Tag: homophobie

  • Dans le Sud, le troupeau des « brebis galeuses » du RN

    Dans le Sud, le troupeau des « brebis galeuses » du RN

    Les « brebis galeuses », le terme est surexploité par le Rassemblement national dès qu’il est question de justifier les prises de paroles, écrits de ses partisans et cadres à caractère raciste, antisémite, de haine envers les musulmans, la communauté LGBT+, l’IVG… et la liste est longue. Dans ce domaine, la Provence se distingue par son lot de personnages particulièrement haineux qui pourraient former à eux seuls un troupeau.

    Ainsi, Frédéric Boccaletti, pourrait en faire partie. Ancien membre d’Égalité et Réconciliation, mouvement d’Alain Soral, proche de Jean-Marie Le Pen, admirateur de Charles Maurras le désormais maire de Six-Fours a tenu dans les années 90 une librairie nommée Anthinéa à Toulon, ville voisine. Commerce dans lequel l’élu d’extrême droite vendait des ouvrages négationnistes et antisémites. Dans sa course victorieuse à la mairie, il a emporté Alain Trillat, compagnon de longue date. Désormais conseiller municipal, délégué aux cérémonies patriotiques, aux anciens combattants et correspondant défense, ce dernier avait été épinglé par Libération pour avoir republié sur Facebook des contenus à la gloire du maréchal Pétain.

    En mars dernier, La Marseillaise révélait que Lucas Conill, l’un des colistiers du candidat RN déchu à la mairie de Gardanne Bruno Priouret, s’affichait bras suffisamment tendu pour que l’on détecte un salut fasciste sur une photo publiée sur son propre compte Facebook. À Gap, la parole se joint aux gestes lorsque Yannick Magnier, candidat sur la liste lepéniste portée par Raphaël Leroux chante, dans une vidéo exhumée par Le Media et l’association Rec (Résistons ensemble contre la cyber-haine) : « la balade des sales rebeus », « les chambres à gaz c’était le bon temps » mais surtout « je suis un nazi », « heil Hitler ». Le parquet de Gap a ouvert une enquête à son encontre pour « provocation à la haine raciale », « injure publique en raison de l’origine » et « apologie de crime contre l’Humanité ».

    Que dire de l’élue d’opposition RN à la mairie d’Avignon Anne-Sophie Rigault, épinglée par le collectif No Pasaran pour avoir mené campagne avec des proches du groupuscule antisémite Amitié et Action française, scission du mouvement royaliste.

  • Ils s’élèvent contre l’offensive anti-LGBT+ en Turquie

    Ils s’élèvent contre l’offensive anti-LGBT+ en Turquie

    Maazallah, célèbre chanson de l’artiste turque transgenre Bülent Ersoy, a porté un message de résistance, vendredi, au pied du consulat général de Turquie (8e). Derrière l’enceinte stéréo qui diffusait sa musique, orientée vers les policiers venus protéger l’institution, se tenaient une centaine de personnes, rassemblées pour dire toute leur solidarité avec la communauté LGBT+ turque, depuis dimanche dernier sous le coup d’une violente répression de la part du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan.

    « Ce sont des attaques contre les droits. Elles piétinent les libertés et détruisent l’autonomie, s’est indigné un représentant du Centre LGBT+ Marseille. Les termes utilisés par le gouvernement turc sont vagues et empreints d’une morale étroite. Ils reflètent une idéologie que nous refusons. » En effet, si depuis plus d’une décennie, la parole publique turque prend pour cible les personnes LGBT+, son président les qualifiant de « pervers » responsables du déclin de la natalité, l’État a franchi, dimanche, une nouvelle étape dans sa politique répressive. Tôt le matin, des unités des forces de l’ordre ont procédé à de nombreuses perquisitions et arrestations dans les bars et domiciles des personnes défendant les droits LGBT+, à Ankara, Istanbul et dans une dizaine de provinces du pays. Des dizaines de personnes ont alors été arrêtées pour « obscénité », « aide à la prostitution » ou « liens financiers avec l’étranger ».

