Ils s’élèvent contre l’offensive anti-LGBT+ en Turquie

Maazallah, célèbre chanson de l’artiste turque transgenre Bülent Ersoy, a porté un message de résistance, vendredi, au pied du consulat général de Turquie (8e). Derrière l’enceinte stéréo qui diffusait sa musique, orientée vers les policiers venus protéger l’institution, se tenaient une centaine de personnes, rassemblées pour dire toute leur solidarité avec la communauté LGBT+ turque, depuis dimanche dernier sous le coup d’une violente répression de la part du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan.

« Ce sont des attaques contre les droits. Elles piétinent les libertés et détruisent l’autonomie, s’est indigné un représentant du Centre LGBT+ Marseille. Les termes utilisés par le gouvernement turc sont vagues et empreints d’une morale étroite. Ils reflètent une idéologie que nous refusons. » En effet, si depuis plus d’une décennie, la parole publique turque prend pour cible les personnes LGBT+, son président les qualifiant de « pervers » responsables du déclin de la natalité, l’État a franchi, dimanche, une nouvelle étape dans sa politique répressive. Tôt le matin, des unités des forces de l’ordre ont procédé à de nombreuses perquisitions et arrestations dans les bars et domiciles des personnes défendant les droits LGBT+, à Ankara, Istanbul et dans une dizaine de provinces du pays. Des dizaines de personnes ont alors été arrêtées pour « obscénité », « aide à la prostitution » ou « liens financiers avec l’étranger ».

L’opération, intitulée non sans ironie « Ma famille en sécurité », est présentée comme relevant de la « décennie de la population et de la famille 2026-2035 », lancée par le président en mai dernier. Elle s’est poursuivie mardi, avec l’interpellation de 91 personnes lors d’une manifestation.

« Nous avons porté avec fierté [la nationalité turque], nous [avons été] fiers d’un pays à majorité musulmane où nous pouvions voir la démocratie, la liberté et la diversité avancer (…). Aujourd’hui, cette même nationalité est devenue une source de honte et de peur, s’est ému l’un des participants, reprenant les mots d’une lettre écrite par un ami turc. (…) C’est une honte de voir notre propre pays se détruire et de ne plus pouvoir parler avec fierté des avancées que la Turquie avait connues. » Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas le problème. La haine est le problème. »

Pour l’heure, l’homosexualité n’est pas réprimée pénalement en Turquie. Selon l’Observatoire des inégalités, elle l’est dans 64 pays. Elle est passible de peine de mort dans 12 d’entre eux.

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