Tag: camping

  • [Week-end] Au camping les Auches d’Ancelle, soixante ans de tourisme alpin

    [Week-end] Au camping les Auches d’Ancelle, soixante ans de tourisme alpin

    « On vient ici parce que c’est familial et puis, on est des fans de rando, on passe la journée à la montagne ! » Pour Mme Roche, qui vient avec ses enfants puis ses petits-enfants, depuis plusieurs décennies au camping les Auches à Ancelle, les vacances d’été, c’est à la montagne. « Et puis de toute façon, à Marseille, on crame », soupire un de ses petits-enfants. Avec les chaleurs toujours plus nombreuses et plus intenses chaque été, les Hautes-Alpes, où les canicules demeurent moins sévères que sur le littoral, deviennent un véritable refuge estival. Pour les campings locaux, cela renforce une demande grandissante du public pour la saison estivale, là où, longtemps, l’hiver et ses sports de neige étaient le cœur de leur activité.

    Une évolution que Laure Pellissier, gérante du camping fondé par ses parents en 1968, a observée avec le temps. « Les quatre ou cinq premières années, le camping était seulement un caravaneige, ouvert uniquement l’hiver, puisque la station d’Ancelle était à son apogée. C’était une clientèle du littoral, de Marseille, qui venait installer la caravaneige à la Toussaint et montait tous les week-ends faire du ski jusqu’à Pâques », se remémore-t-elle. Au fil du temps, l’offre du camping s’est diversifiée, priorisant à partir de 2010 les « emplacements nus », pour les tentes, vans ou camping-car et les activités de nature. « Avant cela, il n’y avait pas la demande. Au début, les gens qui aimaient la montagne
    l’aimaient surtout solo. Aujourd’hui, ça se fait plus dans le partage et le panel d’activités possibles dans la vallée est énorme. En une semaine, on n’a pas le temps de tout faire
     », assure Laure. Une tendance que l’équipe du camping a bien identifiée, en partenariat avec les accompagnateurs du Champsaur, elle propose quatre randonnées par semaine incluses dans la réservation.

    L’appel de la nature et du portefeuille

    « Il y a un retour à la montagne depuis cinq, six ans c’est clair ! Et la canicule cette année nous a fortement aidés à avoir un taux de remplissage exceptionnel, affirme Laure Pélissier. J’ai envie de dire d’un côté merci à Instagram ! On a jamais vu autant de choses sur la montagne. Après, il y aura le revers de ça, forcément, on voit qu’il y a des gens qui viennent parce qu’ils ont vu des vidéos TikTok mais qui, clairement, ne sont pas prêts pour la montagne… »

    À cette tendance s’ajoute l’argument économique, la montagne en été est souvent moins onéreuse qu’en hiver. « Le modèle de la semaine au ski, du samedi au samedi, a pris un gros coup, maintenant c’est quatre-cinq jours, constate Laure. Cette tendance, honnêtement, c’est aussi une question de budget. On est en crise. » Là où une semaine en mobile home dans le Var oscille en général entre 700€ et 1 100€, la même durée coûte facilement 200 à 300€ de moins dans les Hautes-Alpes. Mais les deux destinations n’offrent pas les mêmes vacances. « En juillet, de 11h du matin à 16h l’après-midi, je suis seule dans le camping, les gens sont tous en activité en extérieur, rapporte Laure. Alors certes, il faut aimer la montagne et être un peu sportif. Chez nous, ce ne sont pas vraiment les vacances transat », prévient-elle.

  • [C’est l’été] La pré-rentrée au grand air à Malaucène

    [C’est l’été] La pré-rentrée au grand air à Malaucène

    Et si, avant de retrouver cartables et cahiers, vous preniez le temps de ralentir sous les arbres ? Ce jeudi après-midi, l’ancien camping du Grozeau, à Malaucène, se transforme en terrain de jeu et de découverte pour une pré-rentrée pas comme les autres.