    L’opération, intitulée non sans ironie « Ma famille en sécurité », est présentée comme relevant de la « décennie de la population et de la famille 2026-2035 », lancée par le président en mai dernier. Elle s’est poursuivie mardi, avec l’interpellation de 91 personnes lors d’une manifestation.

    « Nous avons porté avec fierté [la nationalité turque], nous [avons été] fiers d’un pays à majorité musulmane où nous pouvions voir la démocratie, la liberté et la diversité avancer (…). Aujourd’hui, cette même nationalité est devenue une source de honte et de peur, s’est ému l’un des participants, reprenant les mots d’une lettre écrite par un ami turc. (…) C’est une honte de voir notre propre pays se détruire et de ne plus pouvoir parler avec fierté des avancées que la Turquie avait connues. » Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas le problème. La haine est le problème. »

    Pour l’heure, l’homosexualité n’est pas réprimée pénalement en Turquie. Selon l’Observatoire des inégalités, elle l’est dans 64 pays. Elle est passible de peine de mort dans 12 d’entre eux.

  • Mieux accompagner les victimes d’actes LGBTQIA+phobes

    Mieux accompagner les victimes d’actes LGBTQIA+phobes

    Pour la première fois, la police municipale a participé, samedi 20 juin, au village associatif de la Pride de Montpellier, où elle tenait un stand. L’occasion de présenter le dispositif « Déposons plainte  » lancé mi juin par la Mairie dans l’objectif de faciliter l’accès au dépôt de plainte
    et d’améliorer l’accueil des
    victimes d’agressions LGBTQIA+phobes. L’aboutissement d’un travail partenarial inédit de deux ans entre les polices municipale et nationale d’une part et les associations de défense des droits des personnes LGBTQIA+ d’autre part.

    « Le projet est né à l’été 2024, dans un contexte national de hausse des violences et discriminations subies en raison de l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Un constat encore renforcé par le dernier rapport de SOS homophobie, paru en mai », explique Sébastien Cote, premier adjoint au maire de Montpellier en charge de la prévention de la délinquance et du lien social. « Le parcours de la personne victime n’est pas toujours facile, lisible. Se pose également la question de l’accueil au moment du dépôt de plainte. Nous avons donc souhaité à la fois clarifier ce parcours à destination des victimes et travailler sur leur prise en charge par les polices municipale et nationale. Car même si on dépose à la police nationale, parfois la municipale est la première à intervenir sur des situations d’agression. L’idée étant d’améliorer les postures professionnelles, les pratiques de terrain, afin de déconstruire les préjugés entre associations et forces de l’ordre  », développe l’élu.

    Pour ce faire, un partenariat s’est donc noué entre 7 associations volontaires (les Alliés du barreau ; chemin des Cimes ; Enipse ; Fierté Montpellier ; Flag ! ; Le Refuge ; SOS Homophobie), les services municipaux (police municipale et mission prévention de la délinquance) et la police nationale. Des acteurs qui ont confronté leurs expériences pour mieux comprendre les réalités de chacun et construire des réponses adaptées.

    Une sensibilisation

    des agents de police

    Cette démarche collective a abouti à la conception d’un dispositif qui agit en deux directions : l’information des victimes potentielles via la diffusion d’une brochure et d’une affiche dans les associations et les lieux d’accueil au public de la Ville ; et la sensibilisation des agents de police (municipaux et nationaux), à travers un programme de formation qui débutera en septembre et se prolongera tout au long de l’année 2027. « Cela pourrait concerner 200 agents à la police municipale et une vingtaine à la police nationale, où on va se concentrer sur les agents qui reçoivent les plaintes. La formation sera animée par un agent référent LGBTQIA+ désigné au sein de la police municipale pour accompagner les victimes, un représentant d’une des associations partenaires et un agent de la prévention de la délinquance à la Ville de Montpellier », indique Sébastien Cote. Objectif : « Renforcer la confiance des publics LGBTQI+ envers les institutions. »

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un festival pour lutter contre les discriminations

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un festival pour lutter contre les discriminations

    Concert de rap, documentaire sur le racisme, atelier pour sensibiliser les adolescents aux discriminations… Une programmation riche et variée est prévue pour le festival d’éducation populaire Regarde sous tes fenêtres, qui se tiendra aux alentours de la place Pechiney de jeudi à samedi. « C’est important pour nous que ce festival se déroule dans l’espace public et qu’il soit gratuit, accessible à toutes et tous », explique Julie Vuoso, fondatrice et programmatrice du festival.

