Il y a urgence à donner du temps ! C’est ce que demandent les salariés et leurs syndicats CGT et FO, la Région Occitanie ou encore l’Union des coopératives forestières. À Saint-Gaudens, comme à Tarascon. Et à Grand-Couronne, où le projet de relance de la papeterie Chapelle-Darblay est suspendu à l’avenir des deux sites.
L’audience dédiée à l’étude des offres de reprise de Fibre Excellence au tribunal de commerce de Toulouse est prévue le 8 septembre. Carole Delga, présidente socialiste de la Région Occitanie, annonce qu’un acteur du secteur de la pâte à papier manifeste son intérêt. Il lui faut quatre mois pour transformer l’essai en offre ferme. À Tarascon, la mise en sécurité du site exige la prudence et les salariés ont proposé un plan sur six mois. Ces délais, l’État peut les donner en réunissant, d’urgence, autour de la table « les acteurs engagés sur ce dossier, exige la CGT à Montreuil. Cette réunion doit permettre aussi de traiter les graves carences en matière de sécurité constatées sur le site de Tarascon en dépit des alertes faites auprès de la préfecture et des solutions proposées par les salariés avec leur syndicat CGT ».
C’est jusqu’à Jean-Louis Borloo qui s’en alarme. « C’est un drame. On ne peut pas laisser partir des bouts de tissus industriels. Ce n’est pas possible », s’est offusqué l’ancien ministre de l’Économie, ajoutant que Carole Delga faisait « un boulot formidable en région Occitanie. Il faut l’épauler. Merci le Premier ministre de vous en occuper », a insisté l’ex-député et président de l’UDI en référence à la demande de « nationalisation temporaire » de l’usine. Mais c’est l’ensemble de l’industrie qu’il faut relever, pas un seul morceau, si l’on veut éviter une immense casse sociale avec les 10 000 emplois induits par l’activité de Fibre Excellence.
Pour Tarascon, la présidente de la Région Occitanie a aussi prié « de ne pas démanteler ». Dans un communiqué, FO appuie, au nom de l’intersyndicale CGT FO CFDT : « Il est plus que temps de liguer toutes les forces pour exiger la nationalisation de Saint-Gaudens et de Tarascon. »
À Tarascon, les salariés, toujours présents sur le site pour protéger l’outil industriel, ont une nouvelle fois alerté sur la présence de produits toxiques et dangereux ; trois incidents ont donné des sueurs froides au préfet Jacques Witkowski, qui a pris un arrêté en urgence le 3 septembre. Il y met en demeure la SELAS Egide de redémarrer la station d’épuration et la pomperie « immédiatement ». Ce 4 septembre, les inspecteurs des installations classées sont revenus constater que les liquidateurs n’ont rien mis en œuvre pour fermer le site de manière à garantir la sécurité des installations, des populations comme de l’environnement.
« Des intervenants entrent sans pointage systématique. Des salariés de l’entreprise mandatée, censés travailler avec les anciens salariés de Fibre Excellence, ne parlent pas français et ces derniers ne disposent même pas de leurs numéros de téléphone pour les joindre en cas d’urgence », témoigne François Batista, responsable UD CGT 13, qui demande « la mise sous protection industrielle immédiate du site de Tarascon ». Pour « préserver toute cette filière industrielle qui permettrait d’assurer en particulier notre indépendance de production », précise les responsables FO de la Fédération Construction secteur Papier-carton et des départements des Bouches-du-Rhône et de Haute-Garonne.

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