    Au programme : grimpe dans les arbres dès 7 ans, lecture perchée, hamac et coin détente au sol. Les enfants pourront aussi laisser parler leur imagination avec un atelier de dessin autour du thème de l’arbre, tandis qu’une pause fraîcheur est prévue avec des boissons aux plantes.

    Cette parenthèse est proposée gratuitement par l’association Copains des Bois qui invite petits et grands à renouer avec la nature à travers des activités pédagogiques. L’objectif : passer davantage de temps dehors, partager, explorer et se reconnecter aux autres et à son environnement. Pour cette pré-rentrée, le collectif s’associe à Sous la Cîme, structure basée à Vaison-la-Romaine, spécialisée dans la grimpe d’arbres et les animations nature en famille. L’événement est gratuit, sur réservation.

    De 16h à 19h.

    Infos et réservations sur la page Facebook des Copains des Bois.

  • [C’est l’été] Concert à Molines-en-Queyras

    [C’est l’été] Concert à Molines-en-Queyras

    Ils sont composés d’une quinzaine de musiciens et jouent une musique orchestrale dansante aux styles très variés. Ils réarrangent des poèmes, du rap, de la variété et du punk.

    G.C.

    En accès libre

  • [Un été au camping] L’Hippocampe à Volonne, un camping à la gestion familiale

    [Un été au camping] L’Hippocampe à Volonne, un camping à la gestion familiale

    Si l’art de camper n’est pas apparu au XXe siècle, son développementen France débute en 1936 avec l’instauration des congés payés. Les destinations côtières deviennent accessibles à tous. Aujourd’hui, l’offre s’est considérablement diversifiée mais le camping familial reste le symbole de vacances simples, économiques et populaires.

    Il n’y a pas de barrière, on est tous pareils, tous logés à la même enseigne » : pour ses vacances d’été, Géraldine Bonnici a choisi le camping l’Hippocampe, à cheval entre les deux communes de Volonne et de Château-Arnoux-Saint-Auban. « L’ambiance camping et l’ambiance location, ça n’a rien à voir », constate celle qui a réservé un emplacement avec toute sa petite famille, habituée au camping.

    L’établissement de 17 hectares compte 100 employés en haute saison, et 500 emplacements : 300 hébergements locatifs (mobil-homes, chalets, hébergement toilé) et 200 emplacements de camping. Une extension a ouvert en 2024 avec uniquement des places de camping, de l’autre côté de la Durance, côté Château-Arnoux-Saint-Auban. « Ce n’est pas la même mentalité, la clientèle camping et la clientèle mobil-home. Les clients qui sont là-bas qu’en camping sont contents d’avoir un espace plus calme, plus naturel, plus zen », explique Alys Bravay, directrice de l’établissement. « Je préfère le calme. L’autre partie, c’est beaucoup plus festif », abonde Géraldine Bonnici. « On reviendra l’année prochaine ! C’est un cadre apaisant, relaxant, aux portes des Alpes », conclut-elle.

    Le camping a été créé en 1965, par le grand-père d’Alys Bravay, ancien travailleur à l’usine Arkema. Son père et son oncle l’ont ensuite repris dans les années 1980, et elle est arrivée en 2018. Elle gère encore l’établissement aux côtés de son père, de son oncle et de sa tante.

    Historiquement, le camping s’est construit autour de la discothèque, ouverte en 1966. « On a acheté les terrains au fur et à mesure », explique Alys Bravay. La discothèque propose désormais des soirées adaptées aux mineurs, sans débit de boisson, pour les adolescents de l’établissement qui peuvent en profiter jusqu’à 2h du matin.

    La création du camping a également été encouragée par la construction d’un barrage sur la Durance, qui créa à l’époque un lac artificiel de 110 hectares, et donna au grand-père d’Alys l’idée d’ouvrir une guinguette avec location de pédalos.