    Jeudi, le festival commencera avec un apéro d’ouverture, suivi d’un spectacle jeune public, d’un repas de soutien au festival à prix libre, puis d’une soirée de projection de films. Ce sera d’abord un documentaire sur le racisme dans la cité minière qui sera projeté, réalisé spécialement pour le festival par Maya Perusin Mysorekar, artiste en résidence à Château-Arnoux-Saint-Auban. « Le festival est né de l’histoire de la cité ouvrière. à Saint-Auban, tout a été construit par l’usine et pour l’usine. Le passé industriel de la ville fait qu’il y a eu beaucoup d’immigration depuis toujours. Le festival permet de faire de ce passé migratoire une richesse », avance Chloé Droulin, coordinatrice de la Maison commune, qui coorganise chaque année le festival avec la MJC. « En 2006, il y a eu la délocalisation de l’usine, et un abandon de l’espace commun de Saint-Auban. On a voulu proposer un événement dans la rue pour faire revenir la vie collective », explique Julie Vuoso. « Il y avait très peu de commerces, donc l’idée est aussi d’animer la vie locale. C’est un choix, par exemple, de ne pas proposer de nourriture pour le festival, mais que ce soit pour les commerçants, et que l’événement serve à tout le monde sur la cité, que les gens qui travaillent toute l’année puissent s’y retrouver », avancent les deux organisatrices.

    « Un espace inclusif »

    « L’idée du festival, c’est aussi de créer dans notre programmation un espace inclusif où tout le monde est représenté, de ne pas faire une programmation où il n’y a que des personnes blanches, des hommes », ajoute la programmatrice.

    Le film Pédale Rurale, qui raconte l’organisation de la première Pride à la campagne, sera ensuite projeté. « L’idée a toujours été de proposer une programmation pluridisciplinaire, avec de la danse, du théâtre, de la musique, des films », explique Julie Vuoso. Vendredi, Myriam Soulanges proposera « un récit chorégraphique qui interroge les héritages de la domination patriarcale et de l’histoire coloniale guadeloupéenne ».

    Le festival est financé par la mairie, le Département, la Drac et la Dilcra. Le théâtre Durance prête son matériel, essentiel pour mener à bien le projet. Des mineurs étrangers non accompagnés viennent également de Digne pour prêter main forte à titre bénévole.

    Programme : rstf.fr/programme.html

  • Guet-apens mortel visant un gay : 22 ans de prison

    Guet-apens mortel visant un gay : 22 ans de prison

    À l’image de la semaine de procès, c’est dans une atmosphère sereine et digne que la cour d’assises de Vaucluse a rendu sa décision, ce lundi, à l’issue d’un délibéré de 8 heures. Principaux accusés d’une double affaire mêlant six prévenus, Intissar A. et Aymène L., ont été reconnus coupables de meurtre, vol avec arme et extorsion à l’encontre de Mickaël R. Ce dernier avait été tué dans son appartement de Sorgues le 5 mars 2023, piégé par les deux hommes qu’il pensait accueillir pour un plan sexuel. Tous deux ont écopé d’une peine similaire de 22 ans de prison, avec interdiction définitive de territoire pour Intissar A., Tunisien de 25 ans.

    Fait majeur, la cour a retenu la circonstance aggravante du meurtre en raison de l’orientation sexuelle de la victime. Le caractère homophobe avait été initialement écarté par le parquet. « C’est énorme », s’est réjouie Pascale, la maman de la victime, à l’issue du procès, elle qui avait témoigné jeudi à la barre en soulignant que son fils serait toujours en vie s’il n’était pas homosexuel. « C’est une satisfaction et un soulagement pour la famille qui n’était pas dans un esprit de vengeance », complète son avocat Hugues de Chivré. Trois associations de défense des droits homosexuels (Stop homophobie, Famille LGBT et Mousse) s’étaient également portées partie civile.

