Les infirmiers libéraux sont la dernière profession médicale à se rendre tous les jours à domicile chez leurs patients. Face à la flambée des prix du carburant, la Fédération Nationale des Infirmiers du Gard (FNI 30) a donc annoncé le 15 avril se donner la possibilité de ne plus prendre en charge de nouveaux patients, tout en assurant la continuité des soins, si aucune mesure n’est prise pour compenser la crise. « Les tarifs des infirmiers sont conventionnés, donc contrairement aux autres professions libérales, nous ne pouvons pas jouer sur les prix pour compenser la hausse des coûts liés au carburant, explique Matthieu Reynet, président de la FNI 30. Ainsi, sur des zones avec de gros écarts de kilométrages entre les patients, les cabinets risquent de devoir calculer le coût du déplacement selon le soin, et certains patients pourraient alors se retrouver avec des refus de prise en charge. C’est la raison pour laquelle nous nous mobilisons pour alerter sur cette urgence. » Selon l’infirmier, le surcoût lié à cette augmentation des prix du carburant serait d’environ 15 euros par jour de travail, ce qui représente en moyenne entre 150 et 200 euros par mois.
Ce que la FNI réclame, ce sont des mesures spécifiques en cas de crise, comme une exonération partielle ou totale des taxes sur le carburant pour surpasser l’augmentation des prix. « Si cette part de charge continue d’augmenter, nous serons obligés de faire des choix, se désole Matthieu Reynet. Nous ne sommes plus au temps de bonnes sœurs. » Le 21 avril, le gouvernement a tout de même annoncé une aide de 20 centimes par litre de carburant pour les « travailleurs modestes » dits « gros rouleurs », soit une aide soumise à des conditions de revenus et de kilométrage.

Leave a Reply