Tag: redressement judiciaire

  • Sauramps : inquiets pour leur avenir, les salariés réclament des réponses

    Sauramps : inquiets pour leur avenir, les salariés réclament des réponses

    L’heure est grave, chez Sauramps. Voilà plusieurs mois, maintenant, que les rayons sont clairsemés et que les tables d’exposition se vident sous les yeux désolés et impuissants des clients fidèles et des salariés. « On n’achète quasiment plus rien depuis le mois de mars », confie une salariée sous le sceau de l’anonymat. « On continue à accueillir le public, mais on ne reçoit plus de nouveautés. Or on sait combien c’est important dans un commerce de livres, puisqu’il en sort chaque semaine. On ne peut plus non plus commander les livres que les gens recherchent. Le fait de durer dans ce fonctionnement nous inquiète. »

    Alors qu’elle fête cette année ses 80 ans, la librairie historique de Montpellier, qui fut l’une des librairies indépendantes les plus importantes de France, est plus que jamais menacée. Les pertes cumulées s’élèveraient à 3,5 millions d’euros, en lien avec la crise du secteur et, semble-t-il, un loyer trop élevé. L’actionnaire et propriétaire du groupe, l’architecte François Fontès, pourrait rapidement, si aucune autre piste n’aboutit, demander que l’entreprise soit placée en redressement judiciaire.

    Pour la première fois en 40 ans d’existence de la manifestation, Sauramps n’a pas été, cette année, en mesure de participer à la Comédie du livre, signe supplémentaire que les voyants sont au rouge.

    « Des risques majeurs sur l’emploi »

    Ce n’est toutefois pas la première fois que Sauramps rencontre de graves difficultés financières. En mars 2017, le groupe avait été placé en redressement judiciaire avant d’être racheté par la société Ametis, appartenant à François Fontès. L’entité comptait alors cinq sites : Sauramps Comédie, Polymômes, Sauramps Odyssée et un espace au musée Fabre à Montpellier ainsi que Sauramps Cévennes à Alès. Il ne reste aujourd’hui que deux sites : Sauramps Comédie à Montpellier et la librairie d’Alès, les effectifs étant passés de plus de 90 salariés en 2020 à 54 aujourd’hui (47 à Montpellier et 7 à Alès).

    « Depuis de nombreux mois et de manière beaucoup plus alarmante depuis début mars, nous subissons une dégradation continue de la situation économique, financière et sociale du groupe », alertent publiquement les salariés de Sauramps dans une lettre ouverte distribuée le 4 juin aux passants. « Malgré nos sollicitations, nous n’avons obtenu aucune communication directe avec notre actionnaire unique et propriétaire de notre entreprise. De ses décisions dépend notre avenir », déplorent les salariés qui disent vivre ce « silence prolongé » comme « une profonde marque de mépris et d’incompréhension, alors que les équipes continuent, chaque jour, à faire vivre l’entreprise avec professionnalisme et engagement malgré des conditions considérablement dégradées ».

    « La conjoncture actuelle du monde du livre nous fait craindre le pire », confie un salarié montpelliérain. Après Gibert en avril, le groupe Nosoli, qui réunit les enseignes Furet du Nord et Decitre, a été placé à son tour en redressement judiciaire fin mai, posant la question de l’avenir des librairies. Ces dernières années en effet, la concurrence du commerce en ligne s’est intensifiée tandis que les habitudes de lecture ont évolué. Pour la première fois, le bilan annuel du Centre national du livre (CNL) recense davantage de fermetures (85) de librairies en France que de créations (83) en 2025.

    « La situation actuelle fait peser des risques majeurs sur l’emploi, sur notre entreprise à laquelle nous sommes profondément attachés », insistent les salariés qui « appellent à la responsabilité de l’actionnaire » et « demandent des réponses claires, concrètes et immédiates concernant notre avenir ».

    Amélie Goursaud

  • Dernière ligne droite pour sauver Fibre Excellence et la filière papier

    Dernière ligne droite pour sauver Fibre Excellence et la filière papier

    L’avenir des sites industriels de Fibre Excellence, dont celui de Tarascon et des « 10 700 emplois directs et indirects », « est suspendu à plusieurs décisions relevant directement ou indirectement de l’État », écrivent les trois secrétaires généraux de la CGT, FO et la CFDT, ainsi que les présidents des régions Occitanie et Sud et de la Métropole de Rouen, dans une lettre commune adressée au premier ministre Sébastien Lecornu.

