssaf Languedoc-Roussillon tire le bilan

    Fraudes sociales : l’Urssaf Languedoc-Roussillon tire le bilan

    Une année difficile, mais également prolifique, a notifié ce jeudi 12 mars l’Urssaf Languedoc-Roussillon. Nouveau venu, Pierre Ramon-Baldié, arrivé le 1er janvier 2026, a dévoilé les chiffres de l’année 2025 pour l’administration régionale. Avec un taux d’efficacité de près de « 97,5 % pour les contrôles ciblés » et une valeur totale de redressement de 77 millions d’euros, l’Urssaf du Languedoc-Roussillon a battu son record.

    La riposte s’intensifie

    Une augmentation due à un « meilleur diagnostic » et un travail « sérieux en collaboration avec près de 280 partenaires » ont permis un meilleur contrôle, explique Élidie Mentrel, responsable de la lutte contre les fraudes sociales. En 2025, l’organisme a mené 270 actions de vérification, soit 30% de plus qu’en 2024. Dans la ligne de mire des agents, trois secteurs ressortent du lot cette année, la restauration (10%), le gardiennage (30%) et le BTP (60%) sont en tête de liste des professions avec le plus de fraudes détectées.

    Conjointement, les services ont aussi observé une émergence de nouvelles formes de fraude sociale. Selon Élidie Mentrel, la diversification des délits passe par les « outils numériques ». Falsification de documents ou encore fausse identité, ces nouvelles formes de délits sociaux ont augmenté de près de 192 % par rapport à 2024. Une situation que l’organisme assure « suivre de très près » pour l’année 2026. Cependant, malgré la hausse du chiffre de redressement de près de 42,3% par rapport à 2024, la majorité des usagers reste de « bonne foi », a rappelé le président. Avec peu de récidive constatée après un contrôle, Pierre Ramon-Baldié souhaite rester positif pour 2026 : « l’important c’est d’avoir une relation de confiance avec les institutions ».