    Après avoir exposé les peines, la présidente de la cour a versé dans la pédagogie. « Il n’est pas question de juger si vous avez des idées homophobes mais de dire que les victimes l’ont été en raison de leur orientation sexuelle », souligne Laurène Dorlhac. Les victimes, contactées par le site de rencontre Coco étaient des proies faciles pour les prévenus qui débarquaient dans l’intention de dépouiller leurs victimes. « Ils n’avaient pas de haine contre les homosexuels », commente Charlène Neveu-Sanchez, avocate d’Intissar A., parlant d’une « décision équilibrée » et ne songe pas à faire appel. Son client était le seul mêlé dans la seconde affaire similaire, où cette fois Cyril C., un autre gay piégé, a été violenté et volé, quelques jours plus tard à Avignon. Complice ce jour-là, Malek E., écope de 10 ans de réclusion criminelle.

    Coupables, deux accusées n’iront pas en prison

    Jugé pour complicité, car ayant servi de chauffeur, Jordan V., a été, lui, acquitté, comme l’avait réclamé l’avocat général vendredi. Et ce au motif qu’il ignorait ce qu’il se tramait réellement dans l’appartement de Cyril C. Suivant les réquisitions, la cour a aussi été plutôt clémente envers les deux prévenues féminines. Ex-compagnes respectivement de Intissar A. et Aymène L. au moment des faits, Laurine C. et Marie-Sarah M. échappent à la prison. Elles sont bien reconnues coupables de complicité de vol avec arme et condamnées à 5 ans de prison dont 4 et 3 ans de sursis probatoire sans mandat de dépôt. Laurine C., seule à n’avoir jamais été incarcérée, est la plus insérée socialement et n’avait aucun antécédent judiciaire. Pour Marie-Sarah, en revanche, « saisissez la chance qui vous est donnée car au premier faux pas vous perdez tout », prévient la présidente. Et notamment la garde de son 4e enfant, le seul non placé à ce stade.

    Juste avant que les jurés ne délibèrent, les six accusés avaient pris la parole une dernière fois. Tous fidèles à leur ligne de conduite, entre contritions plus ou moins sincères, et « condoléances à la maman de Micka », dira Jordan V., seul acquitté mais incarcéré pour d’autres affaires. Intissar A. avait marmonné, en tremblant, un texte : « J’ai plus de haine contre moi que vous en avez contre moi », lançait-il. « Je suis surtout rempli d’amour pour mon fils », répondait en aparté Pascale, digne et sans haine.

  • Plus de 800 personnes dans la rue pour défendre les droits LGBT

    Plus de 800 personnes dans la rue pour défendre les droits LGBT

    Revendiquer la liberté et l’égalité des orientations sexuelles et des identités de genre : tel est le message, simple mais indispensable, porté à l’unisson par les Prides, organisées dans tout le pays en ce mois des fiertés, et ce samedi à Aix-en-Provence, à l’appel de l’association Aix Vanguard.

    À 14h30, alors qu’une foule colorée et joyeuse envahit la place de la mairie, une dame s’installe derrière les organisateurs et brandit sa pancarte : « Française, hétéro et fière. » La preuve que les messages simples ne le sont pas pour tous. Les marcheurs ont rappelé à qui veut bien l’entendre : la communauté LGBT est encore aujourd’hui victime de lourdes discriminations. À l’étranger, où l’on compte 64 pays qui criminalisent encore l’homosexualité, et où les droits des personnes transgenres font l’objet de reculs ou restrictions dans plusieurs régions, notamment aux États-Unis, avec l’administration Trump. Mais aussi en France, où l’on continue de mourir sous les coups de la haine homophobe. Le 2 juin, Noahm, un jeune homme gay de 19 ans, est décédé des suites d’une violente agression à Metz. Il aurait, d’après SOS homophobie, été ciblé en raison d’une « expression de genre plutôt féminine ».