    Des vacances à petit budget

    « Dans les gorges du Verdon, tous les campings étaient déjà complets, et c’était beaucoup plus cher », témoigne Sabrina Lebrun, venue de l’Aisne avec sa fille adolescente et la meilleure amie de cette dernière, Lovely et Timélia. La petite famille a fait le choix de louer un emplacement où poser deux tentes, pour leur première expérience en camping. « Un emplacement mobil-home, ça fait super cher. Il a fallu s’équiper, c’est un périple ! C’est un investissement, j’ai tout acheté sur Leboncoin : la rallonge électrique, un réchaud, des cartouches de gaz, une petite armoire de camping… Mine de rien, ça va vite, pour une semaine, ça chiffre ! », lance Sabrina. Pour économiser, elle lave son linge à la main et évite de prendre l’autoroute. « De chez nous, c’est 100 euros le péage ! Avec l’essence, ça nous fait 400 euros l’aller-retour », déplore-t-elle.

    « On est attentifs à ce que le personnel fasse le maximum pour bien accueillir les clients qui ont économisé toute l’année pour partir en vacances, et donc on fait le maximum pour que ça se passe bien », avance Alys Bravay.

    Le camping accueille environ 60% de Français, majoritairement de la Région Paca et du Nord, et 40% d’étrangers, majoritairement hollandais et belges.

  • [Week-end] Estérel Caravaning à Saint-Raphaël, le camping version luxe

    [Week-end] Estérel Caravaning à Saint-Raphaël, le camping version luxe

    Ici, pas de danse des tongs. Encore moins lors des soirées blanches, tradition bimensuelle lors de laquelle les clients se parent de blanc pour assister à un show en grande pompe, au bord de la piscine. « Je n’ai jamais été invitée aux soirées d’Eddie Barclay, alors j’ai voulu faire pareil. Et en mieux, vous allez voir », parie Aurore Laroche, instigatrice de ces moments voluptueux. Surtout en cette soirée des 50 ans d’Esterel Caravaning, pour laquelle la directrice n’a pas lésiné sur les moyens afin d’offrir un spectacle digne d’un grand cabaret mêlant chant, danse, musique, dans une scénographie époustouflante, loin de l’idée qu’on se fait du camping.

    Un site « hors-norme »

    Dans la droite ligne de l’extravagance assumée de ce bout de femme de 58 ans aux cheveux courts blonds platine, robe de froufrous, énergie rotor et main de fer dans un gant de velours, qui passe entre les tables pour discuter avec chacun des convives, habitué ou nouveau venu. Son but : continuer à faire de l’établissement, créé par ses parents, Jean et Jacqueline, en 1976, « un camping hors norme ». Car dès son ouverture, il s’est distingué par un « concept avant-gardiste » : des salles de bain indépendantes sur les emplacements. Doté de 164 pour camping-car et caravane (pas de tente) et 331 mobile homes sur 12 hectares entre le massif de l’Estérel et la rade d’Agay, le camping n’a cessé de grandir. Ce « qui n’était qu’un espace de garrigue brute », retrace Aurore Laroche, compte désormais 298 000 plantes : « Je plante 10 000 plantes, arbres, fleurs par an, depuis 20 ans, par passion et pour compenser ma dépense carbone », annonce-t-elle. Et s’il offre des services classiques (supérette, piscine, terrains de pétanque, snack…), tout y est plus grand. Parc aquatique d’un hectare, restaurant semi-gastronomique, plage artificielle avec vue sur l’Estérel, terrains de padel, salle de squash, et un grand nombre d’activités entièrement gratuites. Et surtout, des emplacements et bungalows pour certains dotés de piscines et de spas, avec des prix grimpant jusqu’à 9 800 euros la semaine pour 12 personnes en pleine saison. « Mais il y en a pour tout le monde », assure Aurore Laroche : 805 euros pour un mobile home 2/3 personnes, 560 euros pour un emplacement standard. Laure et Stéphanie, plus habituées aux villas et aux hôtels, ont trouvé leur compte avec un mobile home agrémenté d’un spa : « C’est important d’être installé confortablement. Il y a toutes les infrastructures, la supérette, les animations pour enfants, dans un cadre magnifique », se réjouissent-elles. Mourad, Christine et leur fils Kamil, venus du Nord, sont des habitués. « Je suis venue ici pour la première fois en 1982 », raconte Christine, qui a vu le camping se transformer depuis. Installés au premier rang pour le spectacle, avec les autres fidèles, ils passent tous leurs étés ici, eux qui y sont propriétaires d’un mobile home : « La baie d’Agay et l’une des plus belles de la région, et ici, on a trouvé un esprit familial, de la convivialité, et un cercle d’amis qu’on revoit chaque année ». Au sein duquel on retrouve Claude et Florence, assis à la table d’à côté, originaires de l’Essonne, et qui viennent depuis 1993 dans « ce camping découvert par hasard. Maintenant, ce sont nos enfants qui y amènent les leurs, la tradition se perpétue ». Pour eux, le quotidien, c’est surtout la plage. « Et un peu la pétanque parce qu’ici, c’est facile de gagner », s’amuse Claude, en taquinant Kamil, annonçant la revanche du lendemain. Comme dans n’importe quel camping, finalement.

