L’hôpital de Gap ambassadeur du don d’organes

« Parlez du don d’organes ! », voilà le mot d’ordre du nouveau partenariat entre l’Hôpital de Gap et l’association pour le don d’organes et de tissus (ADOT). À l’occasion de la journée nationale de prévention pour le don d’organe, l’établissement hospitalier est devenu « ambassadeur du don d’organes », statut inauguré par un panneau à l’entrée de la structure.

« Cela montre que la ville et l’hôpital de Gap ont une culture du don. C’est une ville où des actions sont menées pour parler de don d’organes, pour que les gens parlent entre eux et qu’en cas de situation difficile, ce soit quelque chose de déjà réfléchi, qu’on ne soit pas pris de court et qu’on soit moins en détresse sur cette question-là », explique Marion Berthé, médecin en anesthésiologie-réanimation à Gap.

Une augmentation

des refus

Les lois bioéthiques de 2004 établissent une présomption de donation, chaque personne est présumée donneuse tant qu’elle ne s’est pas prononcée contre. « La loi se voulait généreuse, elle dit que celui qui ne fait pas connaître son refus sur le régime des refus est prélevable. Mais, ainsi, beaucoup de gens pensent qu’il n’y a pas besoin de motiver leur volonté d’être prélevable, explique René Vallarino, président de l’ADOT 05. Sauf que l’on oublie que la loi dit qu’avant d’être prélevé, les médecins doivent consulter la famille pour savoir si l’intéressé n’était pas contre. Dans 99% des cas, elle n’en sait rien ! La famille est tellement sous le choc des morts violentes, qu’elle préfère, dans le doute, dire non. »

Chaque personne peut manifester sa volonté de donner ou non en cas de décès, en le disant à ses proches ou en laissant une preuve écrite. La pédagogie et le dialogue au sein des familles et des groupes d’amis sont essentiels pour que chaque choix puisse se faire de façon éclairée, et d’éviter ainsi les « refus par défaut », qui se multiplient. René Vallarino rapporte que le taux de refus au don d’organe est monté à 37% en 2025, contre 28% en 2020. « Une hausse aussi due à une défiance qui a augmenté avec le Covid », reconnaît Marion Berthé. Face à cela, la visibilisation et la prévention restent le meilleur outil des soignants pour faire avancer la cause, essentielle pour sauver des vies. On estime qu’un seul donneur peut sauver jusqu’à sept patients en attente de greffe.

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