Tag: taxes

  • L’agglomération mise sur le recyclage avec les points d’apport volontaire

    L’agglomération mise sur le recyclage avec les points d’apport volontaire

    Dans les onze communes où les points d’apport volontaire ont été déployés, on constate une augmentation considérable du tri et une baisse des ordures ménagères », se félicite Vincent Allevard, vice-président de l’agglomération DLVA en charge notamment de la gestion des déchets. « Nos ordures ménagères sont enfouies à Valensole, ce qui nous coûte extrêmement cher », a expliqué le premier adjoint au maire d’Oraison (Ren.), alors que huit nouveaux points d’apport volontaire étaient en train d’être installés par un grand camion équipé d’une grue embarquée à La Brillanne mardi matin.

    « On a fait des autopsies de poubelles, et on a remarqué que 70% des ordures ménagères pouvaient être triées », a souligné le vice-président de l’agglomération rassemblant 25 communes, parmi lesquelles Valensole, Manosque ou encore Esparron-de-Verdon. Il a insisté sur l’importance de « passer à une taxe d’enlèvement des ordures ménagères incitative », qui permette de « faire payer ceux qui ne trient pas ». Il a également mis en avant le fait que le passage à ces points d’apport volontaire nécessiterait moins d’agents pour la collecte, en l’occurrence « un seul agent au lieu de trois ». Ces travailleurs pourraient ainsi « être répartis sur d’autres missions ».

    « Cela initie un changement pour les personnes qui ne triaient pas, et, pour celles qui trient, c’est plus simple, plus pratique », a affirmé Alice Beckert, directrice environnement à la DLVA. Ces points d’apport sont pour l’instant installés dans les plus petites communes de l’agglomération.

  • À Martigues, la majorité fait le choix de la résistance budgétaire

    À Martigues, la majorité fait le choix de la résistance budgétaire

    « Notre budget est fidèle aux engagements pour lesquels nous avons été élus, ce n’était pas des intentions », lance le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, à son opposition lors du conseil municipal du 30 avril.

    La séance budgétaire a été marquée par la présentation du budget primitif 2026 par le 1er adjoint (SE), Henri Cambessédès. Le projet affiche un équilibre à 192 millions d’euros de dépenses et de recettes, dont 161 millions dédiés au fonctionnement et 30 millions à l’investissement. Parmi les évolutions notables figurent une hausse de 2% des recettes de fonctionnement par rapport à 2025, ainsi qu’une « baisse de 19,3% des compensations de l’état pour les exonérations de taxes sur les locaux industriels », a précisé l’adjoint, soit un manque à gagner d’environ un million d’euros.

    Autre point abordé : la masse salariale, en augmentation de 1,92%. Celle-ci s’explique principalement par « la hausse des cotisations retraite d’1,13 million d’euros et la tenue des élections municipales, car on mobilise les personnels pour la démocratie », rapporte l’adjoint.

    C’est sur l’investissement que l’opposition a concentré ses remarques. 23 millions d’euros sont mobilisés. Principalement pour la reconstruction du pont de Lareraille, à Carro pour plus d’1 million d’euros, pour l’extension à 600 000 euros des locaux de la piste d’athlétisme au parc Julien-Olive, et pour la poursuite du programme de mise en accessibilité à 800 000 euros. Les écoles bénéficient également d’un million d’euros, destiné aux rénovations et à la création d’îlots de fraîcheur.

    Mais Jean-Luc Di Maria (DVD) n’est pas convaincu : « Les montants sont là et les annonces sont nombreuses, mais quel est le cap ? Cela fait 37 000 euros par établissement, mais pour rénover, mettre aux normes, ou déguiser de l’entretien en investissement ? » se demande l’élu. À l’extrême droite, le double discours d’Emmanuel Fouquart (RN), lui, relève « un bon budget éloigné de l’effet ciseau », mais pointe aussi « la baisse de l’investissement net, passé de 20 millions d’euros à 15 cette année ».