  • [Week-end] Au camping Arc-en-ciel à Aix, le pari de la simplicité

    [Week-end] Au camping Arc-en-ciel à Aix, le pari de la simplicité

    Dans un monde de camping ou chalets, mobile homes et gestionnaires, dessinent peu à peu le paysage des vacances en plein air ici, on arrive en plantant les piquets de sa tente dans les sols, ou sa caravane, devant laquelle on détend les stores banne, au-dessus d’une table en plastique posée pour le mois. Au Camping Arc-en-ciel, « ce qu’on a gardé, c’est l’authenticité du camping, comme il a commencé dans les années 1950 », résume Cécile. Ici, cinquante-cinq terrains nus composent ce lieu de vacances familial, dont la gérance est passée de génération en génération. Avant elle, sa mère, Corinne, toujours occupée à la maintenance dans les allées du camping, en était à la tête.

    Pour Cécile : « On résiste, en quelque sorte. » Notamment aux spéculations de promoteurs, gourmands d’un terrain situé aux portes de la ville : le centre, est accessible à pied. Derrière le bureau de l’accueil, l’actuelle gérante des lieux jongle entre accueil, administration, réservations par téléphone. « Je travaille encore un peu à l’ancienne, je n’ai pas de centrale de réservation, j’ai mon site internet et les gens me font leur demande par mail. Obligé. J’ai un camping atypique, avec des coins des recoins, des emplacements qui ne sont pas de la même superficie… »

    « On se charge de tout »

    La saison a démarré dès la mi-mai. Au mois de juillet, les journées battent déjà leur plein, démarrées à sept heures, pour Cécile, et sans horaire de fin. Il faut répondre aux diverses demandes, accueillir, gérer les « imprévus ». « Qui ne sont pas toujours mauvais ! Comme on est un camping familial, on est donc régulièrement invités à manger, boire l’apéro… C’est du relationnel, ça fait partie du travail », précise-t-elle.