    Lutte en fête

    Mais c’est bien sûr, comme le veut la tradition, dans une ambiance festive que les marcheurs aixois ont revendiqué leurs droits. Plus de 800 personnes, d’après les chiffres de la préfecture, ont suivi pendant deux heures un char musical animé par « Momi ». « C’est un moment de partage important. C’est l’occasion de faire communauté et de montrer qu’à Aix aussi, nous sommes nombreux », a-t-elle souligné. Et l’assemblée de rappeler, en chœur, que toutes les luttes se rejoignent : « Aix, queer, antifa ! », s’est exclamée la foule à de multiples reprises.

    Les prochaines dates

    Les Prides se succèdent tout au long de ce mois des fiertés. Si celles d’Avignon, Gap ou Aix-en-Provence sont déjà passées, restent encore des rendez-vous dans la région : le samedi 13 juin à Toulon, au départ de la Place d’Armes, et le samedi 4 juillet à Marseille, au départ de la place Castellane (6e).

    M.M.

  • « S’il n’avait pas été homosexuel, mon fils serait toujours en vie »

    « S’il n’avait pas été homosexuel, mon fils serait toujours en vie »

    Beaucoup d’émotion ce jeudi au 4e jour du procès du guet-apens mortel de Sorgues devant la cour d’assises de Vaucluse. Avec, d’abord, le témoignage de Pascale, la maman de Mickaël, retrouvé mort dans son appartement en mars 2023. Mais un autre triste fait a marqué le procès : le décès d’un des jurés remplaçant, qui a perdu la vie le matin même dans un accident de moto à Villes-sur-Auzon en se rendant au tribunal. Déjà, la séance avait démarré avec du retard dans l’attente de son arrivée. Au retour d’une longue suspension, la présidente Laurène Dorlhac, très émue, a fait part de la nouvelle, reprenant dans la foulée l’audience dans une ambiance pesante.

    En ouverture, la famille de la victime a été entendue. Notes en main, très digne à la barre, la maman de Mickaël, partie civile, a dressé le portrait de son fils tué à l’aube de ses 31 ans. « Un garçon aimant, intelligent, cultivé, passionné de musique classique, qui jouait très bien du piano », brosse Pascale C. Mais avec aussi ses failles, « hypersensible », « qui souffrait de surpoids ado » et victime « d’une agression quand il était à la fac ». Une rupture sentimentale, avec un homme qui « avait été présenté à la famille », avait grandement affecté Mickaël qui s’était réfugié dans la consommation de drogues dures. « On vit dans le traumatisme d’avoir perdu Micka, une partie de moi est morte », confie Pascale, effarée de « la nonchalance et de l’indifférence », des six accusés qui se rejettent les responsabilités.

    Écartée par le parquet, la circonstance aggravante du meurtre homophobe est alors abordée. « Toutes les victimes dont on a parlé sont homosexuelles piégées par un scénario ficelé, si Mickaël n’avait pas été homosexuel, il aurait été en vie, j’en suis persuadée », appuie sa maman qui demande que la « cour reconnaissance le caractère homophobe du crime ».

    La seconde victime finalement partie civile

    Pour rappel, les six prévenus [4 hommes et 2 femmes] sont accusés, à divers degrés, d’avoir piégé deux gays via l’application de rencontres Coco, organisant des rendez-vous à leur domicile avant de les détrousser avec violences et armes. L’une d’elles, Mickaël, en est décédée. « Ils ne sont pas pris au hasard, c’est une communauté qui est ciblée car on pense qu’ils sont riches, je ne veux pas que mon fils soit mort pour rien, tous les 4 jours il y a des agressions homophobes, cela doit s’arrêter », développe Pascale en réponse à une question d’Étienne Deshoulières, avocat de trois associations de défense des homosexuels constituées parties civiles. « Comme pour les féminicides, ces agressions ne sont pas qu’un simple fait divers », glisse, hors audience Étienne Deshoulières, qui plaidera ce vendredi pour que soit retenu le caractère homophobe du meurtre.