    « Subir ou résister »

    La réponse est unanime. « Le budget est fidèle à notre trajectoire politique », souligne l’adjoint Gilles Picard (PCF). « La fraîcheur des écoles montre notre volonté de justice sociale et environnementale », abonde l’adjoint. Saoussen Boussahel (PS) insiste sur le fait que « ce budget est élaboré dans un cadre contraint. Entre subir ou résister, nous avons choisi le service public fort, le bouclier martégal ».

    Le maire relève « un seul point d’accord » avec son opposition. « Oui, un budget traduit une vision et des choix politiques. Derrière les chiffres, la réalité : des écoles entretenues, modernisées, comme les équipements sportifs aussi rendus accessibles, des espaces publics entretenus et un service municipal présent au quotidien. Bref, tout ce qui contribue à l’amélioration de la qualité de vie », argumente l’édile. Le budget a été adopté sans les voix de l’opposition.

  • Prix des carburants : les infirmiers libéraux alertent

    Prix des carburants : les infirmiers libéraux alertent

    Les infirmiers libéraux sont la dernière profession médicale à se rendre tous les jours à domicile chez leurs patients. Face à la flambée des prix du carburant, la Fédération Nationale des Infirmiers du Gard (FNI 30) a donc annoncé le 15 avril se donner la possibilité de ne plus prendre en charge de nouveaux patients, tout en assurant la continuité des soins, si aucune mesure n’est prise pour compenser la crise. « Les tarifs des infirmiers sont conventionnés, donc contrairement aux autres professions libérales, nous ne pouvons pas jouer sur les prix pour compenser la hausse des coûts liés au carburant, explique Matthieu Reynet, président de la FNI 30. Ainsi, sur des zones avec de gros écarts de kilométrages entre les patients, les cabinets risquent de devoir calculer le coût du déplacement selon le soin, et certains patients pourraient alors se retrouver avec des refus de prise en charge. C’est la raison pour laquelle nous nous mobilisons pour alerter sur cette urgence. » Selon l’infirmier, le surcoût lié à cette augmentation des prix du carburant serait d’environ 15 euros par jour de travail, ce qui représente en moyenne entre 150 et 200 euros par mois.

    Ce que la FNI réclame, ce sont des mesures spécifiques en cas de crise, comme une exonération partielle ou totale des taxes sur le carburant pour surpasser l’augmentation des prix. « Si cette part de charge continue d’augmenter, nous serons obligés de faire des choix, se désole Matthieu Reynet. Nous ne sommes plus au temps de bonnes sœurs. » Le 21 avril, le gouvernement a tout de même annoncé une aide de 20 centimes par litre de carburant pour les « travailleurs modestes » dits « gros rouleurs », soit une aide soumise à des conditions de revenus et de kilométrage.

  • Une année encore riche pour la douane régionale

    Une année encore riche pour la douane régionale

    « L’année 2025 a été chargée, 2026 le sera tout autant », a promis, ce jeudi 26 mars, Michael Lachaux, directeur régional des douanes de Marseille, à l’occasion du bilan de ses services. Si ses 402 agents n’ont pas chômé, c’est d’abord parce que le département est un vaste hub économique, explique-t-il, avec une activité soutenue dans les Bouches-du-Rhône, 18 milliards d’euros d’exportations et 36 milliards d’importations. Pas moins de 979 312 déclarations ont été effectuées en 2025, soit -3,4% par rapport à 2024. Pas une baisse, mais une « régulation technique », précise Michael Lachaux.

    Tandis que les crises « s’additionnent », constate-t-il, entre guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient et hausse des droits de douane américains quand les États-Unis sont la première destination hors-UE pour les entreprises locales, la douane « les accompagne pour utiliser au mieux la réglementation et en faire une arme », explique-t-il.