    Pour preuve, à l’accueil, des photos de vacanciers fidèles
     « on n’a quasiment que ça » – trônent de partout. Certaines, abîmées par le temps, capturent les années 1960, 1970. Idem, dans la salle des fêtes ouverte aux jeunes « pour qu’ils puissent faire la fête », indique Corinne qui, entre deux tâches, désignera plusieurs tuiles accrochées au mur, peintes par des habitués. Parmi les centaines d’anecdotes que racontent mère et fille – sur chacun des vacanciers croisés, sur les lieux – il y a ce pont des Trois Sautets, qui enjambe le fleuve de l’Arc et fait le lien entre les communes de Meyreuil et d’Aix. « Quand mon père a racheté dans les années 1950, il a eu l’honneur de recevoir Churchill, qui était un peintre magnifique. Il venait là, il mettait sa voiture à gauche… », pointe Corinne. « À la fin de sa vie, il avait suivi les pas de Cézanne. Il est venu deux années de suite ici », complète Cécile. Le temps d’un tour du camping, on prend des nouvelles de l’un, on s’arrête boire un verre chez cette famille… Ce qu’elles préfèrent dans cette vie-là ? « Le contact avec les gens », répond, sans hésiter, Corinne. « Sinon, on prendrait du personnel ! C’est un challenge avec chaque client », poursuit Cécile. Qui, malgré, l’aspect bon enfant des vacances, rappelle : c’est « du travail toute l’année », pointe la gérante, qui ouvre les portes d’un atelier dont les murs sont emplis d’outils de jardinage, de mécanique… Les mois de fermeture sont, entre autres, rythmés de journées entières dédiées à l’administratif, toujours plus exigeant. Un salarié à l’année les aide. « Autrement, on se charge de tout. »

  • [C’est l’été] Le camping de Bottaï à Port-de-Bouc, le paradis c’est les autres

    [C’est l’été] Le camping de Bottaï à Port-de-Bouc, le paradis c’est les autres

    L’atout charme du lieu ? Selon les campeurs, pas de doute, c’est Georges. « C’est lui qui me plaît le plus dans le camping », lâche Davy, aussi rigolard que sincère, qui vient chaque année de Metz avec sa famille pour passer la saison estivale à Port-de-Bouc. Le Mosellan a beau apprécier son rythme de vie ici, entre la pêche au petit matin, les allers-retours dans l’eau pour se rafraîchir au cours de la journée, l’apéro et la pétanque en fin d’après-midi, « c’est Georges qui fait l’ambiance. S’il était pas là, je suis pas sûr que je viendrais ».

    La chaleur humaine

    Georges, c’est le gardien du camping qui donne des surnoms à chacun des vacanciers. Sa maison, qui se situe juste derrière le portail, en face de l’accueil, regorge de références à Johnny Halliday. Deux panneaux de bois indiquent les hôtels dans lesquels le Taulier séjournait lors de ses virées aux États-Unis. Une silhouette en carton du chanteur franco-belge trône sur la terrasse en bois. Pas étonnant que les vacanciers appellent Georges « Georges Hallyday ». « Tous les matins, je me lève et je chante du Johnny en me baladant dans le camping », confie le gardien.

    Trente ans qu’il travaille là, alors il connaît les habitués qui occupent la plupart des 75 emplacements comme s’ils faisaient partie de sa propre famille. À l’entrée, Josette et Serge ont monté leur campement au même endroit que chaque année. Les deux retraités se sont rencontrés à Bottaï dans leur jeunesse. Depuis 1978, les Gardannais quittent leur logement pour venir à Port-de-Bouc chaque été. « On est là de mai à septembre, révèlent-ils. C’est pas loin mais on se sent vraiment en vacances, c’est le vrai camping à l’ancienne, familial, à taille humaine. On se côtoie, on joue aux boules, on prend l’apéro… C’est pas comme les grands campings avec des toboggans immenses où vous croisez les gens sans les fréquenter, où on se dit à peine bonjour, où on se connaît pas. Ici on est tous amis et on aime être ensemble. » De nombreux habitués de Bottaï ont déjà « essayé les grandes structures », mais ils manquent vite de « chaleur humaine ». « Et de Georges », plaisante le gardien.

    Pour les Ferrero, dont la tente jouxte celle de Josette et de Serge, les vacances sont plus un état d’esprit qu’un changement d’environnement. Preuve en est : ils viennent tous de Port-de-Bouc. « Quand ils envoient une carte postale à leurs proches ils vont directement la poster à pied, ça va vite », sourit Georges. « Ça change de notre HLM, c’est notre deuxième maison ici, on a nos habitudes », glisse la mère de famille, surnommée Dolorès de la Frange par le gardien. « Comme Parisot de Camping Paradis. » Une référence locale, elle aussi !

