« Cette rétrospective est la première d’envergure qui lui est consacrée dans notre pays depuis 1978 au Musée national d’art moderne », annonce le musée alésien Paul-André Benoit à Alès. Une rétrospective qui plonge les visiteurs dans l’univers du créateur géorgien Ilia Zdanevitch, dit Iliazd, qui oscille entre la typographie et la poésie.
« L’exposition retrace son parcours singulier, depuis ses expérimentations futuristes en zaoum – langage transrationnel destiné à une lecture chorale – jusqu’à sa réappropriation magistrale du sonnet, forme classique qu’il a renouvelée avec une audace et une complexité sans précédent », précise le musée.
Une approche artistique incomparable
L’artiste définit le zaoum comme « un langage composé de mots démunis de sens, dans lesquels on ne peut trouver que des sons, et, à peine visibles, des traces de racines verbales », un langage « transrationnel » qui se base plus sur la sonorité et l’émotion que sur le sens littéral des mots. Ces œuvres qualifiées d’« indissociables des soubresauts politiques et artistiques du XXe siècle » par les programmateurs de cette exposition, mettent en avant non seulement des mots mais également des formes artistiques, créant ainsi des ponts entre les mouvements futuristes russes, Dada et les cercles artistiques parisiens.
Cette exposition est l’occasion de se plonger dans la réflexion de ce créateur aux multiples facettes, typographe, poète, romancier, mais aussi archéologue et byzantinologue, qui a collaboré avec de grands noms de l’art moderne comme Max Ernst, Alberto Giacometti, Henri Matisse ou encore Pablo Picasso. Il est rappelé que « l’exposition met en lumière son génie de « l’art de la lettre et de la page » aux éditions du Degré 41 (41°) », une maison dont il a été l’unique maître d’œuvre et qu’il a dirigée toute sa vie.

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