[C’est l’été] Le camping de Bottaï à Port-de-Bouc, le paradis c’est les autres

L’atout charme du lieu ? Selon les campeurs, pas de doute, c’est Georges. « C’est lui qui me plaît le plus dans le camping », lâche Davy, aussi rigolard que sincère, qui vient chaque année de Metz avec sa famille pour passer la saison estivale à Port-de-Bouc. Le Mosellan a beau apprécier son rythme de vie ici, entre la pêche au petit matin, les allers-retours dans l’eau pour se rafraîchir au cours de la journée, l’apéro et la pétanque en fin d’après-midi, « c’est Georges qui fait l’ambiance. S’il était pas là, je suis pas sûr que je viendrais ».

La chaleur humaine

Georges, c’est le gardien du camping qui donne des surnoms à chacun des vacanciers. Sa maison, qui se situe juste derrière le portail, en face de l’accueil, regorge de références à Johnny Halliday. Deux panneaux de bois indiquent les hôtels dans lesquels le Taulier séjournait lors de ses virées aux États-Unis. Une silhouette en carton du chanteur franco-belge trône sur la terrasse en bois. Pas étonnant que les vacanciers appellent Georges « Georges Hallyday ». « Tous les matins, je me lève et je chante du Johnny en me baladant dans le camping », confie le gardien.

Trente ans qu’il travaille là, alors il connaît les habitués qui occupent la plupart des 75 emplacements comme s’ils faisaient partie de sa propre famille. À l’entrée, Josette et Serge ont monté leur campement au même endroit que chaque année. Les deux retraités se sont rencontrés à Bottaï dans leur jeunesse. Depuis 1978, les Gardannais quittent leur logement pour venir à Port-de-Bouc chaque été. « On est là de mai à septembre, révèlent-ils. C’est pas loin mais on se sent vraiment en vacances, c’est le vrai camping à l’ancienne, familial, à taille humaine. On se côtoie, on joue aux boules, on prend l’apéro… C’est pas comme les grands campings avec des toboggans immenses où vous croisez les gens sans les fréquenter, où on se dit à peine bonjour, où on se connaît pas. Ici on est tous amis et on aime être ensemble. » De nombreux habitués de Bottaï ont déjà « essayé les grandes structures », mais ils manquent vite de « chaleur humaine ». « Et de Georges », plaisante le gardien.

Pour les Ferrero, dont la tente jouxte celle de Josette et de Serge, les vacances sont plus un état d’esprit qu’un changement d’environnement. Preuve en est : ils viennent tous de Port-de-Bouc. « Quand ils envoient une carte postale à leurs proches ils vont directement la poster à pied, ça va vite », sourit Georges. « Ça change de notre HLM, c’est notre deuxième maison ici, on a nos habitudes », glisse la mère de famille, surnommée Dolorès de la Frange par le gardien. « Comme Parisot de Camping Paradis. » Une référence locale, elle aussi !

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