  • [Week-end] Le camping Santa Gusta à La Ciotat, l’esprit camping, tous les étés

    [Week-end] Le camping Santa Gusta à La Ciotat, l’esprit camping, tous les étés

    Loin des polices minimalistes en vogue, l’enseigne du Santa Gusta porte les marques de son histoire. Installé sur la route de Toulon, reliant les communes de Saint-Cyr-sur-Mer et de La Ciotat, c’est dans un style cursif rétro que le camping vend son nom, vieux de plusieurs dizaines d’années. Nichés derrière une station-service abandonnée en bord de départementale, les lieux passent sans doute inaperçus aux yeux de nombreux passants qui, faute de s’être aventurés au-delà de la réception, ne découvriront jamais le splendide panorama qu’elle dissimule.

    Aux alentours de 13h30, le 14 juillet, la première esplanade du campement, construit en restanques, jouit de ce calme si propre à l’été provençal, bercé par l’assourdissant chant des cigales. Çà et là sont établies quelques caravanes, pour beaucoup portes closes, probables témoins d’une virée à la plage de leurs propriétaires. D’autres, peut-être influencés par les températures caniculaires, ont opté pour la sieste, tanqués sur leur transat placé sous les pins. Face à eux : une vue imprenable sur la baie de La Ciotat, aussi appelée Golfe d’Amour. Un peu plus bas, presque sur la plage, un couple déjeune sur son emplacement, observant les passants en balade sur la Corniche d’Arène-Cros.

    Port d’attache

    À quelques mètres, Roland s’affaire sur sa terrasse suréquipée : table en bois, chaise de salon de jardin, lavabo, transats en tout genre. Sa femme, qui n’a pas souhaité donner son prénom, est installée devant leur roulotte qui, dépourvue de roues, prend désormais des airs de mobil-home. « On vient ici depuis 1978 ! », s’exclame-t-il, comme une évidence. Lui et sa compagne sont en réalité des résidents de longue date. Originaires d’Aubagne, ils viennent chaque été passer leurs vacances en bord de mer. Autrefois présents de mai à octobre, ils séjournent désormais de juillet à la mi-septembre. « On est très attachés aux lieux. Notre fille a grandi ici, notre petit-fils vient aussi souvent nous rendre visite, s’émeut l’Aubagnais. C’est vrai que les choses ont quand même bien changé. Avant, c’était vraiment comme un quartier où tous les jeunes, et les vieux, se retrouvaient chaque été. Il y avait un esprit de bande. Aujourd’hui, il y a plus de touristes. Le campement est plus calme. Après, nous avons aussi évolué : on se couche moins tard, on fait moins la fête… »

    Pourtant, les allées du camping regorgent encore de quelques résidents permanents, ou au moins réguliers. En retrait du front d’eau, on trouve Jennyfer, attablée dans ce que l’on pourrait presque qualifier de petit jardin. « Bien sûr » qu’elle connaît Roland, « très bien même ». « Ça fait 32 ans que je le fréquente ! », ironise-t-elle. Installée à Marseille le reste de l’année, elle revient chaque été passer deux mois au Santa Gusta, ponctuellement accompagnée de ses enfants ou de ses amis. Ce qui lui plaît au camping : « Le calme, la tranquillité, la proximité avec la mer. » Mais aussi, bien sûr, « le fait d’avoir de bons voisins, car c’est ça, avant tout, l’esprit camping ».

    Un esprit également cher aux cœurs de Ginette, Simone et Marc, ce mardi-là postés ensemble sur la terrasse d‘un bungalow. « On profite du beau temps, de la plus belle baie du monde, mais aussi des amis qu’on s’est faits ici », s’enthousiasme Marc, originaire de Bordeaux, avant qu’un passant, Irek, lui venu des Ardennes, l’interrompe pour prendre de ses nouvelles, comme chaque année. L’an prochain encore, ils seront au rendez-vous.

