Triste passage d’une première décennie. Dix ans après avoir été fondée à Avignon – même si elle a commencé à être vraiment active en 2018 – la marque Almé Paris a été placée en redressement judiciaire par le tribunal des affaires économiques d’Avignon. Une décision prise pour 6 mois depuis le 28 mai dernier, suite à une cessation de paiements déclarée le 1er mai. Comme pour beaucoup d’enseignes de vêtements, la crise n’épargne pas non plus le secteur en ligne et un peu plus ciblé, porté ici sur l’univers inclusif allant jusqu’à la taille 54.
Dans un communiqué, cité par le site spécialisé fashionnetwork.com, Almé Paris met un avant un « contexte particulièrement exigeant pour les acteurs de la mode digitale » et souligne « avoir été confrontée à la hausse des coûts d’acquisition, à l’évolution des habitudes de consommation et à la nécessité d’adapter un modèle construit dans un environnement très différent de celui de sa création ». D’après Almé, « cette phase de redressement constitue l’opportunité de repenser son modèle économique », persuadée d’être sur un marché porteur – en effet, 40% de la population féminine dépasse le 42 – et assure avoir des « perspectives » (comme l’intelligence artificielle pour anticiper la demande) pour sortir de l’ornière.
Essentiellement présente en ligne, Almé Paris a ouvert il y a 3 ans un showroom à Avignon, rue Raspail. À cette époque, la marque venait de réaliser une levée de fonds de 5 millions d’euros (notre édition du 6 décembre 2023) devant notamment permettre l’embauche d’une vingtaine de salariés et l’ouverture d’un autre showroom à Paris. Si un salon a bien été ouvert dans la capitale, la viabilité économique peine à être trouvée puisque les derniers comptes sociaux à fin 2024 présentaient un déficit de 2,4 millions d’euros. Mais ce redressement judiciaire n’interrompt pas l’activité de l’entreprise, qui continue à vendre et alimenter sa garde-robe.
« Nous voulions créer une marque sympa, avec le code des autres, mais avec des tailles supérieures au 44. L’objectif n’est pas de créer des vêtements qui cachent mais qui mettent en valeur nos clientes et donnent confiance », faisait valoir dans nos colonnes en décembre 2023, Emmanuelle Sokolowski-Szerer, fondatrice et présidente d’Almé Paris. Depuis, la cheffe d’entreprise a, en parallèle, fait son entrée en politique en étant élue en mars comme conseillère municipale déléguée à l’entrepreneuriat, à l’égalité et à la lutte contre les discriminations au sein de la majorité d’Olivier Galzi (DVD). Elle copréside aussi le cercle Femmes de territoire, aux côtés d’Anaïs Hausmann, qui a reçu il y a une semaine la visite de la ministre Aurore Bergé.

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