    L’entreprise, placée en redressement judiciaire le 27 avril dernier par le tribunal de commerce de Toulouse fait face à plusieurs difficultés majeures qui hypothèquent sa reprise, par la seule et unique offre déposée à ce jour par les dirigeants de l’entreprise. Ils se sont d’ores et déjà engagés « à reprendre l’intégralité des actifs et des salariés » a annoncé la direction du groupe qui emploi 670 salarié sur les sites de Tarascon (Bouches-du-Rhône) et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne.

    Reste que « la revalorisation de 20% du contrat énergie biomasse », « la sécurisation de l’approvisionnement en bois », « l’accompagnement financier des projets industriels de reprise » ou encore « la sécurisation des modalités de reprises des actifs » sont autant d’engagements attendus et exigés de l’État, écrivent les signataires.

    10 700 emplois

    dans la balance

    Et de préciser que « des industriels contactés et intéressés pour participer à un pool de financeurs attentent de votre part la levée de ces clauses pour s’engager pleinement. (…) C’est pourquoi nous vous demandons de formaliser urgemment une lettre d’engagement indispensable pour que les administrateurs judiciaires puissent sécuriser la solution de reprise et éviter la liquidation », résument les représentants syndicaux et élus dans cette même missive.

    Si le premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas lui même répondu à cette interpellation, la question a été abordée ce mercredi, à l’Assemblée nationale. « Le gouvernement est-il prêt à prendre ces engagements écrits ? », a lancé Edouard Bénard, le député communiste de Seine-Maritime après avoir rappelé les principales demandes rappelées par les signataires du courrier.

    « Tout ne peut pas reposer sur l’État »

    C’est « un sujet qui m’occupe plus que quotidiennement », a lancé Sébastien Martin, le ministre de l’Industrie, considérant que « l’État a tout mis en œuvre » pour sauver l’entreprise, et de lister : « Un arbitrage pour l’augmentation de 20% du rachat de l’électricité, 150 millions d’euros pour la modernisation de l’entreprise et 75 millions d’euros pour les dettes. » Pour autant, « j’ai eu droit à un investisseur qui a fermé la porte », rappelle le ministre. En effet, au lendemain de la mise en redressement judiciaire de l’entreprise, le propriétaire et actionnaire principal de Fibre Excellence avait refusé tout net de mettre la main à la poche. Aussi, « moi, maintenant, je veux un investisseur industriel, tout ne peut pas reposer sur l’État », tance le ministre. Et il reste une semaine, tout juste, pour résoudre cette quadrature du cercle.

  • [Maj] Une offre de reprise pour Fibre Excellence mais des inquiétudes

    [Maj] Une offre de reprise pour Fibre Excellence mais des inquiétudes

    « L’offre a été déposée à 12h, lundi 1er juin. L’objectif est de créer une nouvelle entité qui reprendra l’intégralité des actifs et des salariés », a annoncé la direction du groupe Fibre Excellence, qui emploie 670 salariés sur les sites de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Il s’agissait de la date butoir fixée par le tribunal de commerce de Toulouse pour le dépôt des offres de reprise. C’est la seule qui aurait été déposée.