  • [Occitanie] Au mois de juin, la chaleur a refroidi les visiteurs

    [Occitanie] Au mois de juin, la chaleur a refroidi les visiteurs

    Annulations, réservations tardives, reports de séjours… La canicule historique et précoce du mois de juin a bien affecté le secteur touristique en Occitanie. C’est ce que démontre la note de conjoncture touristique publiée le 10 juillet par l’Agence d’attractivité et de développement d’Occitanie (AD’OCC). Le document met en lumière plusieurs tendances qui peuvent se résumer par un chiffre marquant : 55% des professionnels de la région ont eu la perception d’une activité touristique « dégradée » au mois de juin. Seuls 45% l’ont jugée « satisfaisante », soit un net retrait de 16 points par rapport à juin 2025. Il s’agit d’un des plus bas niveaux enregistrés depuis deux ans.

    Il faut dire que juin 2026 a été touché par un épisode caniculaire d’exception, le hissant au rang de mois le plus chaud jamais enregistré en France (+3,8 °C par rapport à la normale), avec une canicule précoce, durable et particulièrement intense, du 17 au 30 juin. À cette période, l’Occitanie figurait alors parmi les régions les plus exposées, avec des anomalies atteignant +6 à +8 °C sur l’intérieur des terres, et 8 nuits tropicales consécutives relevées à Toulouse à partir du 20 juin. Difficilement supportables, ces températures extrêmes ont impacté l’ensemble du secteur touristique avec trois conséquences principales : des annulations de séjours, une baisse de la fréquentation (notamment sur les activités et la restauration) et même quelques fermetures partielles pour les établissements non adaptés.

    « La canicule a impacté fortement l’activité de ce mois de juin et l’annonce d’une nouvelle vague de chaleur à la suite a entraîné des annulations de séjours pour le mois de juillet », rapporte ainsi un exploitant de camping en zone rurale, interrogé par l’Agence AD’OCC. Un avis partagé également du côté du littoral, où un professionnel des activités de loisirs constate lui aussi une conjoncture très difficile, « avec pas mal d’annulations de groupes dues au prix du carburant et à la canicule ».

    Un contexte particulier

    La modification des comportements au mois de juin en Occitanie ne s’explique toutefois pas uniquement par les fortes chaleurs. Les professionnels du secteur identifient deux autres facteurs complémentaires, à savoir la hausse des prix du carburant et la baisse du pouvoir d’achat des Français. « Les réservations avaient bien démarré en début d’année, et ça s’est complètement effondré à la suite du conflit [au Moyen Orient, Ndlr.] et de l’augmentation exponentielle des carburants », constatait ainsi le propriétaire d’un gîte rural au mois de juin.

    Il faut aussi noter que le calendrier était également moins favorable que celui de 2025, puisque le week-end de Pentecôte, qui s’était déroulé les 8 et 9 juin l’année dernière, a basculé cette année au mois de mai. C’est ce qui explique qu’en juin 2026, toutes clientèles et tous modes d’hébergement confondus, la fréquentation touristique en Occitanie a légèrement reculé par rapport à juin 2025 en termes de nuitées touristiques. Cependant, à l’échelle de la période mai-juin, la fréquentation touristique de la région demeurerait globalement stable.

    Dans le détail, après un mois de mai positif pour le secteur des hébergements locatifs en plateforme, avec une progression des nuits réservées de 6% par rapport à 2025, la fréquentation enregistrée en juin a nettement fléchi, avec des réservations en baisse de 10% par rapport à l’an dernier. L’activité des hôteliers semble avoir mieux résisté que les autres, avec un taux de satisfaction de 57%, tandis que les campings affichent le niveau le plus bas du secteur (seuls 39% de satisfaits). Les perspectives de réservation pour les mois suivants restent également orientées à la baisse. Ainsi, la part des professionnels qui jugent leur niveau des réservations « encourageant » est en net retrait par rapport à 2025 pour les mois de juillet (44% ;
    -11 points), d’août (48% ;
    -12 points) et septembre (36% ; -10 points). La part des avis les plus inquiets, soit « pas du tout encourageant », s’approche quant à elle des 20%.