    Dédouaner en 5 mn chrono

    Faciliter et contrôler étant ses deux principales missions, le délai d’immobilisation des marchandises ne dépasse pas les 126 secondes et 96,6% d’entre elles sont dédouanées en moins de 5 minutes. Pour ceux qui ne jouent pas le jeu, 6 millions d’euros de droits et taxes ont été redressés en 2025, directement dans l’escarcelle de l’État.

    Autre mission, la protection du consommateur. Étalé ce jour-là dans les locaux du Port center, un aperçu des saisies : un mur de paquets de cigarettes, des jouets, des maillots de l’OM, de faux sacs et parfums, du viagra qui n’en a que le nom et autres miels aphrodisiaques.

    De la figue pleine de champignon cancérigène au four à pizza qui prend feu, en passant par les poussettes pour bébés qui tranchent les doigts, quelque 936 tonnes de produits alimentaires dangereux ont été refusés à l’import. Au total, 3 292 000 articles non conformes (+328%) ont été interceptés avant leur arrivée sur le marché européen et français.

    Côté stupéfiant, « on dépasse la tonne, c’est une année record, une augmentation de plus de 30% », se félicite Michael Lachaux. Dont 189 kg de cocaïne (+37% par rapport à 2024), 808 kg de cannabis (+194%) et 19 kg de drogue de synthèse. « C’est tous les ans plus », s’inquiète-t-il, pointant un « développement extrêmement rapide et inquiétant » de ces dernières, « notamment les amphétamines et l’ecstasy, que nous retrouvons de plus en plus dans les flux postaux ou dans les vecteurs routiers ».

    Sur le trafic de tabac, une des priorités des douanes, avec 10,5 tonnes saisies en 2025, « les Bouches-du-Rhône restent sur la même tendance haussière », ajoute le directeur régional. En coordination avec la préfecture de police, deux fois plus de contrôles d’épiceries, bars à chicha et autres ont été menés, aboutissant à 48 fermetures administratives.

    Un camion scan tout neuf

    « Nous sommes la première brigade de France à l’avoir. » Une cellule de 13 agents utilise au quotidien ce nouvel outil sur le port : un scanner embarqué à bord d’un petit camion, qui permet de lire à travers les parois des conteneurs que viendra admirer, ce vendredi, David Amiel, ministre des Comptes publics.

    L’équivalent d’une « radio chez le médecin » à rayons X, que les douaniers ont appris à décrypter, précise une agente, de quoi « fluidifier significativement les contrôles ».

  • à La Penne-sur-Huveaune, le maire, mis en examen, se porte candidat

    à La Penne-sur-Huveaune, le maire, mis en examen, se porte candidat

    Parce que la continuité est nécessaire pour consolider le travail accompli et parce que l’intérêt collectif doit continuer à primer, j’ai décidé de me présenter aux prochaines élections municipales », écrit, sur Facebook, Nicolas Bazzucchi.

    « Une affaire d’ordre strictement individuel »

    La décision du Pennois de 32 ans, « élu depuis l’âge de 18 ans », intervient près d’un an après sa mise en examen pour « viol sur conjoint ou ex-conjoint au préjudice de deux anciennes compagnes », mais aussi « violences habituelles » et « enregistrement d’images présentant un caractère sexuel sans consentement ».

    Nicolas Bazzucchi, présumé innocent, évoque sur Facebook « une affaire d’ordre strictement individuel ».

    Interpellé à son domicile le 16 décembre 2024, en détention provisoire jusqu’en février 2025, le maire a eu interdiction de paraître sur la commune jusqu’au 8 septembre dernier. La vie de la municipalité en a été fortement perturbée : démission de douze conseillers municipaux, départ d’agents, et, pour finir, la décision du préfet d’augmenter de près de 30% la taxe foncière.

    Dans sa déclaration de candidature, le maire précise que, le 19 janvier dernier, il a fait adopter une « baisse des impôts de 3,2 millions d’euros », de quoi rembourser « de manière intégrale l’effort qui n’aurait jamais dû être demandé aux Pennoises et Pennois ».