    Audience décisive le 17 juin

    Considérant « qu’il est établi que la SAS Fibre Excellence est dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible et est en conséquence en état de cessation des paiements », le tribunal avait placé l’entreprise en redressement judiciaire, dans sa décision du 27 avril. Il estimait cependant que « l’entreprise semble avoir les moyens de se diriger vers un plan qui aurait pour finalité la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif » et avait accordé six mois de délais d’observation. L’entreprise est revenue à la barre du tribunal le 3 juin mais l’audience décisive est fixée au mercredi 17 juin « afin de déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ». En mai, Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, avait fait savoir que la collectivité était prête à intégrer la gouvernance de l’entreprise et à investir 5 millions. Elle avait rencontré, avec les représentants des salariés, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin. Et de promettre : « Je continuerai à me mobiliser. » Vendredi, la direction de Fibre Excellence a fait savoir que l’offre de sauvetage des deux dernières usines de pâte à papier de France avait obtenu le soutien des Régions Occitanie et Sud. L’offre a été présentée aux salariés. La relance de l’activité de cette entreprise survient après le désengagement de son actionnaire indonésien. « C’est la seule offre, a réagi Laurent Quinto, délégué CGT. Alors il faut y aller ! » Avec un bémol : « Ce plan de reprise doit permettre de redémarrer l’activité avec une trésorerie saine et retrouver un investisseur pour appuyer la relance. Il faut que, d’ici le 17 juin, l’état prenne une décision sur l’augmentation du prix de rachat du kWh sur lequel repose ce plan. » Jeudi, l’intersyndicale en appelé au Premier ministre pour maintenir l’ensemble de la filière bois.

  • L’avenir de l’hôtel Première Classe de la Seyne-sur-Mer toujours aussi incertain

    L’avenir de l’hôtel Première Classe de la Seyne-sur-Mer toujours aussi incertain

    C’est une partie de billard à trois bandes qui se joue actuellement entre le propriétaire, le gestionnaire et les employés de l’hôtel Première Classe de La Seyne. Ces derniers, accompagnés de représentants de l’Union Locale CGT, ont mené une action devant l’inspection du travail de Toulon, jeudi, où ils ont été reçus dans la matinée, face à une situation qui n’évolue pas.

    Depuis début février, neuf salariés sont en arrêt maladie, confrontés à une succession de retards de salaire, puis à une absence de paiement à partir de novembre. L’établissement a été placé en redressement judiciaire le 28 avril, mais rien n’évolue pour les salariés, toujours dans l’expectative et seulement indemnisés à hauteur de 50% de leur salaire. L’UL CGT de La Seyne a pourtant tenté un référé à ce sujet, en mars, mais celui-ci n’a pas été pris en compte par le tribunal de commerce. « Ce qui nous engage dans une procédure longue, sur le fond. Ça étonne l’Inspection du travail, tout comme la non-reconnaissance du tort de l’employeur », affirme Marc Louis, secrétaire général de l’UL CGT La Seyne.

    « On ne savait pas que le redressement allait durer six mois », s’inquiète une employée. Ses collègues et elle espéraient une évolution rapide, avec une éventuelle « liquidation pour que la propriétaire reprenne l’établissement ou qu’on ait des indemnités de licenciement et qu’on sorte de cette situation ». Celle-ci pourrait ne jamais arriver. Le gérant, Matthieu Derats, assure que ce n’est pas à l’ordre du jour, information confirmée par l’Inspection du travail. En revanche, une procédure a été engagée par la propriétaire – qui n’est autre que la mère du gérant – envers ce dernier pour mauvaise gestion. L’audience est prévue le 18 juin devant le tribunal de commerce, mais ne conduira pas au dépôt de bilan.

    Employés en arrêt et propriétaire mis en cause

    « On n’envisageait pas la démission, là, on commence à y penser », avoue l’employée, toutefois prête, à l’instar de ses collègues, à retourner au travail « si aucune solution n’est trouvée ». Ils pourraient ne pas avoir le choix : trois d’entre eux n’ayant plus droit aux indemnités, retoquées par l’Assurance maladie. Une salariée a même été soumise à une procédure de licenciement lorsqu’elle a voulu reprendre, finalement annulée, car le redressement judiciaire en cours ne le permet pas.

    De son côté, Matthieu Derats dit ne pas comprendre l’objectif de ses employés : « Avec le redressement, ils vont être indemnisés par le régime de garantie des salaires (AGS). Ils n’obtiendront pas plus, pas moins. » Et dit regretter aussi la situation : « Il y a peut-être eu des manquements, mais les salariés ont participé à la situation par leur attitude et l’abandon de leurs postes. » Quant à la question du maintien de l’activité malgré le manque d’effectif, le directeur dit travailler avec une entreprise prestataire.