    Un avocat qui finalement défendra les intérêts de Cyril C., seconde victime de l’affaire, piégé et séquestré à Avignon, une semaine après le meurtre de Mickaël. Entendu comme témoin jeudi matin, Cyril avait pourtant réitéré sa volonté de ne pas se constituer partie civile car « j’ai décidé d’avancer ». C’est donc son nouvel avocat qui a annoncé le revirement à l’audience de l’après-midi. Cyril, qui pensait accueillir chez lui un seul homme en vue d’un rapport sexuel s’est retrouvé ligoté, bâillonné et violenté par Intissar A. – le seul impliqué dans les deux affaires – et Malek E. Les deux accusés ont eu beau reconnaître les faits et s’excuser auprès de la victime, « le mal est fait » répondra Cyril, insulté, assure-t-il, de « sale PD, PD de merde » par Intissar.

    Un caractère homophobe dont se défendent les accusés, parlant d’opportunité. « Je pense qu’elles [les victimes] sont choisies en fonction de leur orientation sexuelle », considère Laurine C. compagne à l’époque d’Intissar, entendue sur les faits ce jeudi après-midi. Marie-Sarah, compagne d’Aymène L., autre mis en cause directement dans le meurtre de Mickaël, dénie en revanche toute homophobie caractérisée. Les plaidoiries et les réquisitions de l’avocat général sont prévues ce vendredi avant le délibéré, annoncé pour lundi.

  • À Nîmes, le Refuge ouvre une porte aux jeunes LGBT+

    À Nîmes, le Refuge ouvre une porte aux jeunes LGBT+

    Il suffit parfois d’une phrase, d’une porte qui claque, pour qu’une vie bascule. Pour les jeunes LGBT+ rejetés par leur famille, parfois poussés vers la rue, la Fondation le Refuge veut désormais être une présence visible dans le Gard. Créée le 7 mai à Nîmes, sa délégation entend offrir écoute, accompagnement et protection à celles et ceux qui ne savent plus vers qui se tourner.

    Reconnue d’utilité publique, la Fondation le Refuge accompagne depuis plus de vingt ans des jeunes LGBT+ victimes de violences, de discriminations ou de rupture familiale. Après Montpellier, Avignon ou Toulouse, l’antenne gardoise vient combler un vide. « Il y avait un vrai besoin ici », souligne Nicolas Caseiro, responsable de la délégation. Dans un département où la ruralité pèse parfois sur les silences, le coming out peut devenir une épreuve redoublée. Le regard des autres y semble plus proche, plus dense, plus difficile à fuir.

    Écouter et protéger

    Pour l’heure, la délégation gardoise n’ouvrira pas de places d’hébergement propres. Les jeunes pourront toutefois être orientés vers les dispositifs existants dans la région. À Nîmes, l’urgence est d’abord de créer un point d’appui : « Recruter des bénévoles, trouver un local, tisser des liens avec les associations, les établissements scolaires, les services publics et les collectivités. »

    Car derrière les sigles et les débats publics, il y a des existences suspendues. Des jeunes qui n’osent pas parler. D’autres qui fuient. D’autres encore qui reconstruisent, pas à pas, un logement, un emploi, une confiance. À eux, le Refuge adresse un message simple, presque vital : « Vous n’êtes pas seuls. »

    Contact : Fondation le Refuge,
    09.39.03.63.03., 7
     jours sur 7,
    de 8h à minuit.

  • « L’homophobie est minimisée »

    « L’homophobie est minimisée »

    Deux jours après la marche des fiertés d’Avignon, l’association organisait, ce lundi midi, un rassemblement devant le tribunal pour réclamer « Justice pour Micka ». « Nous contestons la décision du caractère non homophobe de l’agression, tous les quatre jours en France il y a un guet-apens homophobe, ce n’est pas acceptable, déplore Paul Zagacki. Micka était visé parce qu’il était gay et à cause des clichés liés à l’homophobie comme quoi les gays sont pus faibles, moins entourés et plus riches. » Les militants espèrent qu’au cours du procès les faits soient requalifiés avec le caractère homophobe. « L’homophobie est minimisée, en 2026, le combat ne s’arrête pas », regrette-t-il.