  • [Entretien] Gabriel Zucman : « Ce que je propose, c’est une taxe sans échappatoire »

    [Entretien] Gabriel Zucman : « Ce que je propose, c’est une taxe sans échappatoire »

    La Marseillaise : Quel message délivrez-vous pour cette conférence aixoise ?

    Gabriel Zucman : Je donne une série de conférences à travers la France pour parler de mon livre Les milliardaires ne paient pas d’impôt sur le revenu et nous allons y mettre fin avec deux objectifs. Le premier, c’est de permettre une appropriation citoyenne des savoirs. C’est-à-dire de permettre à tout le monde de s’approprier les connaissances qui ont été établies, ces dernières années, sur le montant réel d’impôts payés par les plus grandes fortunes du pays. C’est une question sur laquelle il y a beaucoup d’opacité, il n’y a pas de statistiques publiques sur ces sujets. Mais, cette opacité, elle a commencé à être dissipée très récemment. Ce sont de nouveaux travaux de recherche qui ont été menés depuis 3-4 ans, dont je rends compte dans le livre. Le deuxième objectif, c’est de permettre à tout le monde de s’armer intellectuellement pour les débats sur l’impôt plancher que je défends, qui ne font que commencer. Certes, il y a eu un vote négatif à l’Assemblée nationale en octobre, mais la proposition va revenir très vite dans le débat : on a des problèmes très lourds de finances publiques, donc on a besoin de recettes fiscales. Donc dès 2026, on va en reparler. Et si ce n’est pas adopté en 2026, ce sera un enjeu majeur de l’élection présidentielle de 2027. Donc, je veux permettre à tous les citoyens de se faire leur propre avis et de connaître les arguments, les contre-arguments et de s’armer pour ce débat.

    Avez-vous le sentiment qu’entre les discours autour de la dette qui justifient l’austérité et votre proposition de taxe, les lignes bougent sur la fiscalité des plus riches ?

    G.Z. : Oui, je pense que le débat en matière fiscale, le débat sur la question de l’imposition des très grandes fortunes, est beaucoup mieux posé aujourd’hui qu’il y a encore six mois ou un an. Il y a beaucoup plus de gens qui comprennent l’anomalie que j’explique dans mon livre : les milliardaires ne paient quasiment pas d’impôts sur le revenu et qu’en conséquence, tout prélèvement obligatoire compris, ils paient deux fois moins que le Français moyen. Ça commence à être beaucoup mieux compris, connu. Ce n’était pas le cas encore il y a un an. Et puis surtout, qu’il y a une solution efficace et juste à ce problème qui consiste à créer un taux minimum, un plancher incompressible d’imposition pour les ménages ultra-riches, qui ont plus de 100 millions d’euros de patrimoine. C’est une idée assez nouvelle. Ce n’est pas du tout le retour de l’ISF (Impôt de solidarité sur la fortune), c’est l’inverse, ça n’a rien à voir. Ça touche beaucoup moins de gens. Il n’y a pas d’échappatoire, il n’y a pas de niche fiscale, etc. Cette proposition-là, elle commence à être connue aussi. Donc, il y a eu des gros progrès, dont je me félicite.

    Quel regard portez-vous sur la version « allégée » de votre taxe que porte actuellement le Parti socialiste ?