    Trois employés continuent par ailleurs de travailler. L’un d’eux, arrivé fin janvier, alors que le torchon brûlait depuis longtemps, fustige le choix de ses collègues : « L’intérêt commun est la continuité de l’activité. Il y a eu des comportements, des actes de négligence, qui ont contribué à aggraver la situation de la trésorerie. » Une situation imputable, selon lui, à la propriétaire des lieux, que nous ne sommes pas parvenus à joindre. « Les difficultés viennent de ses carences et de l’activité elle-même, qui n’est pas rentable. On parle du sort des salariés : elle n’a aucune intention de les reprendre. Elle souhaite vendre, pour son intérêt capitalistique », assure-t-il.

    La CGT promet de rester mobilisée pour le paiement des salaires non versés. « L’inspection du travail envisage de saisir d’autres administrations au vu de la nature du dossier », précise Marc Louis, malgré tout satisfait de cette audience « qui a fait avancer les choses. On aimerait que ça aille plus vite, mais on en saura sûrement davantage d’ici septembre ». À l’issue du redressement judiciaire, donc.

  • Une offre de reprise pour Fibre Excellence

    Une offre de reprise pour Fibre Excellence

    « L’offre a été déposée à 12h, lundi 1er juin. L’objectif est de créer une nouvelle entité qui reprendra l’intégralité des actifs et des salariés », a annoncé la direction du groupe Fibre Excellence, qui emploie 670 salariés sur les sites de Tarascon et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Il s’agissait de la date butoir fixée par le tribunal de commerce de Toulouse pour le dépôt des offres de reprise. C’est la seule qui aurait été déposée.

    Considérant « qu’il est établi que la SAS Fibre Excellence est dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible et est en conséquence en état de cessation des paiements », le tribunal avait placé l’entreprise en redressement judiciaire, dans sa décision du 27 avril. Il estimait cependant que « l’entreprise semble avoir les moyens de se diriger vers un plan qui aurait pour finalité la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif » et avait accordé six mois de délais d’observation. L’entreprise doit revenir deux fois devant le tribunal pendant cette période : « Le mercredi 3 juin à 9h, munie d’une situation de trésorerie, d’une situation financière », explique la juridiction. Laquelle « renvoie l’affaire en chambre du conseil à l’audience du mercredi 17 juin à 9h, afin de déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ».

    « Il faut y aller ! »

    En mai, Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, avait fait savoir que la collectivité était prête à intégrer la gouvernance de l’entreprise et à investir 5 millions. Elle avait rencontré, avec les représentants des salariés, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin. Et de promettre : « Je continuerai à me mobiliser. »

    Vendredi, la direction de Fibre Excellence a fait savoir que l’offre de sauvetage des deux dernières usines de pâte à papier de France avait obtenu le soutien des Régions Occitanie et Sud. L’offre a été présentée aux salariés. La relance de l’activité de cette entreprise survient après le désengagement de son actionnaire indonésien. « C’est la seule offre, a réagi Laurent Quinto, délégué CGT. Alors il faut y aller ! »

    Avec un bémol : « Ce plan de reprise doit permettre de redémarrer l’activité avec une trésorerie saine et retrouver un investisseur pour appuyer la relance. Il faut que, d’ici le 17 juin, l’état prenne une décision sur l’augmentation du prix de rachat du kWh sur lequel repose ce plan. »

  • À Avignon, le resto de la CCI en redressement judiciaire

    À Avignon, le resto de la CCI en redressement judiciaire

    « On est peut-être plus de 300 aujourd’hui, qu’est-ce qu’on peut souhaiter ? Que l’on soit 300 tous les jours. » En décembre 2024, tout sourire, Gilbert Marcelli, président de la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84), témoigne de son optimisme lors de l’inauguration du Quai des saveurs. Des propos qui, aujourd’hui, prennent une amère saveur : le restaurant, géré par la CCI, a en effet été placé en redressement judiciaire le 7 mai, révèle L’Écho du mardi. Le tribunal des affaires économiques d’Avignon mentionne que le Quai des saveurs s’est déclaré en cessation de paiements le 24 avril.

