Les passionnés de pétanque se sont massés autour du carré d’honneur, dimanche matin au Parc Jourdan, pour assister au quart de finale de Maison Durk, Kévin Prud’homme et Baldwin Magny, considérés comme les favoris au titre après avoir éliminé la veille Jean-Michel Puccinelli, Mickaël Bonetto et Dawson Herlemann. Face aux trois canonniers, trois hommes aux maillots blancs, dont un reconnaissable à sa barbe soignée et à son regard déterminé, étaient prêts à en découdre.
Originaire de Marseille, avec des attaches familiales à Aix-en-Provence et Tarascon, Christophe Pattier, licencié au Jardin du Luxembourg (Paris 6e), a longtemps été considéré comme un prodige de la pétanque. « Il était très fort quand il était jeune », se souvient Maryan Barthélémy, directeur du Mondial La Marseillaise.
Une dizaine de titres des Bouches-du-Rhône chez les jeunes, trois titres de Ligue (championnat régional) et un titre de champion du Vaucluse, lui ont ouvert les portes du groupe France junior en 2003. Malgré son talent, Christophe Pattier n’a jamais eu sa chance avec la sélection nationale, pour des raisons « extra-sportives ».
« J’avais a minima le même niveau que les autres », estime le minot de la génération 1988, en concurrence avec des garçons à l’instar de Mickaël Jacquet, Christophe Calissi ou Jérémy Darodes. « Il savait tout faire », confirme Maryan Barthélémy.
Sa progression fulgurante s’est construite au sein de clubs provençaux comme les Cigalons Meyrarguais, « chez Jean-Roch (Marchetti) » à la Boule du Panier, avec laquelle il a été champion des clubs des Bouches-du-Rhône, ou encore la Boule de la Petite Vitesse, au parc Jourdan. Lieu qu’il a retrouvé ce week-end lors de son aventure jusqu’en quart de finale de l’International d’Aix.
« Ce sont des bons souvenirs qui remontent. J’ai été licencié ici, j’allais à l’école et au lycée ici. J’avais les boules dans le sac pour aller faire des parties d’intérêt après les cours », sourit-il.
Après une seule saison chez les seniors, le Marseillais avait rangé les boules pour se consacrer à sa vie familiale et professionnelle. Douze ans plus tard, il a retrouvé le chemin des terrains, malgré un emploi du temps chargé. Père de six enfants, il travaille dans le secteur du nucléaire, avec six jours de travail par semaine et de nombreux déplacements en France et à l’étranger.
Le National aixois n’est d’ailleurs que sa 5e compétition de la saison. « Je suis devenu l’ombre de moi-même », lâche Christophe Pattier. « Sans pratique, impossible de performer. Après un long arrêt, retrouver le rythme, le mental et la confiance est compliqué. »
Cela ne l’a toutefois pas empêché de signer une belle performance à Aix, en éliminant en 8e de finale Sébastien Batista et Stéphane Pagni, quarts de finalistes du France doublette.

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