    G.Z. : La version light proposée par le PS était très problématique parce qu’elle venait répéter l’erreur principale qui avait miné l’ISF. L’ISF exonérait les mal nommés « biens professionnels ». C’est-à-dire que si vous possédiez plus de 25% du capital d’une entreprise, toutes ses actions étaient exonérées d’ISF. C’est ça qui faisait que les milliardaires ne payaient pas l’ISF. À la veille de son abolition en 2016, le taux effectif d’ISF pour les milliardaires, c’était 0,005%. Il y avait quand même une déroute, un échec dramatique en matière économique, budgétaire, qui s’agira de ne pas reproduire. Moi, dans mon travail de chercheur, j’essaie de tirer les leçons de cet échec pour produire autre chose précisément. Ce que je propose, c’est de créer un dispositif sans échappatoire. Dans la version light du PS, il y avait une exonération pour les gens qui possédaient plus de 50% de leur entreprise. Donc, si vous êtes très très gros, vous étiez exonérés de l’impôt plancher. Alors que le principe que je défends, fondamental, c’est celui de dire que si vous êtes immensément riche, vous devriez payer un minimum incompressible, sans exonération quelconque. Et on peut débattre [de la notion d’immense richesse Ndlr] : est-ce que c’est 100 millions, 200 millions, 50 millions, à la rigueur…

    Vous dites, dans « L’Humanité », que votre taxe est un « minimum syndical ». Est-ce qu’on ne doit pas aller plus loin ?

    G.Z. : C‘est le minimum syndical au sens où 2%, c’est le taux qui permettrait de s’assurer que tout prélèvement obligatoire compris, les milliardaires ne payent pas moins que le Français moyen. Donc, avec un taux de moins de 2%, ça veut dire que les milliardaires continueraient à payer moins d’impôts que le Français moyen. Et ça, c’est une violation de notre principe fondamental d’égalité devant l’impôt, principe constitutionnel en France. C’est comme ça que le taux de 2% a été calculé. Si on veut mettre nos lois fiscales en conformité avec notre principe d’égalité devant l’impôt, pris dans son exception minimaliste, alors on a besoin de ce taux plancher de 2%. Évidemment, il y a de très bonnes raisons de vouloir aller au-delà de 2%, avec des taux plus élevés. Parce que beaucoup de gens aimeraient que les milliardaires payent plus d’impôts en proportion de leurs revenus que le Français moyen. Dans ce cas-là, il faudrait des taux de 3%, 4%, 5%, enfin des taux plus élevés que 2%. Mais 2%, c’est une proposition pensée pour être consensuelle. C’est-à-dire que personne n’accepte, personne ne devrait accepter, que les milliardaires puissent payer moins que le Français moyen. On peut corriger cette anomalie avec 2%.

    Vous faites le lien entre cette extrême richesse et le rapport sénatorial sur les aides publiques aux entreprises qui les estime à 211 milliards d’euros ?

    G.Z. : Il y a plusieurs liens, mais d’une façon générale, en France, on a une fiscalité qui est mitée d’échappatoires, de niches fiscales, d’avantages divers et variés. Ça prend la forme, par exemple pour les milliardaires, qu’on les laisse toucher leurs revenus via des sociétés holding qui font écran à l’impôt et qui leur permettent donc d’échapper à l’impôt sur le revenu. Mais ça prend d’autres formes aussi, et ce maquis d’aides publiques aux entreprises, de crédit d’impôt de recherche, d’exonération, etc. C’est une autre illustration de ce mal fondamental qui ronge le système fiscal français, et du coup aussi le consentement à l’impôt, qui est la multiplication des régimes préférentiels dans lesquels s’engouffrent inévitablement les personnes qui sont les plus fortunées ou les grandes entreprises, bien conseillées par des armées d’avocats fiscalistes. Tout cela alimente l’injustice fiscale, en plus d’avoir un coût budgétaire très élevé.

    à Sciences Po, 25, rue Gaston-de-Saporta
    à Aix-en-Provence. Inscriptions closes,
    le rendez-vous affiche complet

  • COP30 : l’urgence à agir rappelée par les associations d’Occitanie

    COP30 : l’urgence à agir rappelée par les associations d’Occitanie

    « La survie de l’humanité est en jeu ». Dans un monde pourri par l’argent, où les intérêts particuliers priment sur l’intérêt général, Simon Popy n’y va pas par quatre chemins. « On a besoin d’un changement radical. Sinon c’est la fin du monde tel qu’on le connaît », alerte le président de France nature environnement (FNE) Occitanie Méditerranée.