    Sur place, ce mercredi midi, la directrice d’exploitation Sophie Ledoux, s’est refusée à tout commentaire, confirmant simplement l’information, mais aussi le départ, à la fin du mois, du jeune chef, Saïd Soumaila. Ce dernier, primé aux Worldskills et formé à l’école hôtelière d’Avignon, était l’une des figures de proue du projet. Le second de cuisine, Naël Tamghart, également formé à l’école hôtelière avignonnaise, distingué en septembre dernier aux Worldskills, avait déjà quitté les rangs fin 2025. La structure compte sept salariés, aujourd’hui dans l’expectative.

    Les yeux plus gros que

    le ventre ?

    Précisons que le Quai des saveurs est loin d’avoir baissé le rideau et reste ouvert, du mardi au samedi. Malgré un emplacement idéal, en sortie de gare en face de l’entrée des remparts, une capacité de 60 couverts et une terrasse de 100 m2, le restaurant bistronomique, ayant pour vocation le savoir-faire et les produits locaux, n’a jamais su trouver un public suffisant. La CCI a-t-elle donc eu les yeux plus gros que le ventre pour ce projet dont les travaux ont nécessité 1,3 million d’euros ? La question est criante à l’heure où la CCI a été mise sous tutelle, fin janvier, suite à une crise de gouvernance. Et dont le sujet Quai de saveurs, pourtant initialement largement approuvé en interne, est remonté parmi les griefs de gestion. Le fait que la CCI se positionne pour gérer cet établissement avait fait grincer des dents parmi les restaurateurs locaux ou bien encore la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises).

    D’après L’Echo du mardi, le restaurant affiche un passif d’un million d’euros que la tutelle actuellement en place à la CCI – dans l’attente d’élections du 29 juin au 10 juillet – ne peut éponger. La chambre avait été retenue pour gérer ce restaurant vitrine à la suite d’un appel à projets lancé par la SNCF.

  • Après la chute de Sibell, les chips d’Allauch en danger

    Après la chute de Sibell, les chips d’Allauch en danger

    Allez, c’est du gras. Mais on essaie d’être le plus authentique possible. Les pommes de terre et l’huile oléagineuse sont françaises », lançait Patrick Llerena, lauréat du prix de la commune, en 2022. Labellisé par deux fois « fabriqué à Allauch », le paquet de chips transparent estampillé du logo du moulin et des collines est connu et apprécié par bon nombre pour son ancrage local et son goût authentique, de l’avis de tous. Une belle histoire de reprise familiale.

    Aujourd’hui c’est l’entreprise et ses neuf salariés qui sont toujours dans l’attente d’un repreneur, deux mois après l’annonce de la liquidation. Selon nos confrères de La Provence, le maire Lionel de Cala se dit prêt « à accompagner la famille en espérant une reprise de l’activité prochaine ».

    Authentique ou chimique

    Comme un mauvais scénario dans une région où l’apéro est un véritable art de vivre, les chips Sibell, fabriquées à Aubagne, avaient elles aussi tiré le rideau en août 2022, après un redressement judiciaire laissant 149 salariés sur le carreau. L’augmentation du prix des matières premières, notamment l’huile de tournesol, avait été évoquée alors pour expliquer la faillite de l’entreprise.

    À la vue des rayons de chips chez les distributeurs, on ne peut que s’interroger. Barbecue, chèvre au piment d’Espelette, poulet braisé ou fromage du Jura : les saveurs prendront-elles le pas sur l’authentique ? Les chips d’Allauch pourront-elles résister à l’attrait des produits ultra-transformés, pourtant régulièrement pointés du doigt par les organismes de santé ?

  • Fraude sociale : un patron ne déclarait rien ni personne

    Fraude sociale : un patron ne déclarait rien ni personne

    Un entrepreneur du bâtiment a été condamné, lundi à Marseille, pour avoir dissimulé l’emploi de trois salariés entre juillet 2020 et décembre 2022 sur ses chantiers de maçonnerie générale et de gros œuvre. « C’est un tropisme des procédures de travail dissimulé avec des prévenus absents qui continuent encore et toujours à faire pousser des sociétés ! », a déploré la procureure de la République, Anne-Sophie Larrouy.

