Tag: Infirmiers libéraux

  • Les infirmiers libéraux veulent de la rentabilité

    Les infirmiers libéraux veulent de la rentabilité

    En marge de son assemblée générale mardi dernier, le Sniil 83 tenait une réunion publique pour aborder le dossier chaud du moment : celui de l’avenant 11, destiné à créer le statut d’infirmier référent, mentionné dans le dossier médical du patient au même titre qu’un médecin traitant. Une avancée « qui paraît minime sur le papier, mais qui est importante car ça va permettre de valoriser la position de l’infirmier et faciliter l’échange d’informations avec les pharmaciens, les médecins, les familles… C’est l’infirmier qui fait le lien avec tout le monde, mais ce n’était écrit nulle part » explique Lazhar Abdelaziz, infirmier libéral à La Seyne et vice-président du Sniil 83.

    Trop peu de moyens pour la prise en charge

    des patients dépendants

    Un progrès qui en amène d’autres, notamment l’accès aux pansements simples (hors chirurgie) pour les infirmiers à partir de 2027 (qui pourront désormais les prescrire eux-mêmes, sans avoir besoin de l’aval d’un médecin) et la revalorisation des AMI (actes techniques hors cadre de la dépendance, tels que les prises de sang, les vaccinations, les pansements…) et AMX (actes techniques dans le cadre de la dépendance, comme les injections d’insuline, ponction, surveillance…) de 3,15 à 3,35 euros à partir de novembre, avant de passer à 3,45 euros un an plus tard.

    Pour Lazhar Abdelaziz, et en dépit d’une légère augmentation du forfait déplacement en 2025 (de 2,50 à 2,75 euros), « cela reste insuffisant en cette période d’inflation ». D’autant plus dans le cas des patients sujets à la dépendance, sujets au Bilan de soins infirmiers (BSI), un forfait décomposé en trois niveaux selon l’importance de la dépendance (BSA, BSB, BSC), et dont seul le dernier échelon a été revalorisé (de 28,70 à 31,80 euros). « C’est un forfait unique journalier, que vous fassiez deux, trois ou quatre déplacements, et peu importe le temps passé sur place, on touche la même chose », dénonce le vice-président de la Sniil, qui rappelle par ailleurs que « ce sont des montants bruts soumis de 46 à 52% de charges. C’est peu rentable au point que certains infirmiers ne veulent plus faire ces prises en charge. » Et conclut, en promettant des mobilisations si la situation ne s’améliorait pas : « On se sent extrêmement isolé. Les applaudissements à 20h nous ont fait chaud au cœur mais n’ont pas arrangé notre quotidien. »

  • Prix des carburants : les infirmiers libéraux alertent

    Prix des carburants : les infirmiers libéraux alertent

    Les infirmiers libéraux sont la dernière profession médicale à se rendre tous les jours à domicile chez leurs patients. Face à la flambée des prix du carburant, la Fédération Nationale des Infirmiers du Gard (FNI 30) a donc annoncé le 15 avril se donner la possibilité de ne plus prendre en charge de nouveaux patients, tout en assurant la continuité des soins, si aucune mesure n’est prise pour compenser la crise. « Les tarifs des infirmiers sont conventionnés, donc contrairement aux autres professions libérales, nous ne pouvons pas jouer sur les prix pour compenser la hausse des coûts liés au carburant, explique Matthieu Reynet, président de la FNI 30. Ainsi, sur des zones avec de gros écarts de kilométrages entre les patients, les cabinets risquent de devoir calculer le coût du déplacement selon le soin, et certains patients pourraient alors se retrouver avec des refus de prise en charge. C’est la raison pour laquelle nous nous mobilisons pour alerter sur cette urgence. » Selon l’infirmier, le surcoût lié à cette augmentation des prix du carburant serait d’environ 15 euros par jour de travail, ce qui représente en moyenne entre 150 et 200 euros par mois.

    Ce que la FNI réclame, ce sont des mesures spécifiques en cas de crise, comme une exonération partielle ou totale des taxes sur le carburant pour surpasser l’augmentation des prix. « Si cette part de charge continue d’augmenter, nous serons obligés de faire des choix, se désole Matthieu Reynet. Nous ne sommes plus au temps de bonnes sœurs. » Le 21 avril, le gouvernement a tout de même annoncé une aide de 20 centimes par litre de carburant pour les « travailleurs modestes » dits « gros rouleurs », soit une aide soumise à des conditions de revenus et de kilométrage.