    La COP30 marquera-t-elle le début d’un tournant mondial salvateur ? Rien n’est moins sûr. Mais le militant espère a minima une « piqûre de rappel » sur l’inquiétante réalité d’un climat qui se réchauffe plus vite que prévu et l’urgence à réagir à l’échelle internationale. « Face au fake news, le minimum c’est qu’on nous rappelle au monde réel. On doit mettre de côté la logocratie, la voix de celui qui parle le plus fort ».

    En disant cela, Simon Popy pense notamment au retrait des USA sous la pression de Trump. Une absence de taille qu’il envisage comme une « opportunité » pour les Brics, les pays du Sud étant les premiers touchés par le réchauffement climatique. « Le Brésil est confronté à beaucoup d’enjeux environnementaux autour de l’Amazonie. Après Bolsonaro, ils ont une carte à jouer ». Quant à la Chine, qui a déjà pris le virage des énergies renouvelables au contraire des USA arc-boutés sur leurs énergies fossiles, « elle peut avoir le champ libre pour être moteur elle aussi », positive-t-il sans s’attendre à des miracles. Il s’interroge aussi sur les positions de l’Union européenne. Sera-t-elle plus « exemplaire » ? Là encore difficile d’être optimiste tandis « qu’elle détricote les droits sociaux, environnementaux et qu’elle contribue à accroître l’accaparement des richesses par une minorité prédatrice ».

    Pour le président de FNE Occitanie Méditerranée, il existe deux sujets majeurs dans cette COP30. D’abord la question du financement de la transition écologique. « 65% des financements passés étaient des prêts aux pays émergents ! On est quasiment sur du néocolonialisme. Il faut un financement réel. Sans quoi la suite logique sera l’aggravation de la dette ». Second axe majeur, celui de la justice environnementale. Entre « le nord et le sud » mais aussi entre « les populations les plus pauvres et l’oligarchie dominante ». Or, il estime qu’en France, on est loin du compte. « On voit bien avec la politique de la droite sur les carburants, les ZFE, que c’est toujours la faute des pauvres ». Selon Simon Popy, il faut « avoir le courage d’interroger la responsabilité des grandes entreprises qui poursuivent leur fuite en avant comme Total ou Bouygues ».

    Taxer le kérosène

    et les billets d’avion

    Du côté dAternatiba Montpellier, Cathy Valat « n’attend pas grand-chose et à la fois beaucoup » de cette 30e conférence sur les enjeux climatiques. Sans Bolsonaro, « Le Brésil n’est pas une dictature », observe-t-elle. De plus, le pays fait face à une « grosse mobilisation des peuples autochtones sur la déforestation ». Elle rappelle que le 28 septembre, une journée solidaire à leur appel avait mobilisé plus d’un millier de personnes à Montpellier. « Un sommet des peuples est prévu », positive la militante.

    Jugeant « dramatique » le retrait des USA, elle craint toutefois une montée des discours climato-sceptiques. « Les intérêts financiers prennent toujours le pas. Avec le greenwashing, le capitalisme a plus d’une arme dans sa besace ». Sans la mettre au même niveau que celle de Trump, elle juge la politique d’Emmanuel Macron « erratique » en matière écologique. « Il n’y a aucune stratégie du gouvernement français. Macron se fait mousser mais Total continue de forer en Afrique. »

    Fidèle au slogan d’Alternatiba – Changeons le système, pas le climat ! – Cathy Valat refuse pourtant de baisser les bras. Membre du collectif Atterrissons d’urgence, elle persiste à dire qu’il existe des solutions raisonnables contre le réchauffement. « Taxons le kérosène des avions et augmentons les taxes sur les billets d’avion. ». Tandis que l’aviation reste « le seul secteur à qui on ne demande jamais d’efforts », elle déplore le fleurissement de publicités en faveur de vols européens à des prix attractifs juste pour un week-end. « Cela provoque des demandes qui n’existaient pas. »