    Gravité particulière dans un secteur accidentogène

    Erhan F., patron turc de 34 ans, qui ne s’est pas présenté à l’audience, a écopé lundi de 8 mois d’emprisonnement avec sursis et de 10 ans d’interdiction de gérer, conformément aux réquisitions du parquet. La présidente a qualifié les faits d’une « gravité particulière eu égard à l’activité accidentogène du secteur du bâtiment » et a ordonné la diffusion de la condamnation pendant un an sur le site du ministère du Travail.

    « Pas de déclaration à l’Urssaf. Aucune déclaration salariale. Aucune comptabilité déposée car il n’a aucun document comptable. Il s’est versé 21 510 euros, mais n’a déclaré que 2 000 euros de revenus par an. Convoqué, il a quand même reconnu avoir payé ses salariés en espèces. C’est tellement facile de créer des sociétés sans en avoir les compétences », a observé la présidente de la 6e chambre correctionnelle de Marseille, Stéphanie Donjon.

    « Sa fibre entrepreneuriale est dangereuse »

    La plainte de l’Urssaf déposée en novembre 2023 fait suite l’indifférence du prévenu au contrôle diligenté au vu de la distorsion entre ses revenus déclarés infiniment modestes – 2 000 euros par an – et son chiffre d’affaires que trois agents de l’Urssaf ont dû reconstituer à partir des données bancaires et des versements à des sous-traitants. Il en ressort une masse salariale de 42 000 euros sans déclaration sociale correspondante.

    Atteinte à la solidarité nationale

    « En deux ans, il n’a déclaré que 4 118 euros de salaire. Il s’en moque que tout le monde cotise pour tout le monde. Sa fibre entrepreneuriale est dangereuse », a dit la procureure. Si la société Provence Avenir Étanchéité a été radiée, le prévenu demeure gérant de Sud Sol Chape et apparaît en filigrane de la société Firtina Concept Bâtiment en redressement judiciaire. « Il continue encore et toujours et une situation d’inéquité pour les employeurs qui déclarent. »

    Partie civile, Me Luna Bayoumi rappelle que l’Urssaf défend ici « l’intérêt général en ce qu’elle collecte les ressources de la majorité des organismes de protection sociale qui financent nos prestations de santé, nos retraites ».

    Il ajoute : « Je souligne la gravité des faits qui portent atteinte à l’entièreté du système de solidarité nationale. Pour le prévenu, ce n’est pas grave, d’ailleurs, il n’est pas là aujourd’hui. Il n’a jamais retiré la mise en demeure que nous lui avons adressée, ce qui augmente l’impression qu’il n’a que faire de la Justice. Et en plus, il y a une autre procédure incidente ouverte sur une autre société contrôlée. »

  • En difficulté, Gibert-Joseph se redéploie sur l’occasion

    En difficulté, Gibert-Joseph se redéploie sur l’occasion

    « Je suis plutôt un grand lecteur, alors à raison de 4 à 5 bouquins par mois, le neuf c’est hors budget » explique Patrick, Marseillais retraité du secteur bancaire, en fouillant dans les bacs de livres d’occasion devant l’enseigne historique du boulevard Dugommier. Fataliste « face à cette société du numérique, il espère cependant que ces pionniers de l’occasion arrivent à se restructurer, car ce serait une perte pour le livre et l’emploi. Et pour le lecteur car je serais contrarié de commander sur des plateformes ».

    Le groupe Gibert, qui se revendique premier libraire indépendant de France, avait demandé son placement en redressement judiciaire le 27 avril. Comme de nombreux libraires, il fait les frais d’un recul global de la lecture, accru par la concurrence des sites de vente sur internet. « Le papier a un coût, estime aussi Perrine, même si je vais à la médiathèque, en neuf je prends des Poche, l’occasion c’est une autre démarche, le plaisir de chiner dans les bacs. » Documentaliste dans un établissement scolaire, elle note « de moins en moins de jeunes attirés par la lecture, Et pour les livres scolaires, il y a de plus en plus de numérique. Mais ceux qui y viennent aiment les boutiques plus cosi, avec des ambiances. Or ici, c’est quand même vintage, peu attrayant ». Avec son lino vétuste, ses fils électriques visibles derrière les néons du plafond, l’enseigne marseillaise, qui emploie 15 salariés sur les 500 employés dans les 16 librairies du groupe en France, aurait en effet besoin d’un coup de neuf. L’ouverture de la procédure judiciaire, « c’est pour sécuriser l’emploi, les boutiques, précise Véronique Pernin, du service communication, et c’est justement l’occasion de redynamiser l’enseigne, avec plus d’initiatives sur le terrain. On a aussi un partenariat avec un logisticien depuis un an pour développer les ventes ».