    Si le bilan AD’OCC de l’activité touristique du mois de juillet ne sera publié qu’au début du mois d’août, tout porte à croire que les craintes des professionnels étaient fondées et que ces tendances pourraient être confirmées par les vagues de chaleur successives du mois de juillet. En attendant, au-delà de l’inquiétude, ces tendances rendent l’activité des professionnels plus difficile à organiser et à anticiper.

  • [Un été au camping] On plante ses sardines à l’auberge de Bois Luzy à Marseille

    [Un été au camping] On plante ses sardines à l’auberge de Bois Luzy à Marseille

    Nichée sur la colline de Saint-Barnabé, l’Auberge de jeunesse du Château Bois Luzy, dispose, en plus d’une centaine de places dans ses 18 dortoirs, de 20 emplacements pour tentes, et depuis les JO, de trois pour les camping-cars, au pied d’un château chargé d’histoire. On y vient, en groupe, entre amis ou en solo, pour une question de budget. Et on y revient pour « le cadre idyllique et l’accueil extrêmement chaleureux » assurent les amis de l’ovalie toulousains. « On doit un grand merci à la directrice, avoue Jérôme, je suis une quiche avec internet et au lieu de réserver une chambre pour six, j’avais cliqué sur quatre places en tentes non équipées ». Mais Fouzia Sujet, rodée depuis des années à l’accueil des Auberges de Jeunesse de Strasbourg à Marseille, n’est pas du genre à tomber le sourire devant le désarroi de la petite bande. « On trouve toujours une solution en cas d’urgence. On peut aller jusqu’à 30 emplacements de tentes pour deux à trois personnes, on a 15 tentes équipées. D’ailleurs ici, on met tous la main à la pâte ». Direction comprise.

    Aux manœuvres de ce superbe domaine depuis deux ans et demi, Fouzia met un point d’honneur à perpétuer « l’esprit de culture populaire des Auberges », épaulée par Eryne et une équipe de huit saisonniers fidèles au poste. De mars à octobre, Julien, Laurène et Marijn accueillent avec bienveillance, Kader, Lusine et Odette sont aux petits oignons pour les hôtes, quand Marie prépare les petits-déjeuners et Nabil et Alla veillent sur leur sommeil. Bientôt, « un miel de nos ruches s’étalera sur les tartines », annonce Fouzia devant une pancarte qui prévient de la présence de nouvelles reines installées au milieu des essences de la colline.

    Ouvert au quartier

    Sur la terrasse les hébergés débarrassent les tables des dernières reliques de leur repas. Les cuisines, la laverie, les sanitaires et la bibliothèque du château sont à disposition. Et, le mascaron aux armoiries du comte, les mosaïques du patio, les peintures des boiseries ou la ferronnerie des rampes d’escaliers, le site éveille l’intérêt patrimonial.

    Le camping, version vie de château « c’est plus sympa que l’hôtel, plus détendu, plus convivial. Hier, on a passé la soirée avec des gens de Clermont-Ferrand » s’enthousiasme Jérôme. C’est encore une manière pour des voyageurs venus de tous pays de rencontrer des Marseillais : « Fouzia ouvre les portes, pour des fêtes, des vide-greniers, du théâtre, des concerts, des cours de pilate… on est chez nous, ici » plébiscite Joëlle Rousson, enseignante retraitée, membre de l’Association Loisirs Bois Luzy. Sur le parking, un cycliste remonte en selle pour s’engager sur la piste. Pour les plus sportifs les plateaux de handball, football et volleyball mitoyens complètent ce tableau dont la seule ombre tient à une offre « peuchère » de transports en commun de la Métropole, déplore Joëlle.

    Tarifs en tente à partir de

    32,50 euros par jour pour une personne, 40 pour deux, petit-déjeuner inclus.