  • Piège mortel visant un gay : les profils chaotiques des accusés

    Piège mortel visant un gay : les profils chaotiques des accusés

    C’est un enchevêtrement de deux affaires que la cour d’assises de Vaucluse doit démêler et juger jusqu’à lundi prochain. Avec, en fil rouge, des guets-apens conduisant à des vols avec violences et armes sur deux victimes homosexuelles, dont l’une est décédée le 5 mars 2023 dans son appartement de Sorgues. Six personnes, dont quatre actuellement détenues, sont jugées depuis ce lundi. Il est important de noter qu’à ce stade, le caractère homophobe n’a pas été retenu comme circonstance aggravante, mais ce point sera abordé lors du procès et pourra toutefois être ajouté.

    « Justice pour Micka », scande le pôle LGBT de Vaucluse, qui dénonce « un guet-apens homophobe » et organisait, lundi midi, un rassemblement devant le tribunal d’Avignon (lire ci-contre). Dans la même veine, trois associations de défense des homosexuels (Stop homophobie, Famille LGBT et Mousse) se sont portées partie civile. Comme dans l’affaire Pelicot, c’est par le site coco.fr que Intissar A., Aymène L. et Malek E. sont entrés en contact avec les victimes. Dont Mickael R., chef de salle de presque 31 ans, retrouvé mort sur sa mezzanine, la tête ensanglantée. L’autopsie conclura à un décès par étouffement causé par un coussin. La cour devra déterminer la responsabilité d’Intissar A. et Aymène L., poursuivis pour meurtre, vol avec arme et extorsion. Lundi, les deux ont reconnu les vols, mais se sont dédouanés du meurtre. À un degré bien moindre, leurs compagnes de l’époque Laurine C. et Marie-Sarah M., sont poursuivies pour complicité de vol.

    La seconde victime jette l’éponge

    Cette 1ère journée a permis à la présidente, Laurène Dorlhac, de dresser les premiers traits des personnalités. Laurine C., 26 ans, seule parmi les accusés à n’avoir aucun antécédent judiciaire ni connu la prison, semble avoir fréquenté la mauvaise personne, Intissar, Tunisien vagabond et délinquant, au mauvais moment. Ayant grandi « dans un contexte aimant », selon la présidente, Laurine était en couple avec Intissar depuis deux mois au moment du meurtre. « Je reconnais les faits, j’ai beaucoup de honte et de regrets et je présente mes excuses à la famille [du défunt] », lâche-t-elle. Laurine et Marie-Sarah auraient accompagné leurs compagnons chez Mickael. La victime pensait accueillir deux hommes pour un plan sexuel quand Intissar et Aymène voulaient la « carotter », autrement dit lui vendre du Doliprane à la place de la drogue. Divers objets (montre, tablette, téléphones…) ont aussi été dérobés.

    Laurine et Marie-Sarah auraient cependant quitté le domicile de la victime avant le meurtre, sans, à l’issue, que leurs compagnons d’alors ne leur en parlent. À l’inverse de Laurine, Marie-Sarah a un parcours beaucoup plus chaotique, « dans un contexte familial carencé et violent ». À presque 26 ans, elle est déjà mère de quatre enfants de trois pères différents, dont le 3e, issue de sa relation avec Aymène, est né lorsqu’elle était incarcérée jusqu’en décembre 2023. Mais le pivot central des affaires reste Intissar, déjà sorti de prison quelques mois avant le meurtre de Sorgues et décrit comme violent, infidèle et toxique dans sa relation avec Laurine. Ce que l’intéressé reconnaît du bout des lèvres.

    Il est aussi cité dans la seconde affaire. Un même mode opératoire mené le 14 mars à Avignon, ciblant Cyril C., lui aussi homosexuel. Dépouillé et violenté, ce dernier ne s’est finalement pas constitué partie civile. « Je veux laisser ça derrière », a-t-il confié en ouverture de l’audience. Il devrait toutefois témoigner jeudi. Outre Intissar, Malek E. est poursuivi pour extorsion et séquestration. Jordan V., actuellement détenu pour autre cause, doit aussi répondre de récidive de complicité.