    Revitaliser

    Pour assurer sa pérennité, Gibert-Joseph « mise sur un virage stratégique autour du livre d’occasion, marché porteur qui connaît 10% de croissance par an et offre une meilleure maîtrise de la chaîne de valeur et des marges », complète un communiqué du groupe. L’objectif étant de « doubler la part des ventes de livres d’occasion d’ici 2029 ». Du côté de la déléguée du personnel, Sophie Rachet, l’inquiétude s’est exprimée. Elle redoute des mesures défavorables aux salariés alors que les travailleurs attendent des garanties concrètes concernant le maintien de leurs emplois dans les magasins.

    La librairie n’est pas fermée. À Noailles, on y apprécie le savoir-faire des salariés. Comme Zora : « Je suis venue chercher un livre pour mon fils, demandé par l’école, en occasion, et j’ai pris un manuel de cuisine végétarienne, pour tester. Ici, les vendeurs savent nous guider, nous conseiller. »

  • À Aix, vers un « nouveau cap » pour le centre social de Beisson

    À Aix, vers un « nouveau cap » pour le centre social de Beisson

    « On revient de loin », résume Rachid Sabbouri. Dans son bureau du Centre socio-culturel (CSC) Aix Nord – renommé la Rose des Vents depuis peu – le directeur résume ainsi les dernières années de la structure. À ses côtés, Georges Meunier, récemment nommé à la présidence du CSC, rappelle que ce nouveau nom « annonce aussi une fin de flottement. Cette nouvelle dénomination est une façon d’insuffler un nouveau souffle. C’est aussi un nom moins administratif ». En 2024, face aux dettes, le centre social a dû être placé en redressement judiciaire, dont il sort juste la tête. « On avait un plan de 10 ans, à partir de 2024. On l’a remboursé au bout d’un an et demi », indique Rachid Sabbouri. Cette victoire pour cette structure de proximité nichée dans une partie des anciens locaux de l’École des Lauves, impulse aux équipes un « nouveau cap, une nouvelle dynamique. À travers le changement de nom, une symbolique mais aussi à travers les nouveaux projets que l’on met en œuvre au niveau de la structure, déroule Rachid Sabbouri. L’autre objectif pour nous est aussi de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier en termes de financement. Là, on se concentre sur des financements et des projets européens ».

    Inclure les plus jeunes

    Si les projets réguliers, comme les actions citoyennes, les activités sportives et culturelles du centre social se poursuivent, La Rose des Vents place ses pions dans le Fonds Social Européen (FSE), dispositif financier visant à soutenir l’emploi, la formation et l’inclusion sociale dans les États membres, et intégrer ses adhérents au projet Erasmus +, destiné à soutenir l’inclusion professionnelle des jeunes. « Nos partenaires nous ont d’ailleurs appris que nous étions les seuls sur la Région Paca à porter ce projet de A à Z et le seul centre socio-culturel à porter [ce programme] au niveau national », se félicitent Rachid Sabbouri et Georges Meunier. « On porte chez nous ce qu’on appelle le pôle famille qui permet de travailler sur la réussite éducative, avec un accueil de soutien scolaire en partenariat avec l’Éducation Nationale, qui permet de lancer un repérage important de certains [profils de] jeunes, donne, en exemple, Rachid Sabbouri. « Erasmus + permet de donner les clefs de compréhension du système dans lequel on vit. On a tendance à croire que des structures ne sont pas capables, ont du mal, n’ont pas la technicité pour mettre en place des projets comme ça. Mais en se donnant du mal, on y arrive. Il faut en avoir l’envie, nous l’avons. On a une équipe ou il y a une réelle appétence pour aller de l’avant. »